‹ Études sur les pagi de la GauleChapitre 63 sur 85 · Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, 1. II, c · texte numérisé non relu

Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, 1. II, c

2. Dom Bouquet, Historiens de France, t. VI, p. 414. Voyez le texte du passage relatif à ces contrées, p. 35, note 2, de ce fascicule.

3. Capitulaire de Servais (Historiens de France, t. VII, p. 614).

4. • Sicque condicentes placitum sui conventus in futuro mcnse » octobrio in conQnio Mosomagensis et Vonzensis comitatus, ab invi- » cem secesserunt » {Annales Bertiniani, dans le Recueil des historiens de France, t. VII, p. 80).

5. Mabillon, Acla Sanctorum ordinis sancti Benedicti, m' siècle, 2* partie, p. 262. Dans le passage relatif à Caniaca villa, le nom du comté commence par un C et non par un V, ce qui a fait supposer à Mabillon que

— lori —

Peu de temps après, Guibold, aveugle, habitant la villa que oocatur Saidis, de potestate sancti Remigii pontificis inclyti sitaque inpago Vonciaco, recouvra deux fois la vue, grâce à la protection du même saint — Caniaca villa est sans doute le village de Chagny (Ardennes, arrondiss. de Mézières, canton d'Omont), situé à 12 kilomètres au nord de Voncq. Quant à la villa Saidis, nous la retrouvons dans Say, village détruit en 1650 lors de la bataille de Machaut* ; il était situé sur le finage deSemide 3 (arr. de Vouziers, cant. de Machaut), à 18 kilom. environ de Voncq.

les mots comitatus Conciacus signifiaient comté de Coucy ; mais il est impossible d'admettre cette attribution, parce que Conciacus est évidemment ici un adjectif, et, si Conciacus était un nom, ce ne serait certainement pas celui de Coucy, alors Codiciacum et dans les siècles postérieurs Cociacum. Nous avons donc cru devoir lire Vonciacus au lieu de Conciacus. Le savant bénédictin traduit aussi Caniaca villa, par Chauny qui, bien que situé dans la même région que Coucy, n'en a certainement jamais dépendu. D'ailleurs, le nom latin de Chauny était Calniacum dont 17 a subsisté dans le nom moderne en se vocalisant, ce qui rend improbable l'omission de cette consonne dans une forme latine du neuvième siècle.

1. Mabillon, Ada Sanctorum ordinis sancti Benedicti, m* siècle, 2* partie, p. 363.

2. Mabillon, en publiant son texte, crut que Saidis pouvait être Chaite près de Vouziers: cette opinion était évidemment erronée, puisque Chaite ou plutôt Chétres, comme nous écrivons aujourd'hui, est congtamment désigné en latin sous le nom de Castra (Archives de Reims : fonds de Saint-Denis de Reims). 11 reconnut son erreur dans l'errata et supposa qu'il était question de Sey (aujourd'hui Sy), non loin du Chêne et à trois lieues de Voncq (page 626 du volume précité). Nous avons nos raisons pour ne pas admettre cette assimilation: les Miracula rapportent, en effet, que Guibold, privé de la lumière pour la seconde fois et atteint d'une paralysie de la main droite, dut la guérison de cette nouvelle infirmité precibus Beatae Dei genitricis Mariât in ecclesia vici nuncupati Arna. Il est évident, d'après ce récit, que le bourg d'Arna était voisin de la villa Saidis où résidait Guibold; or, le nom Arna était certainement emprunté à l'Ame, rivière qui prend sa source, non loin de Semide. C'est peut-être le village, disparu aujourd'hui, de Sommarne qui. au xtv et encore au xvr siècle, avait rang de paroisse (Varin, Archives adm. de la ville de Reims, t. II, p. 1114) et dont le nom indique la situation à la source de l'Ame et conséquemment dans le finage de Saint- Etienne à Arne. D'après cela on doit supposer que l'église du bourg d'Arna était le sanctuaire le plus voisin de Say.— Nous empruntons la date de la destruction du village de Say à M. Hubert {Géographie historique du département des Ardennes, p. 175 à l'article Semide).

3. La situation de Say dans le finage de Semide est indiquée par M. Hubert (ouvrage déjà cité). — Sanson, dans sa carte du diocèse de

8. Altman, religieux d'Hautvillers 1 , écrivit dans la seconde moitié du ix e siècle le récit de la translation de sainte Hélène.

