‹ Etudes sur les microzoaires, ou infusoires proprement ditsChapitre 25 sur 70 · ORDRE SECOND · texte numérisé non relu

ORDRE SECOND

MICROZOAIRES OSCILLANTS (W/CROZOA NUTANTIA).

Les Infusoires que renferme notre second ordre se distinguent nettement de ceux que nous venons d'étudier. Ils ne possèdent plus, comme ceux-ci, un appareil vibratile qui met au loin le liquide en mouvement et occasionne un tourbillon énergique attirant à la bouche les particules nutritives. Le corps des Wicrozoaires oscillants au lieu d’être, comme celui des premiers, couvert d’un duvet de eils vibrailes, est généralement glabre, et leur organe de locomotion se réduit chez le plus grand nombre à un ou plusieurs filaments que nous avons décrits plus haut sous le nom de Wagellum. L'absence de cirrhes buccaux, de styles, de cornicules et le plus souvent de cils tégumentaires enlève aux /7/fusoires oscillants la faculté de se mouvoir rapidement comme les /n/fusoires à tourbillon, et le flagellum, qui est le seul organe servant à la fois à la nutrition et à la locomotion, imprime au corps des Infusoires un mouvement de dandinement remarquable et qui à valu aux Microzoaires de ce second ordre le nom que nous lui avons donné.

Parmi les Infusoires oscillants, il en est qui ne possèdent même plus d'organes locomoteurs proprement dits ; le flagellum fait défaut et la progression n’est plus que le résultat d’une contraction ou d’un dandinement du corps de l'animal lui-même, comme on le remarque chez les Infusoires qui composent la section des Vibrionides.

Nous divisons notre second ordre en deux sous-ordres qui présentent des caractères bien tranchés. Le premier sous-ordre comprend tous les /nfusoires oscillants qui sont munis d’un ou de plusieurs flagellum, et nous laissons dans le second ceux qui en sont totalement dépourvus. Chez les Infusoires que renferment ces deux ordres, on rencontre encore quelquefois des cils tégumentaires, mais ceux-ci ne paraissent être que de simples ornements el ne servent que rarement à la progression des animaux.

Les Microzoaires oscillants sont donc divisés en deux sousordres :

MicrozOAIRES possédant un ou plusieurs flagellum......... Monaninx. MicrozoaïRes dépourvus de flagellum...,.........,......, VIBRIONIDÆ.

PREMIER SOUS-ORDRE MONADIDES (Wornadideæ).

Les Microzoaires qui composent notre premier sous-ordre présentent des caractères assez tranchés pour pouvoir être divisés en quatre familles distinetes :

Les premiers ont une carapace solide, formée de deux pièces séparées par un sillon où se trouve une rangée de cils ondulants; le flagellum émerge d’une ouverture latérale de la carapace : ce sont les PÉRIDINIENS.

Les seconds sont nus, avec un flagellum antérieur, quelquefois munis d’une tache oculaire, et couverts d’un tégument contractile qui, en se resserrant, peut changer complétement la forme du corps: ils forment la famille des EuGLéniExs.

Les troisièmes sont nus, possèdent un ou plusieurs flagellum,

n'ont pas de téguments contractiles et restent toujours isolés: ce sont les MonaDiExs.

Enfin la famille des Vorvocrexs renferme des Microzoaires flagellés, sans téguments contractiles, comme les Monadiens, mais s’en distinguant par l'habitude des individus qui vivent toujours agglomérés en masses compactes ou rameuses.

XVII FAMILLE : PÉRIDINIENS (Peridinina).

La famille des Péridiniens renferme des Infusoires qui sont munis de flagellum, mais qui en même temps possèdent une rangée de cils vibratiles qui aident à la natation. Ces cils sont ordinairement situés dans un sillon oblique ou transversal qui occupe des régions différentes suivant les genres. Les Péridiniens sont tous armés d’une carapace solide et divisée en deux portions séparées par un sillon où se trouvent les cils vibratiles. L’épaisseur de la carapace a jusqu'à présent empêché de reconnaitre la situation de la vésicule contractile.

