‹ Études sur les forces productives de la Russie (volume 2)Chapitre 38 sur 40 · IMPORTATION. EXPORTATION. EXCÉDANT · texte numérisé non relu

IMPORTATION. EXPORTATION. EXCÉDANT

de l'imporlatioc. de l'expuiUtiuii.

En 1824-1826 3,760,000 182,600 3,577,400 »

Ces résultats ne diffèrent pas beaucoup , quant au mouvement général du commerce de nos tissus de laine » de ceux du tableau précédent. La valeur de l'importation de ces tissus qui était, pendant la première période triennale, de 3,760,000 roubles, et qui s*est élevée, pendant les 3 années suivantes , à près de 5 millions , est descendue successivement à 2,747,000 roubles ; tandis que l'exportation, qui n'était, pendant les années 1824-1826, que de 182,600, s'est élevée en 1845-1847 jusqu'à 3,129,500, c'est-à-dire dans la proportion de 1 à 17, et après avoir eu, pendant les deux premières périodes triennales, un excédant d'importation de 3 ^ à 4 7 millions, nous sommes arrivés pendant les 6 dernières années, à un excédant d'exportation de 300,000 à 400,000 roubles.

Quant au nombre d'ouvriers employés dans l'industrie des tissus de laine , nous pouvons également l'évaluer d'une manière plus ou moins approximative.

Les 132 établissements qui existaient déjà en 1843 , dans le gouvernement de Moscou, et qui produisaient alors, en tissus de toute espèce , une valeur de 9,964,000 roubles argent , occupaient à cette époque , d'après l'atlas statisti que de M. Samoïloff , 22,916 ouvriers. Maintenant, cette industrie , vu le développement qu'elle a pris , doit produire dans ce seul gouvernement au moins une valeur de 13 millions, et occuper environ 30,000 ouvriers, qui travaillent dans les fabriques, et en y ajoutant ceux qui travaillent dans les villages pour le compte des établissements industriels, environ 37,000 à 38,000 ouvriers.

Dans le royaume de Pologne, on comptait, en 1849, d'après la statistique officielle, 9,400 ouvriers employés à la fabrication des tissus de laine. Or, les produits de cette industrie , dans le royaume de Pologne, ne représentant ensemble que les j à peu près de toute la valeur de cette fabrication dans l'Empire et le royaume, on peut

porter le nombre total d'ouvriers employés à Findustrie manufacturière qui travaille la laine, à plus de 100,000 individus.

Pour la fabrication de 1,800,000 pouds de draps de paysan qui peuvent donner, en comptant 3B archines par pouds , 45 millions d'archines , il faut :

Pour carder, huiler et filer 4,800,000 pouds de fil, en comptant 42 pouds par an pour un fileur ou une fileuse 450,000 individus.

Pour le tissage de 45 millions d'archines, en comptant 5 archines par jour et 250 journées de travail 36,000 tisserands.

Ensemble. •. . . 486,000 individus.

En ajoutant à ce chiffre , d'après le calcul qui précède , plus de 100,000 ouvriers employés dans les fabriques, on peut porter en bloc à 300,000 le nombre total d'individus qu'occupe la fabrication des tissus de laine de toute espèce.

Après avoir étudié toutes les données réunies dans ce chapitre sur l'industrie de notre laine , nous croyons pouvoir en tirer les conclusions suivantes :

V Que cette industrie a déjà vaincu les principales difficultés , et qu'elle est en progrès ;

2" Qu'elle possède dans la fabrication des draps de l'armée et des draps moyens, de 1 à 2 roubles l'archine, destinés à la consommation intérieure et au commerce avec la Chine , un grand fonds de production , qui assure son avenu- ;

3* Que pour les draps fins et les tissus légers, il y a également un progrès sensible sous le rapport de la qualité, et que cette branche d'industrie pourvoit déjà à la plus grande partie (95 pour 100) de la consommation indigène , mais qu'il reste encore beaucoup à désirer sous le rapport des prix ;

4® Que l'importation des tissus de laine de toute espèce se trouvant réduite à environ 2 millions de roubles, il ne reste plus beaucoup de terrain à conquérir de ce côté , car quand même cette importation serait remplacée en entier par les tissus du pays , cela n'ajouterait qu'environ 4 pour 100 à la valeur actuelle des produits de cette industrie ; que par conséquent, il faut s'appliquer principalement à élargir les marchés intérieurs, en provoquant une plus grande consommation par la baisse des prix , et en perfectionnant surtout les draps de qualité moyenne de 2 à 3 roubles, et que sous ce rapport, il y a encore un assez vaste champ à conquérir ;

