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ORDRE II

ECHINOCYSTIDA.

Famille des ACMTHOMETRIM.

Notre dessein n’est point d’entrer dans l’étude circonstanciée de cette famille, qui nous est aujourd’hui bien connue, grâce aux travaux de M. Joh. Mueller. Nous nous contenterons de décrire trois espèces, dont nous avons déjà publié les diagnoses il y a quelques années sans en donner de figures.

Genre. — A C AN T II 0 M E T R A.

Le genre Acanthometra a été établi par M. Joh. Mueller pour des Echinocystides dépourvus de coque en treillis, mais armés de spiculés siliceux qui viennent se réunir au centre de l’animal, sans que ce centre soit occupé par un nucléus. Pendant notre séjour en Norwége en 1855, nous nous sommes de plus assurés que chaque spiculé est percé à l’intérieur d’un canal dans lequel est logé un pseudopode. Les pseudopodes des Acanthomètres sont donc, les uns parfaitement libres, comme ceux des Actinophrys, les autres enfermés dans une gaine siliceuse. Les pseudopodes nus s’appuient volontiers sur la surface des spiculés, mais souvent aussi ils sont libres dans toute leur étendue. Ils sont comme ceux des Actinophrys susceptibles de se bifurquer et de se souder les uns aux autres. La circulation des granules sur leur surface, sans être aussi rapide que chez les Gromides et les Polythalames, est cependant plus intense que chez lesAc-

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tinophrys. — Le corps des Acanthomètres parait être limité par une membrane bien dessinée, qui est enveloppée elle-même d’une couche de mucosité de même nature que la substance des pseudopodes. Il est toutefois à remarquer que cette membrane n’est pas de nature bien consistante, car on remarque souvent que les pseudopodes la percent de part en part et se continuent dans une direction radiaire à l’intérieur de la surface du corps sans se confondre avec celle-ci. Peut-être pourrait-on admettre l’existence de trous préformés dans la membrane, trous qui livreraient passage aux pseudopodes ; cependant nous n’avons pas réussi à reconnaître une seule ouverture.

Les observations que nous fîmes en 1855 à Bergen sur la nature rhizopodique des Acanthomètres fut confirmée sur place par M. Joli. Mueller, qui, l’année suivante, les étendit à une foule d’espèces de la Méditerrannée. Nous renvoyons, pour de plus amples détails, au Mémoire si riche en observations que ce célèbre observateur a publié sur ce sujet1. On y trouvera les diagnoses d’un grand nombre d’espèces d’Acanthomètres de la Méditerrannée2.

ESPÈCES

1° Acanthometra echinoides. Clap. Monatsb. d. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 1855, p. 674.

(V. PI. XXIII, Fig. 1-5.)

Diagnose. Spiculés au nombre üe vingt environ, sans appendices, et de longueur uniforme. Couleur d’un beau rouge.

C’est chez cette espèce que nous avons pour la première fois remarqué que les spiculés sont creusés d’un canal. Ce sont des prismes à quatre arêtes qui conservent partout une largeur identique. Leur extrémité libre est en général fendue, tantôt trèslégèrement,' tantôt sur une grande' longueur (Fig. 4-5), et c’est par cette fente qu’on voit sortir le pseudopode intraspiculaire. Sur toute la longueur des prismes on aperçoit des ouvertures rhomboïdales qui mettent le canal central en communication avec l’extérieur (Fig. 3-5). Nous n’avons cependant jamais vu de pseudopodes sortir par ces ouvertures

1. J. Mueller : Ueber die Thalassicollen, Polycystinen und Acanthometren des Mittelmeeres. — Monalsbericht der k. Akad. d. Wiss. zu Berlin. 13. Nov. 1836.

2. Depuis la rédaction de ces lignes la mort de Joli. Mueller a laissé dans la science un vide irréparable. Sa mort a été suivie de la publication de sou bel ouvrage intitulé: Ueber die Thalassicollen, Polycystinen und Acanthometren des Mittelmeeres. Berlin, 1838. On y trouvera une foule de planches admirablement dessinées.

latérales. Au centre de l’Acanthomètre, chaque spiculé se termine en forme de fer de lance et présente une ouverture oblique rhomboïdale (Fig. 2) par laquelle les pseudopodes entrent dans le canal. Les spiculés sont tous unis les uns aux autres par les bords de leur épanouissement en fer de lance, si bien que la substance molle de l’Acanthomètre est contenue dans des pyramides siliceuses creuses, dont les sommets convergent tous au centre du corps. La longueur des spiculés est excessivement variable. Chez certains individus les prismes ne dépassent pas les contours de la partie molle, dans laquelle ils restent noyés. Chez d’autres, ils sont considérablement plus longs que dans l’individu figuré par nous. Leur nombre paraît être d’environ vingt. M. J. Mueller a démontré en 1856 que les spiculés des Acanthomètres sont disposés avec une régularité mathématique. A l’époque où nous fîmes nos observations, cette découverte était encore à faire, mais nous ne doutons pas que chez VA. cchinoïdes les spiculés ne soient disposés comme chez les autres Acanthomètres à vingt épines qu’a observées M. Mueller.

Les cellules jaunes renfermées dans la substance du corps sont toujours grosses et nombreuses, munies d’une couche périphérique épaisse et d’une cavité centrale. Elles présentent des réactions chimiques analogues à celles que M. Mueller a constatées chez les organes correspondants des Thalassicoles : la teinture d’iode les rend brunes, et l’adjonction subséquente d’acide sulfurique les rend noires, tandis que le reste du corps se colore en jaune foncé. L’acide chlorhydrique colore les cellules jaunes en vert.

