‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 16 sur 321 · ffisloria Remensis ecclesifie, 1. II, c · texte numérisé non relu

ffisloria Remensis ecclesifie, 1. II, c

i. Vicus sancti Remigii, 1089 (Varin. Arch, adm. de la ville de Reims, t. I, p. 240). — VieU' Saint- Remy, 1400 (Archives de Reims: fonds de Saint- Remy, liasse de Vieil-S.-Remy). t- Vicq Saint-Remg, 1584 (Ibid., Déclaration de l'archevêque, abbé de Saint-Rem y). — Marlot écrit Vie-Saint- Remy {Histoire de lavUle, dté et université de Reims, t. II, p. G19 et 621).

5. Polyptyque de Saint-Remy de Reims, p. 66 et 78). — Le nom Vicus se remarque aussi, sans accompagnement de surnom, dans un diplôme de

Vieil-Saint-Remy fait aujourd'hui partie du canton de Novion (Ardennes, arr. de Rethel).

8. On trouve dans Tappendice à Flodoard une convention conclue en 977 par Manassès, chevalier, avec le chapitre de Reims qui lui avait cédé à titre précaire et en échange d'autres biens le village de Vendresse (Vindonissa). Parmi les biens abandonnés au chapitre par Manassès, on remarque la villa Loeium avec le quart de l'église, la prairie, le moïdin, la forêt et les serfs au nombre de soixante-et-onze ^. Nous n'avons pu retrouver cette villa dont la charte de Manassès indique la situation in pago Castricensi super fluvium Bair ; il n'existe, en effet, sur les bords de la Bar, affluent de droite de la Meuse, qu'elle rejoint près de Donchery, aucune localité dont le nom se rapporte à celui de Loeium, village qui, à en juger par ce que nous apprend la charte, devait être assez considérable. Lo^'um a-t-il été détruit, ou bien a-t-il quitté son nom pour prendre celui de l'église que nous trouvons mentionnée en 977 ? Cette dernière conjecture est peut-être plus vraisemblable. Or sur les bords de la Bar, un seul village porte un nom de saint ; c'est Saint-Aignan (Ardennes, arroiidiss. et canton sud de Sedan), dont l'église, au xrv^comme au xviif siècle, appartenait par moitié à l'archevêque de Reims et au chapitre représenté par le grand archidiacre*. Si l'on considère qu'en 977, le chapitre acquit le quart de Téglise de Loeium, il ne semblera pas impossible que Loeium soit devenu Saint-Aignan.

9** Le 5 mai 1005, Henri II, roi de Germanie, à la demande du comte Frédéric et pour le salut de son âme, permit à Boson, abbé de Saint-Médard de Soissons, d'établir un marclié in villa quae nuncupatur Doncherio, sita in comitatu pi^aedicii comitis qui vocatur Castrinsis ^. Nous connaissons déjà 2)oncherium (Donchery) par le diplôme de Charles le Gros.

Philippe I" en 1090 (Varin, Arch, admin. de Reims, 1. 1, p. 242).

1. « Âliam autem villam nomine Loeium in qua continentur mansi » VII et dimidius et quarta una, excepte indominicato manso. et quarta > pars ecclesiae, pratum, molendinus et sylva cum mancipiis utriusque » sexus numéro LXXI, in comitatu Castricensi super fluvium Bair» (Flodoard, éd. Couvenier : appendix , p. 181). — Une connaissance insuffisante de cette charte a fait dire à M. Desnoyers (Topographie ecelésiastique de la France, p. Ii3) que le pagus Castricensis « s'étendait dans la vallée de » la Bar, vers le sud, au moins jusqu'à Venderesse. »

2. Varin. Arch. adm. de la ville de Reims, t. II, p. 1090 et 1091.

3. Marlot, Metropolis Remensis historiae, t. 1, p. 510. — Cart. de Si Medard de Soiuans, aux Archives nationales, LL 1021, p. 33.

Résumons les indications qui précèdent. Trois des textes quenous avons rappelés sont relatifs à de grands actes politiques et donnent des énumérations de divisions territoriales du neuvième siècle en tenant un certain compte de Tordre géographique : l'un, le partage de 832, nomme le pagus Castrensis entre le Vongeois et le Porcien; le partage de 843 nomme le Castricium à la suite du Hainaut et du Laumois (pays des environs de Namur) et ces termes ; « les comtés voisins situés au-delà de la Meuse jusqu'auconfluent de la Saône et du Rliône », qui suivent le nom du CastHcium et sous-entendent une immense bande de terrain, impliquent nécessairement pour notre pagus le voisinage de la Meuse, autrement il y aurait lacune dans la description du lot de Lother en Gaule; enfin, dans le troisième texte, le partage de 870, le nom du Castricium se trouve entre ceux du Mouzonnais ^diocèse de Reims) et du Condroz (diocèse de Liège). Si nous ajoutons à ces données la composition du missaticum deWulf hair qui, au rapport de Flodoard, comprenait «toute la Champagne», il en résulte que le pagus Castricensis était évidemment situé entre le Vongeois, le Mouzonnais et le Porcien, mais à portée du diocèse de Liège : on doit donc le chercher dans la partie septentrionale du diocèse de Reims.

