‹ Études sur les poissons (volume 3)Chapitre 3 sur 39 · Lutjanus pacifigus · texte numérisé non relu

Lutjanus pacifigus

(PL Jü, fig. 2 et 3 a.)

Mesoprion pacifions, Bocourt, 1868; Ann. Sc. nat. 5 ° se'rie, (. X, p. 228.

Écailles : 8/A g/t 5 .

Ce Poisson a le corps assez élevé, la hauteur est très-peu inférieure au quart de la longueur totale, l’épaisseur n’équivaut qu’au onzième de cette même dimension. La tête,

ZOOLOGIE

à chanfrein rectiligne obliquement descendant, occupe environ les deux septièmes de la longueur, le museau y entre pour près du tiers; bouche assez largement fendue, le maxillaire s’étendant jusqu’au niveau du tiers antérieur de l’orbite; lèvres fortement papilleuses; plusieurs des dents maxillaires externes très-développées en véritables canines à la mâchoire supérieure; la seconde, à partir de la symphyse, est la plus forte et, sur l’exemplaire ici décrit, n’a pas moins de 8 millimètres de long; il en existe encore huit ou dix beaucoup moins saillantes, plus en arrière; à la mâchoire inférieure on trouve cinq ou six canines de grosseur moyenne; les autres dents maxillaires vomériennes, palatines et linguales, en cardes ou en velours; la plaque vomérienne est en triangle surbaissé, sans prolongement postérieur sensible; plaque linguale allongée, formée de deux pièces, l’antérieure n’ayant guère que le quart de la postérieure. Narine antérieure vers le milieu de la longueur du museau, la postérieure à mi-distance entre la première et l’orbite. Celte dernière n’occupant que les deux onzièmes de la longueur de la tête, l’espace qui les sépare fait un peu plus du septième de cette même dimension. Sous-orbitaire moins haut que large à la base. Préopercule très-finement denticulé, sans feston bien appréciable; operculaire à angle postérieur mousse ne méritant pas le nom d’épine. Tête nue, sauf sur les pièces operculaires, sept ou huit rangs au préopercule, cinq ou six à l’operculaire, quatre ou cinq écailles sur un seul rang au sous-opercule.

Tronc à lignes dorsale et ventrale parallèles sur une assez grande longueur, se rétrécissant assez brusquement au pédoncule caudal. Ligne latérale, située au milieu de la longueur, à peu près au quart supérieur. Anus à la partie médiane du corps. Ecailles supérieures en rangées obliquement ascendantes, les inférieures horizontales. Pièce sur-scapulaire avec quatre ou cinq denticules peu marquées.

Dorsale occupant à peu près les deux cinquièmes de la longueur totale, la portion dure est plus développée; épines relativement faibles, la première est égale au tiers de la troisième, qui est la plus longue et équivaut environ aux trois onzièmes de la longueur de la tête, la dernière épine ne paraît pas sensiblement plus développée que l’avant-dernière (la différence est un peu exagérée sur le dessin); portion molle avec une base squammeuse, les écailles se prolongent entre les rayons mous sur le tiers de la hauteur, qui est comprise trois fois dans la longueur de la tête. Anale n’ayant à sa base que le neuvième de la longueur totale ; épines plus robustes que celles de la dorsale, mais courtes; la troisième, qui est la plus développée sous ce rapport, n’ayant guère que le cinquième de la longueur de la tête; la portion molle est au contraire plus élevée que la partie correspondante de la dorsale. Caudale occupant le sixième de la longueur totale, faiblement concave, à angles arrondis. Pectorales falciformes, atteignant cà peu près le niveau de l’anus ; ventrales plus courtes.

Les régions supérieures du tronc et de la tête sont d’un beau vert olive, les régions

inférieures d’un rouge de saturne, qui s’étend sur la pectorale et la caudale, les autres nageoires sont verdâtres. On observe sur les parties latérales de la tête une teinte bleue ; elle est mélangée de blanchâtre, aussi bien que le rouge des flancs; les ventrales sont sur certains points lavées de jaune. Iris d’un beau jaune, quelquefois brun mordoré.

