Chætodon humeralis, Günther
Chœtodon humeralis, Günther, 1860, Cat., t. II, p. 19.
Chœtodon humeralis, Jordan et Evermann, 1898, p. 167A.
Écailles : 7/86/17.
Tête entrant pour 3/8 dans la longueur du corps; la hauteur équivaut à 2 / 3 , l’épais—
1 La collection du Muséum, sous le numéro individuel
9778, possède un exemplaire vu par Guichenot et assimilé par lui au Chœtodon bimacidatus. La détermination a été confirmée par M. Sauvage, lorsqu’il a fait le rangement de cette partie de la collection et , l’examinant moi-même , je ne vois pas comment on pourrait ne pas l’adopter. Ce (Poisson est indiqué comme rapporté de la Réunion par
Maillard et cité dans le travail connu de Guichenot; on ne le trouve pas mentionné aux entrées de ce donateur; il en est de même, il est vrai, pour le Chœtodon malaplerus, Guichenot, n° 1 3 1 6 ; ils ont pu être apportés après coup. Quoiqu'il en soit, cet habitat ne peut être accepté sans expresses réserves pour le Chœtodon bimaculalus, lequel, jusqu’ici, parait absolument propre à la mer des Antilles.
216 ZOOLOGIE
seur a 1/6; la longueur de la caudale à 2/9 de cette même dimension. — Le museau est médiocrement allonge, 2 jÿ de la longueur de la tête; l’œil, un peu plus grand à proportion, occupe un peu moins de i/ 3 , et l’intervalle orbitaire représente les 3 /i 1 de cette même dimension.
L’animal a été décrit et figuré avec trop de soins par M. Günther, pour qu’il y ait lieu d’y revenir ici.
millim. 1/1 oo n *
Longueur du corps 34 /;
Hauteur ; 2 g
Epaisseur g
Longueur de la tête t 3 3g
Longeur de la nageoire caudale 8 2 3
Longeui' du museau 3 2 3
Diamètre de l’œil 4 3 t
Espace interorbitaire 3,5 27
N° A. 963/1 du Catalogue de la collection du Muséum.
Habitat. — Côte Pacifique de l’Amérique, du golfe de Californie à Panama.
Les deux individus donnés par M. Boucard à la Mission scientifique proviennent de cette derniere localité, ou plus exactement de Caïnuto, village situé près de Chorera.
Ces exemplaires sont, comme on le voit, de petite taille; le type décrit parM. Günther mesurait 1 3 5 millimétrés (y compris l’uroptère sans doute); l’espèce, d’après MM. Jordan et Evermann, peut atteindre jusqu’à 2o3 millimètres et serait très commune.
Ce Poisson a d abord été indiqué comme des îles Sandwich, et M. Günther, en le figurant en 1869 dans les Transactions oj the Zoological Society, maintient l’authenticité de celte provenance , que les auteurs américains contestent.
Genre HOLACANTHUS.
Lacépède,- an x ( 1802), Hist. poiss., t. IV, p. 52 5 .
Museau court. Dents sétiformes, plurisériées. Préopercule armé à son angle d’une dent longue, très forte; membrane blanchiostège soudée à l’isthme gulaire. Dorsale unique, continue, sans épine notablement allongée. Écailles du type 11 abelle, characophore , les rangées un peu moins visiblement régulières que d’habitude par suite de l’intercalation d’écailies accessoires entre les écailles principales; le nombre des séries transversales serait de 4o à 60.
MM. Jordan et Evermann ont retiré du genre Holacanthus de Lacepede un cer tain nombre d’espèces dont ils ont formé un groupe spécial sons le nom à'Angelichthys. Les deux groupes génériques diffèrent par cet unique caractère que , chez celui-là, le bord montant du préopercule est garni d’une serra ture de dents petites, égales, tandis que chez celui-ci on ne voit que quelques épines, robustes, graduellement décroissantes. Cette unique différence justifie-t-elle une distinction aussi importante? La chose est douteuse et je ne crois pas utile de 1 admettre.
