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naux pour savoir à quoi s’en tenir sur leur compte. Si je relate quelques-unes de mes expériences personnelles, c’est qu’elles donnent une idée assez exacte de ce qu'est la presse dans ce pays-là, et que nous nous rappelons mieux ce qui nous est arrivé à nous-mêmes. Peu après mon arrivée à Boston, je demandai un journal de la localité, et je tombai sur une colonne ayant pour entête : 7äc-facs. Par féc-facs, il faut entendre les nouvelles transmises par le tictac du télégraphe. Le premier #e-tac se lisait comme suit : “ Matthew Arnold a soixante deux ans.” C’est un âge, soit dit en passant, que je n’avais pas encore atteint, à cette époque. Le second #c-tac était le suivant : ‘ De Galles déclare que Maiy est une chérie.” Ce qui voulait dire que le prince de Galles avait manifesté une grande admiration pour Mary Anderson. Nous étions à Boston, l’Athènes de l'Amérique. Je me rendis ensuite à Chicago. Je venais à peine d’arriver que l’on me présenta un journal du soir, je l’ouvris et trouvai sous cet entête en lettres majuscules : Vous l'avons vu arriver, la description suivante de ma personne : ‘Il a des traits durs, des manières affectées, il sépare ses cheveux sur le milieu de la tête, porte un monocle et des habits qui lui vont mal.” En dépit de cette introduction
plutôt défavorable, je reçus à Chicago une fort aimable hospitalité, Il se trouva que j'avais une lettre pour M. Meddill, un homme âgé, d'origine écossaise. et propriétaire du plus important journal de cette partie du pays, The Chicago Tribune. J'allai le voir et nous Causâmes amicalement, Plus tard, lorsque je fus de retour en Angleterre, un journal de New-York reproduisit sur Chicago et ses habitants, un article de critique que j'étais censé avoir publié dans la ‘Pz% Mall Gazette de Londres. C'était une Pauvre mystification, mais plusieurs personnes s’y laissèrent prendre et eurent droit de s’en offenser, Un ami m'adressa un câblegramme pour savoir si j'avais écrit l’article. Naturellement je répondis de suite, par le câble, que je n’en avais pas écrit une seule syllabe. Alors on m'envoya un
journal de Chicago, et j'eus le plaisir d’y lire Comme résultat de ma dénégation : ‘ Arnold,
nie, M. Meddill (mon vieil ami) refuse d’accepter la dénégation d’Arnold, et dit qu’Arnold est un chien. ”
J'écrivais, un jour, qu’en Angleterre, un homme né avec l'amour des idées et de la lumière, ne peut s'empêcher de trouver que le ciel qui l’abrite est de cuivre et de fer. Et je dirai, aussi, que l’homme qui, en Amérique,
aspire à ‘‘ l’intéressant ” dans la civilisation, et demande à satisfaire dans ce qui l'entoure, son désir de beauté et d’élévation, doit également. trouver que le ciel au dessus de sa tête est de cuivre et de fer. Ainsi donc, le problème humain n’est encore résolu, aux Etats-Unis, que d’une manière fort imparfaite. Il existe un grand vide dans la civilisation de ce pays, on y sent le manque de ce qui élevé et beau, de ce qui est intéressant. La lacune est importante ; et, ç’est là probablement cc qui a déterminé le jugement de Sir Lepel Griän, bien qu'il ne l’exprime pas exactement, lorsqu'il a déclaré que l'Amérique est l’un des pays où il aimerait le moins vivre.—Et c’est aussi pourquoi un grand nombre de personnes cultivées sentent que des pays beaucoup moins libres et beaucoup moins prospères que les Etats-Unis, sont cependant plus réellement c'vilisés, présentent plus d'intérêt, parlent plus à l’âme et sont des pays dans lesquels, en conséquence, la vie serait plus agréable.
