Lachmann. Müller’s Archiv., 1856, Tab. XIV, Fig
L’infusoire que M. Dujardin représente sous le nom de Dileptus Folium, nous semble parfaitement identique avec le Loxophyllum Fasciola. Seulement, M. Dujardin n’a pas reconnu les cils de la surface. Par contre, l’animal que le même auteur figure sous le nom d’Amphileptus Fasciola (Duj. PI. XI, Fig. 17), nous paraît être distinct de Y Amphileptus Fasciola de M. Ehrenberg.
3° Loxophyllum armatum. (Y. PI. XIY, Fig. 17.)
Diagnose. Loxophyllum dépourvu d’appendice en forme de trompe; corps plus ou moins sémilunaire, n’ayant pas de limbe du côté droit; bouehe située sur le côté gauche, entre le premier et le second tiers de la longueur totale; limbe armé de longs trichocystes.
La face ventrale du L. armatum est plane et ornée de sillons longitudinaux entre lesquels sont implantées des rangées de cils fort courts. La face dorsale (celle qui est représentée dans la figure) est, dans toute la partie circonscrite par le bord interne du limbe — c’est-à-dire dans la partie qui correspond à la cavité digestive — tantôt bombée, tantôt plane, selon la plus ou moins grande quantité de nourriture absorbée par l’animal. Elle est garnie de cils courts et fins. Du côté droit, c’est-à-dire du côté qui est dépourvu de limbe, le corps atteint son épaisseur maximum, tandis que, du côté gauche, l’épaisseur diminue graduellement à mesure qu’on se rapproche du limbe. Celui-ci forme une large ceinture autour des trois quarts de la périphérie totale environ, savoir en avant, à gauche et en arrière. Il est, sur sa face supérieure aussi bien que sur sa face inférieure, ornée de rangées de cils qui sont disposés à peu près parallèlement au bord périphérique. Le bord, tout-à-fait externe, de ce limbe est un peu renflé en bourrelet. Au point où la partie postérieure du limbe atteint le bord droit de l’animal, elle se recoquille vers le haut (Voyez la figure). Des trichocystes longs et fins sont disposés radiairement dans toute l’étendue du limbe, tout en étant un peu moins distincts dans la partie postérieure.
La bouche est située sur le bord du limbe, à peu près à la limite commune du premier et du second tiers de la longueur totale, c’est-à-dire au point où, dans notre figure, des trichocystes déchargent leur filament pour frapper un Cyclidium. L’anus est situé au point de recoquillement du limbe , sans que nous ayons pu déterminer avec certitude s’il est ventral ou dorsal. La vésicule contractile, située tout auprès,
devient souvent étoilée, ou se divise en deux au moment de la contraction. L’animal nage lentement, comme en chancelant, et se tourne de temps à autre autour de son axe longitudinal. Lorsque l’arête du limbe vient à toucher un corps étranger, les filaments urticants sont décochés par les trichocystes et paralysent les petits infusoires qu’ils viennent à toucher. Si cette manœuvre n’apporte aucune proie au Loxophyllum, on le voit s’agiter avec inquiétude pendant quelques instants et en tous sens pour reprendre bientôt son mode de natation accoutumé. — Nous avons vu le L. armatum se reproduire par division spontanée transversale.
Cette espèce a été observée par M. Lachmann, dans de l’eau provenant de la Bruyère aux Jeunes-Filles (Jungfernhaide) , près de Berlin.
4° Loxophyllum Lamella.
Syn. Trachelius Lamella. Ehr. Infus., p. 32 il. PI. XXXIII, Fig. IX.
Diagnose. Loxophyllum à forme linéaire, conservant à peu près partout le même nucléus double ; vésicule contractile unique ; bord dorsal non crénelé ; pas de trichocystes.
Les figures que M. Ehrenberg donne de cette petite espèce sont assez exactes, à la circonstance près que cet observateur n’a pas reconnu l’existence des cils (bien qu’il l’ait supposée). La partie antérieure du corps n’est pas rétrécie au même degré que chez le Loxophyllum Fasciola, mais la bouche est située à peu près à la même place. L’extrémité postérieure du corps est arrondie et l’anus exactement terminal. La vésicule contractile est située tout auprès, comme M. Ehrenberg le représente.
