‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 75 sur 124 · REGION DU NORD DE QUEBEO · texte numérisé non relu

REGION DU NORD DE QUEBEO

ET TKKEITOIEE DU

SAGUENAY ET LABEADOE.

Cette vaste région embrasse une étendue de territoire de 70,415 milles quarrés, et renferme une population de 121,910 âmes (la ville de Québec comprise), dont 89,313 habitants sont d'origine canadienne-française et 32,627 appartiennent aux autres origines.

La limite ouest de cette immense contrée se trouve à quelques lieues en avant de Québec et s'étend jusqu'à la pointe orientale des solitaires forets du Labrador, formant une longueur d'environ 740 milles de côtes baignées par le fleuve et le golfe St. Laurent.

La partie inférieure de la région, depuis la rivière des Escoumains jusqu'au Blanc Sablon, formant une étendue de 5S4 milles, n'a aujourd'hui d'importance que sous le rapport des pêcheries.

Mais il n'en est pas ainsi de l'extrémité occidentale de la région qui renferme la belle d; grande vallée du Haut- Saguenay, dont la bonne qualité du sol parait destinée à soutenir une population nombreuse ; contrée que la douceur du climat doit rendre plus importante et plus recherchée.

À part quelques petits lopins de terre isolés et perdus dans les premières coulées des montagnes, en arrière de Québec ou le long de la côte Beaupré, les terres les plus favorables à la

colonisation se trouvent situées dans la vallée du Lac St Jean, formant une longue et large bande de terres d'une étendue suffisante pour permettre la fondation d'un nombre considérable de paroisses nouvelles.

Ce grand centre de colonisation est séparé du fleuve par cette chaîne étendue de montagnes que l'historien Gara eau a appelé si heureusement les Laure?itideê, qui se prolonge jusqu'au Labrador. Ce sont des Caps plus ou moins élevés, plus ou moins capricieux, dont le fleuve baigne les pieds, et • dont le sommet et les pentes sont hérissés, sur quelques points, de maisons blanches et de clochers, entre Beauport et Tadoussac.

Plus on descend le cours du St. Laurent, suivant que le remarque M. Garneau, plus ce fleuve en impose par sa majestueuse grandeur (il a vingt lieues de large à son embouchure.) et par la silencieuse solennité de ses rives. Dans la partie inférieure ces rives conservent encore l'aspect sauvage qu'elles avaient du temps de Jacques-Cartier ; elles sont abruptes et élevées, et l'on aperçoit, dans le lointain, derrière celles du sud, les Chickchâks, montagnes dont quelques sommets atteignent une hauteur de plus de 4,000 pieds. Le golfe par lequel le fleuve se jette dans la mer a prés de 150 lieues de longueur sur 100 lieues de largeur.

La région du Saguenay que les premiers européens appelaient le " Royaume de Saguenay " peut donner asile à une population aussi considérable que la Suisse et le Tyrol réunis.

Comme l'exprime si heureusement l'honorable M. Evanturel dans son rapport comme Ministre de l'agriculture pour 1862 : " On prévoyait dès le3 prer%iers temps du pays l'avenir de ce vaste champ de colonisation qui n'avait pas manqué d'attirer l'attention toute spéciale de nos premiers missionnaires Jésuites."

La rivière du Saguenay est plutôt un bras de mer qu'une rivière, — dit le vénérable auteur de la brochure intitulée : " Le Saguenay en 1851," — à cause de la grande profondeur de ses eaux, qui est en beaucoup d'endroits deux ou trois fois

VIIe ÉTUDE. — RÉGION DU BAGUENAT. 4rS7

plus considérable que celle du fleuve St. Laurent. Elle sort du Lac St. Jean par un double canal, et après une suite de chûtes, de cascades et de rapides d'une excessive violence pendant l'espace d'environ 30 milles, elle prend à sept milles au-dessus de Chicoutimi un cours uniforme et régulier jusqu'à Tadoussac, où elle entre dans le grand fleuve. Au baissant, son courant est si fort dans cet endroit, qu'il se fait sentir à plusieurs lieues au large (1).

De son embouchure jusqu'aux terres rompues, distance d'environ 80 milles, cette importante rivière est navigable Pour les grands navires ; pr-esque .partout elle coule dans une espèce de crevasse gigantesque formée de deux hautes rangées de montagnes qui s'élèvent à des hauteurs de 300 à 1,500 pieds.