Compris dans son extension ordinaire, ce genre renferme peut-être une quarantaine d’espèces répandues, comme les Chœtodon, dans toutes les mois tropicales, dont elles font l’ornement par la richesse de leurs couleurs.
Sur les côtes d’Amérique, on en signale 6, les unes de l’Océan Pacifique : Holacanthus passer, Valenciennes; H. clarionensis , Gilbert; IL iodocus, Jordan et Rutter; les autres de l’Atlantique : II. tricolov, Bloch; H. ciliaris, Linné; II. isabelita, Jordan et Rutter.
L’ Holacanthus ciliaris seul a été rapporté par la Mission scientifique du Mexique.
HOLACAJNTHIJS CILIARIS, Linné.
(PL IX, %. 9, 2“, a\ 2 e , Ü d .)
Chœtodon ciliaris, Linnæus, 1 ^ 58 , Syst. nat., édit. X , p. 276.
Holacanthus ciliaris, Lacépfede, an x (1802), tlist. nat. Poiss., t. IV, p. 627 et 533 .
Angelichthys ciliaris, Jordan et Evermann, 1898, Fish. N. Amer., t. II, p. i 684 .
Écailles : io/ 45/32.
Tête entrant pour 2/7 dans la longueur du corps; la hauteur équivaut à 5 / 8 , 1 épaisseur à 1/6 , la longueur de l’uroptère à 3 /i 1 de cette même dimension. — Le museau est plutôt court, très peu moins de 2/7 de la longueur de la tête; l’œil occupe î/A, et 1 intervalle interorbitaire équivaut a 1 / 3 de cette meme dimension.
Les denticulations du bord montant du préopercule, au-dessus de la grande épine angulaire, sont inégalement espacées, de grandeur médiocre; on en compte 7; celles
du sous-opercule sont sensiblement plus fortes.
L’écaillure , comme on l’a fait déjà remarquer, chez les Holacanthus aussi bien que
IMPRIME 1UE KATIONALE»
ZOOLOGIE DI] MELIQIIE. IV e PARTIE.
pour le genre voisin Pomacanthus , ne montre pas, surtout chez les individus secs, une disposition au premier abord régulière en rangées transversales obliques, disposition si nette chez les Chætodon. Gela tient à ce que, sur ce qu’on peut appeler la véritable écaille, se placent de petites squamules dans l’angle formé par les deux écailles antécédentes (pi. IX, fig. 3°). Cette disposition existe aussi pour les écailles de la ligne latérale, laquelle est très peu visible 1 , les squamules masquant le canal.
Coloration des plus belles; un croquis de Bocourt, que la planche a rendu avec une exactitude aussi grande que le procédé d’exécution employé pouvait le permettre, dispense d’entrer dans de grands détails à ce sujet. Toutefois, les nageoires paires et la caudale sont sur le croquis d’un jaune d’or plus vif; d’autre part, l’anneau pâle qui entoure la tache noire caractéristique nuchale est très peu ou même non indiqué et remplacé par une teinte bleu foncé; sans doute il devient plus marqué après la mort et l’action de l’alcool, la chose n’est pas sans exemple.
Les écailles, en ce qui concerne leur structure, doivent être étudiées avec quelques détails, car elles se rapportent à un type en palissade non encore reconnu, que j’ai plus haut qualifié de characophore. Elles sont de trois sortes. Outre les écailles ordinaires qui garnissent les lianes et les écailles de la ligne latérale, il faut, en effet, distinguer des écailles supplémentaires, dont il vient d’être question sous le nom de squamules.
