‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 254 sur 321 · Livre II · texte numérisé non relu

Livre II

Le second livre comprend des lettres écrites de Tan 97 à l'an 100, et paraît avoir été publié vers le commencement de cette dernière année. La première lettre, concernant la mort de Yerginius Rufus, est certainement de la fin de 97 ou du commen-

1. Orelli n. 801— Kellermann, VigU. Eom.7: Cn. OdavHu TUMus Ctq^Uo praef(ectus) cohortis, trib{unui) mtiii(um)^ danai{us) hasta pura, eorona vaUarif prtx^uraior) (de Domitien) ab episttUis et ajmtrimonio, iterum ab epishUis divi Pfervae, eodem auciore ex s. c. praetoriis omameniis, ab epistul(is) tertio imp(eratoris) Nerrae CaesariU) Traiani Aug{usti) Ger(fWinicH, praef{ectus) vi» gilum,Volcano d{edU) (i(edicavit)\ voy. Borghesi, Annali, 1846, p. 326 ((Eutres, V, p. 17); 1849, p. 39 {Œuvres, V, p. 198), et ce que j*en ai dit, ResgestaedM Augusti, p. 127. Dans le second mémoire citô Borghesi a montré que rinscription de Gudius 331, 16: L. Silano Torquato (sans le nom de celui qui dédie) est probablement celle de la statue élevée par Capito. Ghex Pline, ce dernier figure souvent comme protecteur des savants; mais il fait aussi lui-même des poèmes, et il les déclame (voy. V, 8 et VIII, 12).

2. Les lettres concernant la mort de Yerginius Rufus, 11, 1 et VI, 10. ne peuvent être fixées qu*aux années 97 et 106; si donc la lettre I, 10 avait été écrite après janvier 98, les deux premiers livres, au moins, auraientdû être publiés ensemble, ce qui, en soi-même, pourrait être admis, comme nous l'avons vu; mais les autres indices chronologiques s'y opposent

cernent de 98 : on sait en effet que Rufos fiit consul pour la troisième fois en 97 avec Nerva. U avait alors quatre-vingt-trois ans; il mourut des suites d'une chute qu'il fit dans la séance d'ouverture du Sénat, au moment où il se levait pour prononcer, selon l'usage, le discours de remerciements à l'empereur. Mais il ne mourut qu'après de longues soufirances S et même, après l'accident, il avait été question de le nommer membre d'une commission de finances qui venait d'être instituée ^; d'où l'on peut conclure que, s'il mourut avant Nerva , ce ne fiit guère qu'à la fin de 97 ; en sorte que Tacite, qui prononça comme consul son oraison funèbre, doit avoir été consul pendant le dernier ou l'avant-dernier nundinum de Tan 97 ^. — Dans la lettre 13, on trouve une allusion à la mort récente de Nerva (janvier 98^). Le commandement de Priscus, qui y est aussi mentionné, a été rapporté, par Borghesi, avec raison semble-t-il, à la légation de Pannonie de L. Neratius Priscus, que rien n'empêche de placer en 98 ou 99.^ — La date des lettres 11 et 12est paiement certaine, puisque le procès de Marins Priscus, qui y est mentionné comme l'événement du jour, fut jugé en l'an 100 par le Sénat présidé par Trajan, qui était abrs consul pour la troisième fois ^. Dans la

1. !8 4 et 5 : Aditus mortis duriar, Umgiorgue.,.; coxam fregU quae parum apte coUocaia reluciaiUe aeiate maie coHt,

2. l 9: in hac novisHfna valUudine veritus ne forte Mer quJImqvkeviroê crearetur, qui minuendis publias sumptUms iudicio senaius cofuUtuebaniur,

3. Borghesi {Bullett, 1842. 32; Œuvres, IV, 402) donne comme consuls du dernier nundinum de 97 Vettius Proculus et P. Iulius Lupus^ 8*appuyant sur ce que d'après Grut. 1071, 4, ils étaient en fonctions au mois de décembre, et sur ce que Vettius Proculus (Pline, ep. IX, 13, 13 et 23) reçut le consulat peu après Tattaque de Pline contre Publicius Certus. Mais il ne résulte point des paroles de Pline que Proculus ait été consul justement en décembre 97, et Ton fera mieux de placer son consulat dans le dernier nundinum de 98.

4. 8 8 : (Vocanio Bomano) nuper ab apUmo principe ius Uritum Hberamm impetravi, quod, quamquam parce et cum delectu daret, mihi tamen, tanqtuiM eligeret, induisit. Dans ce passage Pline parle évidemment d*un empereur mort; 6*il eût voulu parler d'un empereur vivant il eût dû écrire deL Ajoutez à cela qu'il demanda ensuite à Trajan pour Romanus le titre de sénateur (ad Traian, 4) sans rappeler cette première faveur obtenue auparavant pour lui. — On a des inscriptions espagnoles mentionnant un Voconius Romanus, dans Gruter 748, 3; 818, 6 — C. /. X. 11, n. 3865^, 3866.

5. Voy. Henzen, n. 5446 et l'explication de Borghesi, qui y est citée.

6. U, 10 : princeps; praesidebai erat enim consul : ad hoc ianuarim mensis. cum cetera tumpraedpue senaiorum frequewUa celeberrimut. La lettre 19 mentionne la publication du discours prononcé alors par Pline, comme devant avoir lieu plus tard.

lettre 7 nous voyons l'empereur faire voter par le sénat une statue triomphale à Y estricius Spurinna, pour ses victoires en Germanie. L'empereur dont il est ici question doit être Nerva et non pas Trajan.' En effet, l'événement qui donna lieu à l'érection de cette statue fut la réinstallation du roi des Bructères dans son royaume par Spurinna. légat de Germanie Inférieure» avec l'aide d'une armée rommne, à laquelle les Bructères ne purent résister. Or cet événement est probablement le même que Tacite, dans son livre sur la Germanie (ch. 33), publié à la même époque (en 98), rapporte comme une chose toute récente, mais dans des termes un peu différents. Selon cet historien les peuples voisins avaient fait invasion chez les Bructères et en avaient massacré 60,000 sous les yeux des troupes romaines, en suite de quoi l'ancien territoire des Bructères avait été occupé par les Chamaves et les Angrivariens. Pour mettre d'accord ce récit avec celui de Pline, on peut supposer que, des troubles ayant éclaté chez les Bructères, un de leurs princes ou un prétendant y avait été ramené avec l'aide des peuples voisins et des Romains, et que ces derniers, selon leur habitude, avaient laissé les Germains se battre entre eux, restant simples spectateurs de la lutte ; enfiboi qu'après sa victoire le prétendant avait distribué des terres de son territoire à un grand nombre des étrangers qui l'avaient aidé à reconquérir son trône. Si cette explication est exacte^ Spuriima, qui était à Rome à la fin de 96 ^ dut être envoyé dans la Germanie Inférieure probablement par Nerva, en 97, et sa légation dut coïncider avec celle de Trajan dans la Germanie supérieure.*

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