Traiano V et Maximo
Idalius
Traiano V et Maximo.
Chronique pascale.
Tpatavoù Aùyoûorou to 8' xaï MaÇî|iou.
lOi :
Surano II et Marcello.
Prosper
Traiano VI et Maximo.
Senecione III et Aura //.
Urbano et Marcello.
Suburano II ïupiotvoù tà xal et Marcello. MapxeUou.
Faisons, comme de juste, abstraction des auteurs qui ont simplement extrait Prosper, Cassiodoro et d'autres écrivains plus récents, et ne comptons Idalius et la Chronique pascale, issus d'une source commune, que comme un seul témoignage; il reste encore trois listes qui, tout l'indique, sont indépendantes l'une de l'autre. Celle de Prosper, il est vrai, est gravement interpolée : nous y trouvons un faux consulat entre 403 et 404; mais la première et la seconde liste sont tout à fait dignes de foi. Ces deux témoignages sont ici en parfait accord; s'en écarter sur des points importants et surtout sur la succession des consulats est une chose excessivement grave, nous dirons même inadmissible. Et pourtant c'est ce qu'on fait maintenant, puisque les savants s'accordent à placer en 404 au lieu de 403 le cinquième consulat de Trajan cl inversement les éponymes de 404 en 403.
Les auteurs de ce changement audacieux sont Xoris et Fabretti; ils citent à l'appui de leur opinion une monnaie où Trajan porte les titres de Gcrm. Dations tr. p. VU. imp. Ml. oos. Ml. des. Y. p. p., ce qui, on doit le reconnaître, est en contradiction avec toutes les listes que nous possédons. En effet, si Trajan prit son cinquième consulat en 403,^.il ne put revêtir alors qu'il n'était encore que cos. des. F, c'est-à-dire dans la seconde moitié de 402, sa septième puissance tribunicienne, mais bien la sixième. De quelque façon que l'on compte, on arrivera toujours à celte conclusion. Mais l'authenticité de la monnaie en question est-elle hors de doute? Elle ligure, il est vrai, chez Eckhel et chez Cohen, mais sur la seule autorité de Vaillant K Nous n'hésitons pas à la déclarer fausse2.
Cependant on donne en faveur de la transposition de consulats qui nous occupe un argument plus sérieux. Au commencement de ce siècle on a découvert en Angleterre un diplôme militaire (v. p. 4 3/ daté du 49 janvier M ' iMberio Maximo II Q. Glitio Ayricola II oos. Dans ce document l'empereur s'intitule Germanicus Dations trib. pot. Vil. imp. Ml cos. V. C'est évidemment l'année désignée dans nos listes par Traiano V et Maximo II, ce qui nous apprend que l'empereur avait déjà déposé le consulat avant le 49 janvier et avait mis',à sa place son vaillant compagnon d'armes, Glitius Agricola, landisque l'autrc'éponyme , Laberius Maximus, général non moins
1. Eckhel VI, 415; Cohen Med. des Emp. Il, 85 n. 539. Cette médaille a certainement été vue par iNoris, Fabretti et Maison, qui en possédait un exemplaire (a. 102 Èj 2); mais Eckhel reconnaît qu'ils ont pu être trompés par des exemplaires faux ou falsifiés. M. Waddington ne l'a jamais vue et la croit fausse ou suspecte. Les légendes Germ. tr. p. VI imp. cos. 1111 des. V. et Germ. Dac. tr. p. Ml imp. Illl cos. V sont certaines et régulières. Cohen donne, il est vrai, p. 57, n. 354, pour une des trois , variétés (à la Fortune assise) TRP'Vll au lieu de TH-P-V1, d'après l'exemplaire du cabinet île Paris-, mais Elberliu£ (Publications de la SocieV de Luxembourg, 20, 131) fait observer « mon exemplaire a distinctement VI, puis vient un trait qu'on peut facilement prendre pour un second l ». Cohen le contredit et assure que l'exemplaire de Paris a bien TR'PVIt (ibid. 22, 53). Cependant dans ce cas la monnaie. serait unique au milieu de toutes les semblables qui ont TRPV1, et, en outre, ce serait le seul document où Dacicus manquerait à côté de TR • P • VII, en sorte qu'on a de bonnes raisons pour s'en tenir à la leçon d'Elberling, et pour voir dans l'exemplaire de Paris, Bi la lecture en est certaine, un simple défaut de coin ou de frappe.
2. L'inscription d'Orelli 783, sur laquelle Eckhel s'appuie plus loin, ne présente plus de difficulté, depuis que le commencement de l'année tribunicienne est fixé non plus, comme radmettaitEckhel.cn automne, mais en janvier 102.
distingué, avait pris la première place dans la date. Les partisans de l'ancienne théorie, suivant laquelle Trajan aurait compté ses puissances tribuniciennes d'automne en automne, tout comme ceux qui faisaient dater avec plus de raison les années de son gouvernement de la mort de Nerva, trouvèrent dans ce document une preuve évidente de l'inversion proposée par Noris '. Et d'après leur façon de compter ils ne se trompaient pas, car la septième puissance tribunicienne de Trajan allait pour les uns de l'automne 403 à l'automne 404, pour les autres de la fin de janvier 403 à la fin de janvier 404, et la date du 49 janvier tr.p. VII ne pouvait ainsi se rapporter qu'à l'an 404. Telle est la cause pour laquelle cette hypothèse a conservé faveur en dépit de toutes les hésitations de la science sur la chronologie de Trajan.
La difficulté qu'il y a à admettre l'inversion en question n'en est pas moins insurmontable. On ne la tourne qu'en supposant, comme nous l'avons fait plus haut, que Trajan a compté sa seconde puissance Iribunicienne à partir du 4er janvier 98 et la septième compte ainsi à partir du 4cr janvier 403. De ce côté tout serait en règle. 11 n'en reste pas moins quelques difficultés, bien moins sérieuses il est vrai, mais qu'il faut signaler. Il y a quelque chose de choquant, on ne saurait le nier, dans le fait que les années tribuniciennes des deux souverains qui exercent en même temps la puissance Iribunicienne ne coïncident pas. Tibère et Titus, alors qu'ils étaient césars, ont tous deux daté leurs puissances tribuniciennes du même jour qu'Auguste et Vespasien. Si pour Néron il n'y a pas eu coïncidence2, on s'explique aisément d'où provient cette différence: ni Tibère, ni Titus ne furent associés à l'empire sous la pression des circonstances et ils purent faire dater leur avènement du même jour que l'empereur régnant; il en fut autrement de Néron et, quant à Nerva, il avait de bonnes raisons après avoir adopté Trajan, en automne 97, pour ne pas retarder jusqu'au 48 septembre 98 les effets de cette adoption. Ce qui est certain, c'est que le défaut de coïncidence existe et qu'aucune combinaison ne réussit à fixer au même jour les puissances tribuniciennes de Trajan et de Nerva.
Mais les noms des consuls que les listes donnent pour l'an 404 soulèvent des difficultés plus considérables encore. Le premier est sans aucun doute ce même Suburanus à qui, selon Pline3, Trajan confia le soin d'instruire à nouveau une affaire déjà jugée par L.
1. Ainsi p. ex. Borghesi, Œuv lll, p. 70. et beaucoup d'autres.