Les écailles des flancs 2 sont d’une forme assez régulièrement quadrilatérale; l’une d’elles mesure 7 millim. 5 de long sur 8 millimètres de large; le champ antérieur est parcouru par des sillons centrifuges entre lesquels, sur le bord radiculaire, se voient des festons parfaitement nets; on en compte cinq sur l’écaille spécialement examinée; sur ce champ, aussi bien que sur les champs latéraux, les crêtes concentriques, à un grossissement un peu fort, paraissent d’une finesse remarquable et sont coupées de petites lignes noires divergentes; le champ postérieur présente, au bord libre, une sérié de pointes aiguës (ici au nombre d’environ Ô7), formées non de spinules terminant une sérié rayonnante de spinules semblables, comme dans les écailles cténoïdes proprement dites, mais constituées par les extrémités saillantes d’autant de tiges d’une seule pièce s étendant de la limite antérieure du champ au travers de celui-ci jusqu’au bord libre ; ces tiges, à leur origine, sont ordinairement multifides, les crêtes concentriques pénétrant leur base sur une petite longueur; elles sont intimement soudées avec la lamelle, qui remonte sur les côtés de chaque pointe en ne laissant libre que 1 extrémité aiguë. Il est admissible que cette tige résulte de la soudure des spinules en série; les connexions avec les crêtes concentriques indiquent le rapport morphologique des unes avec les autres.
Les écailles supplémentaires 3 , ou squamules, diffèrent des précédentes par leurs dimensions très variables sur un même point et beaucoup plus petites; de deux squa-
1 Pour en rendre le trajet plus distinct, elle a été plutôt exagérée sur la figure a de la planche IX.
PI. IX, fig. a”.
PI. IX, fig. S'.
mules voisines, lune mesurait h millimètres (le long sur a millim. a 5 de large, l’autre i millim. a 5 sur î millim. 5o; la forme est celle d’un écu d’armoirie ou d’un bouclier triangulaire, le sommet étant l’extrémité radicale. La structure est la même que celle des écailles des flancs, si ce n’est que le champ antérieur a complètement disparu et qu’on ne trouve ni sillons centrifuges, ni festons.
Les écailles de la ligne latérale 1 , dont une, prise au niveau de 1 écaille des flancs, mesure 5 millim. 5 de long sur 6 de haut, sont absolument du même type que cette dernière, un peu plus régulièrement arrondies, à tiges spinulaires un peu moins nombreuses, 3 1 ; le canal offre un orifice antérieur et se bifurque en arrière, pour contourner en quelque sorte la perforation focale au niveau du bord postérieur de laquelle les deux tubes terminaux divergent; ceux-ci sont courts, n’atteignant pas le bord libre 2 .
millim. i/ioo*'
Longueur du corps. . . .
Hauteur
Epaisseur
Longueur de la tête . .
Longueur de l’uroplère Longueur du museau . .
Diamètre de l’œil
Espace interorbitaire. . ,
N" 9839 du Catalogue de la collection du Muséum.
Habitat. — Toute la partie intertropicale Ouest de l’Océan Atlantique.
La Commission scientifique a trouvé YHolacanthus ciliaris dans la rade de Bélize.
Cette espèce, des plus communes, est depuis longtemps connue des zoologistes. La robe brillante de ce Poisson, la taille qu’il peut atteindre (jusqu’à 38o millimétrés, d’après Cuvier et Valenciennes) ne pouvaient manquer d’attirer sur lui 1 attention même des personnes étrangères à l’histoire naturelle, quoique ses qualités alimentaires soient, dit-on, médiocres.
Il constitue le type d’un genre Angdichlhys, Jordan et Evermann, signalé plus haut.
Genre PIMELEPTERUS.
Lacépède, an x (1802), Hist. nat. poiss., t. IV, p. 429.
Museau court, busqué. Dents tranchantes plurisériées. Préopercule simple. Membrane brancliiostège soudée à l’isthme gulaire. Dorsale unique, continue,
1 PI. IX, fig. 2 rf , — 2 Cela ne se constate bien qu’à un grossissement un peu fort; te dessinateur n’a pu rendre cette disposition.
•220 ZOOLOGIE
sans épine notablement allongée. Ecailles du type flabellé polystique, en rangées régulières, le nombre des séries transversales étant de 60 à 70.
