‹ Études sur les poissons (volume 2)Chapitre 5 sur 17 · Gerres Plumieri · texte numérisé non relu

Gerres Plumieri

(Pi. VIII bis, fig. 2, 2 2 \ ü‘.)

Gerres Plumieri, Cuvier et Valenciennes, i 83 o, t. Vf, p. A 5 a; pl. CLXVII.

Gerres Plumieri, Everraann et Meck, 1887, p. 270 (synonymie).

Gerres Plumieri, Jordan et Evermann, 1898, p. 1879.

Écailles : 6/3 8/11.

Tête entrant pour i /3 dans la longueur du corps; la hauteur équivaut à à/9, lepaisseur à 1/7, la longueur de la caudale à à/11 de cette même dimension.

ZOOLOGIE DU MEXIQUE. — - IV* PARTIB

nilTIMEME NATIONALE.

ZOOLOGIE

La forme du corps est rhomboïdale, très voisine de celle indiquée pour'l’espèce précédente, c’est-à-dire également typique des Gerres. Museau plutôt court, B/i i de la longueur de la tête; gouttière des apophyses prémaxillaires large et non écailleuse. Diamètre de l’œil à très peu près égal à la longueur du museau, i/k de la longueur de la tête; espace in ter orbitaire, 2/7 de cette même dimension. Le préorbitaire et l’interopercule sont l’un et l’autre très distinctement et finement denticulés.

Seconde épine aussi bien à la dorsale qu’à l’anale remarquablement développée; celle-là, légèrement plus longue que l’autre, dépasse quelque peu la dimension de la tête; en revanche, l’épine de l’anale est plus forte; les deux premiers interhæmaux, de forme ordinaire, sont soudés, constituant un prolongement styliforme allongé et robuste. Les pectorales, très développées, dépassent l’orifice cloacal.

La coloration, d’après le croquis pris sur nature par Bocourt, est, à la partie supérieure et post-oculaire de la tête, d’un beau bleu d’outre-mer, cette teinte se prolongeant vers la nageoire dorsale pour se fondre en devenant jaune, puis gris verdâtre, vers la caudale; la région operculaire et la partie moyenne des flancs sont d’un blanc argenté; la teinte jaune réparait, sous l’abdomen et sous le pédoncule caudal; les parties supérieures de la tète et du dos sont plus sombres. Lèvres rougeâtres; le maxillaire, dans sa portion visible, bleuâtre. Iris brun rougeâtre à la partie supérieure, verdâtre inférieurement, avec un cercle pupillaire jaune d’or. Les nageoires impaires sont grisâtres ou verdâtres, la dorsale lisérée d’une teinte foncée; les nageoires paires, d un jaune plus ou moins brillant. Bandes longitudinales d’un vert plus ou moins sombre; la mieux marquée suit la courbure de la ligne latérale; celles situées au-dessus lui sont parallèles, celles situées au-dessous sont directement horizontales 1 .

1 II est nécessaire de prévenir que , pour faire exécuter le dessin de la planche VII bis (fig. a), on s’est servi d’un exemplaire, celui pris ici pour type, pêché dans le lac Isabal (versant Atlantique), tandis que le croquis colorié a été pris sur un exemplaire capturé à Tanesco ( versant Pacifique). Mais ce dernier est arrivé tout à fait altéré, décomposé, et n’a pu être mis en collection.

Toutefois il n’est pas douteux que cet animal, d’après la forme et les dimensions de son second interbæmal , la disposition denticulée du bord libre préoperculaire , n’appartienne aux Gerres proprement dits. Son préorbitaire denliculé le fait placer dans la troisième section établie dans ce genre par MM. Jordan et lŸvermann; si l’on ajoute que les écailles, qu’on ne peut compter, mais qui, détachées, se trouvent en grand nombre dans le bocal, sont graudes par rapport à la taille de l’animal (on peut estimer sa longueur a 220 + 56 = 276 millimètres, en rétablissant autant que possible la tête en grande partie détruite, et une écaille des lianes mesure 8 millim. 5

de long sur 1 1 millimètres de haut) , que les secondes épines, aussi bien à la dorsale qu’à l’anale, sont robustes et développées, il est bien possible qu’il s’agisse du Gerres Plumieri.

Cependant on peut objecter que cette espèce jusqu’ici n’a été trouvée (pic sur le versant Atlantique. Du versant Pacifique, deux Gerres de la quatrième section ( Gerres , s. strie.) sont cités : Geires brevmanus, Günther, et G. lineatus, llumboldt. Le dessin de Bocourt peut faire croire qu’il s’agit de la première espèce, car la pectorale est plutôL courte, n’altcignant pas l’anale, et la chose doit être regardée comme d’autant plus significative, qu’on voit, sur ce croquis, que le trait, d’abord plus long, a été corrigé intentionnellement.

