Pristipoma Boucardi
Pristipoma Boucardi, Steindachner, 1869; Ichthyol. Notiz. VIII (p. 1 du tirage à part), pl. 1 .
D. XIII, ia; A. III, 8.
Écailles : 7/50/18.
Les collections de la Commission scientifique du Mexique renferment un exemplaire qui présente fort exactement les caractères de cette espèce, à forme très-allongée, à mâchoire supérieure dépassant un peu et abritant l’inférieure, ayant le préopercule fortement denticulé, surtout vers l'angle, et enfin la seconde épine anale, robuste, remarquablement allongée, car elle a bien près des sept huitièmes de la longueur de la tête. La description et la figure du travail de M. Steindachner en donnent d'ailleurs une idée très-exacte.
Les écailles sont cténoïdes, sur le type ordinaire. Une écaille des flancs, en quadrilatère, à foyer très-rapproché de Faire spinigère, mesure â m "',5 , aussi bien en hauteur qu’en longueur; il y a neuf lobes marginaux et cinquante-cinq spinules au bord libre, sur une dizaine de profondeur à la partie médiane, dont les cinq externes seules bien visibles. Ecaille de la ligne latérale à côtés arrondis, haute de a mm ,5 , longue de 3 millimètres, avec dix lobes marginaux, celui d’entre eux qui répond au canal étant très-peu plus grand que les autres; la bifurcation du canal dans Faire spinigère limite un delta médian qui occupe environ les deux cinquièmes du bord libre; la portion laissée en dessus est d’un peu moindre dimension, tandis que l’inférieure équivaut à peine au dernier cinquième; partout les spinules sont bien développées.
Longueur totale 1 7 5
Hauteur 4o
Epaisseur 20
Longueur de la tête 43
Longueur de la nageoire caudale 3i
Longueur du museau 1 4
Diamètre de l’œil 1 3
Espace interorbitaire 8
N° 1088 du Catalogue de la collection du Muséum.
C’est du Pristipoma humile , Kn. Steind., que paraît se rapprocher davantage celte espèce; toutefois le premier présente un museau plus long, l’espace interorbitaire est plus large.
L’individu dont il est ici question, acquis de M. Sallé, vient de Cosamaloapam , localité qui se trouverait dans la province d’Oaxaca et par conséquent sur le Pacifique; le type décrit par Steindachner a été recueilli dans le golfe du Mexique.
De ce dernier point M. Bocourt a rapporté un Pristopome 1 que je regarde également comme un Pristipoma Boucardi, Steind.; il est plus grand et mesure 22g millimètres de longueur totale, mais les proportions, les formules des nageoires sont sensiblement les mêmes, la seule différence un peu importante est que sur celui-ci le maxillaire dépasse le niveau du bord orbitaire antérieur, tandis que pour l’exemplaire cité en premier lieu il l’atteint à peine; c’est encore un rapprochement à établir avec le Pristipoma humile, Kn. Steind.
Genre POMACENTRUS, Lacép.
Cuvier, 1829, Règne animal, t. II, p. 179.
Sciénoïdes anormaux à dorsale unique ; cinq rayons branchiostéges, préopercule dentelé; dents unisériées, tranchantes, relativement fortes. Ligne latérale interrompue. Écailles cténoïdes polystiques, celles qui appartiennent à la ligne latérale avec un canal à deux ouvertures (l’orifice antérieur et la perforation interne) non prolongé dans l’aire spinigère, dont le bord est simple, plus rarement échancré.
II serait fort difficile de se faire une idée exacte du nombre des espèces appartenant à ce genre, car beaucoup d’entre elles, fondées sur la coloration, ne devront sans doute pas être conservées.
La plupart des Pomacentres appartiennent à la faune indienne et nous n’en connaissons relativement que peu sur les côtes d’Amérique. Dans l’Atlantique on signale les Pomacentrus fuscus , C. V., P. planifrons, C. V., P. leucostictus , Midi. etTrosch., P. adustus, Troscli., P.Jlaviventer, Trosch., P. otophorus, Pocy, P. xanthurus, Poey 2 . Sur la côte occidentale on cite les Pomacentrus latifrons, Tschudi, et P. quadriguttata , Gill. Enfin le Pomacentrus recti/rœnum, Gill, dont il sera question plus bas, existe aussi bien dans le Pacifique que dans l’Atlantique.
