Capitulaire de Servais, chez Dom Bouquet, t. VII, p
c-ws, Alderegia et Rover icurt ». Nous éprouvons une certaine difficulté pour l'assimilation de ces différents noms et il est possible que la copie d'après laquelle a été publié ce précieux document, ait été faite par une personne à qui la connaissance des noms de lieux du Porcien était peu familière. Cette difficulté est augmentée par l'absence complète de moyens de contrôle pour les traductions que nous proposons. En effet, une bulle du pape Lucius III, de 1185, constate que l'abbaye de Lobbes avait encore à cette époque des possessions dans le diocèse de Reims mais elle ne nous apprend pas en quels lieux ces possessions étaient situées, et, d'autre part, le pouillé de 1303-1312 n'attribue à ce monastère aucune des églises dudit diocèse. — Nous ne trouvons dans le Porcien aucune localité dont le nom réponde à Berfrigias. — Berbacis peut se traduire par Barbaize3, Ardennes, arr. de Mézières, cant. de Signy. — Givintcurt, nom dont la transcription laisse sans doute à désirer, se rapproche presque également des dénominations modernes de Guignicourt (cant. de Flize), de Guincourt (cant. de Tourteron) et de Wignicourt (comm. de Vaux-Montreuil, cant. de Novion) ; mais Guignicourt, à en juger par sa situation à l'est-sud-est de la forêt de Froidmont, limite orientale du Porcien, faisait certainement partie du pagus Castricensis, tandis que Guincourt dépendait du doyenné d'Attigny dont l'ensemble peut être considéré comme la représentation du pagus Vongensis. Il serait donc préférable d'adopter Wignicourt dont la situation en Porcien résulte de l'ensemble des textes que nous étudions dans ces mémoires4. — Culipia est intraduisible5. — Sacherolac est évidemment le diminutif d'un nom Sacheria ou Sacheriac; or, on sait qu'on trouve fréquemment en France deux localités voisines portant le même nom, l'une sous la forme originelle, l'autre sous
1. Le vicaire Vos, Lobbes, son abbaye, son chapitre, t. I, p. 226.
2. « In Laudunensi episcopatu villam de Escliaco curn altari et appen- ■ ditiis suisetquidquid in Remensi vel Coloniensi archiepiscopatu habere » noscimini. » «Bulle de Lucius III pour Lobbes, chez Vos, Lobbes, son abbaye, son chapitre, t. II, p. 1G7).
3. M. le vicaire Vos propose Berbigny près Novion-Porcien, ou Barby près Château-Porcien.
4. Suivant M. Vos. Givintcurt serait Juvincourt (Aisne, arr. de Laon, canton de Neufchâtcl), mais ce village faisait partie du diocèse de Laon et, par conséquent, du pagus tMudunensis.
5. Mieux vaut s'abstenir que de traduire, avec M. Vos, Culipia par Poilcourt (Ardennes, cant. d'Asfeld), le Paulicurt du Polyptyque de saint Hemy de Reims.
la forme diminutive1. En nous autorisant de cette remarque, nous pouvons proposer de fixer l'emplacement de Sacherolae vers Monthermé et Chàteau-Regnault, villages situés au nord du diocèse de Reims, non loin de celui de Liège. En effet, par un acte du 26 février 1326, Husson BuveriausdeMontherraéavoue tenir les deux parts du four de Monthermé et les deux parts « du siège [du moulin?] de la Sac hier e qui siet à la rive du Chasteau-Renaut*.» Chàteau-Regnault (cant. de Monthermé), est situé au bord de la Meuse, sur la rive opposée à celle où se trouve Monthermé. — Odiliacus a pu devenir en français Houdely. Aucun nom semblable ne se remarque cependant parmi les lieux habités; mais une partie des vastes forêts situées au sud de Monthermé et de Chàteau-Regnault porte le nom de « bois de Houdelimont, » sans doute de Odiliaci monte* ; ces bois font partie de la commune de Montcomet (cant. de Renwez). — A moins de six kilomètres de ces bois, nous trouvons Haudrecy, village dont le nom se rapproche quelque peu de celui A'Alderegia ; mais nous croyons que ce nom latin désigne plutôt La Hardoye (cant. de Chaumont), dont le nom primitif a pu être La Ilardroye, dérivé naturel de Arderegia. — ttorericwt est certainement un nom mal reproduit, sans doute Raheri curtis, village désigné dans une bulle de 1148 parmi les possessions de l'abbaye de Saint-Remy 4 et se nommant aujourd'hui Raillicourt5 (cant. de Signy-1' Abbaye). Ce village du doyenné de Mézières était limitrophe de celui du Châtelet, et son finage, au nord, confinait à celui de Barbaize, que nous proposions plus haut comme traduction de Berbacis.
4. Le troisième livre des Miracles de saint Denis, écrit vers 877, dans la région de la France qui nous occupe, rappelle au 30 mai 877 la guérison d'une jeune fille du nom de Théodrade, aveugle de naissance, et qui habitait le vicus Curiacus, inpago Porcînense6. Curiacum est évidemment Cuiry-
t. Dans le Polyptyque d'Irminon (comm.du tx* siècle), on trouve déjà Apiariae et Apiariolae employés pour désigner deux localités voisines (édit. Ouérard, p. 93 et 96).
2. L. Dolisle, Xolice sur le cartulaire du comté de Rethel, n*297.
3. Suivant M. Vos, Odiliacus, serait Houdilcourt (Ardennes, cant. d'Asfeld).