FABRIQUES. MÉTIERS. NOMBRE VALEUR
d'ouvrier*. d« la fabrication •D rouble» argaol.
Moscou avec son arrondissement 93 3,667 40,783 5,890,700
Dans les autres arrondissements du gouvernement de Moscou. . 39 2,778 42,433 i,073,700
Total. ... 432 6,445 22,946 9,964,400
On comptait, en outre, 21 fabriques de tissus de laine mêlée de coton, avec 1,501 métiers, occupant 2,439 ouvriers et dont les produits représentaient une valeur de 1,063,360 roubles argent (4,254,240 francs).
Depuis 1843 , la fabrication des tissus de laine dans le gouvernement de Moscou a pris encore plus d'extension. On y fabrique aussi maintenant plus de draps fins ; de sorte qu'on peut ajouter à la somme ci-dessus au moins 20 pour 100 (1), ce qui porterait le total de la fabrication à plus de 13 millions de roubles, ou près de la moitié de la somme à laquelle nous avons porté la valeur totale des produits de l'industrie de nos laines, dans tout l'Empire ,• sans le royaume de Pologne et sans porter en compte la fabrication des draps de paysan.
Au nombre des 105 fabriques de tissus de laine , nominativement désignées dans l'atlas statistique de M. Samoïloff, il y en a 11 dont chacune livrait au commerce une valeur de plus de 200,000 roubles , savoir : les établissements de MM. Babkine, Novikoff, Ossipoff et Oustinoff , à Moscou ; de Kourdioukoff et d'une société d'actionnaires , dans le district de Moscou ; de Babkine frères et de Tche^ werikoff, dans le district de Bogorodsk; de Tougarinow , dans le district de Dimitrow ; la fabrique du gouvernement et celle de Koufschinikoflf, dans le district de Zwenigorod.
Ces 11 établissements occupaient, en 1843, 7,205 ouvriers , et les produits de leur fabrication s'élevaient à
(1) La fabrication des tissus de laine peignée, qui se concentre également dans le gouvernement de Moscou, et qui était encore dans Tenfance en 1843, représente maintenant une valeur d'environ 5 millions de roubles, de sorte que, pour cette seule branche d'industrie, il y aurait 2 à 3 millions de roubles à ajouter à la valeur totale des tissus de laine produits dans ce gouvernement.
3,770,000 roubles argent (14,080,000 francs) , ou près de 88 pour 100 de la valeur totale de cette branche de la fabrication dans tout le gouvernement de Moscou.
La draperie fine de Moscou est encore en arrière de celles de la Livonie et du royaume de Pologne ; mais elle a fait aussi, dans les derniers temps, des progrès assez marquants. A la dernière exposition, les draps fins à 5 roubles 1 archine, de la fabrique de M. Albert Kenemann, occupaient la première place et n'étaient égalés par aucun des exposants de l'intérieur de l'Empire ; mais, depuis quelque temps, cette manufacture a presque entièrement abandonné la fabrication des draps très -fins, à cause du manque de bonnes laines , et produit principalement des draps de qualité moyenne à 3 roubles Farchine , qui ne laissent rien à désirer. Cette fabrique occupe maintenant plus de 300 ouvriers. Pour les draps de moyenne qualité, de 1 rouble 50 kopecks à 2 roubles 75 kopecks , ce sont les produits des fabriques de Hanechine, à Moscou, et deZourikoff, dans le district de Zwenigorod , qui se sont le plus avantageusement distingués à l'exposition de 1849. Le premier de ces établissements fabrique, sur 200 métiers , environ 9,000 pièces de différents tissus , pour une valeur de 310,000 roubles argent, et elle emploie environ 4,300 pouds de laine de mérinos (1). Depuis quelque temps , on y fabrique beaucoup de flanelles du prix de 57 à 60 kopecks l'archine. Le propriétaire de cette fabrique s'applique constamment à y introduire des améliorations tant dans les appareils et les machines que dans les procédés de la fabrication. La fabrique de Zourikoff est moins importante sous le rapport de son étendue. Elle ne travaille que sur 90 métiers et produit environ 2,500 pièces, pour une valeur de 92,000
(i)(jCB cliiiVrcs 8ont lires de rarticlc de M. Scherer surreiposition de 1849.
roubles argent. Les autres fabriques du gouvernement de Moscou, dont les produits ont figuré à la dernière exposition , sont celles de Novikoff , Neville , Oustinoff , Alexeieff, Mojenski et Jokisch. La fabrique de Novikoff, à Moscou, est une des plus considérables. Elle produit jusqu'à 10,000 pièces de draps de qualité moyenne , des draps de dame , des flanelles et d'autres tissus de laine, pour une valeur de plus de 300,000 roubles, et elle emploie jusqu'à 7,500 pouds de laine.
