Ritter, Asie occid., 111, p
stades, mesurés de Sittaké à cette rivière, placeraient donc cette ville au nord du 33e degré, si l'on ne tenait pas compte des inflexions du Tigre ou de la recherche du pont, qui pouvait n'être pas au confluent même. Sittaké était, dans tous les cas, au nord de l'embouchure du Diyalah, ce qui concorde avec nos conclusions précédentes ; car faire de celui-ci le Physcus, ce serait reporter Sittaké vers la latitude de Babylone, ce que nous avons jugé inadmissible.
Quant à Opis, on voit, par le témoignage de Ritter, que M. Lyncha cru en reconnaître les ruines à quelque distance du Tigre, mais dans un lieu qui a pu être arrosé par l'ancien cours du fleuve. Le sol y est couvert de monceaux peu élevés de décombres, de débris, de briques, de terres cuites et de tuiles vernies; ces ruines sont un peu au S.-E. de l'ancien Mur de Médie', c'est-à-dire de son extrémité septentrionale.
Toutes ces circonstances concordent assez bien entre elles, et nous verrons tout à l'heure que la position de Sittaké, celle du Phy scus et celle d'Opis, identifiées comme nous venons de l' indiquer, ne concorderaient pas mal avec les mesures itinéraires qui suivent. Avant d'aller plus loin cependant , il est à propos de rechercher quelque chose de plus précis et de mentionner les observations de M. Mac-Michaël 8 touchant le réseau de canaux dont l'Adhem est l'artère principale. Comme nous l'avons déjà vu, pour lui, le Tigre de Xénophon, c'est le Shat-Aidha, qui se sépare du lit actuel vers l'extrémité du Mur de Médie, le laisse former un grand coude sur la gauche et le rejoint près de Shériat-el-Iîeidha, à environ 12 minutes, ou 22 kilomètres, au N. de Bagdad3. Ce coude vient toucher à la partie moyenne du Nahr-Wan, canal considéré déjà comme fort ancien par Abulféda et par Yakut, dit l'auteur, et qu'il considère lui-même comme pouvant remonter jusqu'au temps de l'empire assyrien. Bien que dérivation du Tigre, ajoute-t-il, il a pu, en interceptant les eaux de l'Adhem et du Diyalah, devenir une rivière considérable et profonde, propre à la navigation et à l'irrigation du pays; et comme, d'après le docteur Ross 4, le lit du Nahr-Wan est plus élevé que celui de l'Adhem aussi bien que du Tigre, les eaux du premier
1. lbid. p. 538. — Un peu au-dessous de la prise d'eau du petit Tigre, (carte 7 de Ghesney.