Les écailles, développées proportionnellement à la taille du Poisson, sont, d’une manière absolue, de grandes dimensions sur l’exemplaire que nous avons étudié. Une écaille des flancs 1 en quadrilatère irrégulier, un peu moins longue que haute, mesure iâ mm ,7 sur i5 m “,2 ; foyer large, circulaire, central, couvert de vermiculations et de ponctuations irrégulières; on ne compte pas moins de quarante-cinq à soixante-huit festons marginaux, occupant le demi-contour antérieur; sur le bord adhérent, plusieurs des sillons centripètes ne s’étendent qu’à une petite distance de celui-ci et se réunissent deux à deux; aire spinigère en segment de cercle mal limité en avant, le bord postérieur porte de cent vingt-cinq à cent quarante-neuf spinules, sur seize à vingt-deux en profondeur suivant une rangée médiane centripète, mais les six ou sept externes sont seules bien nettes. Une écaille de la ligne ventrale mesure 8 mm ,5 sur 5 mm , 1 , sa forme est ovalaire; foyer petit, arrondi, quatorze festons marginaux, huit à dix des sillons centripètes atteignent le loyer; aire spinigère triangulaire portant environ cinquante-cinq spinules au bord libre, on en compte peut-être une trentaine en ligne centripète à la partie médiane, mais ici également les six ou sept externes seules sont nettes. Une écaille de la ligne latérale mesure q mm ,5 sur 10 millimètres; le canal est étendu, cylindrique, proportionnellement court: on distingue trois ramifications gagnant le bord libre au travers de l’aire spinigère; le demi-contour antérieur porte quarante et un festons égaux; on ne trouve de spinules qu’entre les ramifications et au-dessus d’elles, il n’y en a point au-dessous, on en compte à peu près une quarantaine en tout sur le bord libre.

Longueur totale /t 4 o mm

Hauteur no

Epaisseur 4 i

Longueur de la tête 127

Longueur de la nageoire caudale 70

Longueur du museau 44

Diamètre de l’œil 2 3

Espace interorbitaire 19

N 0 521 k du Catalogue général de la collection du Muséum.

LeLutjcttiuspacificus, Boc., offre de grands rapports avec le Lutjanus denlalus, A. Dum. : l’aspect général est le même, les rapports de la hauteur du corps et de la longueur de

PI. III, fig. 2 a.

la tête à la longueur totale, la disposition des dents maxillaires et vomériennes ne diffèrent point, les formules des nageoires et des e'cailles, la structure de celles-ci sont identiques; mais le corps est plus étroit et le museau plus court, car dans le Lutjanus dcntalus, A. Dum., la largeur est égale au neuvième de la longueur totale et le museau occupe les trois huitièmes de la longueur de la tête. Ajoutons que, dans cette espèce, les deux exemplaires types, de grande taille, que nous avons pu examiner, nous ont présenté une plaque linguale triple, composée d’une grande pièce postérieure et de deux petites pièces antérieures, arrondies, placées sur une même ligne transversale en avant de la précédente, tandis que le Lutjanus pacificus, Hoc., intermédiaire pour ses dimensions aux deux Lutjanus dentatus, A. Dum., cités, n’a que deux plaques. Malheureusement nous ne possédons qu’un exemplaire 1 Au Lutjanus pacificus, Boc. , et il faut tenir compte des particularités individuelles. Des recherches ultérieures nous apprendront si ces deux espèces ne doivent pas être réunies.

Ce Poisson a été recueilli sur la côte occidentale du Guatemala, a iawesco.

ù. Lu T JANUS Aubrietii.

(PI. V bis, fig. 2, 2 a, a b et 2 c.)

Lutjanus Aubrietii, Dcsmarest, i823; Première Décade Ichthyol. p. 17, pt. II, fig. 1.

