‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 29 sur 321 · Annales Beriiniani, dans dom Bouquet, t. VU, p · texte numérisé non relu

Annales Beriiniani, dans dom Bouquet, t. VU, p

3. Ibid., t. VII, p. 110. — Voir la partie du texte relative aux contrées dont nous nous occupons, plus haut, p. 35, note 4.

4. L'original de cette charte est conservé à la Bibliothèque nationale, collection de Champagne, tome 150, pièce I.

5. Le doyenné de Mouzon fut divisé, en t761, en doyennés de Mouzon-

Ces quatre villages donnés par Adalbêron avec leurs territoires et leurs dépendances sont ainsi désignés: P Secia\ 2^ Odunt et Poirumnum, le tiers de la forêt nommée Doelez, la pêche de la rivière à! Odunt et ce cours d'eau jusqu'à la Meuse; 3° Brevèleiacum; 4^ Romeliacum minor et Alleicurt, la pêche de la Meuse et du lac de S orges *. — Secia est aujourd'hui Cesse, Meuse, arr. de Montmédy, cant. de Stenay. Odunt est devenu Yoncq, nom qui, au siècle dernier, s'écrivait encore Ybn*; ce village du cant. de Mouzon est arrosé parle « ruisseau d'Yoncq> affluent de la Meuse. Poirumnum, indiqué dans la charte comme annexe d' Odunt, se nomme aujourd'hui Pouron et, bien que situé à moins de quatre kilomètres d'Yoncq, fait partie de la commune d'Aut récourt (cant. de Mouzon). La forêt 2)o^/e;2; se retrouve dans le « bois d'Yoncq, » massif boisé situé à l'ouest d'Yoncq et désigné par Cassini sous le nom de bois du Houé qui rappelle l'ancienne dénomination. Brévilly, commune du cant. de Mouzon, représente le Breveleiacuni de 973. Romeliacum minor et Alleicurt sont aujourd'hui deux hameaux delà commune de Remilly-sur-Meuse (également du canton de Mouzon) : Remilly-le-Petit et Allicourt^. — On peut voir une preuve de

Meuze et de Mouzon-Bar (Delahaut, Annales civiles et religieuses d'Yvois- Carignan ei de Mouzon, p. 295).

1. Voici la partie topographique de la charte d'Âdalbéron: a Ego au- » tem videns exiguitatem paupertatemque loci, motus misericordia, ne » victus penuriam ultramodum paterentur fratres ibidem Deo et sanc- » tis ejus beatisque in ipso loco quiescentibus Victori et Arnulpbo marty- » ribus servientes, pro remédie anime mee et omnium successorum » meorum dedi ad illum locum llll*^ villas cum comitatu et banno et » districtione et integritate. Hoc est Seciam cum appenditiis suis, Odunt, n cum Poirumno et omnibus appenditiis suis et terciampartemsilveque » dicitur Doelez et piscationem aquc Odunt, et decursum ejus usque in V» Mosam, et Breveleiacum cum appenditiis suis, Romeliacum minorem n et Alleicurt et piscationem Mose et Jaci qui vocatur Sorges cum suis » pertinentiis. Super Mosellam, in villa quae dicitur Roserolis X » mansos, et in Castello II mansos cum comitatu et banno et districtione

n » Nous ne tenons pas compte dans cette étude de Roserolae sur la

Moselle ni de CastelluM, parce que, suivant Tallocution d*Adalbéron rapportée dans laCbronique de Mouzon (Spicilegium de d*Achery, t. II, p. 569), ceux de ces biens qui étaient éloignés de Mouzon provenaient de son patrimoine : on sait du reste qu'Adalbéron était lorrain.

'2. Voir le pouillé du diocèse de Reims de 1777 (Varin, Archives adm. de la ville de Reims, t. II, p. 108S) et la carte de Cassini.

3. Nous nommons Autrécourt et Remilly parce que les hameaux de Pouron, de Remilly-le- Petit et d*Allicourt cités dans la charte de 973 dépendaient de ces paroisses.

r exactitude de ces attributions dans la possession des autels de Cesse, d'Yoncq et de BréviUy, ainsi que des églises paroissiales d'Autrécourt et de Remilly S par l'abbaye de Mouzon. La seigneurie de toutes les localités de la charte de 973 appartenait encore au siècle dernier au monastère fondé par Adalbéron *.