Les figures de M. Ehrenberg représentent toutes le Loxophyllum Lamella comme étant formé d’une masse centrale obscure et d’une substance marginale incolore. C’est parfaitement exact. La masse centrale obscure est la partie qui correspond à la cavité digestive pleine d’aliments. La substance marginale est le limbe formé uniquement par le parenchyme.
M. Ehrenberg suppose que le Loxophyllum Lamella pourrait bien n’être que l’état non adulte du Loxophyllum Fasciola. Nous croyons toutefois les deux espèces bien distinctes. Cependant les individus que M. Ehrenberg représente sous les numéros 9
à 14, de la figure III de la PI. XXXVIII, comme étant de jeunes Loxophyllum Fasciola, nous semblent être de vrais Loxopkyllum Lamella.
L’infusoire que M. Dujardin représente et décrit sous le nom de Trachelius Lamella n’est point identique avec le Trachelius Lamella Ehr. C’est une espèce marine qui, peut-être, appartient aussi au genre Loxophyllum, bien que nous ne puissions l’affirmer. M. Dujardin n’en indique, du reste, ni la bouche, ni la vésicule contractile, ni le nucléus, ni l’anus.
M. Ehrenberg attribue au Loxophyllum Lamella une taille d’un soixante-quinzième à un vingt-quatrième de ligne. Ce dernier chiffre correspond à peu près à la longueur des individus que nous avons observés dans les eaux douces de Berlin.
Il est probable que l’infusoire décrit par M. Dujardin, sous le nom de Trachelius strictus (Duj. Inf., p. 400, PI. 7, Fig. 15), doit rentrer dans le genre Loxophyllum. Malheureusement, ce savant paraît l’avoir observé aussi et plus imparfaitement peutêtre que son Trachelius Lamella.
IXe Famille. — COIÆPIirA.
Les Colépiens sont des infusoires voisins des Trachéliens, mais ils s’en distinguent par la présence d’une cuirasse solide, formée par des bâtonnets solides disposés en treillis. Leur bouche et leur anus étant placés aux deux pôles opposés du corps, on peut dire que ce sont des Enchelys ou des Ilolophrya revêtues d’une cuirasse à jour. On pourrait sans inconvénient réunir cette famille à celle des Trachéliens ; toutefois il est à remarquer que la cuirasse est ici un caractère de plus de valeur que chez le
Vorticellines cuirassées dont M. Ehrenberg formait sa famille des Ophrydines. En effet, les Vorticellines cuirassées peuvent à volonté quitter leur fourreau et se présenter complètement nues, comme les Vorticellines proprement dites. Les Colépiens, au contraire, ne peuvent se défaire de leur cuirasse et la conservent toute la vie. On rencontre, il est vrai, des individus dont une moitié du corps est nue, mais ces individus-là sont issus récemment d’une division spontanée. En effet, les deux individus résultant d’une division fissipare conservent l’un la moitié antérieure, et l’autre la moitié postérieure de la cuirasse primitive, et chacun forme une moitié de cuirasse nouvelle. Les deux moitiés de la cuirasse paraissent, du reste, ne jamais se souder complètement l’une à l’autre, et l’on aperçoit toujours la jointure. En effet, ces deux moitiés doivent plus tard se séparer l’une de l’autre, lorsque chacun des nouveaux individus se divisera à son tour. Parfois on reconnaît une jointure de la cuirasse, non seulement à l’équateur , mais encore entre le premier et le second tiers, ainsi qu’entre le second et le troisième.
M. Dujardin prétend que la cuirasse des Colépiens difflue aussi facilement que celle des Plœsconiens (Euplotes, etc.). Cela est exact lorsqu’il s’agrt d’individus jeunes, chez lesquels cette cuirasse a une nature toute organique et très-délicate. Mais, chez les adultes, elle est consolidée sans doute par un dépôt de sels minéraux, et résiste à une calcination soutenue; de plus, les acides concentrés n’ayant souvent aucune action sensible sur la cuirasse du C. hirtus, on serait tenté de lui supposer une nature silicieuse. Cependant, il ne faut pas oublier que l’épreuve chimique d’objet si minces est entourée de si grandes difficultés que toute conclusion positive parait un peu hasardée.