A l’œil nu, VA. ecliinoides se présente sous la forme d’un point rouge cramoisi. Le microscope montre que cette couleur est due à un pigment granuleux amassé dans la partie centrale du corps. Vu par transparence, ce pigment n’est plus cramoisi, mais rouge-pourpre.

L’A. echinoides paraît être un habitant de la haute mer. De temps à autre, lorsque le vent venait de l’Ouest, on la voyait apparaître en assez grande abondance dans le fjord de Bergen, pour disparaître lorsque le vent avait cessé. Mais à Glesnæsholm, dans une contrée plus rapprochée de la haute mer, nous l’avons trouvée par tous les temps et dans une abondance réellement extraordinaire, flottant à la surface des vagues. Son diamètre est d’environ 0mm,15sans les spiculés.

ܰ Acant home Ira pallida . Clap. Monatsb. d. Berl. Akad. d. Wiss., 1855, p. 675.

(V. PI. XXIII, Fig. 6.)

Diagnose. Spiculés sans appendices, au nombre de vingt, dont quatre beaucoup plus grands que les autres et disposés en croix.

Cette espèce s’est trouvée mélangée avec la précédente, soit dans le fjord de Bergen, soit dans la mer de Glesnæs, mais toujours isolée. Elle est incolore, sphéroïdale, et se reconnaît immédiatement à ses quatre grands spiculés, dont les arêtes sont moins accusées que chez VA. echinoides. Les autres spiculés, qui sont au nombre de seize environ, sont non seulement fort courts, mais encore minces, et nous n’avons pas réussi à constater s’ils sont, comme les quatre principaux, creux à l’intérieur. Les cellules jaunes sont moins nombreuses que chez l’espèce précédente. L'A. pallida atteint un diamètre d’environ 0mn1,08 sans les spiculés.

Genre.. — PLAGIACANTHA.

Les Plagiacanthes se distinguent des Acanthomètres par la circonstance que les spiculés, qui sont ramifiés et dépourvus de canal central, ne viennent point se rencontrer au centre du corps, mais se soudent les uns aux autres de l’un des côtés du corps de manière à former une sorte de charpente silicieuse ou d’échafaudage sur lequel repose le corps mol de l’animal. Les pseudopodes s’appuient sur les spiculés, qu’ils quittent, soit à leur extrémité, soit sur divers points de leur longueur, pour se prolonger en filaments minces et délicats. Des rameaux pseudopodiques forment également des espèces de ponts de l’un des spiculés à l’autre, et ces ponts émettent à leur tour des pseudopodes fort délicats. On ne connaît jusqu’ici qu’une seule espèce appartenant à ce genre.

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ESPÈCE

Plagiacantha arachnoïdes. Clap. Monatsb. d. Berl. Akad. d. Wiss., 1856, 13 Nov

Syn. Acanthomelra arachnoïdes. Clap. Monatsb. d. Berl. Akad., 1855, p. 675.

(Y. PI. XXII, Fig. 8-9.)

Diagnose. Spiculés au nombre de trois qui se trifurquent tous à une petite distance de leur point de réunion.

Le corps de la Plagiacantha arachnoïdes ressemble tout-à-fait à une cellule jaune isolée d’une Acanthomètre. C’est une sphère d’une substance jaunâtre, limitée par une membrane bien dessinée et présentant à son intérieur une cavité excentrique, également sphérique, remplie par un liquide peu réfringent. Le diamètre du corps est d’en- ,viron0mm,04. Cette sphère repose sur un trépied très-surbaissé, formé par trois spiculés minces, qui ne tardent pas à se diviser chacun en trois branches. Parfois on rencontre des monstruosités chez lesquelles la trifurcation de l’une des branches est deux fois répétée (Y. Fig. 9). Chez les exemplaires où les spiculés sont fort minces, les branches latérales de la trifurcation ne sont, pas toujours soudées à la branche centrale. Ce sont probablement là de jeunes exemplaires chez lesquels les spiculés sont en voie de formation. Chez les individus à spiculés épais, c’est-à-dire sans doute chez les adultes, les spiculés ne sont pas seulement unis les uns aux autres par des ponts de substance pseudopodique, mais par des ponts siliceux solides (V. Fig. 9) soutenant des pseudopodes. M. Joh. Mueller remarque avec justesse que ces individus-là forment un passage entre les Acanthomètres et les Polycystines. C’est le premier rudiment d’un réseau à mailles siliceuses, comme celui des Haliomma, Podocyrtis, etc.

Nous avons rencontré une fois une Plagiacantha arachnoïdes ne se composant que du squelette siliceux et des pseudopodes (Fig. 9). Le corps proprement dit manquait complètement. îl est possible que son absence fût simplement la suite d’un accident. Les pseudopodes n’en continuaient pas moins à se mouvoir et à montrer la circulation de granules habituelle, bien que la couche de substance organique qui recouvrait les spiculés fût d’une épaisseur à peine perceptible. Un examen plus attentif permettait

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cependant de reconnaître, tout autour du centre de la charpente, une lame fort mince d’une substance glaireuse si transparente, qu’il était, pour ainsi dire, impossible d’en fixer les limites. On voit, du reste, souvent un épanouissement semblable de la substance pseudopodique chez les individus normaux.

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