Mcsoprion uninotatus, Cuvier et Valenciennes, 1828; Hist. nat. des Poiss. 1. II, p. AAg, pi. XXXIX. « M. uninotatus, Guichenol, 1 853 ; Ramon de la Sagra, Hist. de l’île de Cuba, Poissons, p. 21.

M. uninotatus, Castelneau, 1 8 5 5 ; Expéd. Amer. Sud, Poissons, p. h.

M. uninotatus, Poev, i 85 G-i 858 ; Mem. Hist. nat. de h islade Cuba, l. II, p. 365 .

M. uninotatus, Günther, i 85 g; Cat. Prit. Élus. Fishes, l. I, p. 202. (Excl. Syn.)

M. uninotatus, Poey, 18C6; Uep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. II, p. 266.

M. uninotatus, Poey, 1868; Uep. Fis. nat. delà isla de Cuba, t. II, p. 2g h.

Lutjanus Aubrietii, Poey, 1871 ; Ann. Lyceum, Nat. Inst, of New-York, t. X, p. 5 g.

Ecailles, io/ 5 q/i 8 .

La forme générale de ce Poisson est très-analogue à celle du Lutjanus aualis, C. V.; toutefois, le chanfrein étant plus relevé, la courbe générale du dos paraît un peu moins forte, le museau moins obtus; les proportions des différentes parties sont à très-peu près les mêmes. La bouche est un peu plus grande, les lèvres également papilleuses. Canines intermaxillaires antérieures les plus développées : la plaque dentaire vomérienne avec un talon postérieur est sub-rhomboïdale 2 ; langue avec une plaque

1 Dans la note publiée dans les Annales des Sciences naturelles sur cette espece, il en est cité trois exemplaires. L’examen plus approfondi de ces Poissons nous

porte aujourd’hui à en rapporter deux au Lutjanus jocu ,

Bloch-Schneider. Ils sonl d’ailleurs un peu trop jeunes pour permettre une détermination pre'cise. (Voir plus loin, page i 33 . )

2 PI. V bis, Gg. 2 a.

dentaire simple allongée, plus large en avant. Narine antérieure un peu plus éloignée de la pointe du sous-orbitaire que la postérieure ne l’est de 1 orbite. OEil touchant le chanfrein, son diamètre à peu près égal au quart de la longueur de la tête; espace interoculaire compris plus de six fois dans cette même dimension. Hauteur du sousorbitaire en son milieu d’un quart au moins inférieure à la largeur de sa base. Préopercule finement denticulé sur son bord montant, avec une échancrure large et peu profonde au-dessus de l’angle inférieur, bord horizontal arrondi avec des denticulations plus fortes en arrière cinq ou six rangées d’écailles sur la joue, six ou sept sur l’operculaire , une de huit écailles sur l’interoperculaire. Anus vers le milieu de la longueur du corps à une certaine distance de l’anale. Ecailles assez grandes, soixantecinq rangées environ au-dessus de la ligne latérale, ascendantes. Sur-scapulaire avec quelques denticules obtuses. La quatrième épine de la nageoire dorsale, qui est la plus haute, deux fois et demie environ dans la longueur de la tête et quadruple de la première épine. Des rangées d’écailles délicates montent sur une partie de la membrane entre les rayons mous, à la dorsale comme à 1 anale. Pectorale subfalciforme atteignant l’origine de cette dernière; ventrales courtes terminées un peu avant l’anus.

Parties supérieures d’un beau rouge, passant au rose sur les côtés et devenant blanc sur le ventre et les joues, huit ou neuf lignes d’un jaune d’or s’étendent longitudinalement sur les flancs et se prolongent même sur l’opercule ; une tache noire très-distincte immédiatement au-dessus de la ligne latérale, au point d’union des portions dure et molle de la dorsale. Cette nageoire rosée, l’anale et les ventrales blanchâtres toutes bordées de jaune. Caudale et pectorales rouges. Iris d’un carmin vif.