Le Lac St. Jean, qui mesure environ 36 milles de longueur sur 30 milles dans sa plus grande largeur, est le réservoir do plusieurs rivières dont voici les principales : la Belle-Rivière, qui entre à environ six milles plus haut que la Petite Décharge, vient ensuite la rivière Métabetchouane, huit milles plus loin, qui a des dimensions à peu près double de celles de la précédente ; au bout d'une égale distance se rencontre la rivière Ouayatehouanc, où une chute de 200 pieds est formée à environ 1 mille de son embouchure; six milles encore plus loin se trouve un petit affluent qu'on appelle Onavatchouanish, qui prend sa source dans le lac Bouchette ; à une distance plus éloigné de six milles nous arrivons à l'extrémité orientale du Lac et à la décharge de la rivière Aehtfmachouane communément appelée Chamochouane, au nord de laquelle se trouve celle de Mistassini, qui prend sa source dans le Lac de ce nom, d'une longueur de 90 lieiies sur 60 de large, lesquelles deux rivières ont chacune une largeur d'environ un mille à leur

.(1). — Le Saguenay en 1851, brochure de 150 pages, est l'œuvre d'un Prôtre éclairé et d'uD dévouement inépuisable, qui a beaucoup contribué a la cclonition de cette région. L'auteur de cette œuvre jouit déjà de la récompense de son zèle, puisqu'il est témoin des rapides propres de cette importante contrée, qui /enferme aujourd'hui de florissantes paroisses habitées par une population de plus de dix mille âmes !

embouchure ; vient enfin la rivière Poribonka, important affljient qui s'étend sur nne largeur d'un quart à un demi raille durant les premiers douze milles, et dont les bords sont bas et sablonneux.

" Sous le rapport de la colonisation, l'histoire du Saguenay d'autrefois n'est pas longue, suivant que le constate l'auteur de la brochure déjà citée. Elle se réduit à dire qu'à l'exception de quatre ou cinq postes où la Compagnie de la Baie d'Hudson faisait la traite des pelleteries avec les sauvages, tout le reste du pays est toujours demeuré, jusque vers 1837, dans l'état le plus sauvage possible, destiné comme il l'était à de nombreuses familles montagnaises dont la chasse et la pèche enrichissaient une compagnie de marchands de pelleteries. Trois de ces postes, Tadoussac, Chicoutimi et Métabetchouane avaient chacun une petite chapelle en bois, d'environ 25 pieds sur 30, plus une maison pour l'agent du poste et le magasin, et une autre pour les engagés-voyageurs de la Compagnie. La seule terre en culture était un petit jardin et quelques arpents de terre que l'on permettait quelquefois à de vieux employés de cultiver à leur profit. On comptait trois ou quatre colons établis de cette manière autour du Lac Sk Jean. Il faut pourtant dire que sous ce dernier rapport, le poste de Métabetchouane avait fait exception pendant un certain temps, puisque les Pères Jésuites y avaient fait des défrichements assez considérables. Mais depuis qu'ils s'étaient retirés, la forêt avait repris son ancien domaine, et le merisier, le bouleau et l'épinette croissaient à leur aise dans les champs de blé d'autrefois. Il n^eri faut pas être surpris. La religion, il est vrai, y avait planté là l'étendard de la civilisation ; peu à peu un petit village aurait pu se former autour de la pauvre chapelle pour être le noyau d'une nouvelle colonie ; mais cela n'eût pas fait l'affaire du commerce des pelleteries ; le presbytère a donc été remplacé par un comptoir ! Dès lors le prêtre n'a plus paru là qu'une fois l'année pour rencontrer les sauvages au temps de la traite. Après la cession du pays à l'Angleterre par le traité de 1763, le territoire du Saguenay continua d'être affermé ; le bail était renouvelé tons les 21 ans. Les bailleurs avaient intérêt d'exclure les étrangers autant que possible, et tenir secrètes les ressources du pays, autant pour maintenir leur monopole que pour empêcher toute compétition à chaque fois qu'il s'agissait de renouveler le baft. C'est pour cette raison que jusqu'en 1S20, on ne connaissait rien encore du Saguenay. vers cette époque,