Les villages mentionnés dans ces textes, et qui sont au nombre de sept — Allécourt, Brévilly, Cesse, Douzy, Pouron, Rémillyle-Petit et Yoncq — étaient tous compris dans le doyenné de Mouzon. Les Annales de Saint-Bertin apportent un nouvel argument en faveur de la comparaison du pagus et du doyenné de Mouzon, en nous apprenant que le comté de Mouzon confinait alors à celui de Voncq, comme plus tard le doyenné de Mouzon confina au doyenné d'Attigny qui paraît représenter le pagus Vongensis,

A l'ouest, le doyenné de Mouzon était limitrophe de celui de Mézières (pagus Castricensis)^ et il ne paraît pas probable que le pagus Mosomensis ait pu s'étendre sur cette dernière circonscription ecclésiastique, car Donchery qui faisait partie ùxxpagv^ Castricensis est une des paroisses les plus rapprochées du doyenné de Mouzon. A l'est, bien que son chef-lieu fut placé non loin de la limite de notre diocèse, le Mouzonnais ne s'étendait certainement pas sur le diocèse de Trêves; en efiet, la partie de cet évêclié la plus voisine de Mouzon dépendait du pagus Eoodiensis, dont le chef-lieu Ivoy, aujourd'hui Carignan, n'est situé qu'à sept kilomètres de Mouzon. Le territoire sur lequel s'exerçait laction du doyen de Mouzon peut donc être envisagé comme l'ancien j^a^rw^ Mosomensis.

Le chef-lieu Axx pagus Mosomensis, Mosomagtis, ou Moso^ mum comme on écrivait à l'époque carolingienne, était vers la fin de l'empire romain le séjour de troupes désignées dans la Notice des dignités de Tempire romain sous le nom de Musmogenses ^. Situé à Textrémité de la civitas Remorum, vers les

1. Voir les pouillés du xrv* siècle et de 1777 chez Varin, Archive* adm. de la ville de Reims, t. II, p. 1085- 10S8.

2. Le pouillé de 1777 indique les seigneurs des diverses localités du diocèse. D après ce document la seigneurie de Pouron appartenait aux religieux tandis que celle d'Autrécourt était à l'abbé. La seigneurie de Cesse appartenait au prieur du lieu, mais on sait que ce prieuré dépendait de l'abbaye de Mouzon. L'abbé avait la seigneurie des autres villages désignés dans la charte.

3. NoiUia dignitatum inparUbus oecideniis, éd. Bœcking, p. 36.

évêchés de Tongres et de Trêves, son territoire fut, vers la fin du cinquième siècle, l'objet des prétentions de Foulques, êvêque de Tongres, qui, ainsi que le montre une lettre de saint Remy à ce prélat, y exerça les droits épiscopaux * ; mais, les réclamations énergiques de saint Remy conservèrent Mouzon au diocèse de Reims. Dès cette époque, dit-on, Mouzon et son territoire appartinrent au siège métropolitain de Reims par suite d'une donation de Clovis. Au commencement du x® siècle, l'archevêque Hervé (920- 920) fortifia la ville, reconstruisit son église qui était détruite, la dédia à la Vierge Marie, comme elle Tétait auparavant, et y plaça les restes de saint Victor, qui avaient été trouvés non loin de ce castellum^. A la fin du douzième siècle, Mouzon faillit devenir le siège d'un évêché démembré de celui de Reims ; car une bulle du pape Innocent III, en date du 5 mai 1119, autorisa Guillaume, archevêque de Reims, à y établir un siège épiscopal ; mais Guillaume mourut trois ans après, sans avoir réalisé son projet, qui fat abandonné^. Les archevêques de Reims conservèrent la châtellenie de Mouzon jusqu'en 1379, où Richard Picque la céda, avec la châtellenie de Beaumont, au roi Charles V, en échange de Vailly-sur-Aisne et de ses dépendances.

n est facile, grâce aux pouillés, de connaître l'étendue exacte du doyenné de Mouzon ; mais il l'est moins de savoir quelle était l'étendue du ressort féodal de la même ville. Si nous nous eu rapportons à un compte de la ten*e et revenue de la chastellenie de Mouson pour l'année 1514-1516^, le territoire de cette châteUenie n'aurait compris sur la rive gauche de la Meuse que trois villages, Beaumont-en-Argonne, Létanne et La Bezace, qui pourraient même être considérés comme étrangers à la châtellenie de Mouzon, puisque l'acte d'échange de 1379 mentionne Beaumont en lui donnant, comme à Mouzon, la qualification de « chasteau^. » La châtellenie de Mouzon proprement dite, située par conséquent sur la rive droite de la Meuse, aurait été composée uniquement de paroisses que le compte des décimes de 1346 dit être in Imperio, et ne représenterait évidemment qu'une partie

1. « Pas ergo fuit, ut inlicitis ordinationibus tuis a te credideris occu- » pandam loci Mosomagensis ecclesiam, quam metropolitani urbis Rej» morum, sub ope Ghristi, sua semperordinationerexerunt.»(Oom Bouquet, Recueil de$ hÀstoriens des Gaules et de la France, t. IV, p. 53.

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