‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 223 sur 321 · Cité par Qrote, ubi tupra, p · texte numérisé non relu

Cité par Qrote, ubi tupra, p

Bédouins se trouvent d'ailleurs ici en accord avec Xénophon, et si, dans la partie N.-E., des cailloux formaient la matière principale, c'est, le docteur nous l'apprend, parce qu'on les absous la main dans ce canton. De plus, la série de bastions régulièrement rapprochés s'accorde mal avec l'explication présentée par M. Jones. Si l'épaisseur est plus "grande et la hauteur moindre qu'au temps de Xénophon, qui, d'ailleurs, n'a pas rencontré le rempart au même lieu que le docteur Ross, ces deux différences s'expliquent l'une par l'autre : la partie supérieure a pu s'ébouler et s'amonceler sur les flancs du mur. La direction de la ligne conduit réellement au point de la vallée de l'Euphrate indiqué par les Bédouins, qui, certes, n'avaient pas opéré de triangulation. Il est vrai, en s'arrêtant à douze parasanges de l'Euphrate, pour laisser la place du fossé de YAnabase, il n'en resterait qu'une dizaine pour le mur lui-même ; mais il est plus que douteux que le fossé en ait continué la direction. Le rempart devait rejoindre, non pas l'Euphrate lui-même, mais le premier canal de dérivation, et parcourir ainsi une quinzaine de parasanges ; l'Anabase ne donne pas le chifire 20 comme certain et précis, et, bien que le terrain soit plat, il n'est pas sûr que les ingénieurs babyloniens aient su garder si longtemps la ligne droite. Du reste, les témoignages cités par Grote ne sont pas les seuls. La carte 7 de Chesney donne le tracé delà partie septentrionale du mur, qui part à peu près de la séparation du Tigre et du petit Tigre (Nahr Dujeil) ; il traverse une plaine aride et couverte de gravier ; sa direction aboutit près de Sifferah, l'ancienne Sippara, la ville sainte des Babyloniens, c'est-à-dire très-peu au-dessous oe la prise d'eau du Nahr-Isa-Saklaviyah, canal qui se dirige vers Bagdad, non pas en ligne droite sans doute, mais en suivant une direction générale de l'Ouest à l'Est. (V. la carte de M. Mac-Michaël.) De plus, M. Layard a vu aussi ce retranchement, dans son voyage en Mésopotamie. Parti de Bagdad, il avait d'abord franchi le Tigre et n'avait pas tardé à se trouver en plein désert. Il atteignit le Dujeil, canal dérivé du Tigre au temps des Caliphes, dit-il, et situé dans une plaine coupée par les restes d'innombrables cours d'eau, dérivés du Tigre et du Dujeil lui-même; leurs berges élevées bornent de tous côtés la vue. Le Dujeil fut franchi sur un pont du meilleur style arabe. « Au i)ord de ce cours d'eau, continue l'auteur, nous nous trouvâmes engagés dans im parfait labyrinthe d'anciens canaux maintenant desséchés. Il fallait l'œil exercé d'un Bédouin pour reconnaître le sentier couvert de

sable. A environ huit milles au delà du pont, les endiguements cessèy^ent subitement. Un haut rempart de te^v^e s'étendait à perte de vue tant à notre gauche quà notre droite. A une certaine distance se trouvaient des monticules formant des enceintes carrées, semblables à des ouvrages avancés. A quelques centaines de yards en avant, on voyait un second rem^ party bien plus bas et bien plus étroit que le premier. Nous avions atteint ce que quelques-uns pensent être le fameux Mur de Médie, Tune des nombreuses merveilles de la Babylonie, bâti par les Babyloniens à travers la Mésopotamie, d'un fleuve à l'autre, pour garder leur riche cité et leurs populeuses provinces contre les invasions du Nord. Au delà du Mur de Médie nous entrâmes dans des plaines de gravier ondulées, sillonnées de profonds ravins et s élevant parfois en petites coUines. Avec le riche sol d'alluvion de la Babylonie, nous avions quitté les limites de cette ancienne province *. » Après la lecture de ce passage, on ne contestera probablement pas les conclusions tirées plus haut de faits indépendants de ce récit. Le Mur de Médie s'étendait dans la direction du S.-O. au N.-E., bien au delà du champ de bataille de Cunaxa par rapport à Babylone ; les Grecs l'ont tourné vers TEuphrate avant la bataille, et sur la rive gauche du Tigre dans leur retraite ; ils l'ont vu, mais ils ne l'ont pas franclii.

2. Marche en amont du Tigre. — Les Grecs ont maintenant passé le Tigre auprès de Sittaké. Ils ont commencé à se diriger vers le Nord. A 20 parasanges du point de départ, ils passent sur un pont le Physcus, rivière large d'un plèthre ; au Heu du passage était la grande ville d'Opis *.

Le Physcus ne peut être que l' Adhem , affluent de gauche du Tigre ; à sec pendant plusieurs mois de l'année, il a, quand les eaux sont hautes, de vingt à soixante-dix pas de large ; ce qui s'accorde suffisamment avec les cent pieds de Xénophon ; son confluent est par 34 ^ de latitude ^. Les 20 parasanges ou 600

1. Layard, Aineveh and Babylon, édit. de 1867, p. 329-31 (Xlll* chap.). Je no fais pas entrer en discussion le vieux rempart dont il subsiste une grande partie à quelque distance au S.-O. de Bagdad. Ni la direction ni la situation ne peuvent s'accorder avec, le récit de Xénophon (/oum. of geogr. Soc., p. 169).

2. Anab., II, 4. — Ainsworth et Chesney identifient le Tigre de Xènoplion, dans cette partie de son cours, avec le Shatt-Aidha (Jowm, of Phh loi. p. 136).

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