yoiice de l'ancienne Gaule ^ p
4. Dom Bouquet indique « Vou si-sur- Aisne » comme chef-lieu du pagus Vongensis (Recueil des historiens de France^ t. IL P- 44) et son recueil aide certainement à propager l'opinion de Valois, qui a été encore adoptée de nos jours par M. Alfred Jacobs (Revue des sociétés savantes, 2* série, t. I, p. 730).
« Vouzy, pagus Vongensis (Champagne) : Vouzy, canton de ^ Vertus (Marne *). » Le savant académicien n'avait pas compris qu'Adrien de Valois par ce nom de Vouzi désignait Vouziers, et trouvant un Vouzy dans le département de la Marne, il s'en empara sans se rendre compte de la perturbation qu'il pouvait jeter dans l'esprit de ses lecteurs, Vouzy étant situé à une quinzaine de lieues du pays de Voncq.
Un contemporain de Valois, Mabillon, né à Saint-Pierremont, village peu éloigné de Vouziers, trouvant le pagus dont nous nous occupons désigné dans les Miracula sancti Dionysii sous le nom àe pagus Vonciacus, crut pouvoir distinguer deux pagi de noms à peu près semblables, dont l'un aurait tiré sa dénomination de Vongus(Yoii), tandis que l'autre, celui qui était mentionné dans les Miracula, aurait dû la sienne à Vouzy*. C'était là une sorte de conciliation des deux opinions ; mais Voneiacus n'est, en réalité, qu'une variante de l'adjectif Vongensis, variante où le suffixe celtique iacus^ a pris la place du suffixe latin ensis. On a d'autres exemples de cette substitution de suffixe, et l'on rencontre fréquemment dans les anciens textes pagus Parysiacus et urbs Parisiaca pour pagus et urbs Parisiensis.
Nous avons trouvé un certain nombre de textes intéressants pour la topographie du pays de Voncq ; nous allons les énumérei* dans l'ordre chronologique :
1. Une vie de saint Waast, que les BoUandistes croient antérieure à l'an 667, époque de la translation de saint Autbert et de saint Omer, est sans doute le plus ancien document où soit mentionné le pays de Voncq. On y lit qu'après sa victoire sur les Alamans, Clovis, accompagné de saint Waast et se rendant à Reims pour y recevoir le baptême, passa in pago Vongensi, ad locunt Grandeponïejuxta villam Rihigiago super fluvium Aœona^. Nous ne retrouvons pas Grandis pons sur les cartes modernes : mais ce lieu devait sans doute son nom au pont, voisin de Voncq, sur lequel la voie romaine de Reims à Trêves passait l'Aisne ^,
1. Annuaire de la Société de V Histoire de France pour 1837, p. ti7.
2. Mabillon, Ada Sanctorum oi'dinis sancti Benedicti, ni* siècle, t. 11, p.
3. Zeuss (Grammatiea celtica, p. 773) regarde le iacus qui termine uu grand nombre de noms géographiques comme un suffixe adjectif.