La lacune est d'autant plus grave qu’elle est si peu reconnue par la masse des Américains, —Que dis-je ?—qu'elle est bruyamment niée pareux. Siles gens de ce pays reconnaissaient leur infériorité, au point de vue que je viens. d'indiquer, et la regrettaient ; s’ils cherchaient.
les moyens d'y rémédier et Prenaient la résolu. tion d'y rémédier ; s'ils disaient, ou si seulement un certain nombre d’esprits dirigeants parmi eux, disaient: « Oui, nous voyons ce qui ‘ inanque À notre civilisation ; nous reconnaissons que “ /’4omme ordinaire ” constitue un danger ; nous savons que nos journaux sont scandaleux, que la sujétion de la 11asse de la population de ce pays, au commun et à l'ignoble, est notre cauchemar ; mais il était difhcile d'attendre autre chose de uotre civilisation, dans les circonstances. Ce que vous voyez ce sont des débuts, c’est un commencement ; ce commencement est fruste, il est trop exclusivement matériel, il manque de beaucoup de choses, il laisse beaucoup à désirer, mais il n’autait pu être autre ; re qui est, était inévitable $ nous allons maintenant progresser et nous élever au-dessus de ces humbles débuts.” Si les Américains disaient cela franchement, nul n'aurait un mot à retorquer, nul n’insisterait sur leurs lacunes » TOUS nous contenterions de leur admission qu’ils n’ont encore résolu le problème humain que d'une manière très insuffisante, et nous nous en tiendrions :à. Nous les féliciterions d’avoir résolu le problème social et politique avec tant de succès, et nous ferions cette observation seulement, qu’en cher-
chant à voir clair et à juger sainement dans l'étude de nos questions politiques et sociales, nous avons grand besoin, je l'ai déjà dit, de suivre l'exemple qu'ils nous donnent.
Mais il semble, au contraire que, sur certaines questions, les Américains aient résolu, en tant que nation, de s’entretenir dans l'illusion, de se persuader qu’ils possèdent ce qu'ils ne possèdent pas, et de couvrir les défectuosités de leur civilisation par la vantardise, de se figurer qu’ils ont résolu et bien résolu, non seulement le problème politique et social, mais aussi le problème humain. On croirait qu'ils espèrent réellement trouver dans des phrases ronflantes et un sentimentalisme exagéré, tout ce qu'il faut pour tenir lieu de ce sens réel d'élévation auquel aspire instinctivement, ainsi que je l'ai dit, la uature humaine, et qu'ils s'imaginent que ce postiche vaut tout autant que l’article véritable. Le ‘“ frisson ” que Gœthe déclare être ce que l'humanité a de meilleur, ils ne le créeront pas, en se proclamant de toute la force de leurs poumons, la plus grande nation du monde et en s’assurant les uns aux autres, dans le langage de leur historien national, que “ /a démocratie américaine poursuit sa marche ascendante, uniforme et majestueuse comme les lois de l'être, sûre
d'elle-même comme les décrets de l'éternité,’ Ou encore, loin d'admettre que leurs jouraux sont un scandale, ils s’assurent les uns aux autres que leur presse est l’une des institutions qui leur fait Je plus d'honneur, Loin d'admettre qu’en littérature, ils n’ont encore produit que peu d'œuvres importantes, ils se Complaisent à traiter la littérature américaine comme si elle était une grande puissance indépendante ; ils réforment l'épellation de 1a langue anglaise, conformément à la manière de voir de leur ‘ somme moyen”, À chaque écrivain anglais, ils ont un écrivain américain & opposer et, celui-là, tous les bons Américains le lisent, Les Etats de l’ouest, à l’heure qu’il est, se forment et se nourrissent, paraît-il, des romans d’un certain auteur indigène, du nom de Roe, au lieu de ceux de Dickens et de Walter Scott. Loin d'admettre que leur zomme 70yen est un danger, et que sa prédominance a été la cause du manque presque absolu de raffinement, de distinction et de beauté dont ils soui'rent, ils déclarent, dans les termes dont s’est servi mon ami, le colonel Higginson, un éminent critique de Boston, que Dame Nature aurait dit, il y a quelques années : “ Jusqu’à présent la race anglaise a été ma meilleure Tace, mais nous avons eu assez d’'Anglais :
faisons la dépense d’une goutte additionnelle de fluide nerveux et créons l'Américain.” Et avec cette goutte, un nouvel horizon de promesses s’est ouvert pour la race humaine, et un type d’hmanité plus subtil, plus fin, plus hautement organisé a vu le jour. Loin d'admettre que l'accent américain, tel que l’ont fait le climat et l'influence de l’homme moyen, est nn défaut qu’il faut combattre, ils s’assurent les uns aux autres que c’est le véritable accent, l'accent type de la langue anglaise de l'avenir, Cela me rappelle un passage du Diner des Auteurs, de Smollet: Assis près du philosophe, ‘ en train d’écrire une réfutation orthodoxe de Bolingbroke. mais qui, en même temps, vient d’être traduit devant le jury, pour répondre à l’accusation d’avoir, le jour du Seigneur, blasphêmé dans un débit de bière ”’—assis près du philosophe, dis-je, on voittun Ecossais qui donne des leçons de Prononciation anglaise.”