Parmi les autres établissements importants du gouvernement de Moscou qui fabriquent des draps de moyenne qualité, du prix de 1 f à 2 7 roubles, nous devons encore citer ceux de MM. Munsterberg , à Moscou ; Kirch , près de Moscou; Schoen, arrondissement de Bogorodsk, et Popoflf , arrondissement de Zwenigorod.
Dans les autres gouvernements, les établissements les plus importants sont ceux du baron Stieglitz , à Narva (gouvernement de Saint-Pétersbourg), qui produit environ 4,000 pièces de drap ; de MM. Poniatowski et prince Sangourschko , dans le gouvernement de Kiew, qui fournissent ensemble environ 4,000 pièces (la première de ces fabriques se distingue particulièrement tant par la bonne qualité de ses draps que par une excellente organisation du travail et une économie bien entendue ; les ouvriers , serfs pour la plupart , y sont traités avec un soin tout paternel); de MM. Zouboff et Stepounine, dans le gouvernement de Tschernigow, qui fabriquent ensemble environ 1,500 pièces , et de Zachert et Moess, dans le gouvernement de Grodno ( ces deux dernières fabriques ont été déjà mentionnées, pagfô 385),
La fabrication des draps pour la Chine repose principalement sur deux grands établissements : ceux de l'ancienne maison des frères Babkine , maintenant héritiers Matveïeff et Strakhoff, à Moscou, et d'Alexandroff, dans le gouver-
nement de Kalouga. Ces deux établissements en fournissent environ 700,000 archines. Les draps de la dernière de ces fabriques jouissent d'une grande réputation en Chine , depuis plus de vingt ans. Le reste de la fourniture pour la Chine est complété par les fabriques de la veuve Chapochnikoff, de M"*" Apraxine et de M. Novossilzoff, et par quelques autres petits établissements de Moscou.
Les draps ordinaires , du prix de 80 kopecks à 1 rouble 20 kopecks Tarchine , sont fournis à la consommation intérieure et en partie au commerce avec l'Asie par plusieurs fabricants de Moscou. La fabrique d'Ossipoff en fournit 20,000 pièces , celle des frères Kotoff 16,000 et celle de MM. Oustinoff et Gretchouschkine 16,000 pièces. Outre ces 3 établissements, on en compte une vingtaine dans le seul gouvernement de Moscou et autant dans les gouvernements de Wilna , Grodno , Tschernigow et Kiew.
Il y a également un assez grand nombre de fabriques pour les draps de soldat. On en compte 21 dans le seul gouvernement de Moscou , indépendamment du grand établissement de la Couronne, à Pawlowsk, près de Moscou, dont les produits sont évalués , dans la statistique de M. Samoïloff , à 650,000 roubles argent. On compte dans tout l'Empire environ 100 fabriques qui fournissent des draps à l'armée.
Les meilleures fabriques pour les draps d'uniforme sont celles de Prochorow, frères Babkine, M^'Apraxine et M. Lissenkow, dans le gouvernement de Moscou; du comte Potemkine, dans le gouvernement de Koursk, et des deux manufactures du prince Joussoupoff, dont une dans le gouvernement de Koursk et l'autre dans celui de Poltawa.
Les meilleurs draps gris pour les capotes de soldat sont fournis par les fabriques du gouvernement de Simbirsk.