5"* Qu'en ce qui concerne les draps ordinaires du prix de 1 à 2 roubles, la fabrication indigène étant déjà beaucoup plus avancée, tant sous le rapport des qualités que sous celui du prix de la marchandise, l'extension de leur débit ne dépend plus que des progrès du bien-être des classes moyennes de la population ;

6" Que le commerce de draps avec la Chine semble en quelque sorte avoir déjà atteint son point culminant, qu'il n'offre plus beaucoup de chances d'un grand développement, et que nos fabricants devraient s'appliquer à ouvrir à leur industrie de nouveaux débouchés dans le Levant, en imitant la fabrication des draps légers à vives couleurs qu'on y envoie de l'Allemagne ;

7" Enfin que tous les progrès à venir de notre draperie, tant sous le rapport des qualités que sous celui du bon marché, dépendront essentiellement de l'introduction d'un ordre de choses plus régulier dans notre commerce de laines à l'intérieur.

Il vient de paraître deux opuscules sur l'exposition universelle de Londres, un de M. Hagemeister et l'autre de M. Samoïloff, qui contiennent des données précieuses, tant pour nos producteurs de laine que pour nos fabricants

de draps, et (|ue nous ne saurions trop recommander à l'attention des uns et des autres.

Ces données confirment les appréhensions que nous avons énoncées dans le I" volume, pages 473 et suivantes^ aifsujet de la concurrence de plus en plus redoutable des laines de l'Australie, qui ont le plus de similitude avec les laines de nos provinces du midi.

En Australie, les troupeaux de brebis sont exposés, comme dans le midi de la Russie, aux intempéries de l'air; mais le climat y étant moins âpre, son influence est moins pernicieuse ; et, vu l'abondance des pâturages, les brebis y ont beaucoup plus rarement à souffrir du manque de bonne nourriture, auquel nos troupeaux sont si souvent exposés, et qui influe d'une manière désavantageuse sur la qualité de la laine, indépendamment des fréquentes mortalités qui s'en suivent. Cette colonie manque aussi, commise midi de la Russie, de courants d'eau pour le lavage a dos à l'eau froide; mais on y supplée par le lavage à dos à l'eau chaude, qui se fait avec assez de soins pour donner aux laines un certain degré de propreté (1) ; tandis que dans nos provinces méridionales le lavage des laines non à dos, mais après le tondage, se fait, comme nous l'avons déjà mentionné, d'une manière très-défectueuse. C'est ce qui a fait le plus de tort à notre commerce de laines sur les marchés étrangers, et M. Samoïloff s'est convaincu, pendant son séjour à Londres, à l'époque de l'exposition universelle, que nos laines en suint s'y vendent encore beaucoup mieux, en comparaison avec leur prix de revient, que les laines lavées, de sorte que, tant que le lavage sera si mal

(1) L'opuscule de M. Samoiloif donne les détails de cette opération, dont les procédés sont si simples que leur application chez nous ne devrait rencontrer aucune diflicuUé.

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exécuté, nos propriétaires de troupeaux feraient mieux de les expédier dans leur état naturel.

L'éducation de la race ovine, proprement dite, en Australie, n'a pas été en général très-soignée, et la nature, savoir l'abondance des pâturages et l'influence d'un climat tempéré, y ont fait plus que la main et l'activité des hommes. Cependant, depuis quelque temps, les propriétaires de troupeaux y consacrent plus d'attention et cherchent à améliorer la laine par de nouveaux croisements ; cette branche de l'économie rurale, qui y a pris, depuis une vingtaine d'années, une extension si rapide, est encore susceptible d'un immense développement. Depuis une couple d'années, il y est survenu un point d'arrêt par suite de la découverte de riches gisements aurifères, dont l'exploitation a attiré une grande partie des populations agricoles, d'ailleurs clair-scmées, de cette colonie , de sorte que lo manque de pâtres, déjà assez sensible auparavant. Test devenu encore plus depuis cette époque.

