Pages 40-41 de ce fascicule
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castrum ; lorsque Ton remarque que la forêt de Froidmont, située, suivant la Chronique de Mouzon, sur la frontière du Porcien, est coupée par la limite des doyennés de Launoy et de Mézières, on ne peut méconnaître que cette limite décanale représente celle du jjagus Porcensis et à\xpagus Castricensis. Il nous paraît donc impossible de croire que d*autres- villages que Barbaize et Raillicourt, placés au surplus à Textrémité méridionale du doyenné de Mézières, aient pu dépendre du Porcien.
Aucun texte n'autorise à penser que des fractions depagi voisins aient été introduites dans les doyennés de Rumigny, de Launoy, de Justine et deSt-Germainmont ; on peut donc considérer ces divisions comme provenant du démembrement du Porcien. Quant au doyenne du Châtelet, nous éprouvons quelque hésitation à décider si son territoire fut entièrement emprunté au même pays. Flodoard désigne une de ses paroisses, Perthes, comme dépendant du pagus Voiigensis, mais la perturbation jetée par cette indication de l'historien rémois est aggravée par celle que produit le polyptyque de Saint-Remy : ce document, un des plus tardifs que nous ayons eu à signaler, compte au nombre des villages du Rémois quatre localités du doyenné du Châtelet; ce sont Acy, Thugny, Seuil et Annelles. Est-ce à dire que la portion du doyenné du Châtelet située au sud de l'Aisne doive être considérée comme étrangère au Porcien? Non certainement, puisque Thugny est placé dans le Porcien par le testament de saint Remy . Nous nous sommes arrêté plus haut * a une idée qui peut concilier ces textes contradictoires : c'est que le rédacteur du chapitre X du polyptyque a voulu considérer l'Aisne comme la limite naturelle du Rémois. En effet, tandis que les villages situés sur la rive droite de cette rivière, dans les doyennés de St-Germainmont, de Justine et du Châtelet, sont placés par lui dans le Porcien, les villages de la rive gauche sont nommés comme dépendant du Rémois. Aussi le témoignage de Flodoard, qui conteste Perthes au Porcien, est-il la seule cause qui nous empêche d'aflSrmer que le doyenné du Châtelet ait appartenu entièrement à ce pays. Le Porcien, dont le territoire équivaudrait à peu près à cinq des doyennés de l'ancien diocèse de Reims, mesurerait du nord au sud une soixantaine de kilomètres, et sa largeur moyenne serait de trente-cinq kilomètres ; c'était donc un des plus grands pagi delà civitas Kemensis.