Il est douteux que ce genre doive rester parmi les Squamipennidæ; sans entrer dans une discussion qui ne serait pas ici à sa place, je me borne à rappeler que M. Günther Ta transporté parmi les Sparidæ (1869). Comme le fait remarquer M. Sauvage (1891), la présence de dents au palais et la structure des écailles ne parlent pas en faveur de cette manière de voir. MM. Jordan et Evermann (1898) créent pour lui et cinq autres genres une famille spéciale des Kyphosidæ, dont il constitue le type. Cette manière de trancher la difficulté, en multipliant à l’infini et sans raisons absolument déterminantes des coupes de cette importance, ne me paraît pas scientifique.
On a aussi élevé des doutes sur la dénomination qu’il conviendrait d’adopter pour le genre lui-même.
Cuvier et Valenciennes, dans un exposé historique fait avec cette érudition et cette largeur de vue qui n’out pas été surpassées, ont montré que Lacépède avait successivement, sous quatre noms génériques de Kyphosus, Pimelepterus, I)orsuarius et Xysler, décrit des Poissons appartenant sans doute à un même genre, peut-être à une même espèce, le premier et les deux derniers d’après des dessins et des notes laissés par Commerson, le second d après un dessin et une note qui lui avaient été directement remis par Bosc. Les auteurs de 1 Histoire naturelle des Poissons ont choisi ce nom de Pimelepterus , quoique celui de Kyphosus eût l’antériorité, ayant paru dans le tome III, l’autre dans le tome IV de l’ouvrage de Lacépède, et, suivant moi, cette manière de procéder est absolument légitime. Le dessin de Commerson, sur lequel le genre Kyphosus a été établi, ayant été fait d’après un individu déformé «soit par quelque maladie, soit par la manière dont il a été préparé», l’application du nom reste très douteuse et, dans une saine application des règles de la nomenclature, doit être rejeté. Les auteurs américains l’ont cependant repris, en l’orthographiant tantôt Cyphosus, tantôt Kyphosus, et la famille créée par MM. Jordan et Evermann porte le nom de Kyphosidæ.
Le genre Pimelepterus se trouve répandu dans toutes les mers tropicales; le
nombre des espèces admises dans l’ouvrage classique de M. Günlher est de 6; il devrait au moins être doublé aujourd’hui.
Sur les côtes d’Amérique, MM. Jordan et Evermann en signalent 5 , dont 2 de l’Océan Atlantique : Pimelepterus incisor, Cuvier et Valenciennes; P. sectatnx, Linné (P. Doscii, auct,.); les autres de l’Océan Pacifique : P. analogus, Gill; P. elegans, Peters; P. lutescens, Jordan et Gilbert.
C’est à l’avant-dernière de ces espèces que se rapporte un individu capturé par Bocourt.
Pimelepterus elegans, Peters.
Pimelepterus elegans, Peters, 186g, Monatsb. Berlin, p. 707.
Kyphosus elegans, Jordan et Evermann, 1898, p. 1887.
D. XI, 1a; A. III, 13.
Ecailles : 1 1/63/19.
Tête entrant pour hj 11 dans la longueur du corps; la hauteur équivaut à 7/1 1, l’épaisseur à 2/1 1 , la longueur de la caudale à 3/8 de cette même dimension. — Le museau occupe i/3, l’œil i/à de la longueur de la tête; l’intervalle oculaire équivaut à 2/5 de cette même dimension.
Le maxillaire, en grande partie caché sous le sous-orbitaire, atteint le bord antérieur de l’œil. La formule dentaire serait 39/32; ces dents sont arrondies à leur extrémité libre, plutôt tranchantes que pointues. On compte environ 1 1 rangées d’écailles sur la joue. Il n’y a distinctement d’écailles canaliculées, 17 à peu près, qu’à la partie postérieure du corps; en avant, il faut y regarder de très près pour les apercevoir. L’anale est élevée, sa hase étant seulement le double du plus long rayon, qui équivaut a 2/7 de la longueur de la tête.
Dans son état actuel de conservation, l’animal est d’un brun dore avec i6a2o lignes plus claires disposées longitudinalement. Sous l’œil, se voit un trait argente.