C'est ce point d'arrêt que nous devrions utiliser pour nous renforcer contre cette concurrence, en introduisant dans l'éducation de la race ovine, dans le lavage et dans l'assortiment de nos laines, les améliorations déjà signalées, tant dans cet ouvrage que dans ceux de MM. Nebolsinc, Hagemeister et Samoïloff, qui contiennent des indications et des renseignements beaucoup plus détaillés sur cette matière.

Après les laines de l'Australie, ce sont celles du cap de Bonne-Espérance qui acquièrent le plus d'importance dans le commerce de la Grande-Bretagne. L'importation dans le Royaume-Uni des laines de cette provenance, presque nulle il y a une quinzaine d'années, est maintenant de 19,000 à 20,000 ballots, ou d'environ 7 pour 100 du total des quantités importées. Dans cette contrée, l'éducation de la race ovine est éminemment favorisée par la température

du climat et par Tabondance d'excellents pâturages, et la garde des troupeaux confiée aux Hottentots coûte fort peu. La guerre avec les Cafres a momentanément détourné les habitants du pays de cette branche de l'économie rurale , mais c'est un état de choses passager.

Il est difficile de prévoir jusqu'à quel point la concurrence de l'Australie et du cap de Bonne-Espérance feront baisser, avec le temps, le prix des laines en Europe ; mais ce qui est certain, c'est que l'entretien des troupeaux, dans les colonies anglaises, coûte beaucoup moins cher qu'en Russie, et qu'on n'y est pas exposé à ces fréquentes mortalités qui déciment les bergeries dans le midi de la Russie.

Cependant il est très-difficile, comme le fait très-bien rémarquer M. Hagemeister, d'utiliser autrement les steppes, où l'éducation des bêtes à laine a déjà acquis une grande importance, et où elle est en quelque sorte indiquée par les circonstances locales. Elle y constitue, pour beaucoup de propriétaires, une des principales sources de leurs revenus. Il faut donc redoubler d'efforts pour ne pas la laisser dépérir. M. Hagemeister conseille à nos propriétaires de troupeaux d'améliorer les races par des brebis de forte stature qui ont d'épaisses toisons et supportent mieux les intempéries de l'air, et d'obvier, autant que possible, au manque fréquent de fourrages par l'irrigation des prairies ; mais ce dernier expédient est d'une application trèsdifficile dans des contrées comme celles des steppes du midi de la Russie, où le manque d'eau est un des principaux inconvénients pour l'économie rurale.

Quant à l'éducation des différentes races, il y a effectivement des améliorations essentielles et praticables à introduire dans le système suivi jusqu'à présent par nos éleveurs, pour l'approprier davantage à la situation de notre économie rurale. La plupart d'entre eux se sont portés de préférence et avec ardeur à l'élève des mérinos, et se sont

appliqués, comme nous avons eu déjà l'occasion de le faire observer dans le I" volume de cet ouvrage, bien plus à augmenter le nombre de leurs troupeaux qu'à en améliorer la race par de nouveaux croisements, et l'on a observé, à l'exposition universelle de Londres, que les laines fines de quelques-unes de nos meilleures bergeries commencent à dégénérer.

En Allemagne, on a suivi le principe contraire. Aussi le nombre des troupeaux y est-il resté, depuis quelque temps, à peu près stalionnaire ; mais , en revanche , les laines de celte provenance ont conservé leur supériorité, et, à la dernière exposition universelle de Londres, tous les connaisseurs leur ont assigné la première place.

D'un autre côté, on néglige l'éducation des races indigènes et on les laisse dégénérer, tandis qu'on devrait, au contraire , s'attacher à les améliorer par des croisements bien assortis. C'est ainsi que la race des brebis de Romanoff, une des meilleures races indigènes et très-susceptible d'amélioration, se perd déplus en plus par des croisements mal assortis ou plutôt abandonnés au hasard.

M. Hagemeister fait observer, avec beaucoup de raison, que les mérinos étant une race artificielle, qui ne peut se soutenir que par de nouveaux croisements (1), exigent des soins que ne comporte pas toujours le système d'écQnomie suivi dans le midi de la Russie. Ils souffrent beaucoup du froid et du manque de bonne nourriture. Cela influe sur la qualité de la laine, qui contient beaucoup de poils morts. On a observé que les mérinos élevés en plein air gagnent

(1) n a été constaté, par les recherches des savants naturalistes, qu'en général toutes les races qui ne sont pas pures, mais qui proviennent du mélange de doux ou plusieurs races, dégénèrent toujours tôt ou tard, si elles ne sont pas renourclées par de nouveaux croisements.

en taille , mais que leur laine est moins touffue et moins bonne.