Notre famille des Colepina est identique à celle pour laquelle M. Ehrenberg a créé ce nom, et ne renferme que le seul genre Coleps. — M. Dujardin a eu la malheureuse idée de réunir ce genre avec des animaux qui ne sont pas même des infusoires (les Chœtonotus), dans sa division des infusoires symétriques.
ESPÈCES
i° Coleps hirtus. Ehr. Inf., p. 317. PI. XXXIII, Fig. 1.
Diagnose. Corps étant un solide de révolution en forme de tonnelet allongé, arrondi en arrière, où il est muni de deux ou trois pointes. Bord antérieur régulièrement dentelé.
Cette espèce, qui paraît être très-répandue partout, est suffisamment connue. Nous remarquons seulement que M. Perty se trompe, lorsqu’il considère la cuirasse comme formée par des granules entre lesquels sortent les cils. Les prétendus granules sont précisément les jours de la cuirasse, et les prétendus intervalles sont, au contraire, la partie solide. Cette méprise avait déjà été faite par M. Dujardin, tandis que M. Ehrenberg a bien reconnu le véritable état de choses.
2° Coleps uncinatus. (V. PI. XII, Fig. 9.)
Diagnose. Corps ne formant pas un solide de révolution, mais représentant un ovoïde très— a plati d’un côté, qui se trouve être le côté ventral. Bord antérieur dentelé et présentant du côté ventral deux épines ou dents recourbées beaucoup plus fortes que les autres dentelures.
La forme si caractéristique de cette espèce résulte suffisamment de la diagnose. Les deux épines antérieures sont un peu recourbées en crochet. La partie postérieure est munie de quatre pointes acérées. Du reste, la cuirasse est constituée comme celle du Coleps hirtus, et paraît ne présenter guère que douze côtes longitudinales. — La vésicule contractile est située près de l’extrémité postérieure, et le nucléus est un corps discoïdal placé vers le milieu du corps. Ces deux organes sont disposés de même que chez le C. hirtus.
Nous avons observé cette espèce aux environs de Berlin. Sa longueur totale est de 0mm,067.
3° Coleps Fusus. (Y. PL XII, Fig. 7-8.)
Diagnose. Corps formant un solide de révolution, régulièrement dentelé au bord antérieur, très-rétréci en avant et se terminant en cône pointu en arrière.
Cette espèce, observée par M. Lachmann , dans la mer du Nord (à Glesnæs, sur la côte de Norwége), se distingue suffisamment des précédentes par sa forme.
Nous en avons représenté, d’après des esquisses de M. Lachmann, un petit individu (Fig. 7) et un autre plus gros et sur le point de se diviser transversalement (Fig. 8). Les côtes longitudinales sont au nombre de seize environ.
La cuirasse du Colcps Fusus n’atteint pas tout-à-fait l’extrémité postérieure du corps, mais laisse saillir le parenchyme mol de l’animal, lequel forme la pointe terminale.
M. Ehrenberg décrit, sous le nom de C. amphacanthus (Inf., p. 318, PI. XXXIII, Fig. IV), une espèce bien caractérisée, qui ne nous est pas connue. Il en est de même du C. incurvus, du même auteur (Inf., p. 318, PL XXXIII, fîg. V). QuantauC. viriclis Ehr. et au C. elongatus Ehr., nous ne les croyons pas différents du C. hirtus. La première de ces prétendues espèces est seulement basée sur des individus colorés par de la chlorophylle, et la seconde sur une variété un peu allongée. Le C. inermis Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 158, PL VIII, Fig. IV) pourrait cependant être une espèce propre.
Xe Famille. — HALTERIM.
La famille des Halterina est composée d’infusoires cà corps glabres, dont la rangée de cirrhes buccaux est le seul titre qui leur assigne une place parmi les infusoires ciliés. Ce caractère suffit pour les distinguer de toutes les familles autres que celle des Vorticellines. Une confusion avec cette dernière est, de plus, complètement impossible, les Halterina ne possédant pas de disque vibratile.
