‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 265 sur 354 · Der Zug, etc., p · texte numérisé non relu

Der Zug, etc., p

après tout, ce qui importait aux Grecs, ce netait pas de voir la mer : c'était d être conduits dans son voisinage.

Mais trouvons-nous un raccordement avec les marches précédentes ? Depuis qu'ils ont quitté les plaines des Seythènes les Grecs ont marché, suivant l'estimation commune, dix jours avant d'arriver au confluent cité, six depuis Gymnias, et ils ont fait la dernière partie de ce chemin dans des conditions favorables : il n'y a donc pas trop à rabattre des 1,500 stades auxquels ces marches peuvent être évaluées, si on les mesure à vol d'oiseau sur les cartes l.

Xénophon ayant l'habitude de compter à la fois les étapes et les parasanges, la concordance des deux notations prévient les erreurs de copistes, et, là où la dernière mesure est omise, c'està-dire dans les cinq marches, qui conduisent l'armée au mont Techès, le chiffre cinq est répété : èXQwv S' Ixsîvo; Xé-fet , 5rt àijei optojç eiç /wpîov 50ev révTe Tjjxspûv odorat ÔâXxTTacv Kai àçixvouv-

Telle est la leçon des manuscrits ; ce n'est pas tout à fait celle des éditions les plus soignées : Suasu G. Beckeri, dit M. Louis Breitenbach, Schneiderusetedd.sqq. x^vre f,|«pu>v transposuerunt post aÙToû;. C'est ce qu'a fait encore M. Louis Dindorff, dans la collection Teubner, en 1867. Avec ce texte aucune équivoque n'estpossible.et je dois ajouter que M. Breitenbach lui-même n'entend pas que la différence de leçons apporte une différence de sens. Il renvoie, en effet, pour l'interprétation du passage, à celui du premier livre (chap. 7), où l'auteur rapporte qu'un devin avait dit à Cyrus : Le roi ne combattra pas de dix jours, BaciXrj» où IJuayeïxaiSiyjt^sptôv. Mais, précisément parce qu'il cherche dans son auteur un moyen d'interprétation, le savant éditeur nous avertit que, dans sa pensée, toute autre explication n'est pas grammaticalement impossible. Le Scythène n'a-t-il pas promis aux Grecs qu'ils verraient la mer à une distance de cinq jours , et non pas après une marche de cinq jours ? est-il licite de rejeter cette explication d'une phrase grecque, traduite d'ailleurs d'une langue asiatique et peut-être imparfaitement comprise, quand la suite du récit nous apprend que les Grecs mirent cinq jours à se rendre du mont Techès au port de Trébizonde. Et quant aux mots -ri) xéu,7rn) ^jùpa, si Kuhner en

1. Voyez Hamilton, p. 67 et la carte. — Le nom d'Upir rappelle celui des Saspires, que Kiepert [Atlas anUquus) place à gauche du haut Acampis et surtout le paya de Syspirite, qu'il place à droite.

doute» comme le dit au même lieu M. Breitenbach, ~h~z r^sp^v seclusit ut insiticia, quippe pr opter sequentia rr, ^éurrr) +,\Upa hue transportata, pourquoi, quand nous venons de reconnaître le premier membre de phrase pour authentique, ne pas admettre ou qu'il y a une glose de copiste, mais qu'elle consiste dans les trois derniers mots amenés par les premiers, ou mieux encore qu'il y avait dans le manuscrit original tyj 8' f.népa, ce que des copistes, trompés par le sens donné à la phrase précédente, ont lu i, fjyipa, lecture bien facile si l'on rapproche un 0 mal tracé d'un s lunaire. De cette façon, nous gagnons quatre jours de marche, soit 20 parasanges ou 600 stades, et toute impossibilité disparaît1. C'est bien vers 42° 40 ' de longitude que les Grecs rentrent dans les montagnes pour se diriger vers le bassin de Tchoruk, et c'est bien à l'Est-Sud-Est de Trèbizonde qu'ils l'atteignent.

Opérons maintenant le raccordement, et, partant de ces nouvelles données , cherchons si nous pouvons vérifier la position du mont Théehès, tant de fois cherchée par les interprètes de l'Anabase. Les études précédentes nous ont amenés à considérer comme assez probable la position de Gymnias dans le district d'Adjara, au Nord des monts Arsian. Or si l'armée partant de là a marché pendant neuf jours, d'abord vers le Sud-Ouest, puis vers le Sud, à l'Est du Tchoruk, mais à l'Ouest des monts Moschiques de Ptolémée ; si elle a ensuite passé le fleuve au-dessus de la rivière d'Ardanutsch où il doit être beaucoup moins gros et enfin marché vers l'Ouest à travers le canton de Livaneh, pour gagner le mont Khatsckhar, elle n'aura fait que des étapes modérées, si l'on considère qu'elle avait un guide et marchait en pays ami. Neuf étapes, en effet, ne donneraient ici qu'une moyenne de six parasanges, très-acceptable en pareil cas, si l'on considère surtout que le printemps arrivait et que l'armée avait grand'hâte de se trouver enfin dans une ville grecque. Il y a donc concordance entre les itinéraires partant de Gymnias et de Trèbizonde pour déterminer la position du mont Théehès, sauf une difficulté toutefois : du pied du Khatschkhar, il y aurait environ 10 parasanges à faire pour gagner le confluent du Djimil-su, et Xénophon dit qu'il atteignit la rivière le premier jour. Mais le premier jour effectivement il a dû l'atteindre et

1. On pourrait môme admettre ici dix-huit jours de marche au lieu de neuf, si l'on comparait au relevé des marches exprimées, de Cunaxa à Cotyora, le total énoncé au chapitre 5 du livre V; mais il est bien possible qu'il y ait erreur de compte.

bientôt trouver à droite ce pays difficile dont parle l'Anabase, c'est-à-dire les flancs du Demir et du Tscharan-Tasch. Si l'on compte, ainsi que le dit le texte, les 10 parasanges notes d'abord au chapitre VIII comme faits dans le pays des Macrons, au-delà de la frontière, et si l'on admet que Xénophon, rédigeant son récit sur une note incomplète, n'a pas distingué le jour où il atteignit la rivière du lendemain ou surlendemain où il la franchit, toute difficulté disparaît. Les Grecs, comme le disent Koch (p. 109) et Kiepert (p. 18, cf. 19-20), gagnèrent Trébizonde parles cantons de Surmeneh et de Jomura.

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