‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 45 sur 198 · Loc. cit. PI. IV, Fig · texte numérisé non relu

Loc. cit. PI. IV, Fig

ne se trouve que dans des eaux très-pures sur des Hottonies, des racines de Lemna et quelques autres plantes aquatiques. Lorsqu’on la transporte dans des bocaux peu spacieux, elle y périt très-promptement, à moins qu’on ne prenne des précautions pour qu’une végétation active empêche toute espèce de décomposition fétide dans l’eau.

Il est, du reste, plusieurs des espèces de M. Ehrenberg dont nous n’oserions garantir la valeur spécifique. Sa Vorticella hamata et sa V. picta nous sont inconnues. Nous avons, il est vrai, observé des Vorticelles de taille aussi petite que la Vort. hamata, mais elles ne présentaient pas le port tout particulier de cette dernière. La plupart paraissaient être de jeunes exemplaires de la Vort. microstoma et de quelques autres espèces. En général, les très-petites Vorticelles, et il n’est pas rare d’en rencontrer de plus petites encore que la Vort. hamata Ehr., sont extrêmement difficiles à déterminer, et c’est surtout l’examen de ces formes-là qui nous a convaincus que nous étions bien loin d’être au clair sur la question des espèces dans le genre des Vorticelles, comme dans la famille des Vorticellines en général.

Nous avons de la peine à croire que la Vorticella chlorostigma Ehr. soit une espèce indépendante. En effet, M. Ehrenberg la caractérise uniquement par sa couleur verte, ce qui n’est pas suffisant pour justifier l’établissement d’une espèce particulière, puisque nous savons que la plupart des infusoires sont susceptibles de devenir verts par suite de la formation d’un dépôt de chlorophylle dans le parenchyme de leur corps. Nous avons rencontré fréquemment dans les environs de Berlin, en particulier sur des prairies submergées, des Vorticelles qui nous ont semblé parfaitement identiques à la Vort. chlorostigma Ehr., mais nous n’avons pu reconnaître en elles que des Vort. nebulifera , à parenchyme verdi par de la chlorophylle.

Quant à la Vort. citrina Ehr., nous ne l’avons rencontrée que rarement dans les environs de Berlin, en général sur des Lemna et dans des eaux fort limpides. Nous n’osons affirmer que sa couleur soit constante, ni, par conséquent, que sa valeur spécifique soit bien réelle, lorsqu’on se contente de la caractériser par sa couleur de citron. Toutefois, son port, si élégant, paraît la distinguer des autres espèces établies par M. Ehrenberg. C’est de la V. Patellina qu’elle se rapproche au plus haut degré.

Parmi les autres espèces qui ont été établies depuis M. Ehrenberg, clans le genre Vorticella, nous n’en trouvons point qui puisse subsister réellement. La V. lunaris Duj. (Inf.,p. 554, PL XIV, Fig. 12) est évidemment identique avec la V. Campanula Elir., quelque détestable que soit la figure qu’en donne M. Dujardin. La V. infusiomm Duj. est, comme nous l’avons dit, synonyme de la V. microstoma. La V. fasciculata de M. Dujardin n’est pas suffisamment connue, cet auteur ne l’ayant pas étudiée lui-même et ne la basant que sur la figure qu’Otto-Fr. Mueller donne de sa V. nutans. M. Ehrenberg considérant la Vort. nutans Muell. comme identique à sa V.Patellina, il n’est pas improbable que la V . fasciculata doive être réunie à cette espèce. — La V . ramosissima ’ Duj. est synonyme du Carchesium polypinum Ehr. ; la V. Arbuscula Duj., du Zoothamnium Arbuscula Ehr. — La V. poltjpina Duj. (O. -F. Mueller) est un Zoothamnium marin.

2' Genre. — CARCHESIUM.

Les Carchesium sont des Vorticellines formant des colonies ramifiées, dans lesquelles chaque individu est muni d’un muscle pédonculaire spécial.

• Ce n’est pas de cette manière-là que M. Ehrenberg a caractérisé son genre Carchesium. En effet, ce savant dessine chez les Carchesium un muscle unique et continu qui se ramifie dans toute la colonie, et il distingue ce genre des Zoothamnium, parce que tous les individus de la même colonie ont la même grosseur, tandis qu’on trouve ça et là sur les familles de Zoothamnium des individus plus gros que les autres. MM. Czermàk et Stein ont été les premiers a reconnaître que les dessins de M. Ehrenberg sont inexacts par rapport au muscle du Carchesium polypinum. Ils ont constaté que chaque rameau est muni d’un muscle spécial, qui ne s’unit jamais au muscle du rameau voisin, etM. Stein s’est servi avec avantage de ce caractère pour distinguer les Carchesium des Zoothamnium d’une manière plus positive que ne l’avait fait M. Ehrenberg. Lorsqu’un individu d’une famille de Carchesium se divise, l’un des nouveaux individus conservé pour lui l’ancien pédoncule et l’ancien muscle, tandis que l’autre se sécrète une branche nouvelle. Cette branche n’est point creusée d’un canal

dès la base, mais elle est d’abord solide dans toute sa largeur, comme l’est la base commune de toute la colonie. Ce n’est que lorsque le pédoncule a atteint une certaine longueur, peu considérable, il est vrai, que le pédoncule se munit d’un canal central, d’un muscle et d’une couche intermédiaire. Aussi, lorsqu’un individu se contracte, il se contracte seul, à moins que ses voisins ne soient effrayés de ce mouvement et ne se contractent à leur tour. Il est cependant des individus dont la contraction exerce une influence plus grande sur la famille entière, à savoir ceux dont les muscles proviennent des rameaux principaux, en particulier celui dont le muscle se prolonge jusque dans le tronc commun de la famille. La contraction de cet individu-là entraîne, en général, la contraction plus ou moins complète de toute la famille.

ESPÈCES

i° Carchesium polypinum Ehr. (Inf. , p. 278. PI. XXVI, Fig. Y.)

Diagnose. Carchesium en cloche, évasée à son ouverture, à cuticule lisse, et nucléus recourbé dans un pian longitudinal. Pédoncule non arüculé.

Celte espèce, si répandue, est suffisamment connue par les figures et les descriptions de MM. Ehrenberg et Stein. Ce dernier a, en particulier, publié un dessin1 2 qui rend très-bien la forme et le port de cette espèce. Nous ajouterons seulement que ce Carchesium se distingue par une longueur très-considérable de la soie de Lachmann, comme ce dernier l’a représenté dans son Mémoire.

2° Carchesium spectabile Ehr. (Y. PI. III, Fig. 1.)

Diagnose^ Carchesium en forme de dé à coudre, non évasé à son ouverture, à cuticule finement striée, et nucléus recourbé dans un plan longitudinal et présenlant plusieurs sinuosités. Pédoncule non articulé.

Il est possible que nous nous trompions en rapportant le Carchesium dont nous donnons la figure à l’espèce que M. Ehrenberg a décrite sous le nom de Carchesium spectabile- , sans en publier de dessin. Il est fort difficile de reconnaître un infusoire vorticellien sur une seule description, surtout lorsque celle-ci se restreint à une simple

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