‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 69 sur 354 · Anno DCCCCLX Munitio quam vocant Macerias, sitam supra · texte numérisé non relu

Anno DCCCCLX Munitio quam vocant Macerias, sitam supra

» Mosam infra terramRemensisecclesiae, Artaldo archiepiscopo redditur » coram Frederico, Lothariensium duce, a Lantberto qui eara tenerepro- » hibebatur. • (Chronicon Hodoardi).

l'idée de désigner sous le nom de Cilla la sœur de Garin. En effet, au milieu du douzième siècle, le nom d'homme Gilles se rendait constamment par Egidius et nous ne pensons pas que l'on puisse citer, dès cette époque, un seul exemple de l'emploi d'un nom féminin dérivé de la forme vulgaire de ce nom, ni même du primitif latin. Le faussaire, on le voit, n'a pas été adroit dans ce qu'il a imaginé relativement au pagus Castricensis.

III. Pagds Stadbnensis. — Dans notre étude sur l'Asténois, nous avons mentionné, d'après le texte de Dom Le Long, deux citations relatives à ce pays. Le chroniqueur, en rapportant que Marc, comte du Dormois, gouvernait en même temps le pagus Stadunensis, ne nous paraissait avoir rien dit d'invraisemblable, d'autant plus que le même fait se trouve rappelé dans la vie de saint Juvin, d'où le faussaire a sans doute tiré son renseignement. Mais nous avons été obligé de combattre ou du moins de tenter d'expliquer le second fait, d'où il résultait que Stadunum était situé sur la rive droite de la Meuse, c'est-à-dire du côté opposé à Doulcon (castrum Dulcomense) ; selon nous, le nom de Stadunum était là un lapsus calami pour Dunum ; car nous pensions que ce devait être de Dun, en face de Doulcon, que Marc était parti nuitamment pour se réfugier dans ce dernier castrum, après avoir passé la Meuse, et cette erreur nous semblait excusable chez un auteur du douzième siècle K Mais nous ne pouvons maintenir celte hypothèse en face d'un passage de la chronique de Mézières que M. Wattenbach nous donne d'après le ms. de Berlin, et qui n'existe pas dans l'édition de Dom Le Long: Victor de Pouillysur-Meuse (de Poliaco supra Mosam), était, d'après ce fragment, un puissant chevalier du comitatus Staduni 2. Le faussaire a donné dans ces quelques mots une arme terrible contre l'authenticité de son œuvre; il résulterait en elïet de ces paroles que Poliacum supra Mosam, aujourd'hui Pouilly (Meuse, arr. de Montmédy, canl. deStenay), silué sur la Meuse au-dessous de Slenay et à 8 kilomètres de celle ville, aurait fait partie d'un comté dont Stadunum était le cheflieu. Or, Stadunum, dans ce cas, ne pourrait se rendre que par Stenay, ville qui jamais chez les écrivains du moyen-age n'a été désignée sous ce nom 3. L'attribution du nom Stadunum à Stenay décèle une main postérieure à la publication de la Notitia Galliarum d'Adrien de Valois, le premier auteur qui, croyons-nous,

2. « ln comitatu Staduni potens erat. » Archiv der Gesellschaft fur *Uere deuische Geschichtskunde, t. XI, p. 213).

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