Les Halterina sont des infusoires plus ou moins globuleux, dont la bouche est située au pôle antérieur et entourée d’une rangée de cirrhes vigoureux qui sont souvent les seuls organes locomoteurs présents, mais dont l’action est cependant parfois renforcée
par celles de soies saltatrices. Tous les animaux de cette famille se meuvent avec une rapidité extrême et restent rarement immobiles. Aussi leur étude est-elle fort difficile, et nous ne sommes pas encore arrivés à déterminer avec une parfaite certitude si les cirrhes buccaux forment un cercle parfait ou un tour de spire. C’est la première alternative qui nous semble la plus probable. Les Halterina ont une bouche dilatable et avalent parfois d’assez gros objets. Aussi n’ont-ils pas d’œsophage cilié à sa surface.
Répartition des Hallériens en genres.
HALTERINA I ^*eS S0'eS **nes servant au sauL animaux sauteurs 1. HALTERIÀ.
1 * ) Pas de soies servant un saut ; animaux essentiellement nageurs 2. STROMBIDION.
1er Genre. — HALTERIA.
M. Dujardin a caractérisé ce genre comme étant formé par des animaux à corps presque globuleux ou turbiné, entouré de longs fils rétracteurs très-fins, qui, s’agglutinant au porte-objet et se contractant tout à coup, lui permettent de changer de lieu brusquement et comme en sautant. Cette manière de saisir le rôle des soies saltatrices des Haltériens, est évidemment erronnée. Ces soies forment une ceinture équatoriale, et si leurs extrémités venaient à s’agglutiner au porte-objet, une contraction des soies ne pourrait jamais avoir pour effet une projection de l’animal en avant. Le seul résultat possible serait un élargissement de l’animal dans sa région équatoriale et une pression de son corps contre le porte-objet. D’ailleurs, il est facile de se convaincre, en observant les Halteria dans un verre concave plein d’eau, que ces animaux sautent lors même qu’ils sont beaucoup trop distants du fond du réservoir pour que leurs soies puissent contracter une adhérence avec lui. Le saut est produit par un mouvement brusque des soies, et celles-ci prennent leur point d’appui, non pas sur des corps solides voisins, mais dans l’eau elle-même.
Les Haltéries observées par tout le monde n’ont été bien vues par personne. M. Eh-
renberg les a réunies en un seul genre avec les Trichodines, qui ne leur ressemblent certes guère. M. Dujardin leur a assigné une place parmi ses Kéroniens. Celte étrange assimilation provient de ce que cet observateur a cru voir chez les Hallériens une rangée de cirrhes disposés obliquement en moustache comme les cirrhes buccaux des Oxytriques. Otto-Fr. Mueller représentait plus exactement le véritable état des choses lorsqu’il décrivait les cils comme étant répartis sur tout le contour d’une ouverture.
ESPÈCES
i° Halteria grandinella. Duj. Inf., p. 415. PI. XVI, Fig. I.
Syn. Tricliodina grandinella. Elir. Inf., p. 267. PI. XXIV, fig. V.
(Y. PI. XIII, Fig. 8-9.)
Diagnose. Soies saltalriecs longues et fines, non situées dans un étranglement circulaire. Pas de zone équatoriale formée par des filaments longs et arqués.
Cette espèce, fort commune dans la plupart des eaux douces, a été toujours fort mal figurée, au point d’être tout-à-fait méconnaissable. M. Dujardin est le seul qui ait aperçu ses soies saltatrices, mais il les a très-inexactement figurées et ne paraît pas s’être aperçu qu’elles sont implantées seulement sur l’équateur de l’animal. Dans l’état de repos, ces soies sont raides comme des aiguilles et légèrement inclinées les unes audessus, les autres au-dessous du plan équatorial. Quelquefois elles se portent toutes à la fois et brusquement en avant.
Le cercle des cirrhes buccaux présente une interruption correspondant à une légère échancrure du bord buccal, échancrure qui se retrouve peut-être chez tous les Ilaltériens.
Il est très à recommander de placer quelques Acinétiniens sur le porte-objet du microscope, lorsqu’on veut étudier des Haltéries. En effet, ces dernières ne tardent pas, au milieu de leurs bonds imprudents, à venir se jeter contre les suçoirs d’un Acinétinien, qui s’en empare aussitôt. L’Haltéria, ainsi fixée, peut être étudiée beaucoup plus facilement.
