Sidoine Apollinaire, Ep. IX
î. IVoir les préfaces de sa petite édition de Pline le Jeune (Leipzig, Teubner, 1858), p. xin, et de sa grande édition (ib. , id., 1870), p. xxxvm.] Il est possible que les premiers éditeurs se soient permis de petites transpositions, mais en tous cas, il n'y en a pas eu de considérables, car l'ordre, tel qu'il est, se justifie pleinement; il n'est dû ni au hasard ni à une reconstruction opérée par les savants.
temps avant la dernière maladie de Nerva, c'est-à-dire en 97. Ces lettres, la cinquième surtout, remontent donc à Tan 98. Ceci nous donne aussi la date, jusqu'ici inconnue, de la préfecture d'Egypte de Pompeius Planta l,
' Dans la sixième lettre, Pline adresse à l'empereur la prière de pouvoir aller au devant de lui lorsqu'il ferait son entrée à Rome. On sait en effet que Trajan ne vint pas à Rome immédiatement après la mort de Nerva et qu'il resta en Germanie et en Panne— nie jusqu'au milieu ou à la fin de 99. — Les lettres 8 et 9 en revanche, dont nous avons parlé plus haut (p. 12) et qui ont trait au procès de Classicus, appartiennent à l'été de 101. — Ainsi les lettres 3-11 ont cela de commun qu'elles datent de l'époque où Pline était praefectus aerarii Saturni, mais elles ne sont pas dans un ordre rigoureusement chronologique.
La douzième lettre ne peut pas se dater. La treizième contient la demande du septemvirat ou de l'augurât : Pline obtint ce dernier, comme nous l'avons vu (p. 15), en 103 ou 104. La quatorzième félicite l'empereur à l'occasion d'une grande victoire. On pourrait la rapporter avec quelque vraisemblance à la victoire décisive remportée sur Décebale en 106 ou 107.
Depuis la quinzième jusqu'à la fin de la collection, toutes les lettres qui contiennent quelque indice sur le lieu où elles ont été écrites et sur la position de l'auteur, nous transportent en Bithynie et à la légation de Pline dans ce pays. Et leur réunion semble n'être point l'effet d'un pur hasard, car le nombre de celles qui, ne renfermant aucune indication de ce genre, pourraient aussi avoir été écrites ailleurs, est extraordinairement restreint.
On sait que cette correspondance politique ne nous fournit que très-peu de données positives pour la chronologie et qu'elle a donné heu aux appréciations les plus diverses quant à la date de la légation de Pline en Bithynie 2. Et pourtant elle nous donne une date, une seule date précise, qu'on n'a, il est vrai, pas encore remarquée. Il y est plusieurs fois question d'un autre gouverneur, dont le gouvernement est contemporain de celui de Pline,
1. Lettres 7 et 10. Labus (Epigr. lat. del Belsoni, p. 98) ou plutôt Borghesi. pense que c'est le Pompeius Planta qui, selon le scholiaste de Juvénal II, 99, décrivit les guerres civiles qui suivirent la mort de Néron ; le même Planta est cité par Pline (IX, 1) comme mort récemment.
2. Comp. Marquardt Handb. III, 1, 149 et Zur Statistik der Rœm. Provinzen p. 3 et suiv. — fiorghesi qui a traité le dernier cette question (Oeuv. II, 213; IV, H8; Bullett. 1846, 173; et dans Marquardt, Zwr Stat. 1. c.) a fini par se décider pour l'an 1 10.
de Calpurnius Macer, qui commandait dans la province la plus rapprochée 1 et avait sous ses ordres des légions dont il détacha un centurion à Byzance pour surveiller les soldats de passage *. Byzance était dans la province de Pline et celle que gouvernait Calpurnius ne peut avoir été que la Mésie Inférieure. Or, parmi" les inscriptions de cette province il s'en trouve une dédiée à Trajan en 112, sous le gouvernement de P. Calpurnius Macer Caulius Rufus 8. Ainsi l'époque de la légation de Pline se trouve approximativement déterminée, puisque les légations impériales duraient en moyenne deux ou trois ans. Les autres données concordent avec ce témoignage positif. Lorsque Pline vint prendre le gouvernement de la Bithynie plus do deux années s'étaient écoulées depuis que Bassus l'avait quittée4; il ne peut donc y être venu avant l'an 106 (p. 16).
Pour quiconque connaît la manière de Pline et se rappelle combien de fois, dans le recueil principal, il fait allusion à son tribunat militaire en Syrie et aux affaires de Bithynie, le silence qu'il y observe à l'égard de sa légation de Bithynie prouve que le recueil était déjà entièrement publié lorsque Pline fut investi de cette fonction. On en a une autre preuve dans le fait suivant : le grand père de la femme de Pline, Calpurnius Fabatus, le même qui fut poursuivi en 65, sous Néron, pour avoir caché certaine liaison incestueuse dont il avait connaissance5, est mentionné dans le recueil principal comme un homme fort âgé il est vrai 4, mais jusqu'au VIII* livre comme vivant encore7; or, dans la dernière lettre de la correspondance avec Trajan, Pline s'excuse d'avoir permis à sa femme de faire usage des postes impériales pour retourner en Italie auprès de sa tante; ce voyage était motivé par la mort subite du grand père de sa femme. — Le recueil principal, tel que nous le possédons maintenant, n'ayant