Après le gouvernemenl de Moscou, c'est celui de Tschernigow qui est le plus riche en fabriques de drap. On a remarqué , à l'exposition de 1849 , les produits de 4 des principales fabriques de ce gouvernement, savoir : de la manufacture de MM. Zouboff et Stepounine, qui fabrique environ 5,000 pièces de drap , du prix de 1 rouble 40 kopecks à 2 roubles Tarchine, et en partie des draps plus fins , de 3 à 4 roubles , en tout pour une valeur de 350,000 roubles argent; de celle d'Aksenow qui produit environ 2,000 pièces, pour une valeur de 70,000 roubles ; de la manufacture d'Issaïew, qui produit près de 3,000 pièces de draps de moyenne qualité, pour environ 190,000 roubles argent, et de la manufacture de MM. Miklachewski, dont la fabrication est évaluée à 45,000 roubles. Cette dernière manufacture fabrique des draps moyens , de 1 7 à 3 roubles Tarchine , qui sont, sous le rapport de la perfection du tissu et de l'apprêt, moins remarquables que les flanelles et les couvertures de laine de cette fabrique. Les propriétaires de cette manufacture n'emploient que de la laine de leurs bergeries , dans le gouvernement d'Ekathérinoslaw , qui comptent jusqu'à 30,000 brebis.
Parmi les produits envoyés par les autres gouvernements, on a remarqué les draps de moyenne qualité , du prix de 2 7 à 4 roubles , des manufactures du baron Stieglitz , à Narva, gouvernement de Saint-Pétersbourg, de la veuve Popow, dans le gouvernement de Toula, et de Semenow, gouvernement de Riazan.
La fabrication des tapis est beaucoup plus arriérée ^ en Russie , que celle des draps , et elle est aussi plus en retard dans son développement. Cependant elle a aussi fait des progrès très-sensibles depuis six ou sept ans. Les produits de la manufacture impériale de tapis, à Sain^Pétersbourg, peuvent figurer avec avantage à côté de ceux des meilleures fabriques de l'étranger, tant sous le rapport de la
perfection du tissu que sous celui de la richesse des dessins et de la vivacité des couleurs ; mais, comme objet de luxe, cet élablissement ne peut pas être jugé au point de vue d'une appréciation industrielle.
Parmi les établissements particuliers , il n'y en a jusqu'à présent que 2 qui méritent d'être mentionnés , savoir : la manufacture de lapis de M. Gaismar, à Varsovie, et celle de M. Epanischnikoff, à Moscou; la première est plus ancienne et plus avancée tant sous le rapport de la consistance du tissu que sous celui du bon goût des dessins et de la vivacité des couleurs. Ces produits ne sont pas de beaucoup inférieurs aux tapis des manufactures étrangères. La fabrique d'Epanischnikoff a fait, depuis quelques années, des progrès très-marquants ; car, tandis qu'à l'exposition de 1848 ses tapis occupaient un rang très-inférieur à côté de ceux de Gaismar, ils les égalaient déjà, sous plus d'un rapport, à celle de 1849. Mais, sous le rapport du prix, les produits de l'une et de l'autre de ces fabriques sont encore bien en arrière des tapis étrangers. La différence est à peu près, comme pour les draps fins , de 30 à 40 pour 100.
La fabrication des tapis de qualité supérieure est une industrie très-difficile et très-compliquée. Elle ne réussit complètement que lorsqu'elle est entreprise en grand. Une petite manufacture ne peut pas entretenir de bons dessinateurs et coloristes, ni changer souvent ses modèles et ses dessins sans enchérir beaucoup ses frais de fabrication. Tous les autres frais généraux de l'établissement se répartissent aussi plus avantageusement dans une fabrique qui travaille sur une grande échelle.
Or, tous les deux établissements que nous venons de citer ont été organisés sur une petite échelle. La fabrication de la manufacture d'Epanischnikow n'était évaluée, en 1843, qu'à 15,000 roubles argent; mais, depuis celte époque, elle a pris un beaucoup plus grand développement. Elle
travaille maintenant avec 90 métiers à la Jacquard et consomme plusieurs milliers de pouds de laine , dont le nettoyage et le filage occupent une quarantaine de villages de l'arrondissement de Moscou et des districts circonvoisins. Elle fabrique des tapis du prix de 1 jusqu'à 3 7 roubles l'archine (6 francs 75 centimes à 23 francs 60 centimes l'aune de France).