2° Halteria Volvox.
S y n. Trichodina (Stephanidina) Volvox. Eichwald*.
(Y. PI. XIV, Fig. 10.)
Diagnose. Soies saltatrices longues et fines, non situées dans un étranglement circulaire. Une zone équatoriale formée par des filaments longs et recourbés en arrière.
Nous n’avons observé qu’une seule fois cette espèce, au mois d’Avril 1855, à Berlin. Elle est parfaitement semblable à la précédente, si ce n’est que sa taille est un peu plus grosse et qu’elle présente une ceinture de longs cils recourbés en arrière, qui lui donnent une apparence fort élégante. Ces cils ne paraissent aucunement servir à la locomotion, du moins nous les avons toujours vus parfaitement immobiles. Ils sont bien plus longs que les cirrhes de la couronne ciliaire qu’on voit se former souvent à la partie postérieure de V Halteria grandinella , un peu obliquement à l’axe, couronne qui paraît être un prélude de division spontanée et qui doit former plus tard la rangée buccale du nouvel individu.
Il faut un peu d’audace pour identifier cette espèce avec le T. Volvox de M. Eichwald, et quiconque comparera les figures que donne cet auteur et la nôtre aura de la peine à se figurer qu’elles représentent le même animal. Toutefois, la description de M. Eichwald concorde assez bien avec l’animal observé par nous. Il n’est, en particulier, pas possible de méconnaître la ceinture ciliaire de notre Haltéria dans ce que M. Eichwald désigne sous le nom d’une couronne de cils rayonnants qui simule des plis (die faltenartigen Cilien des Strahlenkranzes).
5° Halteria Pulex. (Y. PI. XIII, Fig. 10-11.)
Diagnose. Soies saltatrices courtes et fortes, implantées dans un étranglement circulaire.
Cette espèce est fort petite, sa taille ne dépassant pas 0mm,015. Sa partie antérieure est fort étroite et ses cirrhes buccaux ne sont qu’en très-petit nombre. Elle saute parfaitement comme VHalteria grandinella, dont elle se distingue facilement par la pré-
1. Dritter Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, Moscau, 1852, p. 125, PI. VI, Fig. 10.
ET LES RIIIZOPODES. 371
sence de l’étranglement circulaire. La petitesse de l’animal nous a empêchés de reconnaître la vésicule contractile et le nucléus.
L’if. Pulex est une espèce marine fréquente dans le fjord de Bergen.
J1 est possible que l’animal dont M. Ehrenberg a donné une diagnose sous le nom de Trichodina ? Acarus (Monatsb. d. k. p. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 1840, p. 202) soitune Ilaltérie. Mais c’est ce que nul ne peut décider avec certitude en l’absence de toute figure. La Trichodina vorax du même auteur paraît appartenir également au genre Halteria.
2e Genre. — S T R 0 M B I D I 0 N.
Les Strombidion sont des Haltériens nageurs, dépourvus de tout organe propre au saut.
ESPÈCES
i° Strombidion sulcatum . (V. PI. XIII, Fig. 6.)
Diagnose. Corps globuleux, un peu conique en arrière, orné clans sa partie postérieure de sillons dans la direction delà génératrice du cône.
Cette espèce a tout-à-fait la forme et la taille de Y Halteria grandinella. Sa couleur est en général d’un jaune brunâtre. Sa partie postérieure, légèrement conique, présente des côtes longitudinales en forme de bâtonnets rigides, laissant de larges sillons entre elles. Elle n’est pas très-rare dans le fjord de Bergen, mais elle progresse à travers l’eau de mer en tournant sur son axe avec une rapidité telle, qu’elle est bien difficile à poursuivre. Aussi n’avons-nous pu reconnaître ni son -nucléus, ni sa vésicule contractile. Plusieurs fois , au milieu d’une course rapide, nous l’avons vue s’évanouir comme par enchantement en ne laissant que des globules épars. Chez aucun autre infusoire nous n’avons vu d’exemple d’une diffluence aussi rapide.
2° Strombidium Turbo. (V. PL XIII, Fig. 7.)
Diagnose. rCorps globuleux, à surface lisse non sillonnée.
