Epistylis Leucoa. Ehr., p. 283. PI. XXVIII, Fig
11. Epistylis berberiformis Ehr. Monatsbcht. d. Berl. Akad., 1840, p. 199. — Stein ( Opercularia berberina). Infus., p. 99. PI. II, Fig. 10.
12. Epistylis microstonia ( Opercularia St.). Stein. Infus., p. 229. PL VI, Fig. 24.
13. Epistylis Lichtensteinii ( Opercularia St.) Stein. Infus., p. 225. PI. V, Fig. 31.
14. Epistylis stenostoma ( Opercularia St.). Stein. Infus., p. 74.
15. Epistylis nutans. Ehr. , p. 284. PI. XXIX, Fig. 1 . — Stein (Opercularia) . Infus.,
Plusieurs de ces espèces nous sont complètement inconnues. Ce sont : VE. Galea , VE. crassicollis, VE. grandis , VE. Leucoa, VE. microstoma, VE. Lichtensteinii et VE stenostoma. Les autres ont été trop bien décrites par M. Ehrenberg, et surtout M. Stein, pour que nous nous arrêtions longtemps à elles. Une seule de ces espèces pourrait nous paraître douteuse, c’est VEp. grandis Ehr., proche voisine de VE. flavicans. Toutes deux sont de fort grande taille et portées par un pédoncule extrêmement mince, h' Epistylis grandis, que nous ne connaissons pas, a cependant, à en juger par les figures de M. Ehrenberg, une forme de cloche plus élégante que VE. flavicans. Les dessins de M. Ehrenberg rendent fort bien la forme générale de cette dernière, à laquelle nous n’avons jamais vu le péristome évasé qui paraît caractériser VE. grandis. De plus, le pédoncule si mince de VE. flavicans est bien décidément parcouru par un canal dans toute sa longueur, comme M. Ehrenberg l’a signalé, tandis que VE. grandis paraît avoir un pédoncule solide. Une autre particularité intéressante de VE. flavicans, c’est que la spire des cirrhes buccaux fait trois tours et demi environ avant d’atteindre l’entrée du vestibule. Malheureusement, M. Ehrenberg ne paraît pas s’en être aperçu ; il dit seulement, à propos de VE. grandis, que la couronne des cils vibratiles que
porte le front (disque de l’organe vibratile) paraît double, mais que cette apparence est due à une illusion d’optique. Sans vouloir préjuger la question, nous pensons que cette prétendue illusion a peut-être bien une base plus positive que ne le croit M. Ehrenberg, et que la spire des cirrhes buccaux a chez VE. grandis , comme chez VE. flavicans et VE. articulata, un parcours plus long que chez la plupart des autres espèces du genre.
L’Ep. flavicans présente d’ordinaire dans son parenchyme de nombreux corpuscules à peu près réniformes, réunis, en général, deux à deux. Nous ne pouvons malheureusement retrouver parmi nos esquisses rien qui ait rapport à ces corpuscules problématiques.
Quelques particularités intéressantes relatives aux variétés de forme de VEp. plicatilis seront exposées dans la troisième partie de ce travail.
. 16° Epistylis invaginata. (V. PI. I, Fig. 5-7.)
Diagnose. Epistylis en forme dé à coudre, a péristome épais largement ouvert, munie d'un nucléus en forme de lame légèrement arquée et dirigée dans un sens tcut-a-fait longitudinal. Disque non ombiliqué. Pédoncule lisse.
C’est à V Epistylis branchiophila que cette espèce ressemble le plus par sa forme, bien qu’elle soit moins ventrue. Elle s’en distingue toutefois facilement par son pédoncule, qui n’est pas strié et dont les branches sont relativement beaucoup plus longues, ainsi que par la forme de son nucléus. Chez l 'Epistylis branchiophila le nucléus est très-contourné et disposé transversalement. Chez VE. invaginata, il se présente sous la forme d’une bande non contournée, mais simplement arquée, qui est placée toutà-fait longitudinalement, et qui s’étend jusque sous le disque. Nous avons vu une fois un nucléus (Fig. 7.) dont l’extrémité postérieure était adjacente à un corpuscule pyriforme, de structure parfaitement semblable à celle du nucléus lui-même. C’était là évidemment un fragment de nucléus qui s’était détaché pour donner naissance à des embryons. On voyait, soit dans le corpuscule pyriforme, soit dans le nucléus luimême, un certain nombre de granules grisâtres entourés chacun d’une auréole plus claire. Nous verrons, dans la troisième partie de ce travail, que le nucléus des infusoires prend, en général, une apparence analogue à l’époque qui précède* immédiatement la formation des embryons.