La fabrication des tissus ras de laine peignée , tels que camelots, mérinos, chalis, mousselines de laine, etc., ne date, en Russie, que d'une vingtaine d'années; mais, dans cet espace de temps , et surtout depuis l'année 1845 , elle a fait des progrès très -rapides et très-importants, qui sont, entre autres, constatés par le chiffre croissant de l'importation des laines peignées-filées.
Jusqu'à l'année 1830 , l'importation de cet article a été presque nulle , et voici la progression qu'elle a suivie depuis cette époque :
MOYENNES TRIENNALES d'importation.
En 1830-4832. 3,150 pouds.
Ainsi, dansl'espace de 20 ans, à partir de l'année 1830, l'importation de la laine peignée-filée a augmenté dans laproportion de 1 à 15; mais c'est surtout depuis l'année 1845 qu'elle a acquis la plus grande importance ; ce qui prouve que c'est depuis cette époque que la fabrication des tissus de laine peignée a pris le plus grand développement. Indépendamment de cet accroissement de l'importation de la laine filée, les frères Goutschkoff ont établi, à Moscou, une filature de laine peignée de 6,000 broches; de sorte que la
39i INDUSTRIE.
fabrication des tissus de cette espèce est maintenant de plus de 50,000 pouds, représentant une valeur de plus de 5 millions de roubles argent.
Cette branche d'industrie se trouve aussi dans un état assez satisfaisant tant sous le rapport de la qualité des tissus que sous celui de la teinture et de l'impression des étoffes légères , sauf l'élégance et la variété des dessins qui laissent encore beaucoup à désirer ; mais la différence de prix est encore très-grande en les comparant aux tissus de la même catégorie fabriqués à l'étranger. Ce qui prouve le mieux la cherté de nos tissus de laine peignée, c'est que, malgré les droits très-élevés de l'ancien tarif ( 1 rouble 96 kopecks à 3 roubles 50 kopecks par livre = 12 francs 20 centimes à 34 francs 20 centimes par kilogramme) , on en importe encore de l'étranger pour 1,800,000 à 1,400,000 roubles (1).
En Angleterre , en Autriche et en Allemagne , la fabrication de ces tissus est calculée sur les grandes masses de consommateurs , et l'on s'attache principalement à en réduire le prix autant que possible, pour les rendre de plus en plus accessibles aux basses classes de la population. Cet élargissement du marché et de la fabrication elle-même présente de grands avantages sous le rapport des arrangements économiques de l'industrie. Le fabricant trouve dans l'extension de son débit une compensation à la modicité de ses bénéfices , et le bas prix des tissus de qualité inférieure réagit également sur celui des étoffes plus fines. Chez nous, cette industrie est principalement calculée sur les classes aisées qui recherchent bien plus la qualité
(1) M. SamoïloiT cite, dans sa brochure sur l'exposition do Londres» les cb&les et les mouchoirs Imprimés en tissus de laUie peignée, fabriqués à Vienne, qui se vendent pour la moitié du prix que coûtent les mêmes tiMus en Russie.
que le bon marché. Or, en suivant cette direction , le débit reste toujours très-limité, A ces causes particulières , qui expliquent en partie la cherté de nos tissus ras de laine peignée , il faut en ajouter une plus générale qui se reproduit plus ou moins dans toutes les branches de notre industrie : c'est que nos fabricants , en accordant aux marchands des crédits à longs termes, sont souvent obligés de hausser leurs prix pour couvrir les pertes qui s'en suivent.
Au reste , les progrès économiques de cette fabrication dépendront à l'avenir, en grande partie , du développement que pourra prendre en Russie la filature de la laine peignée, qui se trouve encore dans l'enfance. C'est une des branches d'industrie les plus difficiles. Les mécaniques pour le filage des laines peignées, étant beaucoup plus compliquées que celles de la filature du coton, sont encore très-loin du degré de perfection auquel ces dernières sont déjà arrivées.