La disposition anatomique des écailles de la ligne latérale est importante à noter. Par suite de l’absence de prolongement du canal au delà de la perforation interne, les spinules, dans l’aire spinigère, forment des séries ininterrompues comme sur les écailles des corps. Ce sont des écailles du type décrit plus haut en détail chez les Centropomes 3 .
1 N° 483 1 du Cataloguede la collection du Muséum. plète pour qu’on puisse dès à préseul les admettre comme
2 Les espèces suivantes, de Cuba, indiquées par réelles : Pomacentrus atrocyaneus, P. partitus, P. analis, M. Poey (Rev. (le los Pesces descr. por Poey, 1867, et Ann. P. caudalis , P. dorsopunicans , P. obscuratus, P. niveatus. Soc. Esp. 1876) sont décrites d’une manière trop incom- 3 Voy. page 9.
ZOOLOGIE OU MEXIQUE. IV e PARTIE.
ZOOLOGIE
POMACENTRUS RECTIFRÆNUM.
Pomacentrus rectifrœnum, Gill, 1862; Proceed. Acad. nat. sc. of Philadelphia, p. 1/18.
P. rectifrœnum, Günther, 1862; Cat. Brit. Mus. Fishes, t. IV, p. 26.
P. rectifrœnum, Günther, 1869; Trans. Zool. Soc. of London, p. h 1 5 (à consulter pour la discussion de la synonymie).
I). XII, i 4 ; A. II, 12.
Ecailles : 4 /a 0+6/10 '.
Un petit individu appartenant aux collections de la Commission scientifique du Mexique se rapporte assez exactement aux descriptions données de cette espèce, laquelle malheureusement n’a pas, que je sache, été encore figurée. Cependant il est à remarquer que la dorsale présente en moins un rayon et l’anale deux.
Quant au système de coloration, sur l’animal conservé dans la liqueur, elle est uniforme, avec une tache blanc bleuâtre au centre de chaque écaille, au point où celle-ci n’est plus couverte par les deux écailles précédentes; ces taches, plus visibles à la partie dorsale, où elles ont une forme lunulée, sont arrondies sur le reste du corps et, entre les yeux, donnent naissance à des lignes plus ou moins interrompues.il résulte de cet ensemble un dessin assez élégant, en quinconce, et surtout deux séries parallèles, lonitudinales, de points limitant la ligne latérale. On remarque en outre, à la partie
RI
antérieure et à la base de la dorsale molle, une tache sombre parsemée et circonscrite de ces mêmes points blancs, figurant une sorte d’ocelle, puis, sur la partie supérieure du pédoncule caudal, line autre tache également sombre et cerclée d’une teinte pâle.
Les écailles sont proportionnellement grandes, comme dans tous les Poissons du même groupe. Une écaille des flancs, mesurant 5 mm ,q de haut sur 3 mm ,ù de long, a son foyer peu distinct; les sillons centripètes qui séparent les dix lobes marginaux du bord antérieur convergent fortement en éventail vers ce foyer; Faire spinigère, étroite, offre à son bord libre un nombre considérable de spinules, il n’y en a pas moins de cent vingt; en profondeur on en trouve deux ou trois rangées seulement. L’écaille de la ligne latérale, un peu plus petite, ù mm ,3 de haut sur 3 millimètres de long, est pourvue d’un canal court, qui ne présente que deux ouvertures, correspondant l’une à l’orifice antérieur, l’autre à la perforation interne, il ne parait pas y avoir trace d’orifice postérieur; six lobes marginaux, dont un à peine plus développé, correspondant au canal; aire spinigère semblable à celle des écailles du corps, puisqu'elle 11 'est traversée par aucun prolongement canaliculé, toutefois à bord libre légèrement sinueux, on compte au moins quatre-vingt-sept spinules saillantes.
1 Le premier des chiffres pour la ligne late'rale indique le nombre des écailles canaliculées jusqu'au point d interruption, il faut y ajouter le second pour avoir le nombre total des rangées transversales d’ écailles.
Longueur totale
Longueur de la tête
Longueur de la nageoire caudale
Longueur du museau
Diamètre de l’œil
Espace interorbitaire
N° A 483s du Catalogue de la collection du Muséum.