La précision n’a d’ailleurs, dans le cas actuel, qu’une importance secondaire; en effet, la coloration pour ces diverses espèces ne paraît pas être dilférenteet Bocourt, au-dessous de son dessin, a écrit : «Voir l’espèce du lac Isabal. -

Les écailles ayant été étudiées, dans les généralités données plus haut, sur des pièces empruntées plus particulièrement à l’individu pris ici pour type, je renvoie à ce qui en a été dit. Comme complément, j’ajouterai qu’une écaille des flancs est longue de 1 1 millimètres, haute de ta millimètres; les dimensions sont respectivement 8 millim. 5 et 3 millim. 5 pour une écaille de la ligne latérale.

Les pharyngiens inférieurs , réunis par de forts ligaments et peu mobiles , peut-être même immobiles à l’état frais, doivent être regardés comme isolés, suivant l’opinion de Kner; réunis, ils forment un triangle isocèle à hase légèrement et obtusément anguleuse. A la partie inférieure, l’ensemble présente une fossette triangulaire médiane, limitée latéralement par des crêtes en parapet, constituées par le bord externe, saillant, de chaque pharyngien 1 .

millim. i'ioo s

Longueur du corps a3o n

Epaisseur 35 i5

Longueur de la tête 76 33

Longueur de la nageoire caudale 83 3 G

Longueur du museau . 21 27

Diamètre de l’œil 19 a5

Espace interorbitaire a3 3o

N” 88-783 du Catalogue general de la colleclion du Muséum.

Habitat. — Antilles et côtes orientales de l’Amérique, depuis la Floride jusqu’au Brésil; se trouve aussi dans les eaux douces et peut-être également sur la côte occidentale 2 .

La Commission scientifique a rapporté le Gerres Plmnieri des localités suivantes : Jamaïque, lac Isabal (type d’étude), Tanesco (Bocourt); — Mexique (Boucard).

Bleeker, M. Poey et différents auteurs pensent que cette espèce doit être regardée comme le type du genre. MM. Jordan et Evermann 3 font remarquer que, dans la deuxième édition du Règne animal, où le genre fut établi, le Gerres Plumieri n’est pas cité. On peut objecter que dans le Règne animal, daté de 1829, les espèces sont simplement

1 Dans un travail, souvent cité sur ce sujet, de M. Sauvage [Ass.fr. avancement des sciences, 1876, p. 54 g), te

Gerres Plumieri est donné comme ayant tes pharyngiens inférieurs soudés. C’est ce que nous trouvons, en effet, sur la pièce type conservée au laboratoire , portant une étiquette de la main de ce savant iclilyologiste. L’en-

semble de ces pharyngiens, unis par suture dentée, donne un triangle équilatéral à base presque rectiligne

et l’espace triangulaire inférieur médian est convexe plutôt que creusé. Ces pharyngiens diffèrent donc notablement de ceux ici décrits, lesquels cependant sont conformes à ceux de plusieurs autres exemplaires, sur la détermination spécifique desquels ne peut s’élever aucun doute. Il y a eu peut-être là une transposition d’étiquette. s Voir la note 1, à la page précédente.

3 Jordan et Evermann, 1898, p. i373,note.

ZOOLOGIE

mentionnées sans description aucune, et que dans le VI e volume de Y Histoire des Poissons, daté de i83o, où ces animaux sont traités en détail, il n’est pas douteux que ce Genres ne soit proposé comme type. Les publications étant faites à si court intervalle l’une de l’autre, un auteur n’a-t-il pas le droit de préciser, comme il l’entend, ses idées sur un objet de cette nature ?

Famille des SQUAMIPENNIDÆ.

Corps comprimé, élevé; couvert d’écailles médiocrement grandes, du type radiculaire flabellé, à armature spinulaire variable, le canal de la ligne latérale à tube ordinairement simple, plus rarement bifide dans le champ postérieur. Bouche petite, peu protractile. Dents typiquement sétiformes, sur plusieurs rangs (en brosse), exceptionnellement tranchantes, unisériées. Nageoire dorsale unique (excepté : Ephippus ) , la portion dure plus longue que la portion molle, épines assez nombreuses; les rayons mous le sont encore davantage; la portion molle plus ou moins couverte d’écailles, qui souvent l’empâtent au point de rendre le compte des rayons difficile.

Cette famille, de l’aveu des ichtyologistes les plus compétents, ne peut être regardée comme ayant des limites nettes, étant donnés ses rapports intimes avec certains Scombridés, quelques Perciformes, peut-être les Plectognathes , si l’on admettait, avec MM. Jordan et Evermann, que les Acanthurus ( Teuthis de ces auteurs ou plutôt de Gill) doivent y être adjoints, mais la chose à mon avis reste des plus douteuses.