Vn6 ÉTUDE. — RÉGION DU SAGUENAY. 48£

tontefois, M. P. Taché, seignenr de Kamouraska, qui avait demeuré vingt-deux an» au Lac St. Jean, à Ghicontimi et à Tadoussac, fut appelé à communiquer à un comité de la Chambre d'Assemblée de précieuses informations qui éveillèrent l'attention publique. La législature ordonna une exploration qui eût lieu en 1828 ; MM. André Stuart et David Stuart en furent chargés. Ils s'adjoignirent MM. Jos. Bouchette, fils, Joseph Hamel et J. B. Proulx, arpenteurs, M. Baddeley, du corps Royal du Génie, MM. Nixon et Goldie, du 66e régiment, et quelques autres, ayant chacun leur spécialité dans cette importante mission. Le rapport de cette commission e6t date du 26 décembre 1828. Il forme avec toutes les pièces justificatives, un volume de 197 pages, plein de renseignements dn plus haut intérêt. Dès lors on acquit la certitude que le Haut-Saguenay renfermait une grande étendue de terres propre à l'agriculture. Mais le terme du bail des Postes du Roi n'était pas encore expiré, et d'ailleurs les idées n'étaient pas alors à la colonisation comme elles le sont aujourd'hui ; on ne pensa donc plus au Saguenay jusqu'en 1837. " Voilà pour le passé de ce riche territoire, plongé si longtemps dans l'oubli le plus désastreux possible.

Neuf années venaient de s'écouler depuis que l'exploration ci-dessus mentionnée avait eu lieu, lorsque la patriotique paroisse de la Malbaie conçut le projet d'ouvrir ce territoire à la colonisation et d'en exploiter ses belles forets. Une Société fut formée pour atteindre d'abord une partie du projet, celle concernant le commerce dn bois. Malgré des sacrifices assez considérables, les opérations ne furent pas aussi heureuses et aussi profitables qu'on l'avait espéré ; les associes finirent par vendre successivement leurs parts à M. Priée, de Québec, qui bientôt devint le seul possesseur des propriétés et privilèges de l'Association, et le seul maître du commerce de bois dans le Saguenay.

Cette tentative eût pour résultat, cependant, d'engager plusieurs familles à aller prendre des terres dans l'intérieur du Saguenay, mais ceux qui avaient affermé les Postes du Roi s'y opposaient comme autrefois parce que leur bail n'était pas encore expiré ; il devait demeurer en force jusqu'à l'automne de 1842. " D'un autre côté, dit l'auteur déjà cité, le gouvernement provincial ne voulait pas consentir à faire aucun

arpentage, ni disposer des terres, quoique cela lui fut souvent demandé, sous l'impression probablement erronée qu'il n'en avait pas le droit. En juin 1842, un autre bail fut accordé à la Compagnie de la Baie d'Hudson, pour l'espace de 21 ans, à dater du 1er octobre suivant ; mais à la condition formelle que le gouvernement pourrait faire arpenter des terres quand bon lui semblerait, pour les vendre dans un but de colonisation. En 1843, des ordres furent donnés pour faire arpenter plusieurs cantons. Pendant ce temps là, un grand nombre de cultivateurs des anciennes paroisses, surtout de la Malbaie, des Eboulements et de la Baie St. Paul, réduits à la misère par une suite de mauvaises récoltes, allaient chercher au Saguenay des moyens de vivre, aux chantiers de M. Price. Us s'établirent d'abord près des moulins, et ensuite sur les terres voisines non arpentées, et de là s'étendirent, peu à peu, à mesure qu'il arrivait de nouveaux colons. Mais cela se fit sans ordre. Souvent ils se génèrent les uns les antres, commençant leurs défricheçients sans aucun égard à la position des voisins. L'arpentage allait son train, mais malheureusement les arpenteurs, en se conformant trop strictement à la lettre de leurs instructions, perdirent beaucoup de temps à diviser des terres impropres à la culture; et lorsqu'en dernier lieu ils vinrent opérer sur un meilleur terrain, ils le trouvèrent occupé par des colons non autorisés {squatters) et ce, d'une manière si irrégulière, qu'il leur fut comme impossible de continuer la subdivision d'après le plan original. Ils furent donc obligés d'attendre d'autres instructions. Nouveau délai pendant lequel les colons continuèrent à s'y établir de la même manière, au point que quatre ou cinq travaillaient en même temps sur le même lot en différentes directions. "

Vers l'époque de 1843 on comptait déjà quelques centaines de familles ainsi établies dans les profondeurs du Saguenay.

