‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 54 sur 198 · Cothurnia compressa. (Y. PI. II, Fig · texte numérisé non relu

Cothurnia compressa. (Y. PI. II, Fig

Diagnose. Cothurnia à coque incolore, dont la partie antérieure est comprimée de manière à ne présenter qu’une ouverture en forme de fente étroite.

L’animal, qui ne présente pas de particularité digne d’être notée, si ce n’est la profondeur du sillon qui sépare le péristome de l’organe vibratile, est porté par un pédoncule très-large et très-court, qui présente un renflement analogue à celui de la Cothurnia nodosa, mais beaucoup plus fort. Ce renflement est toujours logé à l’intérieur de la coque. La surface de celle-ci forme une courbe telle que, pour être parfaitement régulière, elle devrait se fermer au-dessus du rendement; mais, au lieu de cela, elle s’élargit de nouveau pour envelopper complètement celui-i^.

Vue de face, la coque présente une ouverture très-large, en arrière de laquelle elle est un peu étranglée. Vue de profil, l’ouverture est au contraire très-étroite. La compression concerne l’une des faces à un beaucoup plus haut degré que l’autre. Cette face-là paraît en conséquence fortement bombée en son milieu (Fig. 3).

La longueur de la coque est d’environ 0mm, 14.

La C. compressa est une espèce marine que nous avons trouvée assez fréquemment dans les environs de Glesnæsholm, près de Sartoroe (côte occidentale de Norwége). Elle habite sur des Bowerbankia et autres bryozoaires, sur des Ceramium et differentes autres espèces d’algues.

ii. Cothurnia recurva. (V. PI. IV, Fig. 9-10.)

Diagnose. Cothurnia à coque pédicellée, ventrue, dont la partie antérieure est rétrécie, recourbée et munie d’une ouverture circulaire.

Cetle espèce ne nous est connue que par des dessins qui nous ont été communiqués par M. le prof. Christian Boeck, de Christiania. La forme de sa coque la distingue suffisamment de toutes Ses espèces précédentes. Elle vit en parasite sur des Cyclopes marins qui s’ébattent au milieu des ulves. M. Boeck l’a observée à Sandefjord (côte méridionale de Norwége). Le rapport de sa longueur à sa largeur est de 315 : 127.

i2. Cothurnia Boeckii. (V. PL IV, Fig. 11.)

Diagnose. Cothurnia à coque transparente, verdâtre, cylindrique et ornée d’un sillon spiral. La partie postérieure de la coque est d’abord horizontale, puis elle se coude subitement pour prendre une position verticale.

Cette espèce ne nous est connue que par trois dessins de M. le prof. Boeck. Elle n’a de rapport avec aucune des espèces déjà décrites. Une impression spirale se voit sur chaque coque, courant depuis l’ouverture jusqu’à la région postérieure. Le bord de l’ouverture est largement réfléchi. M. Boeck ne nous a pas communiqué de dessin de l’animal lui-même, mais seulement de sa coque. Cependant la description des mouvements de cet animal, telle qu’elle est contenue dans ses notes, ne peut permettre de douter que ce ne soit réellement une Vorticelline. L’espèce rentre donc certainement dans le genre Cothurnie.

La C. Boeckii a été observée par M. Boeck, en 1843, près de Christiansund (côte occidentale de Norwége), sur la Serpula Filograna ( Filograna implexa Rerk.), recouvrant des valves de Mytilus.

L’animal, que M. Ehrenberg décrit sous le nom de Cothurnia havniensis (ïnfus., p. 298, PL XXX, Fig. IX), ne peut être une véritable Cothurnia, comme M. Stein l’a déjà remarqué. En effet, il est librement suspendu dans l’intérieur de sa coque, comme une Lagenophrys, ce qui n’arrive jamais chez les Cotburnies. Les dessins de M. Ehrenberg rappellent tout-à-fait un Acineta (A. compressa ), très-commun dans la mer du

Nord, et nous lui aurions rapporté sans hésiter la prétendue Cothurnia havniensis , si M. Ehrenberg ne parlait du tourbillon produit par les cils vibratiles de cette dernière.

La Cothurnia Floscularia de M. Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 137, PL II, Fig. 5) est trop imparfaitement observée pour qu’on puisse lui assigner une place dans le système. D’une part, sa coque est tellement semblable à celle de la Cothurnia imberbis qu’on serait tenté de la réunir à celle-ci, bien que M. Perty l’ait trouvée sur des Callitriche (la Cothurnia imberbis vit en parasite sur les Cyclopsine) , et d’autre part, M. Perty donne de l’animal une description telle que, si l’on voulait la prendre au pied de la lettre, il faudrait rayer la Cothurnia Floscularia non seulement du genre Cothurnia, mais encore de la famille des Yorticellines. Quant à la Cothurnia (?) perlepida Bailey (Smithsonian Contr. to Knowledge. Nov. 4853), c’est un Tintinnus (T. denticulatus Ehr.).

