EXPLICATIONS PRÉLIMINAIRES
Objet du présent mémoire
J'ai doDDé, dans plusieurs mémoires précédents, la description anatomîque des régions anlérieures du corps de la Myrmica, h savoir : de la lôte (1898», 1899«, iBW), du corselet (1898"») et du péIiole(1894^).
Il me reste à décrire cette région globuleuse qui fait suite au pétiole et que l'on peut désigner sous le nom de Gaster (1899', pi. 2, fig. 4). Celte description sera considérablement abrégée par ce fait que j'ai déjà décrit, d'une façon suffisamment détaillée, plusieurs parties du gaster, à savoir : le squelette tégamenlaire (1894'}, l'appareil slridulateur (1894*), la musculature motrice des anneaux (1897^), l'aiguillon et l'appareil de fermeture de la glande à venin (1898*).
3'sà donné (1899*) une description sommaire de l'anatomie générale de la Mjrmicadaosle traité de Zoologie descriptive publié sous la direction de M. Boulan.
I^ présente étude a été faite, par la méthode des coupes et par des dissections, sur des individus sur le point d'éclore (dg. i) ou venant de quitter leur cuticule nymphale.
scibyGoOi^lc
Récrions dn Corps
La figure % qui représente uae coupe sagiltaie du corps ^e ia M^rmica ouvrière, montre la division morpliologique, fondamentale, du corps de Ilosecle en trois parties : la Tête, le Thorax et V Abdomen.
Elle montre, également, la division extérieure apparente en quatre parties : la Tête, le Corselet, le Pétiole et le Gaster.
Constitution du Gaster
Chez les Vespidae et les Apidae, le deuxième anneau abdominal se dilate brusquement, à la suite de son pédoncule, jusqu'au point d'atteindre, à sa partie inrérïeare, le diamètre du reste de l'abdomen.
Chez les Camponotinae, au contraire, le premier anneau de l'abdomen se dilate relativement peu alasDile de son pédoncule et il se rétrécit, de nouveau, forlemenl, à sa partie inférieure. Cet anneau de dimensions réduites, et dont les articulations antérieure et postérieure permettent, pour la partie suivante de l'abdomen, des mouvements de grande amplitude, a reçu le nom de p/tiole:
Chez les Ponerinae, le deuxième anneau de l'abdomen présente une disposition analogue et constitue encore un pétiole mais, de plus, le troisième anneau montre, à sa partie inférieure, un léger étranglement que nous allons retrouver, bien plus accentué, dans le groupe suivant.
Chez les Myrmieinae, en eiïet, non seulement le deuxième mais aussi le troisième anneau de l'abdomen {se.3 et se.Ôj sont très réduits. On les appelle premier et deuxième nœuds, et leur ensemble constitue le pétiole.
C'est la partie globuleuse de l'abdomen, partie qui fait suite an pétiole, et dont la composition morphologique est variable, qui a reçu le nom de gaster.
Le gaster comprend 9 anneaux chez les Guêpes et les Abeilles {se.5 à se. 13), 8 anneaux chez les Formicinae {se.6 k se. 13), et 7 anneaux seulement chez les Mjrmicinse {se.7 à se. 13).
)vGooi^lc
St. 9 St 10
St.»
ÛLalU.
OLmax
ÛLmand.
tgrila tprtel.
JUSoDa
J}i.SéS.d—^
Fig. 2. — Myrmica rubm ouvrière.
(^iipc sagittale montrant les rdgions du corps.
lire et pourlea suivantes voir p. 60 l'explication des i
scibyGoOl^lc
TEGUMENT Derme
Le corps de l'Insecte est limilé, extérieurement, par une lame, normalemenl formée d'une seule couclie de cellules, qui dérive de l'ectoderme de l'embryon, et que Ton peut appeler derme.
Les cellules dermiques ont la propriété d'incruster leur région externe d'une substance cornée, résistante et imperméable, appelée chitine. Clialin {1892} a montré, chez les larves de Libellules, le mode de Tormalion de cette substance.
-Mk.b-m.
-=VW
-CtUXm.
-Cutjigm
Pig. 3. — Coupe transversale du tégument de l'abdomen d'une nymphe sur le point d'dclore.
A guuchc, derme imaginai [de], recouvert de sa cuticule chitincuse [cnl.im) duna iMiguelle on dislingue successivement, en s'cloignant de l'tiypoderme, une zone Colombie par l'Iiémaloxyline, une zone non colorablc et, extérieurement, une zone dure à aspect brillant.
