‹ Études sur les pagi de la GauleChapitre 8 sur 85 · Varin, Arch. adm. de la ville de Reims, t. II, p · texte numérisé non relu

Varin, Arch. adm. de la ville de Reims, t. II, p

14. Un diplôme de Charles le Simple, en date du 31 mai 922, ordonne la restitution à l'abbaye de Saint-Thierry d'une villa du nom de Marzella située in pago Remense, sur la réclamation des religieux qui, à l'appui de leurs prétentions, avaient produit un diplôme de Charles le Chauve 1 . Le nom de Marzella se retrouve dans celui de Marzelle, simple maison de la commune de Trigny (Marne, arr. de Reims, cant. de Fismes).

15. Un diplôme de Louis d'Outremer, donné le 31 novembre 953, confirme la donation qu'Ordilo, chapelain du roi, avait faite à l'abbaye de Saint -Remy de Reims, d'une terre in comitatu Remensi, in villa quae dicitur Villare, sitam*. Si l'on s'en rapportait à l'opinion des religieux de Saint- Remy du xvif siècle, la propriété d'Ordilo serait la seigneurie de Villers-en-Selve, ou comme l'on dit aujourd'hui, de Ville-en- Selve (Marne, arr. de Reims, cant. de Verzy); cette opinion leur fit remettre en 1691 le diplôme de Louis IV au marquis de Louvois, qui venait d'acquérir cette seigneurie de l'archevêque de Reims, abbé commendataire de Saint-Remy 3 . Pourtant, dans une liste de bienfaiteurs de l'église de Saint-Remy, rédigée dans ce monastère, liste qui peut remonter au xi e siècle, on voit figurer Oidelo, comme donateur de Villare Asnenun 4 . Cette opinion, émise à une époque bien plus rapprochée de la donation, nous semble mériter plus de créance; aussi n'hésitons-nous pas à traduire le Villare du diplôme par Villers-aux-

1. « Fratres cenobii saticti Theodorici detulerunt nobis preceptum ab ■ antecessore nostro domno Karolo sibi collatum de villa quadam que » dicitur Marzella sita in pago Remense, reclamantes victui eorum » injuste eam esse subtractam. » (Varin, Arch. adm. de la ville de Reims, t. I, p. 71).

2. Ce diplôme existe aux archives départementales de la Marne (15* boite du duché de Louvois); c'est la plus ancienne pièce originale que possède ce dépôt. Elle a été publiée par Marlot et par Dom Bouquet.

3. Voir dans la liasse 410 du fonds de Saint-Remy (Archives départementales de la Marne) l'inventaire des titres « de la terre et seigneurie de Villenselve » remis par l'abbé et le couvent de Saint-Remy au marquis de Louvois, adjudicataire de la terre, le 17 mars 1691. On y voit figurer les « Lettres de confirmation de Louis, roi de France, d'une « donation faite de la seigneurie de Ville-en-Selve en faveur de l'abbaye « de Saint-Remy, par Ordillo. chapelain dudit roi. »

4. Varin, Arch. lég. de la ville de Reims, Statuts, t. 1, p. 169. — Varin a imprimé Villare Asininum, mais cette leçon est fautive ainsi que nous nous en sommes convaincu en consultant le document lui-mèmp, à la Bibliothèque de Reims. »

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Nœuds, jadis ViUers-Asneux 1 , village du canton même de Villeen-Selve.

1G. Flodoard, qui écrivait au x e siècle, mentionne plusieurs fois lepagus Remensis . Il nous apprend dans son histoire de l'Eglise de Reims (I. I, c. 24) que saint Thierry, né dans cepagas, au lieu nommé Alamannorum Cortis 2 , ayant rappelé à la vie la fille du roi franc Thèodoric I er , reçut de ce prince Gaugiacum in pago liemensi 3 . Ces circonstances sont également rapportées et accompagnées des mêmes indications topographiques dans une vie de saint Thierry, publiée par Mabillon 4 , vie qui doit avoir été écrite au neuvième siècle et dont Flodoard s'est évidemment servi 5 . Tous les commentateurs s'accordent à traduire Alamannorum Cortis par Aumenancourt 6 (Marne, arr. de Reims, cant.deRourgogne); mais la position de Gaugiacum est loin d'être fixée d'une manière aussi cer^ine. Suivant les derniers éditeurs de Flodoard, Gaugiacum serait le nom primitifdulieuoù se trouve actuellement St-Thierrv 7 (Marne); mais cette assertion ne se soutient pas, car on sait que ce dernier village doit son origine à un monastère fondé par Thierry lui-même sur une montagne boisée nommée le Mont-d'Or, d'où le surnom que l'abbaye portait encore au siècle dernier 8 . Mabillon croit retrouver Gaugiacum dans Gueux,

