‹ Études sur les gerbes de rayons cosmiquesChapitre 16 sur 18 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Beaucoup des études exposées ici devraient être poursuivies et précisées; plusieurs nouvelles expériences ont été proposées. Beaucoup de résultats devraient donc être confirmés.

Néanmoins je crois avoir montré que l’on peut calculer le spectre d'énergie des rayons de grande gerbe en supposant la théorie des cascades valable jusqu'aux environs de 1of° ev. sans avoir besoin de l’étendre aux énergies et aux pénétrations plus élevées. Ce spectre d'énergie est assez complet pour pouvoir être comparé avec l'expérience.

Je crois avoir montré, l'intérêt que présente une analyse constante des statistiques expérimentales au point de vue pratique et théorique.

Les expériences nouvelles décrites ici, faites sur la densité et le rôle des photons dans les grandes gerbes, paraissent dans l’ensemble confirmer la théorie des cascades pour les

énergies faibles et moyennes. Leur faisant suite, des expériences du même type doivent permettre d'éclairer le problème de l'extension latérale des gerbes et celui des effets photonucléaires.

Les anomalies de l'effet barométrique des grandes gerbes ont été confirmées et précisées ; le caractère anormal de la variation de la densité avec l'altitude a été mis en évidence : de nouveaux arguments ont été apportés appuyant les vues de Hilberry suivant lequel les grandes gerbes sont trop nombreuses au niveau de la mer. Cependant l’étude nouvelle et qui devrait être poursuivie du nombre de rayons dans les gerbes apporte de nouvelles confirmations à la théorie des cascades jusqu'aux environs de 10!° ev. Il serait très souhaitable que le problème de la pénétration des électrons de grande énergie soit examiné et que la théorie des cascades soit assez solidement assise pour fournir à son tour de nouvelles méthodes d'investigation et de mesure dans des domaines d'énergie où l’on ne possède aucun moyen assez puissant pour agir sur les phénomènes et les soumettre à la mesure.

Les contradictions citées plus haut entre la théorie et l’expérience ont été discutées en conclusion du chapitre INT. Jusqu'ici il n’a pu être établi entre le méson, la nouvelle particule radioactive, demi-lourde, dont la connaissance fait de rapides progrès, et les grandes gerbes que des ponts, des rapports précaires et mal assurés. Pourtant la participation de corpuscules pénétrants dans les grandes gerbes paraît de plus en plus certaine. L'étude du coefficient barométrique fournit le premier indice d'une intervention du temps pur dans le développement des gerbes. Mais ces faits eux-mêmes ne s'accordent pas encore très bien avec les propriétés courantes du méson.

J'ai étudié les gerbes de l'air et leur association avec les grandes gerbes. Les électrons rapides ;sont'en général associés à des grandes gerbes. Mais les gerbes de l'air à partie

84 J. DAUDIN

ultrapénétrante mettent en évidence les effets d’accompagnement, rares, du méson. s

Des multiplications d’un type nouveau semblent se produire dans les matériaux lourds. Les explosions nucléaires constatées dans les plaques photographiques peuvent peutêtre projeter d’autres particules que les protons et les hélions qui y ont été mises en évidence. Quel qu’en soit d’ailleurs le mécanisme, la projection de corpuscules pénétrants de grande divergence paraît pouvoir seule expliquer les expériences conduites par l’auteur sous la direction de P. Auger ({).

Je désire honorer en terminant la mémoire de notre cher Paul Ehrenfest, qui m’a initié au travail expérimental. Déjà connu à 23 ans par de nombreux travaux, il possédait une habileté étonnante et une intelligence extraordinairement rapide et critique; mais surtout son enthousiasme et son ardeur inlassable à la recherche de la vérité seront toujours présents à la mémoire de ceux qui l’ont connu. Que sa chère et vaillante mère en reçoive ici l’assurance.

Je remercie avant tout M. P. Auger pour l'appui si sûr qu'il accorde à ses collaborateurs et pour le bénéfice constant que J'ai retiré de ses conseils et de ses directives dictées par un sens physique si averti.

Je remercie également le professeur Jean Perrin qui m'a permis de travailler au laboratoire de Chimie physique. Mme Grivet, Chaminade, Fréon et Maze ont droit à toute ma gratitude pour le concours qu'ils m'ont amicalement accordé. Enfin la complaisance constante de tout le personnel du laboratoire m'a été très précieuse et je l’en remercie de bon cœur.

(1) Cette conclusion d’une note aux C. R., parue en juin dernier (réf. 29) vient de recevoir une confirmation directe. WoLLAN et Powezz (Phys. Rev., 60 (1941), 532 et 513) ont publié en septembre deux beaux clichés de gerbes explosives projetant des particules pénétrantes.

(Note sur épreuves).

Thèse JEAN DAUDIN

Page 1