En France , la filature de la laine peignée par la mécanique est employée depuis près de 40 ans ; et depuis cette époque, que de transformations, que de changements n'a-t-elle pas subis! que d'inventions nouvelles dont l'utilité a été démentie par l'expérience ! que d'essais infructueux ! que d'établissements abandonnés et d'entrepreneurs ruinés, tant en France qu'en Allemagne ! Nous en avons eu sous les yeux plus d'un exemple. Énumérer ici toutes les péripéties de cette branche d'industrie nous éloignerait du but de ce travail et en dépasserait le cadre. Nous nous bornerons donc à envisager la question dans son état actuel , et dans son application à la Russie.
Que cette branche de l'industrie de la laine soit restée chez nous en arrière, dans son développement, pendant que les autres pays en faisaient l'apprentissage, nous avons plutôt lieu de nous en féliciter que de le regretter , car cela nous a épargné bien des sacrifices stériles. Mais main-
39i INDUSTRIE.
fabrication des tissus de cette espèce est maintenant de plus de 50,000 pouds, représentant une valeur de plus de 5 millions de roubles argent.
Cette branche d'industrie se trouve aussi dans un état assez satisfaisant tant sous le rapport de la qualité des tissus que sous celui de la teinture et de l'impression des étoffes légères , sauf Télégance et la variété des dessins qui laissent encore beaucoup à désirer ; mais la différence de prix est encore très-grande en les comparant aux tissus de la même catégorie fabriqués à l'étranger. Ce qui prouve le mieux la cherté de nos tissus de laine peignée, c'est que, malgré les droits très-élevés de l'ancien tarif ( 1 rouble 96 kopecks à 3 roubles 50 kopecks par livre = 12 francs 20 centimes à 34 francs 20 centimes par kilogramme) , on en importe encore de l'étranger pour 1,800,000 à 1,400,000 roubles (1).
En Angleterre , en Autriche et en Allemagne , la fabrication de ces tissus est calculée sur les grandes masses de consommateurs , et l'on s'attache principalement à en réduire le prix autant que possible, pour les rendre de plus en plus accessibles aux basses classes de la population. Cet élargissement du marché et de la fabrication elle-même présente de grands avantages sous le rapport des arrangements économiques de l'industrie. Le fabricant trouve dans l'extension de son débit une compensation à la modicité de ses bénéfices, et le bas prix des tissus de qualité inférieure réagit également sur celui des étoffes plus fines. Chez nous, cette industrie est principalement calculée sur les classes aisées qui recherchent bien plus la qualité
(1) M. SamoïloiT cite, dans sa brochure sur l'exposition de Londres , les cb&les et les mouchoirs imprimés en tissus de laUie peignée, fabriqués à Vienne» qui se vendent pour la moitié du prix que coûtent les mêmes tlMus en Russie.
que le bon marché. Or, en suivant cette direction , le débit reste toujours très-limité, A ces causes particulières , qui expliquent en partie la cherté de nos tissus ras de laine peignée , il faut en ajouter une plus générale qui se reproduit plus ou moins dans toutes les branches de notre in* dustrie : c'est que nos fabricants , en accordant aux marchands des crédits à longs termes, sont souvent obligés de hausser leurs prix pour couvrir les pertes qui s'en suivent.
Au reste , les progrès économiques de cette fabrication dépendront à l'avenir, en grande partie , du développement que pourra prendre en Russie la filature de la laine peignée, qui se trouve encore dans l'enfance. C'est une des branches d'industrie les plus difficiles. Les mécaniques pour le filage des laines peignées, étant beaucoup plus compliquées que celles de la filature du coton, sont encore très-loin du degré de perfection auquel ces dernières sont déjà arrivées.
En France , la filature de la laine peignée par la mécanique est employée depuis près de 40 ans ; et depuis cette époque, que de transformations, que de changements n'a-t-elle pas subis! que d'inventions nouvelles dont l'utilité a été démentie par l'expérience ! que d'essais infructueux ! que d'établissements abandonnés et d'entrepreneurs ruinés, tant en France qu'en Allemagne ! Nous en avons eu sous les yeux plus d'un exemple. Énumérer ici toutes les péripéties de cette branche d'induslrie nous éloignerait du but de ce travail et en dépasserait le cadre. Nous nous bornerons donc à envisager la question dans son état actuel , et dans son application à la Russie.