UE. invaginata adopte une forme tout-à-fait caractéristique lorsqu’elle quitte son pédoncule pour mener une vie errante. Elle se raccourcit et s’élargit de manière à prendre la forme d’un cylindre très-court, dont le quart postérieur s’invagine dans la partie antérieure à la manière d’un tube de télescope. La couronne ciliaire qui sert à la natation est implantée dans le sillon formé par le repli de l’invagination. Chez tous les exemplaires que nous avons observés, la partie postérieure était remplie de granules très-fortement réfringents, qui lui donnaient, sous le microscope, une couleur tout-à-fait noire. — Chez la forme libre, le péristome ne se contracte, en général, qu’à moitié, et les cirrhes buccaux font saillie à l’extérieur. Cependant, c’est bien la partie postérieure qui est dirigée en avant pendant la natation.
UE. invaginata atteint une longueur d’environ 0mm, 06, et ne forme pas de familles très-considérables. Elle vit sur les segments abdominaux de larves d’Hydrophiles.
17° Ep. umbilicata. (Y. PI. III, Fig. 7.)
Diagnose. Epistylis à péristome peu large et non renversé. Disque de l’organe vibratile, muni en son centre d’un ombilic saillant. Pédoncule large et lisse.
Cette Epistylis, de petite taille, ne nous est connue que d’après des dessins qui nous ont été communiqués par M. Lachmann. Elle est de forme ovoïde, un peu rétrécie en avant, et son péristome, bien que séparé du corps par un léger étranglement, n’est point renversé. Le caractère le plus saillant de l’espèce est le petit mamelon en forme d’ombilic qui orne le centre du disque. — Les kystes de cette espèce (PI. III, fig. 8.) sont ovoïdes et chagrinés.
UE. umbilicata vit en parasite sur les larves du cousin (Culex pipiens) , et ne forme que des familles peu nombreuses.
i8° Epistylis coarctata. (Y. PI. I, Fig. 8.)
Diagnose. Epistylis à péristome non réfléchi, et extrêmement étroit. Disque très-étroit. Corps renflé en son milieu. Nucléus en lame arquée, placée transversalement. Pédoncule fort mince.
Cette Epistylis est si clairement caractérisée qu’elle ne se rapproche d’aucune autre, à l’exception de l 'Epistylis ( Opercularia ) stenostoma Stein. Malheureusement,
M. Stein a négligé de donner une figure de cette dernière. La description qu’il en fait pourrait s’appliquer assez bien à notre espèce, et nous n’aurions pas hésité à considérer celle-ci comme la vraie Ep. stenostoma, si M. Stein n’avait pas l’air d’hésiter à séparer son E. ( Opercularia ) stenostoma de YEpistylis ( Opercularia ) articulata. Or, il est impossible de songer au moindre rapprochement entre nos Epistylis et cette dernière. Aussi pensons-nous que VE. coarcfata est bien spécifiquement différente de VE. stenostoma.
Cette espèce forme des familles peu nombreuses; le plus souvent on ne trouve que des individus isolés, et ce n’est que de temps à autre qu’on rencontre des arbres portant trois ou quatre individus. — M. Stein dit de son Opercularia stenostoma, que le pédoncule est toujours si court que tous les individus d’une famille, dont le nombre ne dépasse pas quatre à six, semblent presque sessiles. Il n’en est pas de même de notre Epistylis, dont le pédoncule, sans devenir très-long, atteint cependant une longueur bien plus considérable. En revanche, il est très-étroit, bien plus étroit que celui de VE. ( Opercularia ) stenostoma, à en juger d’après les termes dont se sert M. Stein.