9e Genre. — V A G I N I G O L A.

Les Vaginicoles sont des Vorticellines cuirassées dont le fourreau adhère aux objets étrangers par l’un des côtés, lequel se prolonge, en outre, au-delà de l’ouverture.

ESPÈCE

Vaginicola decumbens Ehr. Infus., p. "296, PI. XXX, Fig. 6.

(V. PL IÏI, Fig. 6.)

Diagnose. Coque brune à contour ovale ; bord adhérent de l’ouverture se relevant et se réfléchissant vers l’intérieur.

Cette espèce, déjà bien figurée par M. Ehrenberg, se rencontre çà et là aux environs de Berlin, sur les racines des lentilles d’eau. L’animal est tout-à-fait semblable à celui des Cothurnies. Son nucléus, non encore décrit jusqu’ici, est une longue bande sinueuse, tout-à-fait analogue au nucléus de la Cothurnia crystallina et de YOphrydium versatile. Lorsque l’animal s’étend hors de sa coque, il se courbe presque à angle droit autour du bord non adhérent de celle-ci.

La Vaginicola crystallina Elir. et la V. tincta Ehr. se trouvent maintenant placées dans notre genre Cothurnia.

La Vaginicola grandis Perty est simplement une grande variété mal observée de la Cothurnia crystallina , comme M. Stein l’a déjà remarqué. La Vag. pedunculata Eichw. (Dritter Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, p. 124) n’est que la variété pédicellée de cette même espèce. Enfin, la Vagin, ovata Duj. est un jeune individu de la même espèce, dont le fourreau n’est pas encore terminé.

La Vag. Ampulla de M. Ehrenberg n’a pas été observée par cet auteur luimême. Elle ne repose que sur une ligure ( Vorticella Ampulla) d’Otto-Friederich Mueller. Cet animal appartient au genre Freia, et n’est donc point une Vorticelline.

La Vag. suhulata Duj. et la Vag. inquifina Duj. ne sont point des Vorticellines, mais des Tintinnus.

10e Genre. — LAGENOPH U Y S.

Le genre Lagenophrys a été établi par M. Stein, pour les Vorticellines cuirassées qui ne sont point fixées au fond de leur coque, mais librement suspendues à l’ouverture de celle-ci.

M. Stein, qui a étudié ce genre avec beaucoup de soin ', nous a fait connaître trois espèces qui s’y rapportent, et auquel il doniïe les noms de L. Vaginicola , L. Ampulla et L. Nassa. La première, qui habite sur les extrémités et la queue de la Cgclopsinc Staphylinus, n’est pas rare aux environs de Berlin (M. Stein l’a observée à Niemegk). Les deux autres, qui vivent sur des Gammarus, ne nous sont pas connues. Nous avons observé une quatrième espèce, sur des Cyp ris, àJussy, près de Genève ; malheureusement, les dessins qui se rapportent à elles se sont égarés sur la route de Berlin à Genève.

i. Voy. Stein. Die Inlusionstliiere, etc., p. 88-9'j.

Nous nous contentons de renvoyer à l’ouvrage de M. Stein pour l’étude de ce genre intéressant, dont la constitution anatomique est parfaitement semblable à celle des autres Vorticellines.

11e Genre. — T RI CH GDI N ES.

Les Tricliodines sont des Vorticellines, toujours libres, qui nagent dans les eaux au moyen d’une couronne ciliaire postérieure persistante, et dont la partie postérieure est munie d’un appareil fixateur, en forme de ventouse, composé d’un cercle résistant

et d’une membrane délicate.

Les Trichodines connues seulement d’une manière superficielle, par les recherches de MM. Ehrenberg et Dujardin, ont été soumises à un examen minutieux par M. Stein, auquel nous devons une bonne description des deux espèces de genre jusqu’ici connues : la T. Pediculus Ehr. et la T. Mitra Sieb.

Nous ne reprendrons pas ici, ab ovo, un travail qui a déjà été fait par M. Stein, nous contentant de renvoyer le lecteur à son ouvrage, mais nous relèverons certains points où nos observations diffèrent des siennes.

M. Stein a reconnu à juste titre que, ce qu’il nomme chez tes Trichodines la partie antérieure du corps, est l’homologue de l’organe vibratile des Vorticellines. Tout autour de cet organe, il dessine un sillon dans lequel est implanté le cercle des cirrhes buccaux. Ici M. Stein a vu les choses un peu plus exactement que chez les autres Vorticellines; car, bien qu’il ne parle que d’un cercle, il dessine, chez la T. Pediculus (V. Stein, PI. VI, Fig. 54), une spirale bien évidente, qui descend dans le vestibule. Cette représentation est parfaitement exacte et ne pèche que parce que la spire n’est pas dessinée dans sa totalité. Il en manque la partie supérieure, qui n’est pas logée dans le sillon, mais qui est implantée sur une arête passant au-dessus de l’entrée du vestibule. M. Buseh1 a représenté d’une manière bien plus juste le parcours de la spirale des

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