LES ADOPTIONS DE CAMILLUS SCRIBONIANUS ET DE L'EMPEREUR NÉRON
Parmi les exemples de doubles gentilieia datant du \^' siècle que nous avons réunis p. 72, on aura remarqué l'absence du consul de l'an 32 après J.-C. qui, selon Borghesi 2, s'appelait M. Furius Camlllus Arrunti'usj noms auxquels il ajouta encore plus tard celui de Scribonianus, On admet qu'il était fils de L. Armntius^ consul en l'an 6, et le fils adoptif de M. Furius Camilltis^ consul en l'an 8. Mais l'étude des renseignements que nous possédons sur son compte nous conduit à un résultat inverse. Dans les monuments contemporains qui indiquent ce Camille comme consul en 32 et dans ceux où son nom n'est ni effacé, ni omis^ il s'appelle Camillus Arruntius^^ tout comme aussi dans la date fournie par Suétone^. Ces deux mêmes noms doivent aussi avoir figuré dans les listes consulaires qui furent rédigées plus tard et dont on se servit généralement, car les listes abrégées ont coutume, on le sait, de ne conserver que le second nom porté sur les tables complètes et elles ne mentionnent ce consul que sous le nom d'Arruntius^. Cependant, dans les nouvelles tables arvales de l'an 38 7, il est appelé cinq fois M. Furius Camilliis^ nom qui se retrouve aussi dans un autre fragment des mêmes actes connu depuis longtemps ® et concernant sa nomination
1. Borghesi, Œuv. III, 350 et suiv., parle longuement de lui et de sa famille.
2. Annali delV Instiiuto, 1850, p. 308. Son opinion a été. adoptée par Nipperdcy dans son édition de Tacite, Ann. VI, 1.