A droite, cuticule cxuviale (cuCnym), onduUe par suite de la contraction nymphale, et sur le point d'clre rejetée pour i'dclosion imaginale. On y retrouve les trois xones spéciflccs, ci-des9UB, pour la cuticule imaginale.
La cuticule ctiitineuse ainsi produite forme une couche continue, (le plus en plus épaisse, qui est rejelée, à l'époque des roues, et remplacée, aussilôl, par une culicule nouvelle. Celte cuticule chitincuse, parfois très épaisse, conslilue un squelette externe formé de parlies rigides séparées par des membranes articulaires flexibles.
La partie profonde des cellules dermiques ne s'incruste pas de chiiine et consliiue ce que l'on appelle Vtiijpodeniie.
scibyGoOl^lc
ANATOMIE DU GASTEH DE LA HVRHICA HtIBRA 7
Sur les coupes transversales de l'hypoderme, les limites des cellules ne sont pas visibles mais leurs noyaux sont bien nets (tig. 3). Les limites cellulaires sont, au contraire, visibles sur les coupes taagenlielles, telles que le lambeau représenté par la figure 4, C.
Les noyaux des cellules hypodermiques montrent fréquemment trois nucléoles.
Fig. i.
s nymphalea re.
ml de l'éclosio
A. Fragmenls d l'imago.
B. Squelette chilinetix de l'abdomen isolé par la potasse, vu & plal el montrant des taches claires produites par l'insertion d'un muscle forme de 21 libres réparties en deux groupes.
C. Lambeau de t'hypoderme de l'atidomen montrant les limites des cellules et les noyaux nue pourvus de un ou deux ou trois nucléoles.
Ca'vité du corps
Le derme rimitc, ainsi, un espace dont lii-rëgion axiale est occupée par un conduit alimentaire qui est, lui aussi, an moins en majeure parlic, d"orrgine ectodermique.
L'espace annulaire compris entre le derme et le conduit alimenlaire est occupé par diverses formations mésodermiques parmi lesquelles on peut citer :
1' Une membrane basale continue tapissant la face inlerno de l'hypoderme et prenant, ainsi, part à la constilulion du légumcnl;
2° Une couche de filaments conjonctifs, qui tapisse la face externe, du eondoii alimcnlaire el est en continuité avec la membrane basale légnmentairc;
3" Une série de muscles moteurs du squelellc chilineux ;
4" Un réseau irrégulicr de fibres musculaires appliquées sur le conduit alimeniairc ;
scibyGoOl^lc
CH. JAKET
5° Dirers organes, tels que le diaphragme ventral, le corps adipeux, le vaisseau dorsal et ses annexes, etc. ;
6" Des filaments coQJonclivo-musculaires reliant et soutenant tout ce qui se trouve dans la cavité du corps ,-
7° Le sang, qui remplit tous les espaces libres, espaces dont l'ensemble iorme la cavité du corps ou cavité générale.
Un certain nombre de formations ectodermiques ont refoulé, ou même traversé, les formations mésodermiques qui viennent d'élre énumérées. Celles qui les ont traversées sont ainsi venues réellement se loger dans la cavité générale. Parmi ces formations ectodermiques, on peut citer : les invaginations endosqucleltiques, les tendons, les trachées, les glandes tégumentaires, les œnocytes, le système nerveux.
Squelette chitineux du gaster
Le squelette chitineux du gaster (pi. 1 et pi. 6) présente une disposition bien plus simple que le squelette du corselet et que celui de la léte. Ses anneaux, bien séparés les uns des autres, nettement divisés en un arceau ventral et un arceau dorsal, forment une enveloppe globuleuse, volumineuse, qui se distingue de celle de la tête et de celle du corselet, dont le volume est invariable, par une extensibilité considérable, en rapport avec le volume, si variable, des organes logés dans son intérieur, et avec les mouvements respiratoires. La description détaillée du squelette du gaster ayant déjà fait l'objet d'un travail précédent (1894*), je ne donnerai à son sujet que quelques indications complémentaires.
Articulations du pétiole. — Les figures S et 6 montrent la disposition des articulations du pétiole, articulations auxquelles le gaster doit sa grande mobilité.
Le fond des sutures {lim.se.6 et se.7) représente la limite précise des somiles consécutifs. La membrane articulaire ma. 6 doit donc être considérée comme appartenant tout entière au deuxième anneau du pétiole. Les bords inférieurs de ce deuxième anneau se replient pour recouvrir et proléger rarliculation du gaster. Du côté dorsal le repli est rebroussé vers l'intérieur en une bordure tranchante qui constitue la crête de friction de l'appareil slridulateur (sïr.c).
scibyGoOl^lc