Ce qui est pire encore, c’est que toute cette grandiloquence et cette glorification de soi. même, rencontrent à peine quelques rebuffades de la part de la saine critique, aux Etats-Unis. Je relaterai à ce Propos, une chose qui m'a beaucoup frappé : Un Ecossais qui a amassé une grande fortune à Pittsburg, un excellent ami à moi, l’un des plus généreux et des plus
hospitaliers des hommes, M. Andrew Carnegie, a publié, il y a quelques années, un livre intitulé “ Za Démocratie triomphante.” L'œuvre 2honde en renseignements précieux ; mais les geus 1eligieux ont pensé que l’auteur y insistait trop sur le simple progrès matériel et ne iaisrit pas suffisamment la part des défectuosités de l'Amérique et des dangers qui la menacent. Un aimable clergyman du Massachusètts m’exposant combien il regrettait cela et combien les Américains ferment aisément les yeux sur leurs propres dangers, me mit entre les mains un autre volume ayant pour titre Notre pays ”, écrit par un ministre congrégationnaliste, homme fort distingué, lequel volume, m’a-t-il dit, constituait un excellent antidote à celui de mon ami, M. Carnegie. Je l'ai lu en entier. L'auteur voit dans le protestantisme évangélique, tel que les sectes protestantes orthodoxes le présentent, le grand
remède aux défectuosités de l'Amérique et la
grande sauvegarde contre les dangers dont elle
est menacée. Je n'ai rien à dire à cela ; ce
qui m'a frappé et ce sur quoi je veux insister,
c’est que cet écrivain ne s’est pas du tout aperçu
que la glorification de soi-même et l’auto-dé-
ception dont j'ai parlé plus haut, sont l’un des
dangers de l'Amérique. Lui-même partage (xs)
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toutes les illusions de l’omme moyen, sur ses compatriotes ; il encourage ces illusions. Sur les points même où un critique sérieux reconuaîtrait que les Américains se montrent le plus inférieurs, lui, proclame leur supériorité ; ils n’ont besoin que de l’aû“:tion d’une bonne dose de protestantisme évangélique. ‘“ Notre nation est la nation choisie, clame ce réformateur des défauts américairs, notre peuple est le peuple par excellence de l'avenir. ” Déjà, dit-il, nous sommes plus grands et pesons plus que les autres hommes ; nous vivons plus longiemps, nous sommes plus riches et plus énergiques, mais, avant tout, nous sommes “ d’une organisation nerveuse pins affinée que les autres hommes.” —Oui, ce peuple qui supporte, comme lecture quotidienne, les journaux américains et qui peut demeurer en des endroits qui s'appellent Briggsville, Jacksonville, Marcellus--ce peuple possède uue organisation nerveuse plus affinée, plus délicate que les autres peuples! C’est encore la goutte additionnelle de fluide nerveux du Colonel Higginson. Cette “ goutte ” joue un rôle stupéfant dans le concert d’éloges que l'Américain se donne à luimême.