Les écailles, du type flabellé polystique, sont assez régulièrement quadrilatérales, n’ayant de feston qu’à la partie moyenne du bord antérieur; une dos flancs mesure 7 millim. 5 de long sur 10 millimètres de large, une de la ligne latérale 6 millim. 5 sur 7 millim. 5 . Le canal de ces dernières, comme chez les Holacanlhus , se partage, au niveau de la perforation focale, en deux branches, lesquelles contournent celle-ci.
millim. î/ioo 01
Longueur du corps 2 2 5 //
Hauteur 120 65
ZOOLOGIE
Épaisseur
Longueur de ia tête
Longeur de i’uroptère
Longueur du museau
Diamètre de l’œil
Espace interorbitaire
N° 83-788 da Catalogue de la collection du Muséum.
Habitat. — Côte du Pacifique, du golfe de I
L'individu appartenant à la Mission scientifique vient de cette dernière localité, où l a
pris Bocourt.
Bien que les espèces du genre Pimelepterus , même en se bornant a celles quon rencontre dans la région intertropicale américaine, soient assez voisines les unes des autres, il me paraît y avoir peu de doutes sur l’identification spécifique de notre individu. Par sa nageoire anale plus élevée, il se distingue du Pimeleplerus analogus, Gill, chez lequel la base est triple de la hauteur, prise au plus haut rayon; Je P. lulescens, Jordan et Gilbert, a le maxillaire beaucoup plus long, atteignant la pupille, c’est-à-dire dépassant notablement le bord antérieur de l’orbite; le P. incisor, Cuvier et Valenciennes, aurait un rayon de plus à l’anale, sa hauteur serait moindre, 2 fois 1/2 à 3 fois dans la longueur du corps; quant au P. sectatrix, Linné, sa hauteur, 2 fois 1/2, est egalement plus faible, et il n’a que 5 b écailles à la ligne latérale.
11 n’est pas inutile de remarquer que, pour le compte de ces dernières écaillés, on peut se trouver embarrassé. S’il n’y a d indiquées ici que 63 écaillés, cest que je n y ai pas compris 6 écailles plus petites, appartenant plutôt au revêtement ecailleux de la caudale. C’est à cela peut-être qu’il faut attribuer la différence qu’on constate dans le travail de MM. Jordan et Evermann pour les formules des écailles de ce Pimelêpterus elegans : sur le tableau synoptique, on trouve 12/67/20, et 11/ 63 / 1 7 dans la description.
Famille des BATRACHIDÆ.
Les Poissons qui composent cette famille se distinguent par la forme de leur tête déprimée, élargie, leurs nageoires ventrales jugulaires, non longuement pédiculées. Les dents, bien développées, robustes et mousses, se voient aux deux mâchoires et à la voûte palatale, avec d’autres dents en velours. Peau nue ou à écailles aulacocycloïdes multiradiées. Deux nageoires dorsales : l’antérieure
millim. i/ioo cl
ifornie à Tanesco.
courte , composée de deux, trois ou quatre épines; la seconde allongée, multiradi.ee; l’anale semblable à cette dernière.
Cette famille, malgré son peu d’importance quant au nombre des espèces, est intéressante à plusieurs points de vue.
Les écailles qu’on rencontre chez les Batrachoides , tout en étant imbriquées et du type aulacocycloïde , multiradiées 1 , sont toutefois intracutanées. La peau, assez épaisse, forme un revêtement complet qui les coiffe entièrement dans leur partie libre; il faut l’inciser pour les en extraire. Quoique la ligne latérale soit très prononcée, les tubes qui la composent sont simplement cutanés, sans écaillé annexe, adhérente; il semble toutefois que l’écaille placée dans le voisinage se courbe en oublie ou en gouttière, pour protéger le canal. La mollesse des tissus empêche de constater nettement les choses sur des individus conservés depuis longtemps dans l’alcool; il serait nécessaire d’avoir des sujets frais, qu’on pût durcir par les procédés habituels, pour faire des coupes et mettre la disposition hors de doute. Ces écailles sont de forme ovalaire à foyer excentrique antérieur.