C’est avec doute que nous rapportons cette espèce au genre Strombidium. En effet, la bouche n’est point située chez elle au centre de l’espace circonscrit par la rangée circulaire des cirrhes buccaux, mais tout-à-fait excentriquement, comme chez les Tintinnus. Aussi nous a-t-il semblé que la rangée de cirrhes ne forme point un cercle parfait, mais plutôt un élément de spirale. Le péristorne est muni d’une échancrure comme chez YHalteria grandinella. Chez le Strombidium sulcatum, au contraire, l’ouverture buccale nous a semblé être exactement centrale.
Cette espèce se rencontre çà et là aux environs de Berlin, où elle n’a pas échappé non plus aux recherches de notre ami M. Lieberkülm. Elle se reconnaît immédiatement à sa forme et à la vigueur de ses cirrhes buccaux, qui ne trouvent leurs rivaux que dans les cirrhes buccaux des Tintinnus. Sa longueur habituelle est d’environ 0mm,035.
On rencontre aussi, aux environs de Berlin, une espèce très-voisine de celle-ci, mais qui a la forme d’un cylindre long de 0mm,10 et large de 0mm,03. On peut se convaincre encore plus facilement chez elle de la position excentrique de la bouche. Le premier indice d’une division spontanée qui se prépare, est, chez cette espèce, la formation d’un faisceau de cirrhes implantés en spirale, qui apparaît latéralement vers le milieu de la longueur du corps.
ET LES RHIZOrODES.
APPENDICE AEX INFISOIRES CILIÉS,
OPALI1SES.
Nous ne pouvons quitter l’ordre des infusoires ciliés sans toucher quelques mots des organismes encore problématiques auxquels on est convenu, depuis Purkinje et Valentin, de donner le nom d’Opalines. Plusieurs auteurs récents, et en particulier un homme dont le nom fait autorité, M. Max Schultze1, sont disposés à supposer dans ces êtres des larves ou des nourrices d’helminthes. Il n’est, en effet, point improbable que plusieurs des animaux décrits sous ce nom générique aient une telle signification. Nous nous permettrons cependant d’élever des doutes sur la nature larvaire de certaines Opalines qui, comme YOpalina polymorpha Schultze, VOpalina uncinata Schultze et YOpalina recurva (décrite plus bas), possèdent des vésicules ou vaisseaux contractiles. Ces organes rappellent, en effet, entièrement les vésicules contractiles des infusoires, et semblent dénoter une parenté réelle entre ces espèces-là et les infusoires ciliés. Il est à remarquer, de plus, que ces mêmes espèces possèdent un nucléus parfaitement semblable au nucléus des infusoires. Ni le nucléus, ni l’organe contractile2 n’ont échappé aux diligentes observations de M. Schultze. Ce savant parle des nucléus comme de vésicules ovoïdes, qui, d’abord claires et transparentes, se remplissent plus tard de granules obscurs, et prennent l’apparence d’un amas de corpuscules germinatifs propres à engendrer, par voie métagénétique, un animal morphologiquement différent du parent. Telle peut être, en effet, la signification de ces organes, mais rien ne s’oppose à ce qu’ils ne soient parfaitement identiques aux nucléus des infusoires et
1. Beitr&ge zur Naturgeschichte des Turbellarien. Greifswald, 1831, p. 70.
2. M. de Siebold a été le premier à mentionner le vaisseau contractile de l’O. Planariarum (O. polymorpha Schultze). (V. Vergl. Anat., p. 13. Anmerkung.)
ne reproduisent des êtres semblables au parent. Quant aux organes contractiles, il est à remarquer qu’aucune nourrice d’helminthe n’en présente de semblables. M. Guido Wagener a bien reconnu déjà l’existence de rudiments de l’organe excréteur chez des embryons de Trématodes , mais chacun conviendra que les organes contractiles de certaines Opalines offrent bien plus d’analogie avec les vésicules contractiles des infusoires qu’avec le système excréteur des Cestodes et des Trématodes.
Nous pensons donc que la place provisoire des Opalines à réservoir contractile est plutôt auprès des infusoires qu’auprès des helminthes. Cette manière de voir ne préjuge cependant rien au sujet des espèces qui, comme VOp. Ranarum Purk. et Yal.
