‹ Etudes sur les infusoires et les rhizopodesChapitre 74 sur 198 · I. Nom tiré de la mythologie Scandinave · texte numérisé non relu

I. Nom tiré de la mythologie Scandinave

ESPÈCES

î' Ægyria Legumen.

Svn. Ervilia Legumen. Duj. I nf. , p. 4-So. PI. X, Fig. 15.

(Y. PI. XV, Fig. 16.)

Diagnose. Ægyria très-large, à peine rétrécie en avant, munie d’une arête sur sa face aplatie et dépourvue de tache pigmentaire.

Cette espèce est très-large, surtout en arrière. La valve plane est plus courte en avant que la valve convexe, mais cependant à peine échancrée. L’arête ou côte dont elle est munie est rapprochée du bord dorsal et parfaitement droite. Le pied est court. L’appareil dégluteur est droit et sa paroi est épaissie à son bord buccal, de manière à former une saillie tranchante à l’intérieur. Les vésicules contractiles sont au nombre de deux. Toutes deux sont ventrales.

Nous ne croyons pas nous tromper en rapportant cette espèce à V Ervilia Legumen observée par M. Dujardin dans la Méditerranée. Elle est, dans tous les cas, spécifiquement très-voisine de cette espèce.

Cette espèce paraît très-répandue dans la mer du Nord. Nous l’avons rencontrée dans le fjord de Bergen, dans le fjord de Christiania, dans le port de Christiansand et près de Glesnæshohn.

2° Ægyria angustala. (V. PI. XV, Fig. 21-23.)

Diagnose. Ægyria très- large, mais à partie antérieure étranglée; valves sans arêtes; pas de tache pigmentaire.

Cette espèce, voisine de la précédente, s’en distingue facilement par le grand rétrécissement de sa partie antérieure et par l’absence de côte élevée sur sa face plane. — Nous décrivons cette espèce d’après des dessins et des notes de M. Lachmann, qui remarque expressément que la valve large et bombée est la gauche, tandis que la valve étroite et plane est la droite. Toutefois, les dessins ne sont pas parfaitement d’accord avec cette remarque, car si les figures 21 et 23 représentent en effet la valve droite comme étant étroite et plane, c’est le contraire dans la figure 22. L’analogie avec d’autres espèces nous fait supposer que cette dernière figure représente le véritable état de choses.

lies vésicules contractiles sont disposées précisément comme chez l’espèce précédente. — Cette espèce a été observée dans la mer du Nord, sur la côte de Norwége.

3° Ægyria Oliva. (V. PI. XV, Fig. 14-15.)

Diagnose. Ægyria à valves lisses; partie antérieure ornée d'une tache pigmentaire d’un noir intense.

Cette espèce est remarquable par son épaisseur, qui est si grande, qu’on peut à peine dire que le corps soit comprimé comme celui des autres Dystériens. Le dos n’est plus réduit à l’état d’une simple arête, mais forme un véritable cintre qui confond insensiblement l’une des valves avec l’autre. Il résulte de là que l’animal rappelle par sa forme extérieure les mollusques du genre Olive. Le sillon ventral qui sépare les deux valves de la carapace est ici d’une très-grande largeur, et, en outre, la carapace paraît n’être, chez cette espèce, qu’une apparence produite par une raideur de téguments, à peu près comme cela a lieu chez les Euplotes.

La partie antérieure est ornée d’un point noir intense, qui rappelle celui des Ophryoglènes, et qui est placé tout près du bord dorsal. — Le pied est situé moins en arrière que chez les autres espèces, et immédiatement derrière lui se trouve un faisceau de cils plus longs que les autres cils ventraux. L’appareil dégluteur est étroit et court. Nous n’avons pu reconnaître ni nucléus, ni vésicule contractile.

Tous les individus que nous avons observés étaient colorés d’un rouge foncé, et si peu transparents, que l’étude de leur forme était assez difficile. Nous ne pensons cependant pas que cette couleur soit caractéristique. En effet, ces Dystériens paraissent se nourrir exclusivement de débris de Ceramiums, qui étaient sans doute la cause de leur couleur.