Dans ces dernières années, M. J. -A. Ryder (1886 et 1890) a étudié sur l ’ Opsanus tau la manière dont les petits, encore munis de leur vésicule ombilicale, adhèrent aux corps sous-marins. Les œufs dans cette espece étant, comme chez un grand nombre d’autres Poissons, fixés au moment de la ponte aux pierres ou autres objets immergés, a un certain moment du développement leur enveloppe extérieure, la coque; se rompt; mais il s est produit alors une adhérence entre cette coque et la vésicule ombilicale, juste au point où celle-là adhère elle-même , de sorte que l’embryon, quoique en rapport avec l’extérieur, n’en est pas plus capable pour cela de nager librement, ce qui n’ arrive que lorsque la vésicule ombilicale est en grande partie résorbée. M. Ryder a suivi avec grand soin la succession des phénomènes, aussi bien pour l’étude morphologique que pour l’étude histologique, et insiste, avec raison, sur la différence profonde qui sépare cette adhérence en quelque sorte mécanique, de l’adhérence volontaire au moyen d’appareils adhésifs spéciaux, comme chez les Gobiesox, les Cyclopterus et autres Poissons
Voir plus loin, p. a el suiv.
ZOOLOGIE
qui ne sont pas sans avoir avec les Batrachidæ des affinités réelles, différence que ne paraissent pas avoir bien saisie quelques auteurs subséquents.
On s’accorde généralement avec Cuvier et Valenciennes pour donner à la ventrale la formule 1 , 2 . La structure de cette nageoire a été très soigneusement décrite par ces auteurs ( Histoire des Poissons, t. XII, p. 468 ). D’après ce que je puis voir sur un des Batraclioides Pacifici de grande taille, l’épine proprement dite est si peu développée, que sa présence devient douteuse, et ce que l’on sent sous la peau est le premier rayon très nettement articulé , mais rigide, surtout dans sa partie basilaire; d’autre part, le second rayon , articulé et branchu, est divisé si profondément en éventail, qu’il simule quatre ou cinq rayons distincts; la dissection seule permet de constater leur soudure à la partie basilaire; sur le sec, l’apparence de rayons isolés multiples est encore plus frappante.
C’est à cette famille qu’appartiennent les genres Tlialassophryne , Thalassia et Dœctor, chez lesquels se rencontrent des appareils venimeux que M. Günther a fait connaître pour le premier. Ils sont constitués par des glandes vénénifiques en rapport avec des épines canalicuiées, qui assurent la pénétration du liquide venimeux.
Dès la première édition du Règne animal, Cuvier a regardé les Batraclioides comme constituant un type à part, et, dans la seconde, il indique trois coupes conservées dans le XII e volume de \ Histoire des Poissons, lesquelles conespoud raient aux trois genres Batraclioides, Opsanus et Poi ichtliy s . Il les place dans le voisinage des Pectorales pédiculés, rapport justifié par l’aspect extérieur et qui a été conservé par les auteurs jusqu’à et y compris M. Günther (1861 et 1880). MM. Jordan et Gilbert (1882) élevant les Pediculati au rang d’ordre distinct des Acamtiiopteri, dans lesquels est laissée la famille des Batrachidæ, ces Poissons se sont trouvés ainsi éloignés les uns des autres, et M. Boulenger (190^) adopte en partie cette manière de voir, bien que, par la disposition des sous-ordres en lesquels il partage les Téléostéens, les rapports d’affinités soient nettement indiqués.