Il est incontestable que les Américains, hommes et femmes, sont très nerveux. Un
grand médecin de Paris prétend avoir découvert une espèce nouvelle et distincte de maladies nerveuses, celle qui est produite chez les femmes américaines, par les ennuis que leur causent leurs domestiques. Mais, cette nervosité qu'ont développée dans la race américaine, les soucis, le Surmenage, le manque d'exercice, une nourriture malsaine et un climat très déprimant, cette n2rvosité morbide, nos amis la signalent comme la subtile susceptibilité du génie et la citent comme une preuve de leur distinction, de leur aptitude supérieure à la civilisation. “ Zes racines de la civilisation, ce sont les nerfs, dit encore notre moraliste congré.gationnaliste, es £01°*es choses égales, d'ailleurs, la plus fine organisation nerveuse produira La Êlus haute civilisation. Or, la plus fine organisation nerveuse, C'est la nôtre, ”
L’Ouest nouveau promet de surpasser dans la joute à la vantardise, même les vigoureux champions que je viens Je citer. Ces derniers appartiennent aux anciens Etats de l'Est.
L'autre jour, on m’adressait un journal de la Californie qui appelait es gens de l'Est “ les malheureux habitants d’un climat impossible :” il ajoutait plus loin : “ Ze lembs viendra où tous les chemins mèneront à la Californie.
C'est icèque sera La Patrie de l'art, de la science,
de la littérature et de l'érudition profonde. ” De critique sensée de ces déclamations, je le répète, :! n’y en a presque pas, en Amérique. On y trouve une multitude d'individus cultivés, d’un jugement sûr et d’un commerce charmant, ils sont notre espoir, l'espoir de l’Amérique , c’est par eux que viendra l’amélioration ; ils savent parfaitement bien combien creuse et fausse est toute cette vantardise, mais ils laissent ia tempête d’auto-adulation faire rage et ils ne disent rieu. Contre es adversaires politiques et contre leurs actes, les dures paroles, les invectives abondent, mais au sujet des défectuosités de la civilisation américaine et de la folle vantardise qui les perpétue, c'est à peine si l’on entend un mot de regret ou de blâme, au moins en public. Mais, même dans la conversation privée, plusieurs des Américains les plus cultivés évitent ce sujet et se montrent irritables et susceptibles quand on l’aborde. Jamais ils ne le traitent en public, dans un esprit de critique calme et sensé. Je pourrais me vanter d’avoir donné un bon exemple, en confessant, ici, que, loin d’avoir résolu nos problèmes victorieusement, nous autres, Anglais, nous nous trouvons avec une classe supérieure matérialisée, une classe moyenne vulgarisée et une hasse classe brutalisée, Il semble que
rien ne peut inspirer à un critique américain, l’audace de dire fermement et à haute voix à ses compatriotes, et à écrire dans ses journaux, qu’en Amérique, ils ne résolvent pas le problème humain victorieusemen t, et qu'avec leurs méthodes actuelles, ils ne le tésoudront jamais. En conséquence, la masse de la nation américaine finit par croire tout ce qu’elle entend sur Son organisation nerveuse supérieure, sur l’excellence de l'accent américain et sur l’importance de 1a littérature américaine ; c’est-à-dire qu’elle voit les choses, non pas telles qu’elles sont, mais telles qu’elle voudrait qu’elles fussent.
Les Américains s’induis nt eux-mêmes en crreur, totalement. Et en se complaisant dans cette erreur.ils ferment la porte à l'amélioration et font de leur mieux Pour rendre le règne du trivial, das Gemeine, éternel. Dans ce qui a trait à la solution du problème politique et du problème social, les Américains voient clair et ils pensent juste : relativement à la question d’une civilisation supérieure, ils vivent dans le paradis des fous. C’est ce qui fait qu’un illustre critique français a pu parler de ‘ /a dure inintelligence des Américains du nord,” (1) à propos
(1) En français dans le texte.
d’un peuple qui passe pour spécialement intelligent, et qui l’est, en effet, dans certaines limites. Mais ils se sont tellement habitués à la vantardise et aux sots propos, qu’en dehors de ces limites, et là où il est question de choses dans lesquelles leur civilisation est inférieure, ils semblent, un grand nombre d’entre eux, avoir perdu tout pouvoir de perception, toute notion de différence et de degrés, et ne plus savoir distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais. Et, s’ils continuent ainsi, ils ne pourront jamais, après avoir résolu avec succès le problème politique et le problème social, réussir à résoudre heureusement le problème humain et à rendre finalement leur civilisation, complète et intéressante.