En général, on devrait approprier davantage l'éducation des bêtes à laine aux circonstances locales et aux moyens d'alimentation, et accorder plus d'attention aux meilleures races indigènes, maintenant trop négligées. M. Samoïloff dit, dans son compte-rendu de l'exposition universelle de Londres, que plusieurs races de brebis anglaises pourraient être, avec avantage, croisées en Russie avec celles que nous possédons, et après avoir indiqué celles qui ont plus particulièrement attiré son attention, il y ajoute les réflexions suivantes :

« En général, il faut rendre cette justice aux Anglais qu'en s'appliquant à étendre et à consolider chez eux l'éducation de la race ovine, ils ont persévéré, pendant une longue suite d'années, dans un système bien plus sage et plus rationnel que celui qui a été suivi par beaucoup de nos pro-. priétaires de troupeaux. Ne se laissant pas éblouir par la vaine satisfaction de n'avoir que des races pures de mérinos, et prenant constamment en considération les avantages et les inconvénients attachés aux circonstances climatologiques de leur pays, ils n'ont pas introduit chez eux de troupeaux de race pure de l'Estramadure, et ils n'ont pas essayé de les mêler avec les races indigènes. C'est ce qui a sauvé l'élève des brebis en Angleterre ; car la bête délicate, née sous le ciel de l'Espagne, ne prospérerait pas sur les prairies humides et toujours verdoyantes des îles Britanniques. Maintenant l'Angleterre peut se prévaloir de l'avantage d'avoir des races de brebis appropriées au climat et aux circonstances locales du pays. Il y a cinquante ans que Bakwell et d'autres hommes éclairés ont attiré l'attention des agronomes anglais sur la nécessité de mêler les races pour en créer de nouvelles, selon le but qu'il serait désirable d'atteindre, soit pour avoir des brebis

bien fournies en chair ou plutôt de haute taille, des bêles à longue ou à courte laine, à laine fine ou à laine forte. Les avantages de ce système ont été maintenant constatés chez les Anglais parles résultats obtenus. »

Tout en reconnaissant les avantages d'un pareil sys-l tème, qui pourraient, nous en sommes persuadés, être également obtenus chez nous, au moins jusqu'à un certain degré, par une éducation de la race ovine plus appropriée à notre climat et aux particularités de notre pays, nous n'oserions cependant pas en déduire la conséquence qu'on doive renoncer chez nous à l'élève des mérinos.

De nombreux exemples ont prouvé qu'elle peut réussir dans plusieurs de nos contrées, lorsqu'on y apporte les soins nécessaires sous le rapport de l'abri et de l'alimentation des troupeaux, et lorsqu'on empêche la dégénération des races, par de nouveaux croisements entrepris avec intelligence. Mais nous persistons aussi à penser que, dans les contrées où les moyens d'une bonne alimentation ne sont pas toujours bien assurés, et où les autres soins ne sont pas à la portée des propriétaires de troupeaux, on devrait consacrer de préférence son attention aux races indigènes qui supportent mieux les intempéries de l'air et une maigre pâture.

Nous avons, entre autres, dans les contrées du Don et dans le gouvernement de Woronèje, de nombreux troupeaux de brebis à longue laine, dont on pourrait tirer plus de parti qu'on n'en tire maintenant, pour la fabrication des tissus de laine peignée, ce qui viendra avec le temps, lorsque la filature à la mécanique prendra chez nous un plus grand développement.