Dès 1898 toutefois, MM. Jordan et Evermannont été encore plus loin en proposant de former des Batrachoididæ un sous-ordre spécial, les IIaplodoci, qui se distinguent par le fait que chez eux le post-temporal (surscapulaire des auteurs) est indivis
(dwXdos, simple; àoxos, poutre). Cependant M. Boulenger nous dit, à propos des Pediculati, que ceux-ci ont le post-temporal «aplati et ankylosé au crâne», comme Cuvier et Valenciennes avaient déjà montré que, chez les Batrachidæ, ce surscapulaire manquait chez le Lophius et le Batrachus, ou tout au moins que sa présence était contestable , opinion qui , pour la Baudroie , d’après les pièces que j’ai sous les yeux, est très justifiée. Il est évident que ce caractère, dont la valeur morphologique est douteuse, ne peut guère justifier l’emploi qu’en font MM. Jordan et Evermann.
Dans l’état actuel de nos connaissances, les auteurs admettent sept genres, que le tableau synoptique suivant permettra de reconnaître par des caractères
ibjectifs :
| écailleux
BATRACHIDÆ.
Batrachoides , Lacépède.
Epines j
\ sans écailles. )
nul
Marcgravia, Jordan.
de l
, Corps
/ Pore axillaire j
distinct
Opsanus, Rafinesque.
la première ' nageoire < dorsale i
j 2 ou h.
[ multiple
non confondues avec la nageoire / i caudale. Epines de la prc- ' 2..
Porichthys, Girard.
au
Ligne
< unique.
'l'halassophryne , Guntber.
nombre de '
^ latérale
1 Nageoires dorsales [ et anales
J mière nageoire dorsale au j à..
j nombre de \
[ confondues avec la nageoire caudale. .
Thalassia, Berg.
Dœctor, Jordan et Evermann.
On peut se demander si les genres Marcgravia et Opsanus méritent d’être regardés comme distincts : la présence ou l’absence du pore axillaire, dont la signification physiologique nous échappe encore, n’est-elle pas plutôt un caracière spécifique? C’est l’opinion admise par M. Günther et par Day. Les genres Thalassophryne, Thalassia, Dœctor offrent aussi entre eux de grandes affinités, entre autres la présence de ces appareils venimeux dont il a été question plus haut, lesquels manquent dans tous les autres genres, et les particularités anatomiques par lesquelles on les distingue paraissent bien secondaires. Dans ce cas, le nombre des genres se trouverait réduit à quatre.
On peut admettre que cette famille renferme de i5 à 20 espèces, dont près des deux tiers sont américaines, habitant plutôt les mers intertropicales, quoique certaines d’entre elles puissent se rencontrer en dehors des régions chaudes proprement dites. Ce sont des espèces côtières ou même littorales; toutefois X Opsanus pardus, Goode et Bean , est signalé comme d’eau profonde.
ZOOLOGIE DD MEXIQUE. 1V" PARTIE. 2 9
IMPRIMERIE nationale.
ZOOLOGIE
Les espèces qu’on peut regarder comme se rapportant a la région de i Amérique centrale sont au nombre d’une dizaine. Les unes appartiennent à l’Atlantique : Batrachoides surinamensis , Bloch- Schneider; Opsanus tau, Linné; O. pardus, Goode et Bean; Porichthys porosissimus , Cuvier et Valenciennes ; Thalassophryne maculosa, Günther; d’autres au Pacifique : Batrachoides Pacijki, Günther; Porichthys notatus , Girard ; P. margaritatus, Bichardson; Thalassophryne reticulata, Günther; Deector Doivi, Jordan et Gilbert.
Les collections de la Commission scientifique du Mexique ne renferment que trois exemplaires se rapportant à la famille des Batrachidæ; ils représentent deux genres et autant d’espèces : Batrachoides Pacifici et Opsanus tau.
Les genres étant suffisamment définis par le tableau ci-dessus, je me contenterai de quelques brefs renseignements sur les deux espèces.
Batrachoides Pacifici, Günther.
Batrachus Pacifici, Günther, 1861, Catal., t. III, p. 178.
Batrachoides Pacifici, Gill, i 863 , Proceed. Ac. nat. Sc. Philadelphia, p. 170. Batrachoides Pacifici, Jordan et Evermann, 1898, t. III, p. a 3 i 4 .