Que cette branche de l'industrie de la laine soit restée chez nous en arrière, dans son développement, pendant que les autres pays en faisaient l'apprentissage , nous avons plutôt lieu de nous en féliciter que de le regretter , car cela nous a épargné bien des sacrifices stériles. Mais main-
tenant que la filalure mécanique de la laine peignée a pris sur le continent une certaine consistance , et que son utilité a été suffisamment constatée sous le double rapport de la perfection et de l'économie, le manque de ces filatures forme, dans l'état actuel de l'industrie de nos laines, une lacune qu'il s'agit de remplir, et comme nous avons le chemin battu devant nous , nous pouvons procéder avec connaissance de cause, en profitant de l'expérience des autres.
La filature de la laine peignée est aussi une de ces industries qui ne réussissent complètement qu'établies sur une large base, et avec une mise de fonds considérable. Les premières filatures qui ont réussi en Allemagne et qui ont donné un bon rapport à leurs entrepreneurs sont celles qui furent établies sur une grande échelle- Sous ce rapport, la première place appartient à la grande filature fondée à Gotha, en Saxe, par une société d'actionnaires, qui fournit des quantités considérables de laine peignée, filée aux fabriques de l'Allemagne et de l'Autriche. La seconde et la plus essentielle condition de la réussite de toute nouvelle entreprise dans ce genre consiste à n'employer que les mécaniques les plus perfectionnées, en utilisant toutes les nouvelles améliorations. Une fabrique qui existe déjà depuis quelque temps, et qui a recouvré une partie ou la totalité de son capital de fondation, peut encore travailler et se soutenir, môme avec d'anciennes mécaniques ; mais un établissement nouveau qui s'organiserait avec des machines d'une construction
arriérée ou imparfaite serait peu propre à soutenir la concurrence avec ceux qui ont profité de tous les perfectionnements de la mécanique, et ne pourrait faire que de mauvaises affaires.
Les premiers essais pour introduire en Russie la filature mécanique de la laine peignée ont été faits , il y a 15 ans,
par le baron Tcherkassoff , dans le gouvernement de Smolensk, et par le général Papkoff , qui avait établi une filature près de Taganrog ; mais les machines qui leur ont été envoyées de France étaient si défectueuses que ces entreprises ont complètement échoué. Dans les derniers temps» une des principales maisons de Moscou, en fait d'entreprises industrielles , celle des frères Goutschkoff , a établi une filature de 6,000 broches, d'après le système français , pour la laine cardée-peignée , qui n'est pas regardé comme un des meilleurs, depuis les nouvelles expériences faites dans cette branche d'industrie.
Une nouvelle filature vient d'être établie par M. Minjaïeff, à Saint-Pétersbourg.
Le fabricant des tissus de laine, M. Moess, avait établi une filature à Korochowo , dans le gouvernement de Grodno ; mais malheureusement, elle a été détruite par un incendie , et c'est sur la filature des frères Goutschkoff, à Moscou, et sur celle nouvellement établie à Saint-Pétersbourg, que repose dans ce moment toute cette branche de l'industrie des laines. Il faut espérer que ces deux établissements ne partageront pas le sort de ceux qui les ont précédés, et qu'ils serviront d'encouragement à d'autres entreprises de ce genre.
Depuis que la fabrication des tissus de laine peignée a pris un si grand développement , tant en Angleterre que sur le continent, et que l'usage de ces tissus se répand de plus en plus , la filature mécanique pour cette espèce de laine a acquis un si haut degré d'importance , que c'est un objet sur lequel on ne saurait trop attirer l'attention de nos industriels et de nos éleveurs de brebis ; nous aurons encore l'occasion de revenir sur ce sujet.
Les meilleures et les plus importantes manufactures, pour les tissus de laine légers sont : à Moscou , celles des frères Goutschkoff, Rochefort, Favarlt et Wolner. La ma-
tenant que la filalure mécanique de la laine peignée a pris sur le continent une certaine consistance , et que son utilité a été suffisamment constatée sous le double rapport de la perfection et de Téconomie, le manque de ces filatures forme, dans l'état actuel de l'industrie de nos laines, une lacune qu'il s'agit de remplir, et comme nous avons le chemin battu devant nous , nous pouvons procéder avec connaissance de cause, en profitant de l'expérience des autres.
