Acta sanctorum, t. VII de mai, p
Dun, chef-lieu du dovenné de ce nom.
* Montfaucon, au doyenné de Dun.
Quatre-Champs, au doyenné d*Attigny.
Senuc, au doyenné de Grandpré.
Vienne-le-Chàteau, au doyenné de Cernay-en-Dormois. Nous devons toutefois nous hàtei* de dire que Quatre-Champs faisait très-probablement partie d\ij)affus Vo7tgensis qui n'existait plus dès le xf siècle ; la difficulté de désigner le pays dans lequel Quatre-Champs était compris aura été la cause unique de l'attribution de cette localité au Dormois {Dubainiacus) par un auteur du xii® siècle *.
L'exclusion de Quatre-Champs admise, nous savons que le pagus Dulcomensis s'étendait sur trois des doyennés de la portion sud-est du diocèse de Reims. Comprenait-il ces trois doyennés dans leur entier, s'étendait-il au-delà?
Le doyenné de Dun, limitrophe des diocèses de Toul et de Verdun, était sans doute entièrement compris dans le Dormois ; il ne parait embrasser aucune localité appartenant à d'autres jiagi et le chef-lieu même du pagus Dulcomensis, le village de Doulcon, en dépendait.
Le doyenné de Grandpré, situé à l'ouest de celui de Doulcon, était borné au nord par les doyennés de Mouzon {pagus Moso^ niensis) et à l'ouest par les doyennés d'Attigny {pagus Vongensis) et de Cernay-en-Dormois. Nous savons que Chevières et Senuc, villages de ce doyenné, dépendaient jadis du Dormois. n est permis de douter que la partie septentrionale de cette circonscription ecclésiastique ait fait partie du Dormois ; toujours est-il qu'en 676, nous voyons une de ses paroisses, Authe {Altrum),md\(\\3Lèeinpago Vonginsi^.
n est présumable que le doyenné de Cernay-en-Dormois fût formé d'un démembrement à\x pagus Dulcoynensis . Viennele-Château est le seul lieu que les documents aient indiqué comme appartenant au Dormois ; mais quatre paroisses de ce doyenné ont conservé un surnom rappelant leur position dans ce pagus \ ce sont celles de Cernay-en-Dormois ^ Fontaine-en-Dormois, Malmy-en-Dormois et Rouvroy-en-Dormois, toutes quatre
I. Le polyptyque de Saint-Remy place Quatre-Champs dans le Porcien; mais nous croyons qu'il dépendait plutôt du pays de Voncq (Voir les notices sur ces pagi).
% Voir pour plus de détails la notice sur le pagus Vongensis.
3. En 1384, une maison voisine de Cernay se nommait Le Chenoy-en- Dormoit (Varin, Arch. adm. de la ville de Reims, t. IIL p. 603).
donation du comte Drogo que ce personnage, de même que Marc, étendait sa domination sur les deux pagi.
Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que le comté de Dormois était démembré dès le début de la troisième race. En effet, une charte de 1008 nous fait connaître Hécelin, comte de Grandpré*, et l'existence de ce personnage implique la dissolution du Dormois, car le comté de Grandpré, formé au centre même de cepagus, était dès lors le plus important des flefe formés des débris de ce pays. D'après cette charte, Hécelin de Grandpré tenait en fief de Godefroy III, duc de la Basse-Lorraine, Tavouerie de Maure, village voisin de Grandpré et que le duc Godefroy avait reçu, à titre de bénéfice, de 1 église de Reims. Godefroy était un des plus puissants feudataires du roi de Germanie et il serait possible que son vassal, le premier comte connu de Grandpré, fût un de ses compatriotes. Hécelin est, en effet, une forme familière du nom de Henri, dont l'usage paraît complètement étranger aux Français du onzième siècle, et son aspect est tout allemand^. Dans tous les cas, la charte de 1008 nous apprend qu'Hécelin était vassal de Godefroy III pour Manre, et on peut supposer qu'alors le comté de Grandpré lui-même était également tenu en flef du duc de Basse-Lorraine. Cette hypothèse n'a rien que de vraisemblable , surtout si l'on considère qu'au milieu du onzième siècle, la seigneurie de Vienne-le-Chàteau, un des fiefe les plus considérables de la partie méridionale du Dormois, relevait du duc Godefroy IV, petitfils de Godefroy III ^. Vers le même temps, c'est-à-dire en 1065, la partie orientale de l'ancien 'Dormois, comprenant la ville de Diin {castrum Dunum), formait un autre co77ité, qu'une charte de l'empereur Henri IV appelle le « comté de Dormois. du comte Frédéric y* (comitntus Dulcomensis Fredericicomitis^)^ pour
1. Mabillon, Annales ordinis sancti Benedicti, t. IV, p. 690.
2. Hecelinus ou Hescelinus pArait être de même formation qu'i7ef&t(o qui, chez les chroniqueurs allemands de cette époque, est employé pour Henricus. L'historien Richer, moine de Saint-Remy de Reims, se sert de ce diminutif HezUoy mais pour désigner un prince allemand, Henri le Querelleur, duc de Bavière {Bistoriae, 1. III, c. 97-99).
3. Gallia Christiana, t. IX, coI. 932. — Le rapprochement que nous faisons ici no permet-il pas de supposer que le Dormois tout entier a pu être soumis à la famille de ces Godefroy de Bnsse-Lorraine? C'est aux ôrudits de la contrée qu'il appartient de résoudre une question dont le résultat serait de montrer quelle fut l'influence des seigneurs lorrains sur les pagi qui, comme le Dormois, le Mouzonnais et le pa^us Castricensis, s'étendaient sur les deux rives de la Meuse.