Les cinq genres que renferme cette famille se reconnaissent aux caractères suivants :

{ Prolongement en forme

Les deux moitiés delCOPNES AR ee.

de la carapace à peu près égales.

. CERATIUM.

Point de prolongement, 2. PERIDINIUM.

Un sillon trans-

versal. Bords de l’échancrure

À Les deux moitiés\ relevés en lames..,. 3. DiNoraysis. Z de la cuirasse

E très-inégales. | Bords de l’échancrure

Es non relevé...... ... 4, AMPHIDINIUM.

Pas de sillon transversal ; cils sur le bord antérieur. ..... + D. PROROCENTRUM.

1% GENRE : CERATIUM.

Le genre Ceratium renferme des Péridiniens dont la carapace est ornée de prolongements en forme de corne. Plusieurs micrographes pensent que ces Microzoaires ont la propriété de luire pendant la nuit; mais les expériences faites par Claparède et Lachmann n’ont pas conlirmé cette assertion. Ces espèces se trouvent dans la mer ou dans l’eau douce.

Espèce type: €. cornutum, Clap. et Lachm., p. 394, pl. XX., fig. 1-2. — Peridinium cornutum, Ehren., pl. XX, fig. 17.— Ceratium Hirundinella, Duj., pl. V, fig. 2.

2% GENRE : PERIDINIUM.

PI. XXIV, fig. 11-12.

Le genre Peridinium, établi par Ehrenberg, renfermait des espèces à prolongements cornus qui rentrent dans le genre précédent, el des espèces sans cornes qui doivent rester ici. Ehrenberg avait aussi séparé, sous le nom générique de Glenodinium, les espèces qui présentent une lache rouge dite oculaire. Ce caractère est trop lugace el trop variable pour pouvoir servir à caractériser un genre, el les Glénodinies rentrent naturellement dans le genre Peridinium.

Espèce type: ?. cinctum, pl. XXIV, fig. 11-12.

Glenodinium cinctum, Ehren., pl. XXI, fig. 22.

3° GENRE : DYNOPHYSIS.

Le genre Dynophysis, créé par Ehrenberg, renferme des Péridimiens dont le sillon n’est plus situé à égale distance du sommet et de la base, mais placé à la partie inférieure, de telle façon que la carapace supérieure contient presque lout le corps et que la portion inférieure

de la cuirasse ressemble à un couvercle bombé. Les bords de la fente

DÉLIMITATION ET CLASSIFICATION DES MICROZOAIRES. 197 latérale se relèvent perpendiculairement à la surface, et les cils se trouvent placés dans le sillon qui sépare les deux portions de la carapace. |

Espèce type: 2. Norwegica, Clap. et Lach., p. 409, pl. XX, fig. 20.

4° GENRE : AMPHIDINIUM.

La seule espèce connue du genre Amphidinium ressemble beaucoup aux espèces du genre précédent. Comme celle-ci, elle à les deux portions de la carapace très-inégales, et la portion inférieure est réduite à une plaque presque plate. Le corps est comprimé, et la fente latérale, située sur une des larges faces, a des bords qui ne se relèvent pas. C’est surtout ce caractère qui distingue le genre Arrphidinium du genre précédent.

L'espèce unique est l'A. operculatum, Clap. et Lachm., pl. XX, fig. 9-10.

5° GENRE : PROROCENTRUM.

Le genre Prorocentrum s'éloigne des genres précédents par l’absence du sillon ciliaire. Les cils sont situés à la base d’une dent qui pour Claparède et Lachmann représente les radiments d’une des deux portions de la carapace.

La seule espèce connue est le ?. #icans, Ehren., pl. I, fig. 23. — Clap. et Lach., pl. XX, fig. 6, 8. Ces auteurs ne représentent pas les cils que Claparède et Lachmann annoncent avoir remarqués.

Il est bien possible que ee genre ne soit pas à sa place et que, comme le croient presque tous les auteurs, il doive faire partie des Thécamonadiens. La présence des cils, s'ils sont bien constatés, sera le caractère sur lequel on devra s’appuyer pour le laisser dans la famille où il est placé actuellement.

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