L 'Ægyria O'iva atteint une longueur de 0rnm,10. Nous l’avons observée dans la mer du Nord, à Glesnæsholm, près de Sartorôe.

4° Ægyria fusilla. (V. PL XV, Fig. 5-6.)

Diagnose. Ægyria à corps étroit et valves dépourvues d’arêtes; pas de tache pigmentaire.

Cette fort petite espèce se distingue de toutes les précédentes par son peu de largeur et l’absence d’arêtes sur ses valves parfaitement lisses. Elle est épaisse et large-

ment béante sur la face ventrale. Nous l’avons observée dans la mer du Nord, à Glesnæsholm, près de Sartorôe. Nous n’osons pas en distinguer spécifiquement uneÆgyria de forme un peu différente, qui n’est pas rare dans la Sprée, près de Berlin, mais chez laquelle la petitesse des dimensions nous a empêchés, comme chez cette espèce-ci, de discerner l’appareil dégluteur.

4e Genre. — HUXLEY A.

Les Huxleya se distinguent de tous les autres Dystériens par l’absence de carapace. — Nous ne pouvons nous défendre de l’idée que les Trochilia de M. Dujardin, dont la carapace est censée fermée sur le ventre, ne soient de véritables Huxleya. Rien du moins n’indique, dans les figures que M. Dujardin donne de sa Trochilia sigmoïdes (Duj. Inf., PI. 10, Fig. 15), que cet animal possède réellement une cuirasse.

1° Huxleya sulcata. (V. PI. XIV, Fig. 14.)

Diagnose. Corps très-comprimé; cuticule ornée de sillons obliques.

La cuticule de cette petite espèce est striée, comme celle de la plupart des infusoires ciliés, mais les cils vibratiles n’en sont pas moins restreints à la région ventrale. En avant, le corps se termine en une pointe obtuse ; en arrière, il est largement arrondi. Le pied est petit et tout-à-fait ventral. Vésicule contractile unique. Nous n’avons pas réussi à reconnaître l’appareil dégluteur.

La H. sulcata est longue d’environ 0mm,025. Elle a été observée dans le fjord de Bergen, en Nonvége.

2° Huxleya crassa. (V. PI. XIV, Fig. 11-13.)

Diagnose. Corps à peine comprimé, presque aussi épais que large et présentant en arrière sa plus grande épaisseur; cuticule lisse.

La forme de la partie postérieure est tout-à-fait caractéristique chez cette espèce. Non loin du bord postérieur se trouve, soit sur le côté droit, soit sur le côté gauche,

ET LES RIIIZOPODES.

une corniche saillante, qui augmente considérablement l’épaisseur de cette région. — Le pied est situé à l’extrémité postérieure, mais plus près du côté dorsal que du côté ventral. La partie antérieure n’est point atténuée, comme chez l’espèce précédente, mais largement arrondie ou même tronquée. La vésicule contractile est unique. — Nous n’avons pas réussi à reconnaître l’appareil dégluteur.

La H. crassa est longue d’environ 0m,n,035. Nous l’avons observée dans le fjord de Bergen, en Norwége.

VIIIe Famille. — 'mACHELOA.

La famille desTrachéliens est formée par des infusoires essentiellement dégluteurs, dépourvus de spire régulière de cirrhes buccaux, et manquant de pied. Ces infusoires sont en général remarquables par la contractilité excessive de leur parenchyme, contractilité qui atteint son maximum chez certains Amphileptus et surtout chez' les Lacrymaires. Chez quelques genres, savoir les Prorodon, les Nassules, et peut-être les Urotricha, cette contractilité devient cependant à peu près aussi nulle que chez un Paramecium ou un Pleuronema.