Ecailles médiocrement grandes, relativement à la taille du Poisson; elles sont d’ailleurs sur le type habituel chez les Lutjans. Une d’elles prise sur les flancs 2 mesure 5 mm ,2 sur 5 millimètres; on compte une vingtaine de festons marginaux sur le demi-contour antérieur; le bord libre porte environ une soixantaine de spinales, une rangée médiane centripète est composée de sept de celles-ci, les quatre externes seules bien distinctes. Une écaille ventrale mesure A millimètres sur 2 , elle n’offre qu’un sillon centripète étendu du bord adhérent au foyer, lequel est situé à la réunion des deux tiers antérieurs au tiers postérieur; les spinules sont mal développées sur les parties latérales de l’aire spinigère, mais plus distinctes au centre. Une écaille do la ligne latérale 3 mesure A mm ,3 dans les deux sens; le canal est large, renflé et se partage dans laire postérieure en quatre ou cinq branches divergentes; le demi-contour antérieur porte un grand feston marginal en face de l’orifice du canal et quatre plus petits de chaque côté; les spinules, comme toujours, n’existent qu’entre les ramifications du canal.

1 Celles-ci ont été trop accentuées par le dessinateur. — 2 PI. V bis, fig. a b. — 3 PI. V bis, fig. a c.

ZOOLOGIE

Longueur totale 2 o 6 miI ‘

Hauteur 58

Epaisseur 2 3

Longueur de la tête 59

Longueur delà nageoire caudale àh

Longueur du museau 2 3

Diamètre de l’œil 1 5

N° 5 a 18 du Catalogue général de la collection du Muséum.

Le Luljanus Aubrietii, Desm., se distingue des autres espèces de la seconde section par la tache noire latérale, qui ne se rencontre que dans les six premières; son museau paraît proportionnellement plus long et plus effilé que sur aucune de celles-ci, sauf peut-être le Lutjanus unimaculatus , Q. et G. , dont il est très-proche, ne s’en distinguant guère que par la hauteur moins grande du sous-orbitaire et la coloration.

La synonymie de cette espèce, dont Cuvier et Valenciennes ont donné un historique très-complet, présente quelques difficultés. Le Salpa purpurascens variegata 1 de Catesby, devenu le Sparus synagris de Grnelin 2 et de Bloch-Schneider 3 , est trop incomplètement connu pour qu’on puisse admettre réellement cette assimilation; M. Giinther ne l’inscrit qu’avec doute. Le même auteur n’admet pas comme démontrée l’identité de cette espèce et du Sparus vermiculans de Bloch-Schneider 4 ; il doit en être de même du Dipteroclon Plumieri de Lacépède 5 , puisque c’est également sur la figure donnée par le P. Plumier que ces deux espèces ont été établies. Mais , si ces dénominations doivent être rejetées comme douteuses, il n’en est pas de même de celle qu’a proposée Desmarest dans sa première Décade Ichthyologique; quelques caractères, tels que la langue lisse, ne sont pas tout à fait concordants avec ceux que nous avons donnés; toutefois, l’individu qu’il décrit n’ayant que 1 15 millimètres, on peut voir dans cette différence un fait d’âge; au reste, l’identité n’est pas mise en doute par les auteurs de l’Histoire naturelle des Poissons. Le nom de Lutjanus Aubrietii est donc bien celui qui a la priorité.

L’exemplaire appartenant à la Commission scientifique du Mexique a été recueilli à la Jamaïque; la collection du Muséum a reçu ce Poisson de la Martinique parles soins de Plée, de Haïti, par ceux de Piicord, enfin un échantillon a été envoyé de Cuba par Desmarest. Est-ce le type qu’il a décrit? L’espèce descend plus au sud, Orbigny l’a rapportée de Montevideo.

1 Catesby, Hist. ml. Carol. Florid. and Bahama Island. p. 17, pl. XVII, 1771.

2 Linné-Gmelin, Syslema nalurœ, p. 1275, 1788.

3 Bloch-Schneider, Syst. Ichthyol. p. 275.

4 Ibid.

5 Lace'pède, Hist. ml. des Poissons , t. IV, p. 1 63 et 167.

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