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CHAPITRE IV. — KTIOLOGIE

L'atrophie cérebrcde peut se produire à tous les âges, mais le plus souvent elle remonte à une maladie de Fenfance, Elle parait également fréquente chez les deux .sexes. (Xos observations pourraient induire en erreur sur ce point ; comme un grand nombre ont été recueillies à la Salpêtrière, on pourrait croire à une prédominance du sexe féminin.; Les deux hémisphères paraissent s'atrophier à peu près aussi souvent Tun que l'autre : sur quarante-deux cas, nous trouvons vingt fois une atrophie de Thémisphère gauche, et dix-neuf fois une atrophie de l'hémisphère droit. Deux fois il y avait lésion des deux hémisphères à peu près au même degré. Les causes déterminantes de la maladie sont très nombreuses et en rapport avec les maladies diverses dont l'atrophie cérébrale n'est que le résultat plus ou moins éloigné.

Nous avons vu, dans le chapitre précédent, que la plupart de nos observations pouvaient se rapporter : 1° à l'encéphalite

traumatique; 2° au ramollissement; 3° à l'hémorragie cérébrale; -4° à rhémorragie méningée ; 5° à la sclérose lobaire.

Il nous est impossible de déterminer la fréquence relative de ces différents processus de l'atrophie cérébrale. Nous dirons seulement que quelques-unes de ces causes paraissent agir plus spécialement à certains âges de la vie.

L'atrophie cérébrale, due à l'encéphalite traumatique, par exemple, doit remonter habituellement à l'enfance ou à la vie intra-utérine, les encéphalites traumatiques chez l'adulte se terminant le plus souvent par la mort. Chez l'enfant, cette cause est peut-être plus fréquente qu'on ne le pense généralement.

L'encéphale des nouveau-nés est singulièrement exposé aux contusions, et les symptômes d'une encéphalite peuvent être facilement méconnus ou confondus avec une autre affection cérébrale. On sait qu'il a été soutenu que le forceps, en produisant des contusions du cerveau, pouvait produire l'idiotie. Cette opinion a été présentée avec quelque vraisemblance par un aliéniste écossais, M. Mitchell. Il résulte d'une statistique faite par cet auteur, que, sur 494 idiots, 22 ont subi l'application du forceps, ce qui fait une proportion de 1 pour 22,5, tandis qu'à la Maternité d'Edimbourg il n'y a qu'une application de forceps sur 472 accouchements (1).

Le ramollissement du cerveau est beaucoup plus fréquent chez le vieillard qu'aux autres âges de la vie ; mais il ne faut pas croire que l'enfance soit à l'abri de cette maladie, et plusieurs exemples de ramollissement nécrobiotique, constatés à l'autopsie chez des enfants, existent dans la science. M. le D'" Bouchut en cite un (2) où l'oblitération vasculaire n'a pas été constatée, mais où les lésions étaient bien évidemment celles du ramolHssement. Dans une observation de 31. Bouchaud, interne à la Maternité (3), on trouve noté un ramollissement cérébral par oblitération artérielle et des infarctus multiples. ^

(1) Voy. Union médicale., août 1862.

(2) Bouchut, Traité pratique dea maladies des nouveau-nés, des enfants à la mamelle, 8^ édition, Paris, 1885.

(3) Bouchaud, Gazette des Hôpitauœ, 1864, p. 269. •

^24 ÉTUDE SUR l'atrophie PARTIELLE

Le ramollissement par oblitération veineuse est peut-être plus fréquent dans l'enfance ; à cet âge, en etfet, la thrombose des sinus n'est pas rare, soit qu'elle tienne à une inflammation des os du crâne, soit qu'elle dépende d'un état général cachectique.

On connaît quelques cas d'apoplexie cérébrale chez les enfants; nous citerons seulement le suivant, que nous empruntons à M. Bouchut (1), à cause de la singularité du mode de production de l'hémorragie qui a succédé à un traumatisme :

« Une femme enceinte, ayant reçu un coup violent dans la région abdominale, donna trois mois après naissance à un enfant mort-né, qui avait du côté gauche les doigts et le coude, les orteils et le genou tellement roidis dans la flexion, qu'on ne put étendre ces jointures sans rompre les tendons. L'autre côté n'offrait rien de pareil. L'accoucheur, M, Gibb, examina le cerveau et trouva un caillot ancien dans l'hémisphère droit, au-dessus du ventricule latéral. Le pariétal correspondant avait sa surface dénudée et était le siège d'une ecchymose étendue (2). »

Il est évident que, si cet enfant avait vécu, son hémisphère droit et les membres gauches se seraient imparfaitement développés. Les hémorrhagies méningées sont fréquentes chez l'enfant : nous avons dit plus haut que la simple compression ne nous semblait pas devoir produire d'atrophie bien considérable, mais qu'une encéphaUte de voisinage pouvait se développer dans quelques cas.

Quant à la sclérose lobaire primitive, ses causes sont extrêmement obscures. Dans une de nos observations, il semble qu'elle se soit développée à la suite d'un traumatisme. Nous avons trouvé, dans une autre observation (Hirsch) (3), un exemple de sclérose diffuse ayant envahi progressivement la plus grande partie de

(1) Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés, des enfants à la mamelle, 8» édition, Paris, 1885.

(2) On peut d'ailleurs se demander si ce caillot n'était pas un foyer d'encéphalite traumatique ; dans un cas analogue cité par Lallemand et dont nous avons parlé plus haut, on avait trouvé un hémisphère transformé en un magma de substance cérébrale et de sang broyés ensemble.

(3) Hirsch, Gazette hebdomadaire, 1855, p. 79.

l'encéphale, et dont le début remontait à une contusion violente que le malade s'était faite en tombant de cheval.

La maladie avait suivi une marche très lente, et la mort ne survint qu'à l'âge de 53 ans, après des troubles progressifs de l'intelligence et de la motilité.

Nous devons mentionner enfin l'inflaence des fièvres exanthématiques ; dans l'observation V la maladie cérébrale paraît s'être développée à la suite d'une variole. Heine (1) dit avoir observé deux cas analogues ; dans un exemple qu'il rapporte d'un enfant devenu hémiplégique à la suite d'une scarlatine, il y avait une otorrhée purulente ; peut-être s'était-il produit quelque trombose des sinus.

Heine attribue une influence très importante, mais qui nous paraît au moins douteuse, à l'état d'orgasme qui résulte du développement rapide des organes cérébraux chez l'enfant, état qui peut amener des fluxions, des hyperémies sous l'influence des moindres causes (dentition, fièvres éruptives, etc.).

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