‹ Etudes sur les maladies cérébrales et mentalesChapitre 34 sur 39 · DE I/‘ ABOULIE ET DE 1/ INHIBITION · texte numérisé non relu

DE I/‘ ABOULIE ET DE 1/ INHIBITION

groupe, l’empêchement vient des régions extérieures au moi. C’est le monde extérieur qu’ils accusent.

La distinction d’un moi et d’un non-moi dans les fonctions psychiques ne jette-t-elle pas quelque lumière sur ces faits si ordinaires en pathologie mentale? Ne sommes-nous pas conduits à établir une distinction entre l'aboulie dont l’origine est dans le moi et l’inhibition qui vient du non-moi ?

Les manifestations terminales se ressemblent beaucoup, il est vrai; en les considérant exclusivement, on est porté à tout confondre.

La confusion est même inévitable, lorsque, comme cela arrive souvent, l’origine du phénomène se trouve dans les régions inconscientes, soit subjectives, soit objectives. Dans ces cas, le malade s'arrête, s’immobilise et lui-même ignore absolument le pourquoi de son arrêt. 11 en est de même des sujets hypnotisés; qu’on leur suggère une injonction inhibitoire ou une idée d’incapacité, le résultat est le même, il est cependant vraisemblable que le suggestum s’est logé dans des régions différentes.

Il y a là de très grandes obscurités. Il n’en est pas moins vrai que dans un grand nombre d’autres faits, l’origine des troubles de la volition est indiquée.

J’ai déjà cherché à établir, dans un précédent travail, une distinction clinique d’après l’origine que le malade lui-même attribue à son mal. Tantôt le malade accuse le monde extérieur et vraisemblablement ce sont les régions des images du monde extérieur qui sont affectées, comme le démontrent les hallucinations auxquelles aboutit à peu près constamment l’automatisme pathologique. Tantôt le malade s’accuse lui-même, c’est dans son moi que semble siéger le mal.

Enfin, lorsque le point du départ pathologique se trouve dans la région mixte correspondante à notre personnalité physique, on voit fréquemment surgir des idées de possession fort remarquables en ce qu’elles établissent une sorte de passage entre les idées de persécution et les idées de culpabilité. Le délire est

EN PATHOLOGIE MENTALE 365

mixte, à la fois objectif et subjectif, comme l’est son point d'origine.

Je me résume dans les conclusions suivantes :

1° Il y a dans l’ensemble de l’activité physique un moi et un non-moi ;

2° L’aboulie a son origine dans des états pathologiques du moi proprement dit ;

3° L’inhibition semble provenir des régions extérieures au moi.

de l’origine psycho-sensorielle

Page 1