Un infusoire de forme ovale , incolore et trans
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parent, renfermant vers ane de ses extrémités une masse granuleuse grisâtre. Son plus grand diamètre était d'environ ^/s de millimètre ; le plus petit d'environ ^J20.
6. Quelques corps plus petits , sphériques ou légèrement ovales 9 incolores , transparens à leur bord , contenant de même une masse grisâtre indistinctement granuleuse , et d'un diamètre d'environ ^/loo de millimètre. Cette forme a surtout de la ressemblance avec la Pandorina hyaUna d'Ehrenberg (I. c. p. 54. tab. 2, f.34).
7. Enfin , j'ai observé un seul individu incolore et transparent , apparemment composé de deux globules sphériques soudés ensemble , sans aucune trace de contenu ou d'organisation quelconque. Le diamètre d'un des globules pouvait avoir environ ^/zoo de millimètre au plus. 11 ne serait pas impossible que cette forme dût être rapportée à la Mono» gliseenê d'Ehrenberg (1. c. p. 13. tab. 1 9 fig. 14). Dans ces trois infusoires incolores , je ne saurais aflSrmer avoir vu du mouvement.
Après avoir décrit aussi bieii que je puis le faire les organismes que je crois devoir rapporter au règne animal , il me reste à décrire la véritable algue de la neige rouge et une autre incolore , qui se trouve dans bien d'autres situations , et qui , à ce que je crois , a donné lieu à bien des erreurs dans les descriptions du Protococcus nivalis,
8. J'ai observé en petit nombre, mais toujours, des globules sphériques d'une couleur rouge de sang
assez brillante , évidemment remplie d'une masse gra* n uleuse , et par conséquent d'une imparfaite transparence. Ils avaient tous à-peurprés les mêmes dimensions, leur diamètre étant de ^/soo à ^/so de millimètre. Je ne leur ai vu ni matrice gélatineuse y ni bord membraneu:x , ni mouvement quelconque : quand on les écrasait , ils laissaient échapper leur matière colorante sous forme de granules infiniment petits et très-nombreux , et il ne restait que la membrane déchirée et incolore é Ce même efiTet était produit par l'évaporation de l'eau sous le microscope. C'était le Protococcus ntvcUis d'Agardh. Ce naturaliste n'avait pas vu les granules intérieurs , faute d'avœr employé des grossissemens assez forts.
9. Au milieu et autour de tous ces corps , tant ani~ maux que végétaux , il y avait une foule incalculable de très-petits globules sphériques, incolores , libres ou réunis en groupes , sans aucune trace de mouvement ou de contenu quelconque. Leur diamètre n'était au plus que de ^/soo de millimètre. Quand on isolait des autres un des plus gros corps , une quantité considérable de ces petits globules se rangeaient alentour en prenant souvent une apparence filamenteuse» articulée ou cellulaire. A mesure que l'eau contenue entre deux plaques de verre s'évaporait, le même effet continuait à se produire, la structure primitive de-^ venant peu-à-peu méconnaissable ; humectés de nouveau , ces corps ne la reprenaient qu'imparfaitement. C'était le Protococcus nebulosus Kûtzing (Linnsea 1 833, p. 365. tab. 3, f. 21 ). Je ne doute pas que ce ne soit
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à cet organisme que doivent se rapporter les petîta globules incolores observés par Bauer, et d'autres qui flottent à la sur&ce de l'eau ; et je ne doute pas davantage que, dans bien des cas» ce ne soient ces petits globules , devenus méconnaissables par l'effet de la dessiccation et de la décomposition, et mêlés avec les restes incolores des globules du PraUhcoccm nivalùf qui ont fait croire à bien des naturalistes à l'existence nécessaire d'une matrice ou substratum gélatineux.