L E. coarctata atteint parfois une taille de 0mm, 05. La plupart des individus sont cependant un peu plus petits. Cette espèce se rencontre çà et là, soit sur des têts de mollusques, soit sur des débris de végétaux. Elle ne dédaigne pas les eaux croupissantes, et n’est pas rare aux environs de Berlin.
19° Epistylis brevipes. (Y. PL II, Fig. 9.)
Diagnose. Epistylis à corps long, cylindrique, susceptible de se plisser en arrière pendant la contraction. Nucléus ayant la forme d’un disque ovale. Pédoncule large, mais si court, que les animaux ont l’air sessiles.
Cette espèce rappelle, par sa forme, Y Epistylis plicatilis, mais elle s’en distingue par la forme de son nucléus et par la circonstance qu’elle ne forme pas de nombreuses familles en corymbe. Presque toutes les Epistylis ont un nucléus allongé, linéaire, souvent arqué ou contourné. L 'Epistylis brevipes est, au contraire, munie d’un nucléus parfaitement ovale, analogue à celui que M. Stein figure chez YEpistylis (Opercularia) Lichtensteinii .• — Lorsque l’animal se contracte sur son pédoncule,
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la partie postérieure du corps se plisse en formant plusieurs invaginations, comme cela a lieu chez V Epistylis plicatilis .
La longueur moyenne de VE. brevipes est de 0mm, 08 à 0,09. Elle forme des sociétés nombreuses sur diverses larves de diptères aquatiques. Les individus sont, en général, fixés très-près les uns des autres. Si cette espèce ne forme vraiment jamais de familles ramifiées, elle mériterait de former un genre à part. — Nous avons observé VE. brevipes dans le parc (Thiergarten) de Berlin.
Il est possible qu’on doive rapporter au genre Epistylis les animaux décrits par M. Dujardin sous le nom de Scyphidia rugosa et de Scyphidia ringens. La première était sans doute une Yorticelline qui venait de se fixer et n’avait pas encore formé de pédoncule. Quant à la seconde, M. Dujardin dit lui -même qu’elle est munie d’un pédoncule fort court, ce qui suffît pour l’exclure du genre Scyphidia. — La Scyphidia patula et la Se. pyriformis de M. Perty sont dans le même cas1.
Quelques autres espèces, qui ont été décrites comme appartenant au genre Epistylis, doivent en être rayées ; ce sont : 1° l 'Epistylis vegetans Ehr. (Anthophysa Muelleri Bory) qui est ou bien un organisme végétal, ou bien un infusoire flagellé; 2°1 ’Ep. parasitica Ehr., qui est probablement une Diatomée, et qui est, dans tous les cas, décrite d’une manière trop imparfaite pour pouvoir être reconnue; 3° et 4° VEp. Botrytis Ehr. et Ep. arabica Ehr., qui, toutes deux, ont été observées d’une manière trop incomplète.
5e Genre. — SCYPHIDIA.
Le genre Scyphidia est formé par les Vorticellines sessiles dont la partie postérieure est munie d’un bourrelet ou sphincter, agissant comme une ventouse, pour fixer l’animal aux objets étrangers.
1. Quant aux espèces que M. Ehrenberg a baptisées E. Barba, E. euchlora et E. pavonica, en se contentant d'en donner de simples diagnoses (Monatsbericht d. Berl.Acad. d. Wiss. 1840, p. 199 et 200), elles n’ont pas jusqu'ici été caractérisées d'une manière suffisante. La seconde est sans doute une E. plicatilis ou quelqu’autre espèce connue, rendue verte par un dépôt de chlorophylle.
Le genre Scyphidia a été créé par M. Dujardin pour les Vorticelles sessiles. Nous le circonscrivons encore davantage en introduisant le caractère du bourrelet qui sert à distinguer les Scyphidia des Gerda. M. Lachmann a déjà remarqué que le genre Scyphidia de M. Dujardin ne contient pas une seule véritable Scyphidia, et c’est lui qui, le premier, a découvert des animaux appartenant réellement à ce genre.
