‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 7 sur 38 · Dom Bouquet, tom. Vil, p · texte numérisé non relu

Dom Bouquet, tom. Vil, p

capitulaire de 853, précède le Perthois, au nord duquel l'Astenois est situé.

4 6 Une charte d'Almaric, datée du 12 juin de la douzième année du règne du roi Lother (867 s'il s'agit de Lother, roi de Lorraine, et 966 si c'est de Lother, roi de France), en faveur de l'abbaye de Saint-Vanne de Verdun, à laquelle l'auteur de la charte donne la villa de Villare super fluvium Casuidum et des biens situés in alio loco Alsuo in pago Stadunensi super fluvium Aicona 1 . Ce dernier nom désigne évidemment l'Aisne ; quant au lieu nommé Alsuum (dénomination dont nous ne garantissons pas l'exactitude, car ce titre ne nous est connu que par des copies du xvr* siècle), c'est sans aucun doute une dépendance de la villa de Villare qui, bien que notre charte la dise située sur une rivière du nom de Casuidus, était placée au bord de l'Aisne, ainsi que le font voir des diplômes postérieurs. Villare qui, ailleurs, est dit in comitatu Sladunensi, est aujourd'hui Villers-en-Argonne (Marne, arr. et cant. de Sainte- Menehould). Ce village a toujours fait partie de l'archidiaconè d'Astenois.* Cette traduction n'offre aucun doute, car une charte de 1132, dont il sera parlé plus loin, établit la situation de ce même lieu dans l'èvèché de Chàlons.

5° Un diplôme de 980, par lequel l'empereur Otton III confirme les biens de l'abbaye de Saint-Vanne de Verdun ad Villarem in comittatu Stadunensi super Asnam fluvium.... in eodem cornitatu ad Byonnam et ad Domnum Martinum et ad Braus 3 . De ces quatre localités situées dans le comté d'Astenois, la première est Villers-en-Argonne, donné à Saint- Vanne par Almaric, et dont l'indication exacte de sa situation au bord de l'Aisne ne laisse cette fois aucune incertitude. Byonna est facile à reconnaître, car on appelle Bionne une petite rivière de l'archidiaconè d'Astenois, qui se jette dans l'Aisne, près de Vienne-la- Ville, et le lieu qui en avait pris le nom est évidemment Somme-

1. Cartulaire de Saint-Vanne de Verdun, copié au xvi« siècle (Biblioth. Impériale, fonds latin 5435, f* 8 r).

2. Villers était compris dans le doyenné de Sainte-Ménehould. — Outre les chartes ou diplômes que nous énumérons ici, il existe une pièce de 1090 où Villers-en-Argonne est appelé Villare in Estanneis {Varin, Arch. administrât, de Reims, tom. I, p. 212). Cette appellation ne fait que confirmer l'identité du pagus stadunensis et de l'Astenois.

3. Cartulaire de Saint-Vanne de Verdun, déjà cité, f» 17 r*. On lit Boaus et non Braus, mais il est évident que le copiste du xvi« siècle s'est trompé et que la leçon que nous proposons est la vraie, puisque nous la trouvons dans le diplôme d'Henri II (1105), cité plus loin.

bionne 1 (Marne, arr. et cant. de Sainte-Menehould). Nous éprouverions de l'embarras pour la détermination de Domnus Martinus, ayant à choisir entre les trois villages de Dommartinla-Planchette, Dommartin-sous-Hans et Dommartin-sur-Yèvre, tous trois jadis compris dans l'archidiaconé d'Astenois, si une charte de 1132, que nous rappellerons plus loin, n'appelait la localité de ce nom, où l'abbaye de Saint- Vanne avait des possessions, Domnus Martinus super Awam; or, ce dernier nom indiquant la situation du village au bord de l'Auve (Arva> Alva)> il ne peut être question que de Dommartin-la-Planchette (Marne, arr. et cant. de Sainte-Menehould). Quant à Braus, la présence dans la même circonscription ecclésiastique de deux villages homonymes (Braux-Sainte-Cohière et Braux-Saint-Remy), l'un et l'autre situés dans l'archidiaconé d'Astenois et actuellement dans le canton de Sainte-Menehould, nous laisse incertain sur l'assimilation à adopter. Quoi qu'il en soit, cette charte mentionnant quatre villages du comitatus Stadunensis fournit un argument puissant en faveur de l'opinion de Du Cange et de Bonamy.

6°. On en trouvera un nouveau dans une charte de Thierry, comte de Bar, en date du 26 août 1006, confirmant l'abbaye de Saint-Mihiel dans la possession de biens qui lui avaient été donnés par Tietzelin dans diverses localités, entre autres in Vuarbodi curte in comitatu Stanicnsi*. Cette charte nous fournit pour le nom du Stadunensis une variante se rapprochant beaucoup de la forme française. Vuarbodi curtis doit être Vaubecourt (Meuse, arr. de Bar-le-Duc, chef-lieu de canton) , paroisse qui fit toujours partie de l'archidiaconé d'Astenois.

7°. En 1015, l'empereur Henri II confirme les possessions de l'abbaye de Saint-Vanne de Verdun ad Villare in comitatu Stadunensi super Asinam fluvium et in eodem comittatu ad Biunnam et ad Donum Marlinum et ad Braus 3 . Ce diplôme ne fait que reproduire les termes de celui d'Otton, en nous apprenant toutefois que les biens sis à Villers-en-

1. Ce nom de Sommebionne indique la source de la Bionne. La plupart des villages situés aux sources des rivières dans l'est de la Champagne portent le préfixe Somme attaché au nom de la rivière qui commence à cet endroit. On trouve quelques exemples de dénominations semblables dans la Flandre, l'Isle-de-France, la Lorraine, le Poitou, etc.

2. Dom Jos. de l'Isle, Histoire de la célèbre el ancienne abbaye de Saint- Mihiel, p. 432.

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