‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 256 sur 321 · Livre III · texte numérisé non relu

Livre III

Le troisième livre est de l'an 101, peut^tre en partie de 102. Les deux lettres 13 et 18 accompagnaient l'envoi à Voconius Rufus et à Curius Severus du discours remanié et augmenté^ que Pline avait prononcé peu de temps auparavant, le l"** septembre de l'an 100, pour remercier l'empereur du consulat qu'il lui avait conféré {Panégyrique de Trajan). Ces deux lettres sont donc incontestablement de 101. — On peut déterminer avec une exactitude encore plus grande la date des lettres 5 et 9 relatives au procès de Qassicus; elles doivent avoir été écrites dans lautomne de l'an 101. Il en est de même des deux lettres 8 et 9 de la correspondance avec Trajan ; elles sont antérieures de peu de temps à la lettre 5 du recueil principal, qui est du mois d'août de la même année. Cependant cette détermination demande à être justifiée ^. Pline a porté la parole dans cinq procès devant

collègue de Trajan, qui n'est pas nommé, est compté {Paneg. 61) parmi les in toga meriU^ cela convient à Spurinna que nous connaissons par Pline comme poëte, au moins aussi bien qu*à Frontinus; sa promenade militaire sur le Rhin et la statue triomphale qui lui fut élevée n'empêchent pas que l'expression de Pline citée plus haut ne lui soit appUcable. Nous connaissons les personnages importants de cette époque, beaucoup mieux que l'enchaînement des faits, et parmi ces personnages, on pourrait à peine en trouver un autre contre lequel ne s'élèvent pas des arguments décisife, tandis que tout parle en faveur de Spurinna. Ainsi sa désignation pour un second consulat tomberait sur l'année 98, dans le courant de laquelle il serait revenu de la Germanie Inférieure à Rome.

1. Parmi les additions faites alors il faut compter sans doute la prédiction, conçue en termes si colorés, d'un triomphe prochain (cf. i 16 et suiv.}: accipiet aliqvMndo CapitoUum non mtmicat eurrus née faUae jimnlacra victoriae,., videor iam eemere... triumphum.,, videor Mueri.., ^sum ie sublknem instaniemque eurru. En septembre 100, lorsque 'Trajan revint des bords du Rhin et du Danube, sans avoir fait la guerre, cette digression oratoire n'était guère à sa place; mais elle était très-naturelle l'année suivante, où commença la guerre de Dacie, et où Trajan retourna siur les bords du Danube, cette fois pour se battre.

2. Masson {ad ann. 99 { 7*9) place, par erreur, le procès de Glassicus en 99, avant celui de Priscus.

le Sénat : pour les habitants de la Bétique contre le procurateur Baebius Massa; pour les Africains contre le proconsul Marins Prisons ; pour les habitants de la Bétique contre le proconsul Caecilius Classicus;' contre les Bithyniens pour le proconsul Julius Bassus, enfin contre les mêmes pour le proconsul Yarenus Rufus. Ces cinq discours sont énumérés par lui-même livre VI, lettre 29. Le premier fiit prononcé du vivant de Domitien ; Taccusation existait déjà en août 93, à la mort d*Agricola ^ . Pline soutint les deux accusations suivantes pendant qu'il était préfet de Yaerarium Satumi^; l'accusation contre Priscus indubitablement en 99, puisque le Sénat rendit la sentence définitive en janvier de Tan 100. Ce fut plus tard seulement que la cause de la Bétique contre Gassicus lui fut confiée; cela résulte d'abord d'une allusion formelle à l'afiaire de Priscus , qui se trouve dans le récit du procès de Classicus, lequel venait de recevoir une solution ^, ensuite de ce que Pline mentionne ce procès comme étant la troisième des afi^res dans lesquelles il avait plaidé, en exprimant l'espoir qu'il pourrait à l'avenir se récuser* ; enfin, ce qui est plus décisif encore, nous voyons Pline, sollicité par le Sénat de plaider pour les habitants de la Bétique contre Priscus, écrire à l'empereur que, depuis qu'il administre le trésor de l'État, il a cru convenable de s'abstenir de tout plaidoyer {advocationes) , mais que> dans ce cas, il ne pense pas pouvoir se refuser à la demande du Sénat ; et l'empereur lui donne son ap-

1. Tacite, Agrie. 45 ; et Massa Baebius iam tum reus erat; ce foit est mentionnô parmi les choses qui consolaient alors le patriote et faisaient apparaître cette époque comme heureuse en comparaison des dernières années de Domitien. Massa était un accusateur de profession, un instrument souvent employé par Domitien (Tacite, Hist. 4, 50; Juvenal, I, 35) ; aussi comprend-on que sa condamnation passa pour un grand succès aux yeux de l'opposition. Tacite, dans son Âgricola^ indique que le procès avait duré longtemps et c'est ce que prouve aussi la sentence intermédiaire sur Vinqu,isUio, dont Pline fait mention (ep. VI, 29, S). Du reste, il en parle aussi III, 4 et Vil, 23.

2. C'est ce que prouvent, pour le procès de Priscus, la lettre ad Traian. 3, et pour celui de Classicus, la lettre III, 4.

3. JII, 9, 4 : Marium una civUas multique privaU reum peregerunt, in Classkum iota provinda incubuU. Si les procès de Massa et de Classicus sont cités avant celui de Priscus (VI, 29), cela ne prouve rien pour la chronologie, car il était naturel de rapprocher les deux procès concernant la Bétique. Gomp. aussi Paneg. 95, où Tauteur a en vue les procès de Massa et de Priscus.

4. IIL 4, S : Computabanif si munere hoe iam tertio fungerer, fadUorem mihi excutationem fore.

probation. Il est donc tout à fait évident qu*on ne peut admettre Tantériorité du procès de.Classicus et que Pline n'a pas pu se charger en 99 de soutenir l'accusation contre ce dernier. Mais il n'a pu davantage le flaire en l'an 100 , car nous savons qu'au moment où il accepta l'affaire il était en villégiature en Etrurie pendant le mois de septembre ^ . Or, au mois de septembre de l'an 100, il était consul en fonctions à Rome, et, le 18, il y célébra l'anniversaire de l'empereur. Il ne nous reste donc qu'à axer à l'autonme de l'an 101 les débuts de ce procès et à prolonger jusqu'à cette date la durée de la préfecture de Pline ; et en effet dans le troisième livre des lettres, il se désigne encore lui-même comme exerçant des fonctions publiques^. — Enfin la huitième lettre, adressée à Suétone, annonce à ce dernier que rien n'empêche de transférer à un de ses parents le tribunat militaire que Neratius Marcellus avait obtenu pour lui ; et la date de ce &it peut être assez exactement déterminée à l'aide d'un diplôme mihtaire^, où l'on voit queL. Neratius Marcellus était gouverneur de Bretagne le 19 janvier 103. Mais il ne faut pas perdre de vue que les privilèges mentionnés dans ce diplôme ont pu être accordés à la fin du gouvernement de Marcellus, tandis que la coUation des grades militaires dans son armée eut lieu selon toute vraisemblance aux débuts de ce gouvernement, et même avant que Marcellus ne partît de Rome^. Or, la durée de la légation de Bretagne étant ordinairement de trois ans^, cette lettre peut très-bien dater de l'an 101.

Cela nous fournit des renseignements utiles pour la biographie de divers personnages ; d'abord sur Suétone : nous y voyons en effet qu'en 101 il avait l'âge auquel les personnages appartenant à l'ordre équestre recevaient ordinairement le tribunatmilitaire. En admettant quecetâgefut celui de25ansenvironS

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