Les deux espèces de Scyphidia jusqu’ici connues vivent en parasites sur la peau de mollusques d’eau douce. Il est probable qu’elles sont, comme les autres Vorticellines, susceptibles de mener une vie errante, en se mouvant à l’aide d’une couronne ciliaire postérieure. Toutefois, elles ne sont pas encore connues sous cette forme.
ESPÈCES
1° Scyphidia limacina Lachm. Muell. Arch., 1856, p. 348, PI. XIII, Fig. 5.
Syn. Vort. limacina Otto-Fr. Mueller.
Diagnose. Corps presque cylindrique, aminci à ses deux extrémités ; péristome non réfléchi ; Sphincter épais.
Nous nous contentons de renvoyer au Mémoire de M. Lachmann, dans lequel cette espèce est décrite et figurée. Elle vit sur de petites espèces de Planorbes.
2° Scyphidia physarum Lachm. Mueller’s Arch., p. 349.
(V. PL III, Fig. 10-11.)
Diagnose. Corps régulièrement cylindrique, non rétréci à ses deux extrémités ; péristome susceptible de se réfléchir ; Sphincter mince.
Cette espèce a beaucoup de rapport avec la précédente. Elle est, comme elle, annelée, et, chez toutes deux, le disque vibratile est muni d’un ombilic saillant en son milieu. Toutefois, le péristome de la Sc. physarum est beaucoup plus large et susceptible de se renverser en dehors. Sa partie postérieure n’est point rétrécie. Son nucléus est légèrement recourbé.
Elle habite aux environs de Berlin, sur la peau de la Physa fontinalis.
La Scyphidia ruyosa Duj., la Sc. ring eus Duj., la Sc. patula Perty et la Sc. pyriformis Perty ne sont pas de vraies Scyphidia, ainsi que nous l’avons déjà remarqué, mais des Vorticellines récemment fixées et imparfaitement observées.
6‘- Genre. — G E U D A ' .
Les Gerda sont des Yorticellines sessiles comme les Scyphidia, dont elles se distinguent par l’absence du sphincter postérieur ou ventouse fixatrice.
Tandis que les Scyphidia sont des parasites vivant sur la peau des mollusques, les Gerda vivent dans l’eau, au milieu des conferves et de différentes plantes aquatiques. Nous n’avons jamais aperçu chez elles aucun organe qui pût leur servir à se fixer aux objets étrangers, mais nous les avons trouvées gisant entre des algues et reposant simplement sur elles. Toutefois les Gerda ne sont point des Vorticellines à vie toujours errante, comme les Trichodines. Elles présentent, au contraire, comme la plupart des genres de la famille, deux phases distinctes, à savoir : une phase immobile durant laquelle elles sont dépourvues de cirrhes locomoteurs, et une phase errante pendant laquelle elles sont munies d’une couronne ciliaire postérieure.
ESPÈCES
Gerda Glans. (V. PL II, Fig. 5-8.)
Diagnose. Corps allongé, cylindrique ou allongé en arrière en massue et susceptible de prendre, pendant la contraction, une forme de gland. Vésicule contractile, située dans la partie postérieure du corps, et se continuant en un long vaisseau.
Lorsque la Gerda Glans est étendue, la partie postérieure de son corps forme une masse assez large, qui va s’amincissant en avant (Fig. 5) pour se confondre dans la partie antérieure. Celle-ci forme un long cylindre strié transversalement et susceptible de s’infléchir en sens divers. Lorsque l’animal est à demi contracté (Fig. 7), il prend une forme plus exactement cylindrique ; cependant on peut distinguer en lui deux parties de diamètre différent. Le tiers postérieur forme un cylindre large et court sur lequel le reste de l’animal repose comme un cylindre plus long et un peu , plus étroit. C’est là le premier passage à la forme de gland que l’animal peut prendre dans certaines circonstances, comme nous allons le voir. Dans cet état de demi-con-