1. Villare Asinorum, xi" siècle (Polyptyque de saint Remy). — Villa Asinaria, 1074 (Touss. Duplessis, Ilist. de l'égl. de Meaur, t. II, p. 9). — Vilers ad Nues, Vilers ad Xoes, Viller-Aaneu, v. 1203 (Varin, Arch. adm., t. I, p. 845, 847 et 848). — Suivant Lacourt, la terre donnée par Ordilo serait Champfleury, alors de la paroisse de Villers-aux-Nœuds,

2. • Grtus autem pagoRemensi villa, ut traditur, Alamannorum corte.»

3. Rex itaque non solum discipulum, sanctum scilicet Tlieodcricum,

• sed et beatum Remigium cupiene munificientiae sublimarc dono, » villam quam dicunt Venderam sitara super fluvium Matronam, reve-

• rcndo patri Remigio; Gaugiacum vero in pago Remensi, praecepto » suae auctoritatis, sancto contulit Theoderico. »

4. Acla santtornm ordinis S. Ben., i* r siècle, p. G14-G20; elle a été reproduite par les Rollandistes (t. I er de juillet, p. Gi-70).

5. C'est ce qui résulte d'une intéressante conférence de M. G. Monod sur le premier livre de l'Histoire de Reims, do Flodoard.

G. Aumenancourt formait dès les derniers siècles du moyen-âge deux paroisses : Aumenancourt- le-Grand et Aumenancourt-le-Petit. Ce sont aujourd'hui deux communes distinctes.

7. Œuvres de Flodoard, édit. de l'Académie de Reims, t. I, p. 200.

8. Flodoard parle simplement d'un bois situé sur une montagne (silvula in monte sita), mais la vie de saint Thierry, dont il s'est servi, dit: u Est silva tribus a civitate distans millibus sita in monte cui vocabulum « est Or, in quo visum est venerabili semper in divinis fulgenti patri « Remigio aodificare cenobium, ubi catervam monachorum sub beati

mais, cette localité étant désignée au ix e siècle sous le nom de Oothi \ on ne peut pas non plus admettre cette traduction. Nous préférons doue Jouy (Marne, arr. de Reims, cant. de Ville-en- Tardenois), nom qui se rend plus ordinairement en latin par Gaudiacum 2 .

Flodoard rapporte aussi que Romulf, évéque de Reims, échangea plusieurs villages que son prédécesseur Egidius avait acquis dans le pays de Metz contre d'autres villages dup/7#us Kemensis, à savoir Marciliana et Ârbidogilum* . On a rendu ces deux noms par Marzilly (connu. d'Hermon ville, Marne) et par Ardeuil ( Ardennes, arr. r ouziers, cant. de Monthois); mais nous n'osons admettre ces identifications, la première, parce que Marzilly ne semble pas représenter assez exactement Marciliana, et la seconde, parce qu Ardeuil ne paraît pas avoir jamais été en Rémois.

Le même auteur place encore dans le pagns Remensis, Camarciacum, aujourd'hui Chambreey (Marne, arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois), village où l'église de Reims avait acquis diverses possessions, en vertu d'une donation de Landemar, sous l'èpiscopat de Rigobert x . Le lieu du martyre de sainte Macre est aussi compris par Flodoard dans cepagus^, mais bien qu'il ne dise pas comment se nommait ce lieu, nous savons parla légende de cette sainte que le préfet Rictiovarus la condamna à être brûlée vive dans l'île nommée Litia, située à l'endroit où l'Ardre se jette dans la Vesle 6 . Cette indication précise du confluent de la Vesle et de l'Ardre qui se trouve un peu au-dessous de la petite ville de Fismes (Marne, chef-lieu de canton de l'arrond. de Reims), ne permet pas de douter que Fismes, dont l'église est dédiée à

« Thooderici regimino, quem videbat jam excmplo virtutum vigere, • coadunaret Deo militantium » (Mabillon, Acla sanctorum ord. sancii Bened., t I, p. GIG).

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