Le plus grand nombre était sans moyen d'acheter des animaux pour la culture de leurs défrichements. " Il parait même que, jusqu'en 1S42, dit l'auteur ci-dessus mentionné, ceux qui auraient voulu en avoir en était empêchés. On

Vn* ÉTUDE. — RÉGION DU SAGUENAY. 491

permettait seulement l'usage des chevaux nécessaires à l'exploitation du bois. Cependant cela n'empêchait pas ceux qui manquaient d'ouvrage dans les chantiers de M. Priée, de défricher et de semer quelquefois en quantité considérable, sans autres instruments que la pioche ou la hache. Ils étaient ainsi obligés de transporter leur bois de chauffage sur leur -dos, de même que les provisions qu'ils allaient acheter au magasin de M. Priée. " Tel a été le triste état dans lequel ont vécu pendant plusieurs années un si grand nombre de familles, sans chemin, et réléguées dans la forêt à plus de vingt lieues de la plus proche paroisse du fleuve, celle de la Malbaie.

L'on peut bien appliquer à la colonisation du Saguenay ce que M. Etienne Parent disait avec tant de justesse 6ur l'ouverture des Cantons de l'Est. " C'est à femlre le cœur, mais aussi c'est à exciter l'admiration et l'orgueil national que d'entendre le récit des tribulations et des souffrances endurées avec tant de résignations et de constance par les premiers colons des Bois francs et antres lieux, où nos compatriotes' sont encore aux prises avec des obstacles à décourager une toute autre race d'hommes." .

Toutefois, l'esprit d'entreprise des habitants de la Malbaie ne fut pas vaincu par le contretemps que je viens de constater. Au contraire, le patriotisme vint de nouveau réchauffer l'ardeur de cette vaillante population et lui faire entreprendre quelque chose de plus grand encore pour les destinées du pays : celle de la colonisation des terres ! C'était en 1S48.

MM. les abbés A. Beandry et Ant. Eacine déployèrent en cette circonstance une ardeur et une volonté incroyables en faveur de la belle œuvre de la colonisation des terres du Saguenay, que rien ne put ni lasser ni fléchir. Le sentiment national dont l'âme de ces Apôtres était inondé sut passionner la foule et faire entrer la jeunesse de cette paroisse dans l'heureuse disposition de coloniser cette belle contrée. Une Association fut formée et le siège de ses opérations fut fixé sur les bords fertiles de la rivière aux Sables, dans le canton Jonquière. Plusieurs écrits furent publiés dans le même

492 COLONISATION DU BÀS-CÀNADA.

temps et attirèrent l'attention publique sur le grand et vaste territoire du Saguenay et du Lac St. Jean.

Cette pensée de la colonisation fut portée comme l'éclair d'un bout à l'autre du pays.

On vit dès lors la paroisse de la Baie St. Paul s'organiser aussi en société pour coloniser le canton Signay, situé snr le bord du Lac St. Jean ; tandis que M. l'abbé Boucher, curé de St. Ainbroise, près de Québec, doué qu'il était d'un rare courage, s'aventurait avec quelques-uns de ses paroissiens dans les immenses forêts voisines du Lac St. Jean pour y établir aussi lui une colonie. Mais la distance trop considérable qui existait entre cette place et Québec, jointe à la difficulté des communications, découragèrent la plupart de ceux qui avaient entrepris le voyage ; plusieurs abandonnèrent la partie. Malgré ce désappointement, M. Boucher ne se laissapas abattre; au contraire, avec le petit nombre de ceux qui lui demeurât fidèle, il s'arma d'un plus grand courage encore et fit commencer les défrichements près de la Belle Rivière, dans le canton Caron.