L’étude des écailles faite sur une douzaine de genres, et pour quelques-uns sur un assez grand nombre d’espèces (Ù3 Cliœtodon, 10 Holacanlhus) , tend à montrer qu’avec une unité fondamentale du type, certaines variations se présentent, cpii pourront utilement servira distinguer entre eux des genres voisins. Toujours ces écailles (il s’agit de celles du corps) ont un nombre plus ou moins grand de sillons centrifuges sur le champ antérieur, dont le bord radiculaire est festonné : type flabellé. Le champ postérieur au contraire porte souvent des séries de spinules nombreuses distinctes, c’est-à-dire est polyslicpie ( Cliœtodon, Chelmo, Pomacanthus , Ephippus ?, Scorpis, Atypus, Taurichthys, Toxotes, Pimelepterus). D’autres fois, il

est parcouru d’avant en arrière par des sortes de tiges, qu’on peut regarder comme résultant de la soudure des séries longitudinales de spinules du type précédent; elles adhèrent à la lamelle offrant l’aspect d’une sorte de palissade formée de pieux rapprochés, terminés postérieurement en pointe aiguë; je donne à ce type le nom de characophore [ydpaB, palissade); il est plus rare ( Holacanthvs , Scatophagus). Enfin le champ postérieur peut être absolument privé de spinules : type spanostiquc ( Heniochus , Drepane) 1 .

Les écailles de la ligne latérale sont, pour chaque espèce, du même type que celui des écailles des flancs; seulement, comme c’est l’ordinaire, le caractère flabelliforme y est moins marqué ou même disparaît; les sillons centrifuges sont moins nombreux, parfois réduits à deux limitant un feston unique très large, placé en face de l’orifice antérieur du canal; enfin ils peuvent même ne plus exister du tout. L’aire postérieure est réduite, les spinules, du type correspondant à celui des écailles des flancs, plus rares, moins marquées. Quant au canal lui-même, il est du type percoïde, avec une portion antérieure à orifice large, une partie postérieure consistant d’ordinaire en un tube étroit, simple, quelquefois double (Holacanthus) , cette dernière disposition parfois marquée par des accidents de l’aire spinigère; perforation focale constante.

C’est à Cuvier qu’est due la création de la famille des Squamipennes dans la première édition du Règne animal; elle a été toujours conservée par les auteurs suivants, bien que sa compréhension, comme il a été dit plus haut, puisse être différemment interprétée.

Les Poissons de ce groupe étant exclusivement marins, dans le présent travail, où la faune des eaux douces nous intéresse davantage, il ne sera question que des quelques animaux rassemblés par la Mission, lesquels comprennent quatre espèces se rapportant à trois genres : Chætodon, Holacanthus , Pimelepter%s.

3 Je laisse de côté le genre Zanclus, mis par Cuvier parmi les Squamipennes-, par Giinlher dans les Garangidæ, et que MM. Jordan et Evermann reportent dans leur sous-ordre des Squamipennes, en formant pour lui une

famille particulière des Zanclid.e. Les écailles de ces Poissons, dont l’étude ne serait pas ici à sa place, montrent qu’ elles s’éloignent beaucoup du type ordinaire des écailles des Acantlioptérygiens.

ZOOLOGIE

Genre CHÆTODON.

Chœtodon , Linné (pars), 1708, Syst. nat., p. 972.

Museau court. Dents sétiformes, plurisériées. Préopercule ne portant pas d’épine à son angle; membrane branchiostège soudée à l’isthme gulaire. Dorsale unique, continue, sans épine notablement allongée. Écailles du type flabellé, polystique, médiocrement nombreuses, en rangées très régulières; le nombre des séries transversales varierait de 5 o à 7 0 .

Ce genre, tel qu’il est admis aujourd’hui, ne comprend plus, naturellement, qu’une partie des espèces qu’y plaçait Linné. Cependant le nombre de celles-ci s est considérablement accru et ne peut guère être estimé à moins de 70 ou 80, toutes des mers intertropicales.

Sur les côtes américaines, MM. Jordan et Evermann en énumèrent 9, dont 7 de l’Océan Atlantique : Chœtodon bimaculatus, Bloch; C. sedentarius, Poey; C.aija, Jordan; C. atœniatus, Poey; C. striatus, Linné; C. capistralus, Linné; C. Bricei, Smith; et 2 des côtes Pacifiques: Chœtodon nigrirostris , Gill; C. humeralis, Günther.

Deux font partie des collections rassemblées par la Mission scientifique : Chœtodon bimaculatus, Bloch; C. humeralis, Günther.

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