L'extension de plus en plus grande de l'usage des tissus de laine peignée, ainsi que les progrès du filage et du tissage à la mécanique, ont amené, depuis quelque temps, une grande révolution dans cette industrie, qui a exercé une influence très-marquée sur l'élève des brebis et sur

INDUSTRIE. m

le commerce des laines. Par suite de perfectionnements dans les machines et dans les procédés de fabrication, on est parvenu à utiliser davantage dans la draperie les laines ordinaires. On fait maintenant, avec des laines d'une qualité inférieure ou en mêlant les laines fines avec des laines plus ordinaires, des draps d'un prix assez élevé, auxquels on n'employait autrefois que de la laine fine de mérinos. On fabrique aussi avec des laines ordinaires, cardées et peignées, et avec un mélange de fil de coton, différents tissus qui ont remplacé le drap dans l'habillement des hommes. Les tissus de laine peignée, mêlée avec du fil de coton et de la soie, pour la garniture des meubles et des appartements , jouent aussi un grand rôle dans cette branche d'industrie. Toutes ces circonstances, jointes à l'apparition des laines de l'Australie en Angleterre et sur le continent, ont amené de grands changements ^ans les prix des laines de différentes qualités.

Lorsque, à la suite de la grande extension de l'industrie, les prix de la laine ont monté en Allemagne, à partir de l'année 1834, de plus de 28 pour 100, cette hausse se manifesta relativement aux différentes qualités de laines dans les proportions suivantes :

Pour les laines très- fines. • • • . . de 44 | pour 400

— fines de 47 f »

— moyennes de 44 | »

— ordinaires de 65 J »

On voit par ces chiffres que les prix ont monté en sens inverse des qualités.

A partir de l'année 1838 , les prix ont successivement baissé sur les principaux marchés de l'Allemagne , jusqu'à l'année 1849, en moyenne de 17 pour 100, tant par suite de l'extension donnée à l'élève de la race ovine que par l'effet de l'importation croissante des laines des colonies, en

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Anfjflolcrro et sur le continent ; les proportions dans lesquelles cette baisse a frappé les différentes qualités de laines présentent des résultats à peu près analogues à ceux que nous avons observés, relativement à la hausse des pri\ pendant la période précédente.

La baisse a été :

Pour les laines très- fi nés de 19 pour 400

— fines (le i7 »

— moyennes do 20 »

— ordinaires do 42 »

Ainsi, en dernier résultat, les laines très-fines, après avoir monté de 14 ^ pour 100, sont retombées de 4 f pour 100 au-dessous de leur prix avant 1834 ; les laines lines se sont maintenues à peu près à leur ancien prix ; les laines moyennes ont gagné 24|pour 100, et les laines ordinaires 53 7 pour 100 sur les prix avant 1834, ce qui s'explique par des causes assez naturelles.

Depuis la paix de 1815, la plupart des agronomes allemands ont porté de préférence leur attention sur l'élève des bôlcs à laine fine, en négligeant les races indigènes ordinaires. M. Patow, dans sa brochure déjà citée, donne le tableau statistique de l'éducation de la race ovine en Prusse, depuis 1816 jusqu'à 1849 inclusivement, duquel il résulte que le nombre des troupeaux a augmenté dans cet espace de temps, pour les mérinos, de 719,200 à 4,445,900, ou dans la proportion de 100 à 633, et pour les races indigènes améliorées, de 2,368,000 à 7,942,700, ou dans la proportion de 100 à 335, tandis que le nombre des brebis ordinaires est tombé de 5,174,200 à 3,901,300, c'est-à-dire qu'il s'est réduit dans la proportion de 110 à 75.

Pendant que la production des laines ordinaires diminuait en Allemagne, l'emploi de ces laines dans la draperie et dans la fabrication des autres tissus augmentait par les

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raisons déjà signalées , et c'est ce qui a amené une hausse sensible dans leur prix et un revirement dans le commerce des laines en Allemagne. Jusqu'à l'année 1840 , les États de l'association douanière allemande exportaient plus de laines qu'ils n'en importaient; mais, depuis cette époque, c'est l'importation qui en excède l'exportation. L'Allemagne exporte principalement les laines fines, et elle importe des laines ordinaires, et surtout des laines longues peignées dont ses fabriques font une consommation de plus en plus grande.

Nos fabricants et nos éleveurs de troupeaux trouveront des avis très-utiles et des renseignements détaillés sur tous ces revirements de l'industrie et du commerce des laines , dans les brochures déjà citées de MM. Hagemeister et Samoïloff , sur l'Exposition universelle de Londres, et dans l'ouvrage de M. Nebolsine , sur le commerce extérieur de la Russie auquel nous avons eu souvent l'occasion de nous référer dans le cours de ce travail.

L'abondance des matières nous oblige de remettre au prochain volume l'examen des autres branches de notre industrie.

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