Orelli 3665; /. R. N
3. Henzen 5118, 5125. Sur le consul de l'an 32, Camillus Arruntius ou M. Furius Camillus; voy. l'Appendice E.
4. [Dans une inscription de l'an 128 (C. /. L 11, n. 1371) on trouve le nom d'un grand personnage romain : M. Messius Rusticus Aemilius Papus Arrhts Proculus lulhts Celsus. D'autres inscriptions gravées dix-neuf ans plus tard en l'honneur du même personnage (C. I. L. II, n. 1282, 1283) l'appellent M. Cutius M. f. Gai. Prisais Messius Rusticus Aemilius Papus Arrhis Proculus Iulius Celsus. Son père naturel était probablement un Messius Rusticus (peut-être C. Messius Rusticus, consul en 111). Gomme, d'après l'inscription 1283, son oncle maternel s'appelait Aemilius Papus, on peut supposer que son grand-père maternel portait le même nom et que, dans la plus ancienne de ses inscriptions, les deux couples de noms qui figurent en tète (Messius Rusticus et Aemilius Papus) sont ceux de son père et du père de sa mère. Plus tard, probablement par suite d'une adoption, qui dut avoir lieu entre 128 et 147, il les fit précéder des noms de son père adoptif ou de sa mère adoptive \Cuthts Prisais). Quant à la Cutia Prisca. qui est nommée dans l'inscription Henzen, n. 6460, il serait difficile de savoir si c'était sa mère adoptive ou sa fille. Voy. plus loin des exemples plus anciens de pareilles accumulations de noms..
que d'une seule famille, un adopté ne pouvait se rattacher qu'à celle de son père adoptif. Aussi longtemps qu'une idée juridique domina dans ces matières, on estima que chaque personne devait avoir un seul nom et un seul prénom. Or il était reçu depuis longtemps qu'on pouvait avoir plusieurs cognomina (il faut même reconnaître que c'était dans la nature des cognomina de pouvoir être multiples) ; et c'est par là que la règle commença à être entamée. D'abord on concéda que l'ancien gentilicium ne fut pas modifié comme autrefois, mais simplement mis à la place des cognomina en conservant sa forme première, comme c'est le cas pour Pline le Jeune. Bientôt, probablement depuis Vespasien, on permit également que l'ancien prénom fut reproduit parmi les cognomina l. Quant à l'ordre suivant lequel les noms devaient se suivre, il résulte de ce que nous avons dit plus haut, que le prénom et le nom provenant de l'adoption figuraient en tête comme seuls noms légaux. Venait ensuite la désignation du père (en cas d'adoption testamentaire celle du père naturel), puis la désignation de la tribu et enfin les cognomina, y compris l'ancien gentilicium et l'ancien prénom.
Cette règle est confirmée par la plupart des inscriptions du premier siècle où nous pouvons expliquer la formation des noms, par exemple par celle de DomitiusLueanus(p. 40) et par celle de Pline le Jeune. Cependant, dès cette époque, il est des cas où la désignation du père ne suit pas le premier gentilicium \ ainsi dans une inscription de Trieste (p. 48, note 2) le consul de l'an 71 est a ppelé C. Calpela n us Rantius Qui/ in alis Valcrius P . f. Pomp . Festus; ainsi on trouve encore dans une inscription grecque le nom de C. Anlius A. Julius A. /'. Quadratus, qui fut consul pour la seconde fois en 105 (p. 49). On comprend que mainte j>ersonne ait trouvé plus convenable de ranger parmi ses cognomina la désignation de son père naturel *. — Il est
1. Deux des plus anciens cas de ce genre nous sont offerts parle'consul de Tan 72, qui s'appelle dans les actes des Arvales L. Pompeius Vopisctis C. Arrunlius Celer Aquila (Marint Arv. p. "234), et par celui de l'an 80, C. Marim Marcelin* Octav tus l'ublius Cluvius Rufus (Henzen, D.5428). Quant à C. Siltus A. Caecina luirgus, nous en avons déjà parlé (p. 44). Ce qui prouve que le second praenomen compte pour eognomen, c'est que dans l'inscription du consul de 80 et dans beaucoup d'autres, il est écrit en toutes lettres, ce qui pour les vrais prénoms serait un véritable barbarisme.
