‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 36 sur 198 · Perty, p · texte numérisé non relu

Perty, p

2. Beitræge zur Naturgeschichte der Turbellarien. Greifswald, 1851, p. 10 et 20.

et c’est aussi là l’avis de M. Leydig. — Quoi qu’il en soit, l’existence d’organes urticants à structure identique dans les tissus des infusoires et dans ceux des turbellariés ne fait qu’augmenter l’analogie. Nous croyons, en effet, que telle est la fonction à attribuer, soit aux trichocystes des infusoires, soit aux corpuscules bacillaires des turbellariés. On sait, à n’en pas douter, que les corpuscules bacillaires des Meckelia et du Microstornum lineare renferment, comme les trichocystes des infusoires, un filament dans leur intérieur, et M. Schultze rapporte quelque chose d’analogue au sujet des corpuscules de la Convoluta Schultzii.

L’affinité qui existe entre les infusoires et les turbellariés a déjà attiré l’attention de M. Agassi/.1 . Mais ce savant se laisse emporter beaucoup trop loin, lorsqu’il veut faire d’une simple analogie une parfaite identité. Il prétend, en effet, s’être convaincu, par une observation directe, que les Paramecium, les Bursaria et la plupart des infusoires ne sont que des vers d’eau douce, et il affirme avoir vu de ses yeux quelques espèces d’infusoires sortir d’œufs de Planaires récemment pondus. Nous ne nous arrêterions pas à réfuter une pareille manière de voir, si ce n’était l’autorité de celui qui l’a lancée dans le monde. Quiconque a observé avec quelque soin un Paramecium ou une Bursaria, saura distinguer ces infusoires d’un embryon de turbellarié. Aussi, rien de plus hasardé que l’assertion de M. Agassiz, par laquelle il déclare que la classe des infusoires doit être rayée du système, et que les êtres qu’on y a rangés jusqu’ici doivent être répartis entre les Arthropodes, les Mollusques (bryozoaires), les radiaires et les plantes (!).

M. Agassiz2 s’appuyait sur l’analogie des embryons pour réunir les Planaires au groupe des Helminthes. M. Girard lui objecte que les embryons des Méduses ressemblent tout autant à un Paramecium que ceux des Turbellariés. M. Girard a raison sans doute ; mais nous eussions été encore plus de son avis, s’il se fût exprimé un peu différemment et s’il eût dit que les embryons des Planaires ressemblent aussi peu à des Parameciums que ceux des méduses. A-t-on jamais trouvé chez ces embryons l’œso-

1. The nalural relations between animais and the éléments in wich lliey live, by Agassi/.. — Siliiman’s American Journal of Science and Arts, N° 27. May 1850.

2. Embryonic developement of Planoccra elliptica, by Charles Girard. — Journal of the Academy of natural Sciences of Philadelphia, lld. Sériés. Vol II, 1850—54.

phage, les vésicules contractiles, le nucléus des Paramecium? Du reste, chacun conviendra que les analogies dont M. Girard parle ne sont pas bien profondes. Des larves de Planocères*, qu’il trouve ressembler tout-à-fait à des Colpoda, sont comparées, quelques pages plus loin, les unes à des dromadaires, les autres à des chameaux2. Qui eût jamais pensé qu’on irait comparer des Paramecium à des ruminants! D’autres larves, que M. Girard rapproche des Paramecium 3, sont, durant ce stade de leur développement, aplaties, munies de deux yeux et d’une longue épine en avant !

Nous sommes loin de songer à des rapprochements aussi peu fondés que ceux de MM. Agassiz et Girard. Nous croyons que la classe des infusoires doit subsister comme classe bien déterminée, mais que cette classe offre des points de contact nombreux avec deux classes voisines : celle des vers et surtout celle des cœlentérés. Quant aux rapports aussi incontestables qu’elle présente avec les rhizopodes, nous les exposerons en détail, dans la partie de ce Mémoire qui est consacrée à ces derniers.

Considérations sur la classification des Infusoires en général.

La répartition des infusoires en genres et en familles laisse, à l’heure qu’il est, encore bien à désirer. On peut même affirmer qu’une classification naturelle de ces animaux fait encore, pour ainsi dire, complètement défaut. Deux tentatives d’une répartition des infusoires dans des groupes naturels ont bien été faites par MM. Dujardin et Perty, mais ces tentatives ont été en somme peu fructueuses.

M. Whewell ' remarque avec raison que toute science naturelle proprement dite commence par une période où régnent des connaissances dépourvues de toute espèce de systématisation, à laquelle succède une époque d’érudition mal comprise; puis commence la découverte de caractères déterminés; plus tard apparaissent divers systèmes, qui essaient tour à tour de se faire jour et qui amènent bientôt un combat soutenu

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