79 mm
Par ses dimensions, par la distribution des couleurs, ce Poisson se rapproche surtout du Pomacentrus rectifrænum, G il l , en admettant toutefois, avec M. Günther, que plusieurs espèces décrites par hauteur américain ne doivent être considérées que comme représentant de simples variétés. Je dois faire remarquer que la comparaison faite avec le Pomacentrus variabihs, individu type rapporté par Castelnau, montre de grands rapports entre ce Poisson et l’exemplaire dont il est question ici. La figure et la description, d’ailleurs assez incomplètes, même erronées sur certains points, données du Pomacentrus variabilis , Cast. , ne signalent pas des taches qui ornent la tête et le dos, elles sont identiques à celles que présente notre Pomacentrus rectifrænum, Gill. Cette coloration n apparait-elle qu apres la mort et 1 immersion dans l’alcool? C’est ce qu’il est impossible de décider en l’absence d’observations directes plus précises.
L exemplaire de la collection du Muséum a été acquis de M. Boucard et provient de Caïmito, près de Panama.
Genre GLYPHISODON, Lacépède.
Cuvier, 1829, Règtie animal, t. II, p. 180.
Sciénoïdes anormaux à dorsale unique, cinq ou six rayons branchiostéges ; préopercule non dentelé; dents tranchantes souvent échancrées, unisériées, parfois alternes. Ligne latérale interrompue. Écailles cténoïdes polystiques; celles qui appartiennent à la ligne latérale à canal très variable, tantôt à deux orifices simples, comme chez les Pomacentrus , d’autrefois prolongé au delà de la perforation interne par de petits tubes, courts, rayonnants, qui toutefois n’atteignent pas la zone spinigère, dont le bord libre est simple, plus rarement échancré.
Pour les Glyphisoclon, il n’v aurait qu’à répéter ce qui a été dit plus haut des Pomacentrus relativement à l’incertitude où l’on se trouve actuellement quant
ZOOLOGIE
au nombre réel des espèces. M. Giinther, dans le quatrième volume de son catalogue des Poissons du Musée britannique, en cite cinquante-deux, beaucoup ont été indiquées depuis, par Bleeker notamment, mais on ne peut regarder toutes ces espèces comme parfaitement établies.
Les Glypliisodon américains sont également peu nombreux, bien que dans ces derniers temps on ait décrit plusieurs nouvelles espèces. On les trouve répartis à peu près également sur les deux rives. Sont cités de l’Atlantique : Glypliisodon chrysurus, C. V., G. taurus, Midi, et Trosch., G. rudis, Poey; du Pacifique : Glyphisodon Troschelii, Gill, G. declivifrons , Gill, G. dorsalis, Gill. Le Glypliisodon concolor, Gill, a été signalé de l’un et de l’autre océan, il faut y joindre le Glypliisodon saxatilis, Linné.
D’après l’examen d écaillés de la ligne latérale prises sur les différentes espèces que renterme la collection du Muséum, ces organes sont loin d’être constitués sur un type aussi uniforme chez les Glypliisodon que chez les Pomacentrus, toutes réserves faites d’ailleurs sur ce que l’avenir pourrait montrer, car ces études sont jusqu’ici bien peu avancées. Parfois le canal est à deux orifices simples, d’autrelois autour de la perforation interne on distingue de petits tubes plus ou moins prolongés, parfois ramifiés, mais qui n’atteignent jamais les parties de la lamelle chargées de spinules. C’est une sorte de passage entre les écailles simples des Pomacenlres et les écailles à tube complexe des Sciénoïdes. Ces différences, dont il est difficile d’apprécier la valeur dans l’état actuel de la science, demanderaient à être étudiées sur une ou plusieurs espèces données, en vue de constater les variations qui peuvent exister suivant le point qu’occupe l’écaille dans la ligne latérale, et, en second lieu, sur les différentes espèces; on pourrait trouver là de nouvelles bases pour le classement des Pomacentridées; la distinction des genres, établis aujourd’hui d’après le nombre des écailles de la ligne latérale, la denticulation plus ou moins accusée de certaines pièces operculaires ou faciales, etc., y gagnerai! peut être en clarté et en précision.
Deux espèces seulement sont représentées dans les collections de la Commission scientifique du Mexique, les Glypliisodon saxatilis, Linné, et G. concolor, Gill.