Telle était aussi l'opinion de Masson, ad ann. 107, g
2. Un ami le prie aussi de lui écrire quelque chose quod libris inseri possel (IX, 11) ; ce qui peut se rapporter à notre recueil, aussi bien qu'à la dédicace d'un livre quelconque.
3. H, Il et 12 (procès de Priscus); 111, 4 et 9 (procès de Classicus); III, 13 et 18 (panégyrique); IV, 2 et 7 (mort du jeune Regulus); IV, 9 et 12 (Baebius Macer cos. de6.); IV, 12 et 17 (C. Caecilius Strabo cos. des.); IV, 29 et V,4, 9 et 13 (préture deLiciniusNepos); VI, 5 et 13; VII, 6 et 10(procès
faire aussi en relevant les allusions relatives aux mauvaises vendanges1 et à des circonstances analogues2, allusions qui se retrouvent dans le VIIIe livre et dans le IXe. Cela déjà ne saurait être le fait du hasard puisque , au contraire, on ne rencontre dans tout le recueil aucun exemple de deux lettres notoirement de même date et qui soient séparées l'une de l'autre3.
Mais la publication successive des livres ressort avec une évidence bien plus grande encore du fait que, lorsqu'une lettre en suppose une précédente, ou en général lorsque la suite des événements peut se constater, en d'autres termes lorsqu'il se trouve des couples ou des groupes de lettres dont on peut établir l'ordre chronologique, cet ordre correspond absolument à la suite des bvres. Ainsi, des deux lettres III, 4 et IV, 1, concernant la construction d'un temple à Tii'ernum, la seconde présuppose la pre-
de Varenus); VI, 6 et9 (candidature de Julius Naso); VI, 16 et 20 (correspondance avec Tacite sur la mort de Pline l'Ancien); VII, 7; 8 et 15 (Saturninus recommandé à Priscus); VII, 11 et 14 (vente à Corellia); VIII, 10 et 11 (fausse-couche de sa femme); IX, 21 et 24 (affaires concernant un affranchi); IX, 36 et 40 (Description de sa villégiature). Les exemples pourraient être facilement augmentés; la plupart de ceux que nous citons seront développés plus loin.
1. D'après la lettre VIII, 15, qui est écrite de Rome et avant les vendanges, on s'attend à une faible récolte; plus tard, IX, 16; 20; 28, les vendanges sont terminées et la récolte est meilleure qu'on ne l'avait espéré: Yindemias graciles quklcm, uberiores ta m ni quant erpectaveram colligo; et, un peu auparavant, il e6t question de remettre aux acquéreurs une partie du prix d'achat à cause du bas prix des vins (VIII, 2 conf. IX, 37). La récolte précédente avait donc été abondante.
2. Ainsi, VIII, 16 et 19 (conf. VIII, 1) il est évidemment question des mômes esclaves qui étaient tombés malades.
3. Tillemont, 1. c. a cru que les deux lettres à Tacite : I, 6; IX, 10, étaient de la même époque. Mais comme Pline allait chaque année dans sa terre d'Etrurie, où il y avait du sanglier, il n'est pas étonnant qu'il en soit question dans des billets de différentes années. Du reste, dans la première lettre, la chasse est bonne, tandis que dans la seconde : aprorum penuria est. On pourrait aussi penser à identifier Julius Avitus (V, 21) avec Junius Avitus (VIII. 23) et supposer une erreur de copiste dans l'une des deux lettres, car ces deux questoriens moururent jeunes. Mais, sans aucun doute, ce sont deux hommes différents ; car le premier fut questeur dans une province, le second à Rome; le premier fut pleuré par sa mère, par un frère (sans doute le Julius Naso cité VI, 6; 9) et par plusieurs sœurs; le second par sa mère, sa femme et son enfant. — Pline lui-même semble indiquer, dans l'épltre dédicatoire, que des lettres plus anciennes pourraient être insérées dans des livres suivants; mais, autant que nous pouvons en juger, cela n'eut pas lieu.
raière Il en est de même des couples III, 20 et IV, 25, qui ont trait au scrutin secret dans les élections; des couples VI, 10 et IX, 19, sur l'inscription funéraire de Verginius Rufus; des couples VII, 24 et VIII, 6, concernant le monument de Pallas. On peut constater la même chose quand il s'agit d'une suite d'événements : M. Regulus, collègue et ennemi de Pline, est vivant dans les quatre premiers livres (I, 5; 20, 14; II, 11, 22, 20; IV, 2; 7); dans le sixième livre (ep. 2) il est mort; son fils, vivant dans le second livre (pp. 20, 5, 6), est mort dans le quatrième (ep.2, 7). Calestrius Tiro, ami et contemporain de Pline, préteur la même année que lui (VII, 16, 2), figure dans le sixième livre (ep. 22, 7) comme proconsul désigné de la Bétique, dans le septième (ep. 16, 23, 32) il passe par Corne en se rendant à son poste; dans le neuvième (ep. 2) il administre sa province.
Quelque chose d'analogue s'observe dans les renseignements que contiennent les lettres sur les mariages et les alliances de Pline. Il s'est marié trois fois, deux fois sous Domitien8, et sa seconde femme, belle-fille de Vettius Proculus, mourut en 97 3 . Or, dans les trois premiers livres il n'est fait aucune mention de sa femme, mais seulement de sa belle-mère, la riche Pompeia Celerina4, tandis que ces relations cessent plus tard5. Dans le quatrième livre nous voyons Pline remarié, depuis peu évidemment, avec Calpurnia ô. Dans la suite il est très-souvent ques-
1. III. 4, 2: eu m publicum opus mea pecunia inchoaturus in Txiscos excucurrissem accepto ut praefectus aerarii commeatu. — IV. 1, 3: deftectemus
in Tuscos Tiferni Tiberini templum mea pecunia extruxi, cuius dedi-
cationem.... diffcrrc longius irreligiosum est. On a encore la lettre par laquelle Pline demande un congé {ad Traian. 8). Déjà Castaneus a remarqué que le municipe où Pline veut se rendre, étant situé à plus de 150 milles de Rome, ne peut être que Tifernum. Les itinéraires comptent 161 milles de Rome à Arretium, d'où une courte voie latérale conduisait à Tifernum.
2. Ad Traian. 2: liberos habere etiam Mo tristissimo saeculo volui si eut
potes duobus matrtmoniis mets credere. Cette lettre, où Pline remercie Trajan de lui avoir conféré le ius trium liberorum, a été écrite: inter initia felicissimiprincipatus, par conséquent en 98.
3. IX, 13, 4; 13. Les événements racontés dans ces passages sont de cette année 97.