‹ Études sur les infusoires et les rhizopodes;Chapitre 193 sur 210 · DES · texte numérisé non relu

DES

RHIZOPODES ET DES EINFUSOIRES CILIES,

Il est un phénomène qui, si l’avenir lui démontre une certaine généralité, sera peutêtre appelé à jouer un grand rôle dans la physiologie des infusoires. C’est celui qui a été désigné sous le nom de conjugaison ou de zygose. Découvert d’abord par M. Kôlliker ?, il a été revu par MM. Cobn, Stein et Perty, ainsi que par nous. Sa signification est encore inconnue. Il consiste en ce que deux ou plusieurs individus se rapprochent réciproquement et, non-seulement s’accolent les uns aux autres, mais encore s’umssent d’une manière si intime, qu’on peut admettre que de cette espèce de fusion (Verschmelzungsprocess des Allemands) il résulte un seul animal. Peut-être arrivera-t-on un jour à le relier à la propagation. |

La conjugaison a été surtout fréquemment observée, parmi les Rhizopodes, chez les

1. Ou peut-être, pour parler plus exactement, par Leclerc, qui vit déjà en 1805 deux DiMlugies (Difflugia Helix Cohn) accolées ensemble. M. Cohn, qui a répété cette observation, tient ce phénomène pour une conjugaison. Cependant les observations de M. Schneider (Müller’s Archiv, 1854, p. 205) sur la scissiparité de la Difflugia Enchelys (?) Ebr., et les nôtres sur les changements de coque de l’Arcella vulgaris permettent des doutes à cèt égard.

Actinophrys et, parmi les infusoires, chez les Acinétiniens, et même, pour parler plus exactement, elle n'avait été vue jusqu'à nous que chez ces deux groupes.

Chez un Rhizopode, comme l'est une vraie Actinophrys, on comprend qu’une conjugaison s'effectue plus facilement que chez tout autre animal. Le parenchyme du corps consiste, en effet, chez ces êtres, en une substance gélatineuse, glutineuse, dans laquelle nos instruments ne nous permettent en général de reconnaître qu'une base homogène, renfermant des granules en mouvement. La surface du corps paraît, chez un grand nombre tout au moins, n'être recouverte d’aucune membrane, puisqu'on voit les pseudopodes des Polythalames, des Gromies et des Actinophrys se souder ensemble, phénomène qu'on essaierait en vain, nous l'avons vu, d'expliquer avec M. Ehrenberg, par un simple entrelacement. — M. Dujardin, qui avait été le premier à signaler cette fusion de deux expansions chez les Rhizopodes, et qui y trouvait un grand appui pour sa théorie du sarcode, se demandait avec inquiétude pourquoi deux Amæba, qui se rencontrent, ne se soudent pas. M. Peltier‘ avait, en effet, relevé le fait que deux Arcelles qui se rencontrent, se touchent sans se souder. M. Dujardin * avoue qu'à ce pourquoi, comme à tous ceux qui portent sur l’essence de la vie dans les animaux, il serait fort embarrassé de faire une réponse satisfaisante. Il constate seulement, comme un fait, qu'on n’a jamais observé d’une manière positive une soudure organique entre deux individus primitivement séparés.

Aujourd'hui M. Dujardin éviterait l'embarras de chercher une réponse à une question qu'il n’est plus obligé de se poser, car deux Rhizopodes, savoir deux Actinophrys, qui (dans de certaines circonstances du mois et sous certaines conditions seulement, nous le supposons) viennent à se rencontrer, se soudent, et ce n’est pas là le cas seulement pour deux individus, mais aussi pour trois, quatre et davantage. M. Stein ® chez son Aclinophrys oculata et M. Perty ‘ chez une autre espèce qu’il nomme À. érevipilis

(Act. brevicirrhis? Perty) ont même observé la fusion de sept individus *. Il est dans

Page 1