( Bursaria Ranarum Ehr.), l’Opaline cylindrique des grenouilles1 et tant d’autres, sont dépourvues de tout réservoir contractile.
L ’Opalina uncinata Schultze n’habite pas seulement la Planaria Ulvae. Nous avons trouvé du moins en très-grande abondance, sur la côte de Norwége, dans une Planaire du genre Proceros, une Opaline que nous ne pouvons en différencier d’aucune manière. L’un des crochets était constamment plus petit que l’autre, comme chez les individus observés par M. Schultze. Le nucléus occupait toujours la place que M. Schultze lui assigne sous le nom de tache claire (lieller Fleck).
Chez une autre Planaire marine, que nous avons trouvée en très-grande abondance à Yallôe, sur les bords du fjord de Christiania, et que nous croyons devoir rapporter à la Planaria limacina Fabr., habite une autre Opaline, voisine de l’O. uncinata Schultze. Nous lui donnons le nom d’O. recurva. On en trouve parfois jusqu’à trente ou quarante individus chez une seule et même Planaire. Ce parasite (Y. PL XXI, Fig. 9) atteint, lorsqu'il est étendu, une longueur d’environ 0mm,20. Il est rétréci en avant, et son extrémité antérieure est recourbée du côté droit. Là se trouve un crochet unique, très-semblable à l’un des deux crochets de l’O. uncinata. Un vaisseau contractile s’étend obliquement dans toute la longueur de l’animal, de l’avant et de la gauche à l’arrière et la droite. Cet organe a ceci de particulier, que, parfois, au lieu
I. Nous croyons que cette Opaline est spécifiquement différente de la grande Opaline aplatie (Op. Ranarum) qui habite souvent avec elle. C’est cette forme que nous croyons retrouver dans la prétendue Bursaria inlcst inalis de M. Ehrenberg.
de subir une contraction totale, il s’étrangle de distance en distance de manière à se transformer en une série de vésicules rondes, disposées, à la suite les unes des autres, comme les granules d’un rosaire. Le nucléus est un corps ovale situé à l’arrière.
Pendant notre séjour en Norwége, nous avons observé une très-belle Opaline, parasite d’un ver appartenant à la division des lombrics. Ce ver, très-abondant surdivers points de la côte, en particulier auprès de la ville de Bergen, n’a malheureusement pu être déterminé par nous, mais n’appartient pas au genre Nais. L’Opaline qui l’habite paraît cependant être très-voisine de celle que M. Schultze a découverte chez la Nais littoralis, et à laquelle il a donné le nom d’O. lineata *. Peut-être même estelle identique avec elle. Cette Opaline est caractérisée par sa forme très-allongée, les stries fines et élégantes de sa surface et l’existence d’une double rangée de vésicules claires et transparentes (Y. PI. XXI, Fig. 7-8). Au premier abord, on pourrait être tenté de comparer ces organes à des vésicules contractiles ; mais jamais nous n’avons aperçu chez eux la moindre trace de contractilité, et M. Lachmann, qui a étudié tout particulièrement cet animal, a remarqué que ces organes sont ornés d’un contour tellement marqué, que leur contenu doit être doué d’un degré de réfringence plus grand que celui du liquide contenu d’ordinaire dans les vésicules contractiles. M. Schultze ne mentionne pas ces organes chez son 0. lineata , mais il les dessine exactement dans chacune de ses figures. Ce savant remarque que les fines stries de son 0. lineata ne proviennent point de la distribution linéaire des cils de la surface, mais qu’elles ont leur siège beaucoup plus profondément, savoir sous la peau, et qu’elles paraissent appartenir à une cavité médiane, ou à un corps caché à l’intérieur. Nous avons, au contraire, considéré les stries de notre Opaline comme existant à la surface même. Malheureusement, nous ne connaissions pas, à l’époque de notre séjour en Norwége, la description de M. Schultze, de sorte que nous ne pouvons affirmer ne pas nous être trompés à cet égard. — M. Schultze représente, dans la figure 11 de sa planche VII, une 0. lineata dans la division spontanée transversale. Si son Opaline est bien réellement la même que la nôtre, il y a plus dans ce phénomène qu’une simple division transversale ordi-