‹ Études sur les eaux minérales de la ProvenceChapitre 31 sur 45 · M JU · texte numérisé non relu

M JU

temps sur les caractères du Keuper et du lias, la question à été exposée rapidement au bassin de Digne.

LIMITES. — Cette région commence à Saint-Geniez sur la limite du bassin de Digne et comprend les monts du Lure et du Ventoux, bordés au nord par la limite septentrionale de notre région proven-

Ççale étudiée, au sud par le bassin tertiaire d’Apt:

Forcalquier et à l’ouest par les alluvions des borde

du Rhône. Le nom de « bassin du Lure-Ventoux »

conviendrait mieux si ce n'est que toutes les sour-

ce$, sauf la source thermale de Sorine, se trouveni au pied du Mont-Ventoux.

EAUX MINÉRALES. — Les eaux minérales de {4 région tirent leur minéralisation de la nature du terrain et selon leur trajet à la fois à travers le keuper et le lias provençal elles sont sulfureuses accidentelles, ou selon leur trajet simplement à travers le kKeuper elles seront salines.

Une première objection pourrait être faite de la diversité des eaux dans un terrain uniforme en

composition. Pour expliquer cette différence, il fau-

drait étudier la tectonique de la région, la voici pourtant en deux mots.

Chacune des grandes époques géologiques est caractérisée par de grands accidents tectoniques qui ont morcelé la surface du globe en y déterminant des cassures (diaclases et paraclases) plus où moins

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profondes et ayant des directions très importantes en hydrologie. Ces cassures, accompagnées de déplacements plus ou moins accentués de leurs lèvres, sont les cheminées d’ascension des sources suivies par elles pour venir au jour. La connaissance de la direction de ces cassures permet d'entreprendre dans le même sens des recherches afin d'obtenir le maximum de débit des sources.

Dans la région du Mont Ventoux, les déplacements ont été si forts que les lèvres au lieu de s’encréner plus où moins obliquement, se sont relevées verticalement l’une à côté de l’autre, formant avec le plan horizontal un angle presque droit. D'où on comprend que, grâce à ces cassures surtout marquées dans les époques postriasiques, l’eau chargée de sels après son passage à travers le keuper, peut suivre une faille et arriver au jour sans avoir besoin de filtrer à travers une couche liasique qui décomposerait les sulfates en sulfures.

Chaque diaclase donne toujours la même qualité d’eau ; ainsi à Montmirail on a très nettement observé que les forages entrepris dans une direction déterminée donnent toujours de l’eau sodico-magnésienne, tandis qu'en forant non loin de là mais suivant une autre ligne repérée on obtient toujours de l’eau sulfureuse ; ni dans un cas ni dans l’autre on ne peut obtenir à la fois une source saline et une source sulfureuse isolées mais situées sur la même diaclase.

CLASSIFICATION. — Le Mont Ventoux est très

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