II y rapporte que Tetgis, prêtre d'Hautvillers, ayant (vers 840) dérobé à Rome le corps de la mère de Constantin, revint en France, et qu'après avoir passé par Avègres, il entra dans le village de Fallesia, situé in pago Vonciaco *. Fallcsia se nomme aujourd'hui Falaise (Ardennes, arr. etcant. de Vouziers) et est situé à 10 kilomètres au nord-est d'Avègres.

9. Flodoard mentionne plusieurs fois le pagus Vongensis. Il nous apprend, dans son histoire de l'église de Reims, qu'au vu* siècle, un homme puissant, du nom de Gondebert, et sa femme Berte, donnèrent à l'église do Saint-Timothée et de Saint-Apollinaire de Reims, une villa du nom de Perthae située dans le pagus Vontinsis 8 ; cette villa ne peut être que Perthes (Ardennes, arr. de Réthel, cant. de Juniville), village dont

Reims (1636), désigne la paroisse de Semide sous le nom de « Semide et Lez » ; ce dernier nom est évidemment une faute de gravure pour Sa. Les papiers relatifs aux dîmes de Say ne forment qu'une liasse avec les titres des dîmes de Semide, dans les archives du chapitre de Reiras (voyez Varin, Arch. admin. de la ville de Reims, t. I, p. ccvn). On peut remarquer sur la carte de l'Ètat-Major, dans la partie du finagc de Semide qui avoisine le territoire de Saint-Etienne-a-Arne, une fprme du nom de « Sçay », et il y a tout lieu de croire que cette habitation moderne a été élevée non loin de l'emplacement du village détruit, dont le nom se sera conservé jusqu'à notre siècle dans celui d'un lieu dit.

1. « In villa quac vulgari nominc Averga vocatur » Acta Sanclorum, t.

III d'août, p. 613). Avègres est une ancienne annexe de Marvaux (voyez la carte de Cassini); son souvenir n'est conservé sur la carte de l'Ètat- Major que par le « moulin d'Avègres. »

2. « A praenominata autem exiens villa (Averga) in proximam, nomine.

» Fallesiam ingressa est (volume cité, p. 614) Intcrea, ceu jam dictum

» est, aliger rumor multiplici populos sermone replens, ....Belgicae se- » cuudac nobilissam Durocordorum Rhemorum ingreditur parochiam, » nuntians inventricem ligni vitae Helenam, eois arcibus furatam, et in » pagum Vonciacum in villam jamdictam Fallesiam fore advectam»(/ô«J., p. 616).— Un peu plus loin, Altman place le lieu où était le corps de sainte Hélène, in fundo Vonciaco. Par un raisonnement assez judicieux, les Bollandistes supposèrent, d'après le texte qui précède, que si Fallesia n'était pas situé dans le Rémois, il devait, du moins, se trouver en Champagne et sur la route par laquelle passa Tetgis, en revenant d'Italie; mais cela les porta à proposer la correction de Vonciacus en Vanciacw et à croire qu'il pouvait s'agir de Vassiacum, Wassy, Haute-Marne (volume précité, p. 607).

3. Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, 1. I, c. 4. Il faut sans doute lire Voncensis au lieu de Vontinsis; on rencontre de même dans les éditions de Flodoard pagus Urtensis pour pagus L'rcensis.

l'église, au xiv e siècle comme au xvm 6 , était placée sous l'invocation de saint Timothée et de saint Apollinaire 1 . — Dans sa Chronique, à Tannée 926, Flodoard indique le pagus Vo[n)zinsis comme limite des dévastations des Hongrois qui avaient passé le Rhin *.

Ces différents textes nous donnent les noms de six localités du pagus Vongensis, ce sont :

Aulhe. Perlhes.

Chaany. Rilly-aux-Oies.

Falaise. Say, comm. de Seraide.

Les Annales de Saint-Bertin nous apprennent en outre que ce pays confinait au Mouzonnais ; elles lui donnent le titre de comté et s'accordent en cela avec les Miracles de Saint-Denis, œuvre dont la rédaction est contemporaine de celle des Annales.