Nous considérons notre famille des Trachelina comme formant un groupe extrêmement naturel, aussi naturel même que celui des Vorticellines. La faculté que possèdent ces animaux de happer leur proie au passage, sans l’attirer à eux par un tourbillon produit à cet effet dans le milieu ambiant, se retrouve, il est vrai, au même degré chez les Dystériens et les Colépiens; toutefois, les Dystériens forment une famille trop bien caractérisée pour qu’on puisse élever des doutes sur sa circonscription naturelle, et le seul genre Trichopus, parmi les Trachéliens, offre une certaine affinité avec elle.

Quant aux Colépiens, on pourrait, au besoin, les réunir aux Trachéliens, mais ils sont si clairement caractérisés par leur cuirasse à jour que personne ne nous blâmera de les laisser dans une famille à part.

La famille des Trachéliens, quelque naturelle qu’elle soit, n’a pas été établie, avant nous, dans les limites que nous lui donnons. Elle n’a de commun que le nom avec la famille des Trachelina de M. Ehrenberg. Les infusoires qu’elle renferme étaient répartis, par le célèbre micrographe de Berlin, pêle-mêle avec les formes les plus hétérogènes, dans ses quatre familles des Enchelya, Trachelina, Ophryocercina et Colpodea. Lorsque nous passerons à l’étude des genres, nous aurons l’occasion de montrer combien ces associations étaient souvent peu en harmonie avec les exigences d’une classification naturelle. M. Dujardin n’a pas mieux entrevu que M. Ehrenberg le groupe des Trachéliens. 11 répartit les animaux qui le forment dqns ses familles des Trichodiens , des Paraméciens et même des Plœsconiens, où ils doivent souvent être étonnés de l’aspect étrange des voisins qu’il leur donne. Quelques-uns paraissent avoir aussi trouvé place dans sa famille des Enchélijens . — Enfin M. Perty est bien certainement celui qui a le mieux saisi les affinités réciproques des Trachéliens. Il les répartit, il esffvrai, dans quatre familles — Holophryina, Decteria, Tracheliina, Ophryocercina, — qu’il a eu tort de séparer les unes des autres par des groupes qui n’ont pas la moindre parenté avec elles, mais ces quatre familles ont du moins l’avantage d’être formées exclusivement par des Trachéliens, et, en général, les genres y sont bien groupés d’après leurs plus grandes affinités respectives.

Les tableaux synoptiques obligeant à caractériser les genres d’une manière un peu laconique, il en résulte souvent que ces tableaux renferment des données un peu insuffisantes. C’est ce qui explique quelques imperfections du tableau qui va suivre. Les Phialines sont, par exemple, placées parmi les Trachéliens dont la bouche est située à l’extrémité antérieure, tandis qu’à prendre les choses au pied de la lettre, cette bouche est latérale, puisqu’elle se trouve à la base de l’appendice conique. Toutefois, on peut désigner cette bouche comme terminale à peu près à aussi bon droit qu’on appelle terminal l’orifice buccal des Prorodon, bien que cet orifice ne soit presque jamais exactement polaire. La bouche des Phialines n’est point latérale au même degré que celle des Amphileptus ou des Nassules, et toute confusion nous paraît impossible

à cet égard. Nous avons dû passer par dessus cette imperfection, pour laisser les Phialines à côté des Lacrymaires, leurs parents naturels. — De même, nous avons placé les Amphileptus parmi les Trachéliens dépourvus d’appareil dégluteur, et cependant l’œsophage de VA. giflas présente des plis longitudinaux qui rappellent singulièrement l’appareil des Chilodon. L’A. gigas est en effet un Amphileptus pur sang, et n’a rien à faire avec les Trachéliens à bouche non terminale, qui possèdent un appareil dégluteur (Chilodon et Trichopus). Les Chilodon sont extrêmement déprimés, tandis que les Amphileptus, lorsqu’ils sont aplatis, sont toujours comprimés et jamais déprimés. Quant aux Trichopus, qui sont comprimés, ils s’éloignent infiniment de l’/l. gigas par leur faisceau de cils en forme de pied et par leur dos glabre. Ces imperfections, inévitables dans un tableau synoptique, seront suffisamment corrigées dans l’examen détaillé des genres et des espèces.

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