Alias, sociis
S. Alias, >|uod.
APPENDICE
« Le premier «le ces deux discours a pour objet de célébrer le jour où Jésus-Christ enfanl, accompagné de la sainte Vierge, de Joseph et de Salomé, lors do sa fuite en Égypte, s'arrêta au lieu nommé aujourd’hui le monastère de Baisous, situé à l'est de Balmésa. Ce jour est le 25 du mois de Paschous. Suivant cetlo légende, l’enfant Jésus lit en ce lieu un grand nombre de miracles; entre autres choses il planta en terre les trois bâtons d’un berger et do ses deux fils, cl sur-le-champ ces bâtons devinrent trois arbres couverts de (leurs et de fruits, qui existaient encore du temps de Cyriaque. Cvriaquo prétend avoir appris toutes ces particularités do diverses visions qu’eut un moine nommé Antoine, en conséquence desquelles ïl fil faire des fouilles en cet endroit : on y trouva un grand coffre fermé contenant tous les vases sacrés d'une église, avec une inscription qui apprit que le tout, avait été caché, au commencement de la persécution de Dioclétien, par le prêtre Thomas qui desservait cette église, l’ordre lui en ayant été donné dans un songe. Le coffre ouvert, on y trouva les vases sacrés et un écrit que l’on lut et qui contenait toute l'histoire de l'arrivée do l'enfant Jésus avec ses parents en ce lieu le 25 du mois de Paschous, et le récit de tous les miracles par lesquels il y avait manifesté sa divinité. Cette relation était écrite de la main de Joseph, époux de la sainte Vierge. Elle est fort longue. Après l’avoir lue, Cyriaque fit bâtir en ce lieu une église dont la construction fut encore accompagnée de visions et la desserte confiée au moine Antoine. Cyriaque raconte en finissant comment un homme qui avait souillé cette église et y avait commis des dégâts, fut tué à peu de distance de là par un monstre envoyé de Dieu. — Le second discours de Cyriaque a pour objet l’arrivée et le séjour do l’enfant Jésus et de ses parents en un lieu de la province de Kous, lieu nommé aujourd'hui le couvent brûlé. Ce discours est fait pour être lu le 7 de Barmondi, jour anniversaire de l’arrivée de la sainte famille en ce lieu Le tissu de cette légende est tout à fait semblable à celui de la précédente. »
Voici en quels termes l’Évangile de Nicodème est introduit dans le roman de Perceforesl. C’est Natacl, chapelain d’Arfaran, qui parle.
o Madame et vostre compaignie, si desires a scavoir, comment le sainct prophctte fut traicte en son vivant, ce n’est pas merveilles, et j’en scay bien parler ; car lorsque mon maislre, que je servoye adonc qui estoit nommé Joseph Dabarimathie, Pylate estoit souverain chevalier des Juifs; car cest raison que vous scaches, si tost que Joseph mon maistre eut despendu de la croix le vray crucifix et mis en son sepulchre, Nycodemus qui estoit des maistrcs manda Joseph mon maistre, et jallay avec luy. Mais quand il vint à Nycodemus, il fut receu a grant joye; car tous deux tenoient le prophétie a tressainct homme, et moult leur pesoit de sa mort et du tort que Ion luy faisoit. Adonc parla Nycodemus et dit : Joseph, jentens que vous aves despendu le prophétie de la croix. Sire, dist Joseph, il est vray, et lay mis en un sepulchre que jayoye fait faire. Joseph, dist Nycodemus, je le vous dis pource que les seigneurs de la loy en sont moult troubles, si fais doubte qu'il ne vous en preigne mal. Sire, dist Joseph, de si noblo besogne ne me peult prendre mal, que plus grant bien ne men advienne apres : car ils ont a tort mis a mort le sainct prophétie. Si ay grant merveille ou ils en prindrent loccasion : Car par faulx témoins et jugemens ils l’ont juge, et vous, qui estes des secrets, en scauricz mieutx parler que les forains; si vous prie que me veuillez compter la maniéré du traictement. Certes, dist Nycodemus, je ne fus oneques consentant de sa mort; aincoys le destournay a mon pouvoir. Mais que apresent je vous racompte, comment il fiil traicte, ce no ferai je pas; car trop demoureriez céans, et je suis tenu pour soupeconneux, pourquoi vous en irez et je retiendrai votre clerc, auquel je feray mettre par escript toute la passion du bon prophétie a toutes les heures que jauray loysir. Et ainsi je demouray avec Nycodemus, et Joseph se partit, qui ce jour fut prins des
APPENDICE
•laistros de I» loy et mis en prison, dont je ne le veis devant la» onsuyvant. Et toutes foys me fist depuis Nycodenms escripre mot a mot: car il y fut toujours présent, laquelle passion jay sur moy escripte de ma propre main, et mal voluntiers yrois sans lavoir. Adonc, continuai auclor, print Natael la passion du sainct prophétie, et la leut en telle maniéré. Incipit liber : Il advint au dixneufiesme an de l’empire de Tibere César de Homme et de Herode, roy de Galilée, consul Rufibellionis, procureur en Judée Ponce Pilate fut le prince, Provoyres des Juils Joseph et Cayphas. La neufiesme calende d'april Anna et Cayphas, Sonie et Sathain, Cormalie et Judas, Nevy et Nephtalin, Alexandre et Sirus et moult daulres des Juifs vindrent a Pylate alencontre esus, en laccusant en maintes maniérés, en disant : etc. •
Préface V
INTRODUCTION