Résumons.—Ce qui fait que la civilisation américaine ne nous donne pas satisfaction, c'est qu'il lui manque le côté zwtéressant, manque dû surtout à l'absence de ces deux importants éléments, l'élévation et la beauté, L'absence de ces éléments est rendueplus sensible et prolongéepar le fait que les Américains prétendent les posséder, alors qu’ils ne les possèdent pas. Il me semble que ce dont les Américains ont le plus pressant besoin, à l'heure qu’il est, ce n’est pas tant d’un vaste développement additionnel du protestantisme
orthodoxe, que des leçons d’une critique saine et raisonnée qui leur seraient données sans interruption, par leurs hommes éclairés, leurs esprits dirigeants. Et beutêtre la première chose qui s'imposerait À ceux-ci, serait-elle d’insister pour faire donner à l'Amérique, et créer s’il en était besoin, de meilleurs journaux. Pour nous, également, l'avenir des Etats- Unis est d’une importance incalculable, Nous subissons déjà leur influence et nous la subitons plus encore, dans l'avenir. Nous avons . beaucoup à apprendre des América’ns silya chez eux, aussi, beaucoup de choses dont nous devons nous défier, plusieurs points sur lesquels il faut espérer que notre démocratie ne ressemblera jamais à la leur. Il est possible d’ailleurs, qu’au fur et à mesure des progrès de la démocratie dans notre pays, nous cessions de souttrir de cette maladie que jai ainsi décrite : Une haute classe matérialisée, une classe moyenne vulgarisée, une basse classe brutalisée, Mais la prédominance du trivial et de l'ignoble née de la prédominance de “ l'homme moyen ” est aussi une maladie. Que le trivial et l’ignoble sont des ennemis de la uature humaine, que la distinction et la beauté €n sont des besoins, qu’une civilisation est incomplète quand ces besoins ne sont pas satis-
| | faits, et vicieuse quand ils sont étouffés, ce sont là des enseignements dont nous, aussi | bien que les Américains, nou devons nous pénétrer, c’est une doctrine à laquelle nous devons nous attacher fermement. Il serait bon, | également pour nous, de tenir comme à la vie, à cette persuasion que notre but sera manqué si nous ne savons pas nous débarrasser d’une vaine vantardise et de vaines illusions, éliminer. | ce qui flatte en nous le trivial et l’ignoble et | donner notre approbation à ce qui est réelle- | ment excellent.
J'ai mentionné le protestantisme évangélique. Il y a un texte que le protestantisme évangélique—et le catholicisme également — traduit mal et auquel il donne un sens trop étroit ; c’est le texte bien connu ‘“ 4 moins qu'un homme ne naïsse de nouveau, il ne pourra voir le royaume de Dieu.” Au lieu de “de nouveau, ” nous devrions traduire par “d'en haut” et au lieu de prendre le royaume de Dieu, dans le sens d’une vie dans le ciel, là haut, nous devrions interpréter ce texte, dans le sens que lui a donné celui auquel nous le devons, dans le sens du règne des saints, d’une société renouvelée et perfectionnée sur la terre, la société idéale de l'avenir. Dans la vie d’une telle société, dans la vie venue d'’ex haut, la vie
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de l'inspiration ou de / esprit, l'élévation et la beauté ne sont pas tout, mais elles comptent pour beaucoup et sont indispensables, L'humanité ne peut remplir sa mission, quand elles sont absentes. ‘“ A moins qu’un homme ne renaisse d'en haut, il ne peut avoir part dans la société de l'avenir. ”