‹ Études sur les inondationsChapitre 51 sur 81 · RÉSERVOIRS TEMPORAIRES · texte numérisé non relu

RÉSERVOIRS TEMPORAIRES

tion, qu’on sera en mesure de se rendre compte des capacités qu'il conviendra d’attribuer aux réservoirs temporaires formés dans les plaines basses par les digues transversales. Ces réservoirs, produisant à leur tour une nouvelle dénivellation des eaux, on parviendra ainsi à réduire la portée des inondations à une hauteur qui n’aura plus rien de menaçant, et contre laquelle les digues longitudinales elles-mêmes pourront alors lutter avec efficacité; car il ne faut pas oublier que dans la première section de ce chapitre, nous avons reconnu qu’il pourrait y avoir des cas dans lesquels ces digues devraient être maintenues. Mais sous l’influence des modifications introduites dans le régime des inondations par les travaux que nous proposons, presque tous les vices du système longitudinal auront disparu, parce que d’abord, au lieu d’être obligé, comme nous le sommes aujourd'hui, de procéder à des exhaussements successifs, on pourra.au contraire, porter le couronnement des digues à des niveaux beaucoup plus bas, parce que en second lieu cette opération permettra d’employer les terres en excès à élargir et à consolider leur massif; parce qu’enfin.dans ces conditions d’un abaissement et d’une consolidation notables, les chances de destruction disparaîtront dans une forte proportion, et qu’au cas môme d’une rupture, les effets consécutifs à cet accident seraient diminués de toute la hauteur dont on aurait fait descendre le sommet des digues, et seraient promptement limités par les retenues formées par les obstacles transversaux.

Ces détails sont de nature à faire entrevoir que,

dans les vallées où le très-ancien établissement des digues longitudinales, et les modes de culture qui s’y sont développés à la suite, pourraient mettre l’administration dans la nécessité de maintenir ces ouvrages, le système futur de cet endiguement cesserait du moins d’être lacause la plus efficace des désastres qui se produisent; ce système ne serait plus qu’un diminutif, une représentation A échelle très-réduite de celui qui existe de nos jours ; cl si, après un examen sérieux et de mûres délibérations, il est reconnu que l’intérêt même des terres riveraines exige le maintien de ce vestige des temps passés, tout en regrettant que la nature de ces travaux ne permette pas d'utiliser les fertiles engrais des crues, on aura du moins la consolante certitude qu'ils donneront au sol ce qui lui a toujours manqué jusqu’à présent, une suffisante protection contre la violence des eaux.

Nécessité d'en établir dans tous les cas en amont et en aval des grands centres de population.

Mais, quoi qu'il en soit de la réduction que les réservoirs établis dans les régions montagneuses des bassins pourront introduire dans les travaux de la plaine, on ne perdra pas de vue que d’immenses intérêts sont groupés dans les villes, et qu’à tout prix il faut les défendre. Serait-on conduit h cette conclu-

sion que des réservoirs temporaires seraient peu nécessaires dans les parties moyennes et basses des vallées, que, même dans ce cas, la prudence devrait faire un devoir d en pratiquer en amont et en aval des villes; il peut y avoir dans les conceptions hu-

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