La filature de la laine peignée est aussi une de ces industries qui ne réussissent complètement qu'établies sur une large base, et avec une mise de fonds considérable. Les premières filatures qui ont réussi en Allemagne et qui ont donné un bon rapport à leurs entrepreneurs sont celles qui furent établies sur une grande échelle. Sous ce rapport, la première place appartient à la grande filature fondée à Gotha, en Saxe, par une société d'actionnaires, qui fournit des quantités considérables de laine peignée, filée aux fabriques de l'Allemagne et de l'Autriche. La seconde et la plus essentielle condition de la réussite de toute nouvelle entreprise dans ce genre consiste à n'employer que les mécaniques les plus perfectionnées, en utilisant toutes les nouvelles améliorations. Une fabrique qui existe déjà depuis quelque temps, et qui a recouvré une partie ou la totalité de son capital de fondation, peut encore travailler et se soutenir, même avec d'anciennes mécaniques ; mais un établissement nouveau qui s'organiserait avec des machines d'une construction
arriérée ou imparfaite serait peu propre à soutenir la concurrence avec ceux qui ont profité de tous les perfectionnements de la mécanique, et ne pourrait faire que de mauvaises affaires.
Les premiers essais pour introduire en Russie la filature mécanique de la laine peignée ont été faits , il y a 15 ans,
par le baron Tcherkassoff , dans le gouvernement de Smolensk, et par le général Papkoff , qui avait établi une filature près de Taganrog ; mais les machines qui leur ont été envoyées de France étaient si défectueuses que ces entreprises ont complètement échoué. Dans les derniers temps, une des principales maisons de Moscou, en fait d*entreprises industrielles , celle des frères Goutschkoff, a établi une filature de 6,000 broches, d'après le système français , pour la laine cardée-peignée , qui n'est pas regardé comme un des meilleurs, depuis les nouvelles expériences faites dans cette branche d'industrie.
Une nouvelle filature vient d'être établie par M. Minjaïeff, à Saint-Pétersbourg.
Le fabricant des tissus de laine, M. Moess, avait établi une filature à Korochowo , dans le gouvernement de Grodno ; mais malheureusement, elle a été délruile par un incendie , et c'est sur la filature des frères Goutschkoff, à Moscou, et sur celle nouvellement établie à Saint-Pétersbourg , que repose dans ce moment toute cette branche de l'industrie des laines. Il faut espérer que ces deux établissements ne partageront pas le sort de ceux qui les ont précédés, et qu'ils serviront d'encouragement à d'autres entreprises de ce genre.
Depuis que la fabrication des tissus de laine peignée a pris un si grand développement , tant en Angleterre qUe sur le continent, et que l'usage de ces tissus se répand de plus en plus , la filature mécanique pour cette espèce de laine a acquis un si haut degré d'importance , que c'est un objet sur lequel on ne saurait trop attirer l'attention de nos industriels et de nos éleveurs de brebis ; nous aurons encore l'occasion de revenir sur ce sujet.
Les meilleures et les plus importantes manufactures, pour les tissus de laine légers sont : à Moscou , celles des frères Goutschkoff, Rochefort , Favarlt et Wolner. La ma-
i02 INDUSTRIE.
45 kopecks par livre , pour les châles de fabrication européenne, et 35 pour 100 pour les châles turcs et les vrais cachemires. Elle ne représentait, année moyenne, pendant la période triennale, qu'une valeur de 183,000 roubles, dont 165,000 pour les châles importés dans le commerce avec l'Europe, et 1,800 pour ceux importés de l'Asie; mais il en entre beaucoup en contrebande , car c'est un article qui se prête avec facilité au commerce interlope, et la prime est trop élevée pour ne pas tenter les contrebandiers. Le chiffre minime de l'importation, surtout de celle des châles turcs et des Indes, en fournit la preuve. La somme de 18,000 roubles représente à peu près la valeur d'une dixaine de châles.
Notre commerce de tissus de laine avec l'Europe et avec l'Asie , pris dans son ensemble , pendant la période de 27 ans, de 1824 à 1850 inclusivement, présente les résultats suivants :
Moyennes triennales. — Valeur en roubles argent.