Orelli
sans vraisemblance, que, pour Pline aussi, ce sacerdoce se rapportait à Côme.
Comme son père naturel (p. 31) et comme le grand-père de sa femme *, Pline fit à sa ville natale, soit de son vivant, soit par testament, diverses libéralités qui prouvent à la fois et sa richesse et son attachement tout italien à sa patrie.
Les plus importantes de ces libéralités sont énumérées dans son inscription principale ; elle mentionne d'abord celles *qui furent Élites par testament, et rappelle ensuite accessoirement celles qui dataient de son vivant* L'antériorité de ces dernières résulte de ce qui est dit dans les Lettres, puisque d'après elles la promesse de la donation testamentaire fut faite en même temps.
Du vivant même de Domitien, Pline fit don à ses concitoyens d'une bibliothèque ^ valant, paraît-il, un million 3, et, en même temps, il léguait un capital de 100,000 sesterces pour l'entretenir et faire de nouvelles acquisitions. Cette donation et l'engagement pris par Pline de fournir le tiers du traitement alloué au
3. Ceci résulte de la lettre V, 7; Satuminus institue héritiers Galvisius, Pline et la commune de Côme; cette dernière pour le quart avec un legs per praecepUonem de 400,000 sesterces, qui devait tenir lieu de sa part d'héritage. En remplissant cette clause (dont j*ai expliqué le sens juridique dans Rudorfî, ZeiUchrift fUr Rechtsgeschichtej Vil, p. 314 et suiv.), Galvisius et Pline, à Texclusion de la ville de Côme, se seraient partagé tout l'héritage, en proportion des parts faites à chacun, avec application du droit d'accroissement ; ainsi, par ex., si Galvisius était institué pour 5/12, Pline pour 1/3, le premier aurait reçu 5/9, le second 4/9 et ils auraient eu à payer, aux légataires leurs .legs, et à la ville de Côme les 400,000 sesterces, chacun dans la proportion de ce qui lui était échu. Si donc Pline dit : an cui de meo sesteriium sedecies contulif huic quadringerUoi'um miliumpaulo amplhis teriiam partem ex adventicio denegem? cela veut dire qu'il est prêt à payer, sur sa part de l'héritage de Saturninus, qui est largement d'un tiers, sa part du legs, c'est-à-dire un bon tiers des 400,000 sesterces, d'autant plus qu'il avait déjà fait don sur sa propre fortune, à la même commune, de 1,600,000 sesterces. La leçon undedes ou decies, qui a cours dans nos éditions ordinaires (parce que 400,000 I 3 fait un peu plus de 1,000,000, ou 1,100,000!) est un exemple de l'incompétence des philologues en face de questions juridiques bien élémentaires. — D'après ce passage, sur la somme que Pline avait déjà dépensée pour sa ville natale, 500,000 sesterces étaient destinés à la fondation alimentaire ; 100,000 formaient le fonds pour l'entretien de la bibliothèque ; le million qui reste ne peut avoir été affecté qu'à sacon- Btruction.
professeur de rhétorique de Corne, montrent quelle importance il attachait au développement de l'instruction, et sont un des traits intéressants des tendances de son temps ^
La seconde donation, annoncée dans le discours même par lequel Pline inaugura la bibliothèque après son achèvement *, consistait en un capital de 500,000 sesterces, destiné à élever des jeunes garçons et des jeunes filles de condition libre ^. Pour empêcher que cette somme ne fût détournée de sa destination, et pour assurer le service des intérêts, Pline fit abandon à la commune de Tune de ses terres, qu'il reprit ensuite, non à titre de propriétaire, mais en bail perpétuel, moyennant une redevance annuelle de 30,000 sesterces, soit de 6 p. 100 du capital, que lui, et après lui chacun de ses successeurs, avaient à payer à la commune. Nous pouvons aussi déterminer approximativement la date de cette donation, par le fait que le discours cité plus haut est déjà mentionné dans le premier livre des lettres, qui, nous l'avons vu, ftit publié sous Nerva, en 97. Cette observation n'est pas sans importance, car elle confirme l'opinion de ceux qui rapportent l'institution des Alimentaires en Italie non à Trajan, mais déjà à Nerva *.
Les fondations testamentaires sont également au nombrededeux. La première a pour objet l'établissement à Côme de thermes. Une somme que nous ne connaissons pas est destinée à leur construction. Une seconde somme, d'au moins 300,000 sesterces, est donnée à la commune pour leur aménagement intérieur. Enfin, les intérêts d'un capital de 200,000 sesterces sont consacrés à l'entretien de l'édifice. Comme son texte l'indique, la grande inscription de PUne, transportée au moyen-âge à Milan, décorait autrefois ces thermes.
La seconde fondation consiste en un capital de 1,866,666 2;3 sesterces ^, soit (d'après le taux de 6 0;0 indiqué plus haut par
1. IV, 13, 5. 11 mentionne un autre don, III, 6-, on ne sait si la lettre IX, 39 a trait à Côme ou à Tifernum.
2. Fabatus procéda de la même façon; ut initium novae UberalUatis esset consummaiio prioris (V, 11).