2. Il est rare que la désignation du père et celle de la tribu suivent immédiatement un eognomen, comme cela a lieu dans l'inscription du
permis toutefois d'établir comme règle, au moins pour le premier siècle, que le premier prénom et le premier gentilicium sont ceux qui proviennent de l'adoption testamentaire ; ils prennent la place qu'occupaient l'ancien praenomen et l'ancien nomen, et c'est à eux que se rapporte la condicio nominis ferendi : d'où il résulte que l'insertion de ces noms à un rang postérieur n'eût pas été censée remplir la clause testamentaire, et que ce sont ces noms qui sont transmis aux enfants et aux affranchis1. Bientôt cependant l'arbitraire s'introduisit et la distinction entre les anciens éléments des noms se perdit peu à peu.
Depuis que l'adoption et la quasi-adoption, au lieu d'entraîner un changement de nom, ne nécessitèrent plus que l'adjonction des nouveaux noms aux anciens, les noms des nobles romains augmentèrent dans une mesure telle qu'il devint indispensable de trouver un moyen terme entre le nom abrégé et le nom complet tel que le connaissait la république. Cela demande une explication : Dans l'origine les cognomina ne figuraient pas dans les documents officiels, mais, depuis qu'ils y eurent pris une place, l'usage s'introduisit peu à peu d'abréger les noms, surtout lors* qu'il s'agissait de donner une date. Et il ne pouvait en être autrement, car les cognomina n'avaient pas toujours un égal caractère de fixité, et dès les premiers temps il arrive qu'on en trouve plusieurs à la suite les uns des autres. Cependant, sous
consul de 103 ou 104, M. Appuleius Proculus L. f. Claud. Caepio Hispo (Orelli n. 3670).
t. Ici il y a sans doute une certaine inconséquence pour le cas de l'adoption testamentaire. Depuis que cette adoption n'affectait plus l'ancienne position dans la yens et dans la famille, l'adopté n'eût pas dû transmettre à ses enfants et à ses affranchis ses nouveaux nom et prénom mais bien les anciens, et même, strictement parlant, il eût dû les placer en première ligne. Pourtant il n'en fut rien. Mais on comprend que malgré l'affaiblissement qu'avait subi une institution autrefois plus importante, il se soit conservé, surtout dans des formes extérieures, de pareilles traces de l'ancien usage. Il ne faut pas non plus oublier que, sous le rapport de la gentilitas, et du nom personnel qui en était l'expression, la liberté individuelle et le droit d'option avaient déjà influé de bonne heure. On en trouve la trace dès les anciens temps dans l'abdication du patriciat, dans la fixation arbitraire du nom des affranchis, dans le remplacement du gentilicium par un cognomen, que Varron signale déjà chez les Caepiones; les affranchis de Trajan et d'Hadrien portent le gentilicium, non du père adoptif, mais du père naturel de leur patron, quoique ces adoptions ne fussent pas testamentaires et eussent un plein effet en droit On ne doit pas non plus s'étonner qu'on ait permis plus tard aux adoptés par testament de disposer leurs noms comme si l'adoption eût été réelle.
ce rapport, l'usage officiel, depuis Auguste jusqu'à Trajan, ne diffère pas beaucoup de celui de la république : en règle générale, on se servait, pour indiquer les dates, de deux noms, sauf qu'on ajoutait à volonté au prénom , qui manque rarement, tantôt le gentilicium, tantôt un des cognomina l.
Mais lorsque certaines personnes se mirent à porter dix noms et plus, comme cela eut lieu dès l'époque de Trajan, la longueur de ces énumérations devint insupportable, et comme dans les actes privés, civils et officiels, un choix absolument arbitraire fait parmi ces noms eût présenté de graves inconvénients, on dut aviser a un moyen pratique d'en distinguer légalement quelques-uns, comme étant les principaux. Sous ce rapport il semble y avoir eu réellement des lois fixes; peut-être étaient-eDes même reconnues en droit.
(lomme principe fondamental on en revint sans doute à l'ancienne règle que le Romain pouvait porter les tria nomina [praenomen, nomen, cognomcn), et, dans quelques cas, ajouter un second surnom. Aussi voyons-nous que dans les actes publics, on ne donne généralement que trois noms, quatre au plus, aux personnes qui en avaient un plus grand nombre ; et, selon toute apparence, on donnait toujours les mêmes au même individu. Ainsi, dans les fastes, nous ne trouvons, pour chacun des personnages suivants que les trois noms en italiques :
C. Calpetanus Rantius Quirinalis Valerius P. f. Pomp. Festins, consul en 71 2.