Loc. cil., p
dans laquelle elles forment un chaînon tout particulièrement intéressant, puisqu’elles représentent, d’une manière permanente, un état qui n’est que passager et provisoire chez les autres genres. Ce sont des Vorticellines libres qui conservent, leur vie durant, leur appareil locomoteur. Ceci n’est cependant vrai que des véritables Trichodines, et ne peut s’appliquer à certaines espèces que M. Ehrenberg avait à tort comprises sous cette dénomination et que M. Dujardin a eu raison de distinguer sous un nom générique propre, savoir celui de Halteria.
Les Urocentrum, qui n’ont pas été jusqu’ici étudiés d’une manière suffisante, devront aussi très-certainement former une famille à part.
Enfin, il est un genre qui a jusqu’ici été laissé par tout le monde auprès des Vorticellines, et qui doit en être bien décidément séparé. C’est celui des Tintinnus, qui s’éloigne du type de la famille pour le moins autant que celui des Stentors. M. Stein lui-même a laissé les Tintinnus à la place qui leur avait été assignée par M. Ehrenberg ; mais cela ne peut lui être imputé comme une faute, car il ne paraît pas avoir étudié lui-même ces animaux.
Après avoir, dans les lignes qui précèdent, indiqué tout ce qui doit être éliminé de la famille des Vorticellines, afin de réduire celle-ci à ses limites naturelles, nous allons passer à l’étude anatomique de cette famille. — Pendant longtemps, bien des idées erronnées ont été en circulation au sujet de la constitution anatomique de ces animaux, et encore, à l’heure qu’il est, M. Agassiz 1 paraît être fidèle à l’opinion émise par lui en 1850, que les Vorticelles doivent être réunies aux Bryozoaires et placées à côté du genre Pedicellina. Cette idée ne mérite guère d’être discutée, malgré l’autorité du nom de celui qui l’a mise en avant. En effet, le caractère essentiel des Bryozoaires, à savoir l’existence d’un canal alimentaire continu, ouvert à ses deux extrémités, fait défaut aux Vorticellines, comme aux infusoires en général. Ce qu’il peut y avoir de fondé dans Popinion de M. Agassiz, c’est seulement que certaines Pedicellina doivent être rapprochées des Vorticellines. En effet, il n’est pas improbable qu’on ait rapporté à ce genre des infusoires à fourreau, rentrant soit dans la famille des Vorticellines, soit dans celle des Acinétiniens.
1. The natural relations betweeo Animais and lhe éléments iu wieh thej live. — Silliman’s American Journal oî Science and Arts. N° 27, May 1850.
M. Stein a consacré une attention toute particulière à l’étude des Vorticellines, et nous lui devons les meilleurs dessins qui aient été publiés sur ces animaux. Toutefois, ce n’est que de M. Lachmann* que date la connaissance complète que nous possédons aujourd’hui de leur structure, et si les quelques figures que ce dernier nous a données sont plus imparfaites que celles de M. Stein, au point de vue de l’art et du port naturel, parce qu’elles ont en elles quelque chose d’un peu trop schématique, elles leur sont bien supérieures au point de vue de l’exactitude théorique.
Le type abstrait de la famille présente la structure suivante : le corps a la forme d’une urne à parois plus ou moins épaisses, dont le bord est souvent un peu évasé, et porte le nom de péristome, proposé par M. Stein. Ce péristome est en général épais et il est susceptible de se contracter circulairement, à la manière d’un sphincter. En se contractant, il rétrécit l’ouverture de l’urne, qu’il peut même fermer complètement. — Lorsque le péristome est dilaté, l’ouverture de l’urne n’est point largement béante, mais elle est fermée par une espèce de couvercle, auquel nous conservons le nom A’ organe vibratile (Wirbelorgan), que lui a donné M. Stein. Ce couvercle a, du reste, une forme conique ; la base du cône ferme l’ouverture de l’urne et son sommet pénètre dans l’intérieur. M. Stein nomme la base du cône le disque (Scheibe), et la pointe conique qui pénètre dans l’intérieur de l’urne le pédoncule (Stiel) de l’organe vibratile. Le disque est susceptible de se mouvoir de haut en bas : il peut s’élever un peu au-dessus du péristome et s’abaisser assez profondément dans l’intérieur de l’urne. Ces mouvements s’opèrent grâce à la contractilité du pédoncule de l’organe vibratile. Le pédoncule ne se termine, du reste, point en une pointe aiguë dans l’intérieur de l’urne. C’est dans le fait un cône tronqué, creux à l’intérieur, et ayant pour base le disque vibratile. A partir de cette base, le cône descend, en diminuant de diamètre, jusqu’à une certaine profondeur dans l’intérieur de l’urne, puis ses parois se réfléchissent subitement en dehors et vont se perdre dans les parois de l’urne. Il existe, par suite, entre l’urne et l’organe vibratile, un sillon circulaire plus ou moins profond. C’est dans ce sillon que se trouve l’entrée du vestibule, dont nous parlerons tout à l’heure (la bouche de la plupart des auteurs). Si nous considérons la cuticule, nous la trouvons diversement repliée, en conséquence de cette disposition de l’organe vibratile. Elle revêt,