‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 243 sur 354 · Voy. Ainsworth, p. ilï · texte numérisé non relu

Voy. Ainsworth, p. ilï

ans. A partir de ce point, où Xénophon signale l'entrée dans ce qu'on appelait alors la Mêdie, pays qui était désert, ce qui leur imposait la nécessité de suivre le fleuve, les 50 parasanges ou 1,500 stades qu'ils parcoururent, conduisent précisément au grand Zab, affluent du Tigre *, un peu au-dessus de son embouchure , là où probablement , comme nous le verrons tout à l'heure, les Grecs, qui ne se faisaient pas suivre par un équipage de pont, le passèrent à gué. C'est là que la trahison de Tissapherne renouvela les hostilités. Avant de parvenir à ce lieu, les Grecs eurent à franchir le petit Zab, dont Xénophon ne parle pas, apparemment, dit Ritter, d'après Rennel, parce qu'il n'était pas assez considérable pour opposer à l'armée un obstacle sérieux *. Mais nous devons nous arrêter à Identifier, s'il est possible, la grande ville de Kaenae que les Grecs virent d'une rive à l'autre, puisqu'elle était située sur la rive occidentale du Tigre, et dont les habitants leur apportèrent des provisions sur des radeaux.

Kaenae, dit Xénophon, fut aperçue à la première étape qui suivit les villages de la reine Parysatis, situés à 30 parasanges d'Opis. Comme, durant cette marche au bord du Tigre, les marches journalières de l'expédition sont communément de cinq parasanges, la position vis-à-vis de Kaenae se trouve à environ 35 parasanges ou 1 ,050 stades de l'Adhem , ou plus exactement du cours inférieur de la dérivation que l'Adhem suivait alors. De plus, le Zapata (grand Zab) se trouve, ainsi que le récit nous l'apprend, à une quinzaine de parasanges plus loin ; ces mesures concordent pour assurer la position de Kaenae à droite du Tigre, un peu au-dessus du confluent du petit Zab.

Or, cette situation est celle de Kalah-Shergat, la seule ruine de ce canton, dit M. Layard, lequel n'hésite point à l'identifier avec Kaenae3, grande ville encore au rv6 siècle, et qui, par conséquent, peut fort bien avoir laissé jusqu'à nous des traces de son existence. Une masse de briques, de poteries, de gypse y forme un tumulus ; selon M. Fr. Lenormant4, c'est l'Elassar de la

1. Anab., Il, 4-5. — Xénophon donne à cette rivière le nom de Zapata. Zabatos des géographes anciens, Zabu des cunéiformes.

2. Ritter, ubi supra, p. 518. — Ritter ajoute qu'à la fin d'octobre, temps où les Grecs atteignirent le grand Zab, celui-ci non plus n'a guère d'eau.

3. Nlnevéh and Babylon, chap. X de l'édition de 1853 (p. 226). Je n'ai pas retrouvé ce passage dans l'édition abrégée de 1867.

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