L'exemple de ces zélés Prêtres et laïcs ne resta pas sans imitateurs. Dès le mois de janvier 1849 une vaste association fut formée à Ste. Anne de la Pocatiôre, laquelle comprenait toutes paroisses des comtés de l'Islet et de Kamouraska. M. l'abbé K F. Hébert, alors curé de St. Paschal, était Fàrae de l'entreprise et y déploya une énergie peu commune. Il fut vaillamment secondé par MM. les abbés F. X. Delâge, curé de l'Islet ; Louis Parent, curé de St. Jean-Port-Joli ; D. H. Têtu, curé de St. Roch ; L. A. Bourret, curé de Ste. Anne ; dis. Bégin, curé de la Rivièro-Ouelle et J. H. Routier, curé de Kamouraska ; ainsi que par un grand nombre de personnes des paroisses sus-mentionnnées. Le siège des travaux de cette nouvelle Société fut fixé sur la rivière des Anlnais, dans le canton Labarre, avoisinant le Lac Kinogomichi ; et, auquel endroit des travaux considérables de défrichements furent exécutés chaque côté de la Rivière et du Lac en question.

Encore dernièrement, nous voyions M. l'abbè Tremblay

VIIe ÉTUDE. — EÊGION DU 6AGUENAY. 493

curé de Beauport, se dévouer à la cause de la colonisation des bords du Lac St. Jean avec tout le zèle désintéressé dont il n'a cessé de faire preuve dans toutes circonstances. Ce monsieur, avec l'aide des personnes les pins influentes de sa paroisse, s'est empressé d'organiser une Association de défricheurs qui ont commencé à abattre la forêt dans le canton Acliamachouane près de la Pointe Bleue du Lac St. Jean, et dans le canton Tremblay, vis-à-vis Chicoutimi. La plus noble émulation règne parmi les membres de cette nouvelle Association, et les progrès déjà atteints garantissent un plein succès pour l'avenir.

Environ 200 colons ont pris des lots dans l'un ou l'autre centre. Sur ce nombre une trentaine ont travaillé sur leurs lots, et huit ou dix ont pu semer au printemps de 1862. On estime l'étendue de leurs défrichements de la première année à environ 180 ou 200 acres. Plusieurs chefs de famille, quoique pauvres se préparent à aller demeurer incessamment sur leurs lots, voulant au plus tôt changer leur condition de journalier, en celui de cultivateur. Heureuse transformation qu'il serait utile d'encourager, non-seulement par des paroles, mais aussi par des moyens pécuniaires, par le ministère d'une Association de Secours, . . * .par exemple.

" Mais vous savez mieux que bien d'autres, — m'écrivait M. l'abbé Tremblay en date du 15 juin 1863, — à quoi tient le succès ie la colonisation ! . . . . Oui, vous savez que sans voies de communication, sans chemins, nos plus belles terres ne sauraient rien valoir ! J'ai visité le Lac St. Jean l'année dernière ; le sol y est d'une richesse extraordinaire, arrosé

Î>ar de nombreuses petites rivières qui ne peuvent manquer de ni donner la plus grande fertilité ; joignez à cela un climat aussi doux que celui de Québec et bien d'autres avantages, et vous aurez une idée de l'immense avantage qu'offriraient les terres du lac St. Jean aux colons s'ils avaient des chemins

Sour s'y rendre. Encore aujourd'hui, les colons sont obligés e faire le trajet de la Grande-Baie au Lac tantôt en voiture, tantôt en canots, et quelquefois à pieds.

" Si le gouvernement faisait terminer au plus vite le chemin Kinogomi, ce serait alors une grande difficulté de levée ; et si, d'un autre côté, le chemin de Québec au lac St. Jean

s'onvrait, oh ! cette fois, vous verriez des centaines et de3 milliers de colons aller s'établir sur le beau et riche territoire du Samienay.

" Un bon nombre de mes colonisateurs se proposent de

{>artir bientôt pour aller faire de nouveaux abattis sur leurs ots, au Lac. J'espère que plusieurs pourront faire d'assez jolies semences le printemps prochain. Comme vous voyez, il y a du zèle, mais il est a craindre que les obstacles qu'ils rencontrent au début, n'en découragent un certain nombre. Ce serait bien regrettable. "

Enfin, telles sont les principaux éléments qui ont marqué leur passage dans cette contrée du Saguenay, où le sol a été si laborieusement défriché et si promptement habité, comme nous le verrons mieux tout-à-1'heure.

Page 1