Je dois remarquer que c'est vers quatre heures du soir, par un temps défavorable , que j'ai fait les ob— servations précédentes , et que l'obscurité m'a obligé d'attendre le lendemain pour en faire un dessin. A onze heures du soir même , la neige renfermée dans les vases n'était pas encore entièrement fondue. Le matin suivant , de bonne heure, je la trouvai complètement fondue , et la matière colorante était déposée au fond des vases : le microscope me fit voir ensuite que toute vie y avait cessé, et les globules de Prolococcm ne pouvaient se distinguer des infusoires mentionnés au N^ 3, que par leur couleur plus claire, leur plus grande transparence et leur contenu évidemment granuleux.
Ce fait si remarquable, non pas même encore soupçonné jusqu'à présent , de l'existence, dans la neige , d'un nombre infini d'êtres microscopiques et évidemment animaux , à une température rarement élevée de plus de quelques degrés au-dessus de zéro , et souvent bien au--dessous probablement, nous montre
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combien il nous reste encore à découvrir dans ce monde , nouveau pour ainsi dire, dont les limites s'é^ tendront à mesure que nos microscopes deviendront plus parfaits.
L'extrême sensibilité de ces infusoires à l'action de la chaleur, par laquelle ils succombent à une température de peu de degré& plus élevée que celle de la surface de la neige ; peut^tre même leur impuissance à supporter tout déplacement , toute secousse ^ telle est j je pense , la cause pour laquelle leur coexistence comme partie colorante de la neige rouge est restée jusqu'à présent ignorée. Je n'ai nullement l'intention d'avancer que les infusoires décrits cirdessus se trouvent toujours en aussi grand nombre comme partie colorante de la neige rouge ( dans mes observations les globules du Protococcus tiivalis étaient aux infusoires à-peu-^près ^ans la proportion de 5 ou 10 à 1000) ; au contraire , il iooe paFs^ probable que le nombre des globules de Protococcus surpasse souvent celui des infusoires.
En comparant avec les miennes les observations des autres auteurs , il me paraît clair que Bauer surtout et Unger ont décrit comme matrice gélatineuse les restes incolores des Protococcus nivcdis et nebulosus ; car, en ce qui concerne nos Alpes, du iaûM>ins9 la distribution générale de la matière colorante dans la substance de la neige à des profondeurs considérables » et sa déposition graduelle kur les bords et au fond des vases à mesure que la neige se fond, prouvent, selon
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moi 9 qa'il ne peal y ayoir de sabstrallim qaelcoDqne à l'état frais.
Quant à la reproduction des flocons de cette même matrice gélatineuse et filamenteuse, et au dé?elop— pement de nouveaux globules organisés incolores , observés par Bauer, je ne doute pas qu'il n'èftt affiure à des organismes tout-à-fait nouveaux et indépendans de la neige rouge. Car aucun observateur, pour peu qu'il se soit occupé de l'étude des organismes microscopiques , tant du règne végétal que du règne animal , ne peut ignorer avec quelle vitesse se développent les espèces de Hygrocracis , PrateeoccuSj etc. , d'un côté , et les Menas et autres infusoires de l'autre ; ce qui me fait croire que le Protococeus ne&u/ostis aurait bien pu se développer pendant le peu de temps que la neigé se trouvait dans les vases pour fondre , sans avoir coexisté auparavant avec les autres organismes de la neige rouge.
n me parait donc néeessaire de distinguer les différentes algues qui ont été confondues' soûs le nom de Protococeus nivalis ; et comme , d'après me9 obserservations , les diagnoses des genres ne me semblent plus satisfaisantes , je vais essayer d'en proposer d'autres, en commençant par l'organisation la plus simple.
Protococeus Âgardh. Syst. Âlg. p. XVII. Globuli liberi sporulis repleti. Protococeus nivalis Ag. 1. c. p. 13. icon, Alg. eur. n® et tabl. 21. — Pr. nivalis , tabula nostra f. 2. — Uredo nivalis , Bauer L c. Nées ab Esenb. in Brown's verm. Sdirift. I. p. 578 cum icône , eicl. ù 9.
Le caractère de ce genre e:xclura*, quant à nos connaissances actuelles , une grande partie des autres espèces qu'on y fait rentrer , comme le Protococcus nebulosus Kûtz. 1. c. et figure 10 de notre planche; mais je ne doute pas que de plus forts grossissemens ne fassent voir des sporules intérieurs.
