‹ Études sur les maladies cérébrales et mentalesChapitre 35 sur 55 · PERTE DE LA VISION MENTALE DANS LA MÉLANCOLIE ANXIEUSE · texte numérisé non relu

PERTE DE LA VISION MENTALE DANS LA MÉLANCOLIE ANXIEUSE

J'ai appelé lattention (2) sur un état psychique, propre aux anxieux chroniques, et caractérisé principalement par la négation de l'existence des objets extérieurs ou de la personnalité du malade lui-même.

Je me suis borné à un simple exposé des faits, sans autre but que de déterminer la valeur clinique du symptôme et sa place en pathologie mentale. J'ai laissé volontairement de côté toute interprétation des phénomènes, toute recherche de physiologie ou de psychologie pathologiques, de peur de me laisser aller à des hypothèses ou trop hasardeuses ou trop banales.

Si je reprends la plume aujourd'hui sur le même sujet, si je me sens plus de hardiesse, c'est que je trouve un point d'appui dans la remarquable observation due à notre savant maître, M. le professeur Charcot, etpubhée par M. Bernard (3).

Dans ce fait si curieux et si finement analysé, il s'agit, on se le rappelle, d'un homme instruit et intelligent qui, à la suite de préoccupations, d'insomnie et de perte d'appétit, s'aperçut d'un profond changement survenu dans ses facultés.

Il avait perdu la mémoire visuelle des objets ; il lui était devenu impossible de se représenter mentalement des villes, les monuments, les paysages, les objets qui lui étaient le plus familiers ;

(1) Extrait des Archives de Xeurologie, 1884, n" 21.

(2) Cotard, Délire de négations, Archioes de Neurologie, 1882, n'^ 11 et 12, et plus haut p. 314.

(3) Bernard, Progrès médical du 21 juillet 1883.

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