Il y avait donc un comté de Voncq à la fin du règne de Charles le Chauve; mais qu'est-il devenu, quand a-t-il cessé d'exister? Cette question nous paraît aussi insoluble que celle de la constatation des causes qui ont amené la déchéance de Voncq, ce incus gallo-romain qui, si Ton s'en rapporte au testament de saint Remy, aurait possédé une église dès le début du vr siècle {ecclesia Vongensis) 3 . Dans un diplôme de 818 environ, Voncq reçoit la qualification de castrum 4 et Flodoard le nomme municipium Vongum 5 ; mais, postérieurement à cet historien, c'està-dire après le x c siècle, Voncq semble avoir perdu toute importance. On le retrouve, il est vrai, au milieu du xi° siècle, parmi les localités dont les dîmes appartenaient à l'abbaye de Saint- Timothée de Reims, mais il figure alors au nombre des villages

t. Vario, Archives administratives de la ville de Reims, t. II, p. L103 et

1 « Hungari quoque Rheno transmeato usque in pagum Vozinsem « praedis incendiisque desaeviunt » {Ckronicon Flodoardi, anno 926).

3. Suivant ce testament, saint Remy aurait légué à cette église un champ prés du moulin de Voncq: « [Ecclesiae) Vongensi, agrum apud offlcinam molinarum quae ibi est constituta » (Flodoard, llistoria Remensis ecclesiae, 1. I, c. 18.

4. Ce diplôme des empereurs Louis et Lother ordonne la restitution à l'église de Reims de divers biens, entre autres du baptistère de Voncq: « Exterius etiam in eadem parocbia, in Castro Vonzensi titulum baptisa malem » (Flodoard, Hisloria Remensis ecclesiae, 1. II, c 19).

5. Hincmar obtint de Charles le Chauve la restitution d'une cella construite en l'honneur de saint Martin in, municipio Vongo (Flodoard, 1. 111. c 9).

du Porcien, au milieu d'une dizaine de localités certainement étrangères à ce dernier pagus. Ces localités, situées sans exception dans le bassin de l'Aisne et au sud de Voncq, ne peuvent jamais avoir fait partie du pagus Porcensis comme le prétend le polyptyque ; leur position suffit pour démontrer que la plupart, sinon toutes, dépendaient jadis du pagus Vongensis. Voici les noms de ces villages, d'après l'ordre suivi dans le polyptyque 1 :

Medarcum. Mars sous-Bourcq.

Briodrum. Brières.

Sug{n}eium. Sugny.

VUNCUM. VONCQ.

Quatuor Campi. Quatre-Champs.

Torsillae. Tourcelles.

Gravieium. Grivy.

Dresg.f

Bulentto. Boulenson.

Cardeneium. Chardeny.

Le chapitre X du polyptyque, en comptant ces villages parmi ceux du Porcien, . nous fournit la preuve la plus certaine de l'oubli dans lequel le pagus Vongensis était tombé dès le xi e siècle. Le vide formé dans la division du sol rémois par pays, à la suite de la suppression de ce pagus, s'accuse encore dans un livre écrit à Reims vers 1165, les Miracula sancti Gibriani. Dans cet ouvrage, le moine Baudouin, ayant à parler de Quatre- Champs, village que sa situation entre Voncq et Authe 2 permet de considérer, d'une manière certaine, comme ayant appartenu au pagus Vongensis, ne l'attribue pas, comme le rédacteur du polyptyque, au Porcien, mais au Dormois 3 (inDulminiaco).

Une critique judicieuse nous autorise donc à compter dans le pays de Voncq, et non dans le Porcien, les dix villages que nous venons de nommer et qui furent compris plus tard dans le doyenné d'Attigny, à l'exception, toutefois, de Brières et de Boulenson, localités situées, la première dans le doyenné de Cernay, la seconde dans celui de Grandpré, mais sur la limite du doyenné d'Attigny.

Le chef-lieu du pagus Vongensis, réduit à l'état de village, dépendit au spirituel du doyenné d'Attigny 4 , tandis qu'au tem-

1. Voyez la liste complète des villages nommés dans le polyptyque comme appartenant au Porcien et la traduction de leurs noms, p. 75-80.

2. Authe, on s'en rappelle, dépendait du Porcien; c'est du moins ce que nous apprend une charte de 676.

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