NOMBRE DE COMMERÇANTS
dei trois gvildes. isr iO,000 habiUits
dcB Tilles.
Ce tableau présente des résultats qui méritent d'être remarqués.
On voit d'abord que le gouvernement de Twer prime tous les autres sous le rapport du nombre relatif de commerçants inscrits dans les guildes, proportion gardée de sa population urbaine. Cela s'explique par l'importance commerciale de la ville de Twer, située au confluent du Volga et de la Twertza, qui la mettent en communication fluviale au nord avec Nowgorod et Saint-Pétersbourg et au midi et à l'est avec les provinces centrales de l'Empire. Elle est un des points intermédiaires les plus importants du commerce entre le centre et le nord.
Le nombre comparativement très-élevé des commerçants du gouvernement de Wladimir s'explique par la concentration des intérêts industriels et du commerce très-considérablés de cotonnades, et celui des commerçants du gouvernement de Nowgorod, par la position avantageuse de la ville de NoAvgorod, située sur la Wolkhowa, qui tombe dans le lac de Ladoga et établit une voie de communication directe avec la Baltique. Il est notoire que Nowgorod, fondée au v* siècle, est une des plus anciennes villes de la Russie qui exista longtemps comme un État indépendant, et joua.
par rétendue de ses relations commerciales, un rôle important dans la ligue des villes hanséatiques. Nowgorod a perdu son ancienne splendeur depuis la fondatiou de Saint- Pétersbourg; mais elle concentre encore une partie du commerce du nord de la Russie et l'esprit mercantile des habitants s'y est encore conservé d'ancienne date.
C'est aussi par l'intermédiaire de Nowgorod qu'arrivent à Saint-Pétersbom-g beaucoup de produits du sol , tant pour le commerce d'exportation que pour l'approvisionnement de la capitale. Cependant, sous le rapport du nombre absolu des commerçants de la première et de la deuxième guilde, dont le gouvernement de Nowgorod ne compte que 46, il n'occupe, comme on l'a vu par le tableau précédent, que le dix-huitième rang ; mais on y compte, en revanche, 718 marchands de la troisième guilde, et ce qui fait ressortir encore davantage sa prééminence au point de vue du nombre relatif de la classe commerçante, c'est le chiffre comparativement très-minime de la population urbaine du gouvernement dont elle est le siège.
Le rang élevé qu'occupe dans ce tableau le gouvernement de Podolie s'explique par la prépondérance du nombre des commerçants de la troisième guilde. Il y en a 1,325, tandis qu'on n'y compte que 4 marchands de première et 25 de deuxième guilde ; ce qui prouve que tout le commerce de ce gouvernement se trouve entre les mains des petits marchands.
Il en est à peu près de même du gouvernement de Smolensk, où le nombre total des commerçants acquiert, d'ailleurs, une importance relative plus grande, vu le chiffre très-restreint de la population des villes, qui ne représente que la vingtième partie du nombre total des habitants.
Ces deux causes , savoir : le nombre comparativement très-minime de la population des villes et le nombre prépondérant des marchands de la troisième guilde qui font
le commerce en détail, expliquent Timpcftance relative de la classe commerçante de plusieurs gouvernements trè§arriérés , d'ailleurs, sous le rapport de leur bien-être et du développement de leur industrie, et auxquels on est surpris de voir prendre le rang dans le tableau qui précède, sur d'autres provinces beaucoup plus avancées sous cç dernier rapport. Ainsi, par exemple , le gouvernement de Moscou , qui est le centre du mouvement coipmercial et industriel de toute la Russie, n'occupe, dans ce tableau, que la sixième place, et celui de Saint-Pétersbourg, malgré toute l'importance de son commerce tant intérieur qu'extérieur, se trouve relégué au vingt-neuvième rang, car la classe commerçante, quelque nombreuse qu'elle soit en elle-même dans ces deux gouvernements (1), se fond eu quelque sorte dans la masse totale des habitants des deux capitales.
Le nombre des habitants des villes s'élève, dans le gouvernement de Moscou, à 26 pour 100, et , dans celui der Saint-Pétersbourg, à 56 pour 100 du total de la population, tandis que, dans beaucoup d'autres gouvernements, la population urbaine ne figure que pour 8 à 10 pour 100 dans le nombre total des habitants.
En considérant toute» ces circonstances, nous avons encore eu recours à un autre calcul pour nous rendre compte de l'importauçe relative des intérêts commerciaux de chaque gouvernement, en prenant pour base la population des villes et la valeur des capitaux engagés dans le commerce, que nous avons évalués approximativement à 100,000 roubles argent pour les commerçants de la première guilde , à 40,000 pour ceux de la deuxième , à 6,000
(1) On Q vu plus haut que les gouvernements de Moscou et de Saint-Pétersbourg embrassent presque le tiers du nombre total des marchands des deux pre* mières ^ildes dans toute la Russie d'Europe.
pour ceux de la troisième guilde et à 1,000 roubles pour les paysans qui font le commerce en vertu des certificats de la quatrième classe. Les résultats de ce calcul se trouvent réunis dans les tableaux suivants, A et B.
Dans le tableau A, les gouvernements sont rangés d'après l'importance des capitaux présumés engagé^ dans le commerce, et, dans le tableau B, nous les classons d'après l'élévation du chiffre moyen du capital par habitant de la population urbaine :
Tableau A.