Les autres documents nous permettent de préciser davantage : le pagus Castricensis était arrosé par la Meuse (n***5et9) et par la Bar (n°8), et on sait que deux villae situées sur les bords de ces rivières, Donchery sur la Meuse, et Loeium (peut-être Saint- Aignan) sur la Bar, dépendaient de ce territoire ; ces indications peuvent être utilisées pour limiter notre pays vers celui de Mouzon, bourg dont ces deux localités ne sont éloignées que de 1 7 kilomètres. Ce sontjnalheureusemçnt,les deux seules localités dont la situation dans le ^^flflru^ Castricensis soit certaine. Flodoard nous fournit encore, à la vérité, le nom de Vicus (Vieil-Saint-Remy); mais ce village est revendiqué pour le Porcien par le testament de saint Remy, et sa position à Test de Neuvizy, qu'un diplôme de 917 place dans le même pays, et de Launois, village dit en Porcien dans les derniers temps du moyen-âge, ne permet pas de douter delà vérité de cette allégation. 11 est vrai que ces villages, ainsi que nous le dirons dans le chapitre consacré au Porcien, semblent être à l'extrémité de ce pays, et ce fait peut sei'vir d'excuse à la méprise de Flodoard, méprise qui, en décelant des points limitrophes du Porcien et du pagus Castricensis, offre un utile renseignemenl.

En jetant les yeux sur la carte qui accompagne cette

étude, on remarquera la forêt de Froidmont, à peu de distance (neuf kilomètres) au nord de Vieil-Saint-Remy (Vicus), Cette forêt du Porcien, au dire de la Chronique de Mouzon, aurait été le théâtre de l'assassinat de saint Arnoul qui, en la traversant, franchissait la limite du comté de Porcien : le martyr abandonné par les brigands put, dit-on, gagner le village de Gruyères où il rendit le dernier soupir. Le passage du Chronicon Mosomense relatif à cet événenient,passage que nous citons plus loin^ est précieux parce qu'il indique la limite du Porcien à l'est de la forêt de Froidmond, c'est-à-dire vers la contrée que nos documents nous permettent d'assigner au pagus Castricensis. En remontant ensuite un peu plus au nord, nous rencontrons la Meuse et sur la rive gauche de cette rivière. Arches, aujourd'hui Charleville, lieu du Porcien suivant Flodoard, situé en face de Mézières, castrum de l'époque carolingienne dont Erlebald, comte de Castrice, disputait la possession à l'archevêque de Reims. On sait que plus tard ces deux châteaux voisins, Arches et Mézières, devinrent, chacun de leur côté, le chef-lieu d'un doyenné assez étendu. La probabilité de la situation de Mézières dans un pays diflférent de celui dont Arches faisait partie, c'est-à-dire dans le pagus Castricensis que gouvernait Erlebald, ne permet sans doute pas d'absoudre celui-ci de ses tentatives sur ce domaine épiscopal, mais elle peut aider à expliquer sa conduite.

La configuration du pagus Castricensis a-t-elle laissé quelques traces dans la topographie ecclésiastique des bas temps du moyen-âge? Le doyenné de Mézières, entre le doyenné de Mouzon, qui répond probablement au pagus Mosomensis^ et ceux du Châtelet (partie du Porcien) et d' Attigny {pagus Vongensis), représenterait-il le pagus que nous étudions en ce moment? Au nord, Donchery, une des deux villae connues du pagus Castricensis, était une des paroisses du doyenné de Mézières placées sur la limite de celui de Mouzon ; au sud de Donchery la Bar servait de limite aux deux doyennés sur une étendue de six kilomètres environ ; Saint-Aignan, que nous avons proposé pour la villa Loeium de notre pagus, était situé sur la rive mouzonnaise : ce serait peut-être une raison de douter de l'identité de ces deux noms. Au sud, le doyenné de Mézières confine à celui du Châtelet et à Test il touche à celui de Launay ou d'Arches. La situation dans la partie septentrionale du doyenné

Page 1