H€Bmatococcu8 Âgardh. le. Alg. eur. n^ et tab. 22 et 24. Globuli liberi sporidia sporulis repleta includentes. Hœmatococcus sanguineus Ag. 1. c. n^ et fab. 24. — Microcystis sanguinea Ktitz. in Linn. 1833. p. 372. — Protococcus nivalis Corda in Sturm D. FI. et Kûtz.'
La plante écossaise , figurée et décrite par GreviUe, est aussi placée dans ce genre par Âgardh , sous le nom de Hœmatococcus Grevilli^ à cause des gros granules qu'elle contient. Ces granules , à en juger d'après le Hœmatococcus Noltii, déjà mentionné, que j'ai examiné à l'état frais , doivent être des sporidia , c'est-àdire 9 non des sporules , mais des ihecœ , dans lesquelles les véritables sporules sont contenus , comme dans le genre Hcematococcus j ainsi que je le désigne. Mais la présence d'un substratum gélatineux ( au sujet de laquelle , en vertu de la confiance que m'inspirent les observations de mon ami le D^ GreviUe , j'ai de la peine à nourrir quelque doute), doit naturellement l'exclure de ce genre , et lui assigner une place plus élevée dans le système. Très-voisine des Patmella^ eUe se distinguera de ce genre , principalement en ce que les globules sont extérieurs et non renfermés dans la gélatine. Pour ce genre je proposerai donc le
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nom de : Glaioeoccus Shuttl. GloMi ma$ta gelaiîno$œ affixi, $e$$iks, $paridia fporulis repkia tnthtdenies.
Gloiococcus Grevilli Shuttl. — Protococcas nivalis GreV. Scol. crypt. flor. n^el tab. 231. exd. syn. — llsmatococcus Greirilli Ag. icon. A\g. cor. n® et tab. 23.— Microcystis GrevilliKûtz. Lin. 1833. p. 372.
Je ne sais si la fignre 9 de la planche de Baoer appartient à cette dernière description ; mais c'est d autant plus probable que Uanrey regarde la plante des régions polaires comme identique arec la ^ante éoo»saise, et que je suis porté à croire que la Palmella mwdis de Hooker 1. c. se rapporte ici ai grande partie (*).
M. Hugi décrit , en outre la neige rouge , un organisme d'une nature problématique , qu'il dit avoir observé en 1828 et en 1829 sw le ^acier del^Aar, au bord de la neige fondante. C'étaient des masses sem-
(*) Ayant en mainte occasi<xi dTexainincr la ndge rouge cet été. j'j ai reconnu plusieurs formes nouTelles d'êtres organisés qui ne sont point mentionnés dans la notice de M. Shnttleirortliy et je me sois en même temps couTaincn que plusieurs de ces formes sont les difierens états de déTeloppement du même animaL Le £ût le plus important que nous ayons oliserréy c'est que la neige rouge renferme également des Rotiferes. Le PkUodima raseola Elir. s'j trouTe fréquemment » et ses oeufs forment une partie ementidie de la neige ronge. Le Proiococcus mivalis ne nous a paru formé que d'ceols dlnfnsoires. M. le ly Vogt qui a obserTé ces animaux a^ec le plus grand soin pendant plusieurs jours consécutifi , les a tous dessinés sur le frais et publiera plus tard en détail ses obser- TatioDs sur ce sujet.
blables à des Trémelles , d'un jaune \if foncé , de la grandeur de la main, dun demi-pouce d'épaisseur, qui se décomposaient au toucher et se transformaient rapidement en une masse vaseuse noirâtre. Personne na observé, depuis, cette singulière végétation, à la décomposition de laquelle M. Hugi attribue les petits enfoncemens circulaires que l'on observe en si grand nombre sur le glacier de l'Âar. (*)
(*) J'ai rettouyé cette neige jaune sur le glacier inférieur de FAar, à plusieurs reprises , dans le courant du mois d'août 1840, et je m& suis convaincu qu'elle n'est due qu'à la décomposition des roches des moraines et qu'elle ne présente aucune trace d'organisation.